La tentative pour enrayer l’écoulement de boue à Porong va maintenant entrer dans sa deuxième phase. Rappelons que l’opération consiste à larguer un grand nombre (probablement un millier) de boules de béton dans le « cratère » du « volcan de boue ». On espère ainsi priver cette dernière de son énergie lors de son contact avec lesdites boules.
La première phase (commencée fin février) s’est terminée le 26 mars. Pendant ce laps de temps, quelque 375 boules enchaînées par groupes ont été déposées dans l’orifice.
Le 19 mars dernier, l’émission de boue s’est arrêtée pendant une trentaine de minutes, phénomène probablement dû à des effondrements internes et non à la présence des boules de béton. Néanmoins, les ouvriers qui travaillent sur le site sont d’accord pour dire que le ‘volcan’ a tendance à se calmer. Un autre point encourageant est l’augmentation des émanations d’hydrogène sulfuré qui ont pratiquement doublé depuis le début de l’opération de largage des boules, à tel point que les ouvriers ne peuvent pas rester plus d’une heure sur le site. D’après les scientifiques indonésiens, l’augmentation des émissions de H2S révélerait une baisse de pression à l’intérieur du ‘volcan’.
La deuxième phase de l’opération va consister à larguer 500 boules enchaînées les unes aux autres, à raison de 60 par jour si la météo le permet.. La seule différence avec la première phase sera que les boules seront recouvertes d’une couche de protection pour empêcher l’hydrogène sulfuré de réagir avec le béton et de le faire se désintégrer.
On verra si l’opération est un succès en mesurant le débit d’émission de la boue, chose qui n’a été faite qu’imparfaitement jusqu’à présent, essentiellement à l’aide des images satellitaires. La construction d’un chenal étroit entre la gueule du volcan et la rivière proche permettra d’une part d’aider à l’évacuation de la boue, mais aussi de mesurer son débit.
Les devins locaux, quant à eux, émettent des doutes sur la réussite de l’opération. Ils prétendent que la catastrophe écologique s’est produite parce que les esprits étaient en colère. Les agresser avec des boules de béton ne peut que les contrarier et provoquer une nouvelle éruption du « volcan de boue ».
Source: The New York Times
Mois : mars 2007
Stromboli (Sicile / Italie)
L’émission de lave se poursuit depuis la bouche à 400 mètres d’altitude. La lave se divise rapidement en trois bras qui s’élargissent pour former un éventail sur la Sciara del Fuoco. Les deux bras les plus au nord sont peu alimentés. Le troisième va jusqu’à la mer où il produit des nuages de vapeur.
Source: INGV.
The lava effusion from the vent at 400 metres a.s.l. is going on. Lava rapidly divides in three branches forming a fan on the Sciara del Fuoco. The northernmost two branches are poorly fed while the third one is travelling down to the sea where it produces white plumes of vapour.
Source: INGV.
Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)
La sismicité sous le volcan continue à progresser; on recense aujourd’hui en moyenne 120 séismes par jour. A noter aussi une intensification des séismes. Le réseau GPS permanent indique une inflation du sommet de plusieurs centimètres sur la composante verticale, ainsi que des déformations horizontales, en particulier en direction est-ouest.
Ces signes sont des précurseurs d’une éruption qui se prépare et qui peut débuter à court terme.
Rappelons que la vigilance volcanique a été déclenchée le 26 mars par la préfecture.
Souce: Observatoire du Piton de la Fournaise
Seismicity under the volcano keeps on increasing; an average of 120 earthquakes is currently recorded daily. Besides, there is an intensification of the earthquakes. The permanent GPS network indicates an inflation of the summit by several centimetres on the vertical component as well as horizontal distortions, especially in the east-west direction.
These are the signs of a short-term eruption which can begin any time from now.
The state of “volcanic watch” was triggered on March 26th by the local authorities.
Source: Observatoire du Piton de la Fournaise
Mont St Helens (Etat de Washington / Etats Unis)
Selon un intéressant article publié par le journal The Columbian (édition de Vancouver), les scientifiques américains pensent que la croissance actuelle du dôme du Mont St Helens pourrait se poursuivre pendant des décennies. Si le taux d’extrusion actuel se maintenait, le volcan pourrait retrouver dans un siècle sa taille de 1980, avant le cataclysme du 18 mai.
L’émission de lave actuelle a débuté à l’automne 2004, époque où le volcan rejetait un peu plus de 6 m3 de matériaux par seconde. Un an plus tard, ce volume n’était plus que de 0,8 m3 par seconde. En avril 2006, il avait encore baissé pour atteindre 0,4 m3 par seconde. Depuis cette époque, le volume émis est resté le même.
Selon les scientifiques, cela pourrait signifier que le St Helens fonctionne en « système ouvert », avec une accumulation de lave sur le plancher du volcan correspondant directement au taux de remplissage en profondeur. C’est ce qui se produit sur le Kiluaea à Hawaii, en éruption permanente depuis 1983.
Les scientifiques veulent attendre encore une année pour confirmer leurs conclusions. Leur théorie du « système ouvert » se trouve confortée par le ralentissement de la déformation du volcan depuis le début de l’éruption. Par exemple, le point GPS situé au Johnston Observatory, à plus de 8 km du cratère, s’est rapproché du volcan de près de 3 centimètres depuis le début de l’éruption, révélant un dégonflement de l’édifice volcanique dû au vidage de la chambre magmatique et à l’accumulation de matériaux sur le plancher du cratère. A noter toutefois que l’essentiel de ce dégonflement s’est produit pendant la première année de l’éruption et a ralenti par la suite. Si la déformation de l’édifice ralentit ou s’arrête alors que la lave continue à s’accumuler, cela prouve bien que l’alimentation se poursuit par en dessous.
A noter que la croissance du dôme pourra être observée par les courageux randonneurs qui escaladeront le volcan. L’accès à la lèvre du cratère est à nouveau autorisé, à condition de demander une autorisation au préalable.