Etna (Sicile / Italie)

medium_drapeaufrancais.196.jpgAu cours d’un survol en hélicoptère, les scientifiques de l’INGV de Catane ont constaté que le Cratère SE était toujours très actif. Une bouche sur le flanc du cône est le siège d’une petite activité strombolienne avec des retombées intra-cratèriques. L’autre bouche, un peu plus en amont, émet des nuages de cendres.
La nouvelle fracture éruptive qui s’est ouverte à 3100 m d’altitude se caractérise par une acticité strombolienne et une coulée de lave dont le front a atteint la cote 2800.
La bouche à 2800 m d’altitude continue à être la source d’une coulée bien alimentée qui se divisent en plusieurs bras qui n’ont pas encore atteint les Monti Centenari.
En aval des Monti Centenari, le front des coulées des jours précédents s’est maintenant refroidi à environ 1500 m d’altitude. La longueur totale du champ de lave produit par l’éruption actuelle est estimée à 4,5 km.
Dans le même temps, les autres cratères sommitaux se contente de dégazer.
Le tremor éruptif se maintient à un niveau régulier, cependant en légère baisse par rapport à hier.

medium_drapeau_anglais.190.jpgDuring a helicopter flight, scientists of the INGV observed that the SE Crater was still very active. A vent on the flank of the cone is the seat of slight strombolian activity whereas ash clouds are coming from another vent towards the top of the crater.
The new eruptive fissure at 3100 m a.s.l. is characterised both by a strombolian activity and a lava flow whose front has reached 2800m a.s.l.
The vent located at 2800 m a.s.l. is the source of a well-fed lava flow that divides in several branches that have not yet reached the Monti Centenari.
Below the Monte Centenari, the front of the lava flows of the previuous days has now cooled down at 1500m a.s.l. The total length of the lava field has been estimated at 4.5 km.
Meantime, the other summit craters are just degassing.
The eruptive tremor is keeping a regular level, although in slight decline compared with yesterday.

Le tsunami de l’Etna

Dans son édition du dimanche 3 décembre 2006, le quotidien La Sicilia publie un article très intéressant intitulé « Il y a 8000 ans, un tsunami provoqué par l’Etna ». L’article s’appuie sur un travail de recherche effectué par des chercheurs de l’INGV – Maria Teresa Pareschi et Massimiliano favalli – qui vient d’être publié dans la revue scientifique internationale Geophysical research letters » sous le titre « Le tsunami oublié ».
Selon les chercheurs italiens, une portion du flanc Est de l’Etna s’est détachée du volcan il y a 8000 ans et s’est précipitée dans la Mer Ionienne, déclenchant un raz-de-marée bien plus puissant que celui qui a dévasté le sud-est asiatique le 26 décembre 2004. La vague ainsi formée aurait eu à son départ la taille d’un immeuble de 10 étages et une hauteur supérieure à 40 mètres. Se propageant à plusieurs centaines de kilomètres à l’heure (probablement entre 200 et 700 km/h), elle aurait atteint les côtes méridionales de l’Italie, la Grèce et l’Albanie et l’Afrique du nord entre la Tunisie et l’Egypte.
D’après les auteurs de l’article, l’effondrement aurait concerné une partie de la côte ionienne de la Sicile appelée Chiancone ainsi que la Valle del Bove. La cicatrice provoquée dans le massif de l’Etna par l’effondrement n’est plus très visible, en particulier dans la Valle del Bove qui a été remplie par la lave pendant les millénaires qui ont suivi. Mais les simulations informatiques effectuées par les chercheurs ne laissent aucun doute sur l’événement qui pourrait être à l’origine du mythe mystérieux de l’Atlantide.

Un tel travail de recherche prend toute sa valeur quand on sait que le massif de l’Etna a tendance à basculer vers l’est. Le versant oriental du volcan est parcouru par plusieurs fractures – la plus connue étant celle de Pernicana – qui sont très actives comme le prouvent les événements tectoniques qui s’y produisent régulièrement.
Quant à savoir si un nouvel effondrement du massif est susceptible de se reproduire, personne ne le sait. Selon les scientifiques italiens, dans un tel cas, l’Italie du sud serait atteinte par la vague au bout de 15 minutes et la Grèce au bout d’une heure. La Libye aurait environ une heure et demie pour évacuer ses côtes. Le mur d’eau arriverait sur les rivages d’Israel, du Liban et de Syrie au bout de trois heures…