Ile de la Réunion (France)

medium_drapeaufrancais.109.jpg19 septembre 2006: Ce matin, le Journal de l’Ile nous annonce que « la Réunion [est] sous la menace d’un tsunami majeur » ! Cette affirmation sensationnelle dont se délecte la presse fait suite au colloque « La Réunion face aux risques naturels » qui vient de se tenir sur l’île de l’Océan Indien.
Le colloque est bien sûr revenu sur le tsunami du 26 décembre 2004 qui a ravagé le sud-est asiatique. Les scientifiques ont essayé de démontrer que la Réunion pourrait se trouver aux premières loges si un séisme majeur se produisait au large de ses côtes ou s’il venait à l’idée du vénéré Piton de la Fournaise de s’effondrer et d’envoyer 90 kilomètres cubes de matériaux au fond de l’océan.
Comme toujours dans de tels colloques, les scientifiques ont présenté les inévitables modélisations informatiques de ces phénomènes et les non moins inévitables scénarios catastrophes, avec leurs «vagues pluridécamétriques » pouvant atteindre 100 mètres de hauteur ! Le problème, c’est que ces gens ne sont toujours pas capables de dire où et quand l’événement se produira !
Il ne faut pourtant pas condamner de tels colloques qui ont au moins le mérite d’attirer l’attention du public sur les risques naturels. Le problème, c’est que les conclusions et autres recommandations sont rarement – ou trop tardivement – prises en compte par les gouvernements. Comme l’indique fort justement l’article, « les décideurs peuvent prendre des dispositions en terme d’aménagement…. Ce sont des choix difficiles mais nécessaires ».
Malheureusement, très peu de mesures préventives ont été mises en place après le tsunami du 26 décembre 2004. S’il venait à se reproduire, le bilan serait encore terrible. Quand nos gouvernants se décideront-ils à protéger les populations ? A organiser des séances d’information de la même façon qu’ils sont capables d’organiser des réunions électorales ? A mettre en place des systèmes sonores simples (des sirènes par exemple) demandant à la population de fuir vers des points élevés afin d’échapper aux vagues meurtrières ?
Des telles mesures sont simples et ne demandent pas des budgets exorbitants. Le tout est d’avoir la volonté de les mettre en place. Bien sûr, la Réunion et la Thaïlande ne possèdent pas de pétrole ou d’intérêts économiques majeurs, mais leurs populations méritent bien quelques milliards de dollars, non ?
24 septembre 2006: Pendant la journée d’hier, une très forte houle, avec des vagues atteignant 4 mètres de hauteur, a balayé les côtes réunionnaises, endommageant bon nombre d’embarcations. Ce n’était pas, certes, une vague de tsunami, mais le spectacle était impressionnant. Faisant allusion – avec une certaine ironie – au colloque sur les risques naturels qui a eu lieu sur l’île il y a quelques jours, le Journal de l’Ile titre ce matin: « La Réunion n’est pas prête à affronter un tsunami majeur »….

medium_drapeau_anglais.105.jpgSeptember 19th 2006: One of today’s headlines of the Journal de l’Ile is: “The Reunion Island under the threat of a major tsunami”! This sensational statement follows the symposium “The Reunion Island in front of natural risks” which has just taken place on the island.
The symposium has gone back over the tsunami that devastated south-east Asia on December 26th 2004. Scientists have tried to demonstrate that the Reunion Island could be directly threatened if an earthquake took place off its coasts or if the Piton de la Fournaise happened to collapse and send 90 cubic kilometres of materials at the bottom of the ocean.
As usual during such symposiums, scientists presented computer models of these phenomena, together with inevitable disaster scenarios such as gigantic waves up to 100 metres high! The problem is that these people were not able to say when and where such a disaster would occur!
However, one should not condemn such symposiums which, at least, draw public attention to natural risks. The problem is that the conclusions or recommendations are rarely – or too late – taken into account by governments. As we can read in the newspaper, “decision-makers can take measures in terms of environmental planning… These are difficult choices but they are necessary”.
Unfortunately, very few preventive measures were implemented after the tsunami of December 26th 2004. Should it happen again, the toll would again be terrible. When will our governments decide to protect the populations? When will they organise information meetings in the same way as they organise electoral meetings? When will they set up sound systems (with hooters for instance) to incite people to flee to elevated points in order to be out of reach of the deadly waves?
Such measures are fairly simple to set up and do not require enormous budgets. What is needed above all is the will to set them up. Of course, The Reunion Island or Thailand don’t have oil in their ground or other major economic interests, but their populations do deserve a few million dollars, don’t they?
September 24th 2006: Yesterday, an impressive swell shook the coasts of the island, with waves up to 4 metres high, damaging a good number of boats. It was obviously not a tidal wave, but the show was very spectacular. Alluding – with some irony – to the symposium on natural risks that took place on the island a few days ago, the headline of the Journal de l’Ile this morning is: « The Reunion is not ready to face a major tsunami »…

Etna (Sicile / Italie)

medium_drapeaufrancais.112.jpgSelon le dernier bulletin de l’INGV de Catane, on enregistre une nouvelle phase d’activité au niveau du Cratère Sud-Est. Elle a commencé le 20 septembre vers 3 heures du matin et se poursuivait encore hier. Elle se manifeste par des explosions de faible intensité, accompagnées d’émissions de cendres dont les retombées se limitent à la zone sommitale du volcan. Aucune projection incandescente ou coulée de lave n’a été observée. Aujourd’hui, le sommet est dans les nuages et les images de la webcam ne permettent pas de se rendre compte de la situation.
La sismicité étant restée à un niveau normal, cet événement ne semble pas correspondre à une nouvelle montée de magma. Il s’agit plutôt d’une activité résiduelle de dégazage de l’éruption qui a pris fin la semaine dernière.

medium_drapeau_anglais.108.jpgAccording to the latest bulletin of the INGV, a new phase of activity has been observed in the SE Crater since September at 3 a.m., and it was still going on yesterday. Low-intensity explosions could be heard, accompanied by ash clouds and ashfall on the summit area of the volcano. No incandescent ejecta or lava flow was observed. Today, clouds are wrapping the summit and the webcam does not allow to see what’s going on.
As seismicity is normal, this event does not seem to mean that new magma is coming up. It rather corresponds with a residual activity of degassing after the eruption which ended last week.

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

medium_drapeaufrancais.111.jpgAu terme d’une troisième semaine d’activité, l’éruption se poursuit à un niveau élevé, même si le tremor est en phase de lente décroissance. Une seule plateforme d’observation, celle de la Soufrière, reste ouverte au public qui doit l’avoir quittée à 15 heures maximum. L’accès à l’Enclos à partir du Pas de Bellecombe est ouvert de 6h à 13h.

medium_drapeau_anglais.107.jpgAt the end of a third week of activity, the eruption is going on at an elevated level, even though the tremor is slowly decreasing. Only one observation platform – the Soufrière – is still open to visitors who must have left the place at 3 p.m. The access to the Enclos from the Pas de Bellecombe is open from 6 a.m. to 1 p.m.

Soufrière Hills (Ile de Montserrat / Antilles britanniques)

medium_drapeaufrancais.110.jpgLe volcan reste très actif, avec de nombreux effondrements du dôme générant des coulées pyroclastiques pouvant parfois atteindre la mer par la vallée de la Tar River. Les panaches de cendres accompagnant ces événements s’élèvent jusqu’à 4 km d’altitude.

medium_drapeau_anglais.106.jpgThe volcano is still very active, with numerous collapses of the dome generating pyroclastic flows which sometimes go as far as the sea along the Tar River valley. The ash clouds that accompany such events reach between 2 and 4 km a.s.l.

Etna (Sicile / Italie)

medium_drapeaufrancais.107.jpgComme je le laissais entendre dans mon dernier bulletin consacré au volcan sicilien, l’éruption est bel et bien terminée. Plus aucune activité effusive ou explosive n’est visible au niveau du Cratère Sud-Est.
Ce matin, la webcam montrait un volumineux nuage blanc de vapeur en train de s’échapper du Cratère Nord-Est; ce phénomène est tout à fait normal après les intemptéries de ces derniers jours sur la Sicile.
S’agissant des nuages de vapeur, on ne mettra jamais assez en garde les observateurs contre des conclusions trop hâtives. La plupart du temps, ce n’est pas parce que la densité des nuages de vapeur a augmenté que le volcan connaît un sursaut d’activité. Comme c’est le cas ces jours-ci, ces volumineux nuages blancs peuvent faire suite à d’abondantes chutes de pluie. Ils peuvent aussi être engendrés par des variations d’hygrométrie ou (et) de température sur la zone sommitale. L’Etna culmine à 3340 mètres d’altitude et qu’aucun obstacle n’arrête les perturbations.

medium_drapeau_anglais.104.jpgAs I had put it in my latest bulletin, the eruption is definitely over. There is no more effusive or explosive activity to be seen in the SE Crater.
This morning, the webcam showed a voluminous white cloud of vapour escaping from the NE Crater, a phenomenon which is quite normal after the heavy rains of the recent days in Sicily.
As far as vapour clouds are concerned, one should be very careful before making rapid conclusions. Indeed, an increase in the density of vapour clouds does not always mean that the volcano is going through a new phase of activity. As it is the case at the moment, these voluminous white clouds can follow a heavy rainfall. They can also be generated by sudden changes in hygrometry and (or) temperature in the summit zone. Don’t forget the the volcano is 3340 m high and there is no obstacle to stop atmospheric disturbances.

Etna (Sicile / Italie)

medium_drapeaufrancais.106.jpgL’éruption qui a commencé il y a deux semaines au niveau du Cratère Sud-Est semble être sur le point de se terminer. Au cours des dernières 24 heures, le tremor a connu une baisse sensible qui s’est accompagnée de l’absence d’activité strombolienne au sommet du cratère. Dans le même temps, l’effusion de lave a pratiquement pris fin. Les images diffusées par l’INGV de Catane laissent seulement apparaître une légère incandescence en haut de la coulée et quelques effondrements au niveau du front.
Est-ce la fin réelle de l’éruption ou une simple pause? La volcanologie actuelle ne permet pas de répondre à une telle question. Les événements de ces derniers jours ressemblent à l’éruption de 1998 pendant laquelle le Cratère Sud-Est avait connu pendant quelques semaines une activité strombolienne identique, tout en laissant échapper une coulée de lave qui avait couvert à peine quelques centaines de mètres.

medium_drapeau_anglais.103.jpgIt looks as if the eruption which started two weeks ago in the SE Crater is about to be over. The tremor decreased a lot during the last 24 hours. Meantime, strombolian activity stopped on the summit of the cone and lava effusion ended as well. The pictures inserted by the INGV on their website only show a slight incandescence at the top of the lava flow and some collapses on the lava front.
Is it really the end of the eruption or just a pause? Today’s volcanology is not able to answer such a question. The events of the past days resemble the 1998 eruption when the SE Crater had gone through a similar strombolian activity for a few weeks, while releasing a lava flow that had barely covered a few hundred metres.

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

medium_drapeaufrancais.105.jpgVoici quelques nouvelles du Kilauea, en particulier pour les personnes qui étaient avec moi sur le volcan en Juillet – Août 2006.
La situation n’a guère évolué. Après avoir parcouru environ un kilomètre sur le versant sud du Pu’u O’o, la lave (qui s’écoule en tunnels) se divise en deux branches qui alimentent les entrées en mer de East La’eapuki d’une part et de East Ka’ili’ili d’autre part. Le débit moyen est globalement le même que celui que nous avons observé depuis le bateau.
Dans sa descente d’une douzaine de kilomètres sur le Pulama Pali, la lave perce parfois la voûte des tunnels pour donner des coulées éphémères identiques à celles que nous avons observées après une marche de trois heures depuis Kalapana.
S’agissant du cratère du Pu’u O’o, l’activité des différentes bouches est variable au fil des heures et des jours. La webcam montre de belles incandescences dans l’East Pond Vent (où nous nous trouvions), January Vent ou Drainhole. On peut d’ailleurs penser que ces différentes bouches sont reliées entre elles. Un effondrement du plancher peut très bien se produire un jour et donner naissance à un grand lac de lave semblable à celui qui existait il y a une dizaine d’années, ou comme celui qui s’agitait au 19ème siècle dans l’Halemaumau.

medium_drapeau_anglais.102.jpgHere is some news from Kilauea, more particularly for the persons who were with me on the volcano in July – August 2006.
The situation has not much changed. About one kilometre south of Pu’u O’o, lava (which flows in tunnels) divides in two branches that feed the ocean entries of East La’eapuki and East Ka’ili’ili. The average output is roughly the same as the one we observed from the boat.
Over the twelve kilometres of Pulama Pali (more often on the lower slope) , lava sometimes pierces the roofs of the tunnels so that some overflows can be observed, like the one we met after a 3-hour walk from Kalapana.
As far as the Pu’u O’o crater is concerned, the activity of the vents varies with the hours and the days. The webcam shows nice flares in East Pond Vent (where we were), January Vent or Drainhole. By the way, one may think (it is my personal opinion) these different vents are connected together. A general collapse of the crater floor might well happen some day and give birth to a large lava lake similar to the one that existed some ten years ago in this crater, or the one which could be observed in Halemaumau in the 19th century.

medium_Hawaii_pour_blog.jpg