Réchauffement climatique : la relocalisation de Miquelon

Saint-Pierre-et-Miquelon est un archipel français au sud de l’île canadienne de Terre-Neuve. Il est principalement composé de deux îles : l’île Saint-Pierre, la plus petite des deux, qui abrite 86 % de la population, au côté de Miquelon, constituée de trois presqu’îles reliées entre elles par deux tombolos.

 L’île Saint-Pierre, plus animée, est caractérisée par une atmosphère française marquée, avec une cathédrale et le musée Héritage, qui célèbre l’histoire régionale.

L’île de Miquelon-Langlade, peu peuplée, abrite la lagune du Grand Barachois, accueillant des oiseaux de mer et des phoques.

Ancienne colonie, puis territoire d’outre-mer de l’Union française (1946-1976), puis département d’outre-mer (1976-1985), puis collectivité territoriale à statut particulier (1985-2003), Saint-Pierre-et-Miquelon est aujourd’hui une collectivité d’outre-mer. Ainsi, l’archipel est un pays et territoire d’outre-mer ne faisant pas partie intégrante du territoire de l’Union européenne. Il ne fait pas partie de l’espace Schengen. En revanche, Saint-Pierre-et-Miquelon fait partie de la zone euro, d’Euratom et ses habitants disposent de la citoyenneté européenne.

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La chaîne de télévision France 3 propose un documentaire intitulé «  Miquelon, une île face au réchauffement climatique ». Il montre que l’outre-mer est également confronté à ce phénomène et à ses conséquences. Il dure 52 minutes et se trouve à cette adresse :

https://www.france.tv/france-3/outremer-ledoc/5275818-miquelon-une-ile-face-au-rechauffement-climatique.html

S’agissant de l’outre-mer, j’ai déjà indiqué sur ce blog que la Martinique et la Guadeloupe étaient confrontées à l’érosion littorale au même titre que le littoral atlantique en métropole. Il en va de même pour l’archipel français de Saint-Pierre et Miquelon. Le village de Miquelon et ses 600 habitants subit de plein fouet les aléas de la météo. L’archipel se trouve à la confluence du courant froid du Labrador et du Gulf Stream plus chaud, ce qui n’arrange rien.

De plus en plus fréquemment, la localité est confrontée à un risque de submersion par les vagues lors des tempêtes les plus violentes. Avec le réchauffement climatique, certaines tempêtes tropicales, comme ce fut le cas du cyclone Fiona en 2022, remontent jusqu’aux côtes canadiennes et touchent l’archipel de plein fouet. Au risque de submersion s’ajoute celui des remontées de nappes phréatiques.

Devant l’augmentation de la force des tempêtes et du risque de submersion, une décision radicale a été prise en 2015. François Hollande, alors Président de la République a décidé que Miquelon serait en zone rouge. Cela signifiait que l’île devenait inhabitable et qu’aucune nouvelle construction ne serait autorisée.

Pour les habitants, cela signifiait aussi que leurs maisons n’avaient plus aucune valeur. Il a alors été décidé de relocaliser le village à un kilomètre de distance à vol d’oiseau, dans un endroit plus sûr.

Un Plan de prévention des risques littoraux (PPRL) a été approuvé en 2018. Il limite fortement les nouvelles constructions et les projets d’urbanisation, condamnant ainsi le développement de Miquelon. La décision de relocaliser le village redonne donc des perspectives d’avenir aux habitants tout en assurant leur sécurité.

Le nouveau village sera reconstruit sur un secteur de l’île de Miquelon situé plus au sud et, surtout, plus en hauteur que l’emplacement actuel. La limite basse du nouveau secteur se situe à 10 mètres au-dessus du niveau de la mer, alors que le village actuel se situe entre 0 et 3 mètres.

Le projet est déjà bien avancé. Après une phase de concertation citoyenne et des études réalisées en 2022 et 2023, les nouveaux terrains ont été acquis, avec des parcelles cédées pour un euro symbolique par la collectivité territoriale.

En 2024, la mairie de Miquelon a réalisé un appel à candidatures, sélectionnant les 14 premiers ménages à venir s’installer. Des permis de construire ont été délivrés. Les fondations et les murs des premières maisons sortent de terre. Il faudra toutefois plusieurs dizaines d’années pour que la relocalisation soit menée à son terme.

Le principe de cette relocalisation est intéressant car il repose sur le volontariat et la population est le moteur du projet. Les habitants de Miquelon dont les maisons sont soumises à un risque grave et imminent sont éligibles au Fonds Barnier. Ce dispositif permet à l’État de subventionner la commune pour le rachat des biens, garantissant ainsi un montant juste et équitable, que les habitants peuvent utiliser pour reconstruire sur le nouveau secteur. Une fois le bien racheté par la commune, le Fonds Barnier finance également sa déconstruction et la renaturation de l’ancienne parcelle.

Le projet de relocalisation et de reconstruction de Miquelon pourrait bien servir de cobaye pour le territoire français dans son ensemble. Avec l’érosion littorale galopante, d’autres localités vont être obligées de s’installer ailleurs. J’ai évoqué le cas de Lacanau en Gironde.

Au final, il y a la volonté de construire un nouveau village exemplaire en matière de développement durable. Des performances environnementales ont été définies, notamment en termes de performance énergétique des nouvelles constructions, ce qui est crucial étant donné le climat de l’archipel. La commune de Miquelon est notamment accompagnée par un architecte, disponible pour aider les habitants à réfléchir à des implantations optimales et à l’utilisation de matériaux biosourcés par exemple.

Ce projet est considéré comme un « laboratoire français de l’adaptation » et est suivi de très près à tous les échelons de l’État.

Source : France 3, gouvernement français.

Nouvelles règles d’accès à l’Etna (Sicile)

De nouvelles règles et procédures d’accès à la zone sommitale de l’Etna ont été définies au cours d’une réunion qui s’est tenue dans la matinée du mardi 30 juillet 2024 à la préfecture de Catane.

Alerte Etna, les nouvelles procédures :
Le Préfet a insisté sur la nécessité d’actualiser les procédures d’alerte au risque volcanique et d’utilisation de la zone sommitale de l’Etna en vigueur actuellement, et adoptées par arrêté préfectoral en date du 4 avril. 2013.
Selon le Préfet, ces changements sont nécessaires en raison de la nouvelle morphologie des cratères sommitaux et de la dynamique des récentes éruptions.
De son côté, le directeur de l’INGV a expliqué, sur la base de données scientifiques, quels changements se sont produits dans la zone sommitale suite aux éruptions survenues ces dernières années. Les éruptions ont contraint à modifier et à élargir les limites de la zone Jaune, la zone la plus dangereuse du volcan, pour assurer de meilleures conditions de sécurité. Le directeur de l’INGV a également précisé que dans la phase actuelle d’activité, la zone Jaune est interdite, quel que soit le niveau d’alerte du volcan. L’interdiction est décrite dans l’ordonnance de la Protection Civile du 3 juillet 2024. En l’absence d’alerte spécifique, les activités dans le reste de la zone sommitale restent autorisées.
Le responsable de la Protection Civile Régionale en charge des risques sismiques et volcaniques a clarifié les modalités de fonctionnement du nouveau système d’alerte de l’Etna. Il prévoit trois niveaux de risque progressifs – F0, F1, F2 – déterminés en fonction du danger des éruptions. .
Lors du passage du niveau F0 au niveau F1, la zone sommitale adjacente à la zone Jaune et identifiée comme zone Rouge est également interdite. Comme cela s’est déjà produit, l’accès à toute la zone sommitale sera interdit par des ordonnances relevant de la compétence des maires des communes concernées.

La culture de la prévention
Le Préfet a ajouté que le nouveau plan tiendra compte de toutes les innovations scientifiques et technologiques apparues, ainsi que des nouveaux systèmes d’alerte mis en place par la Protection Civile.
Par ailleurs, le Préfet a insisté sur la nécessité de donner une diffusion maximale aux ordonnances municipales en mettant en place, avec l’aide de l’INGV et de la Protection Civile, un mécanisme de communication immédiate des alertes émises, en particulier sur les écrans présents dans les territoires. Les communes concernées pourront aussi utiliser tous les systèmes d’alerte sonore permettant d’alerter les personnes se trouvant dans les zones à risque.
A la fin de la réunion, le Préfet a également rappelé la nécessité de promouvoir la culture de prévention des risques à travers des panneaux d’information qui seront installés dans les principaux points d’accès touristiques de l’Etna, avec des recommandations multilingues pour accéder aux sentiers (vêtements adaptés aux conditions climatiques, par exemple) et sur les comportements à adopter en cas d’alerte.
Source : Live Sicilia.

Un grand merci à mon ami sicilien Santo Scalia qui m’a fait parvenir l’article de presse.

Les derniers paroxysmes ont contraint les autorités à modifier les conditions d’accès au volcan (image webcam)

Vulcano dans l’attente (Iles Eoliennes / Sicile) // Vulcano (Aeolian Islands / Sicily)

Les habitants de l’île éolienne de Vulcano attendent avec impatience le verdict d’une visioconférence qui doit avoir lieu le 20 décembre 2021 et à laquelle participeront des membres de l’INGV, de la Protection Civile, d’Arpa, d’Ispra, d’Asp et le maire de Lipari pour décider si la zone rouge et les contraintes qu’elle implique doit être prolongée ou si les insulaires pourront revenir dormir dans leurs maisons. L’ordonnance promulguée il y a un mois par le maire de Lipari expirera le 21 décembre.

Les dernières informations communiquées par l’INGV de Catane laissent entendre que la situation s’est légèrement améliorée, mais qu’il reste des zones sous la menace des gaz. La température des fumerolles diminue sur la lèvre du cratère et est stable sur sa face interne. Les émissions de CO2 à la base du cône de La Fossa et dans la zone de Vulcano Porto, mesurées automatiquement par le réseau Vulcanogas, montrent une baisse générale mais restent toujours à des valeurs élevées, à l’exception du site de Faraglione, où les valeurs habituelles sont enregistrées.
En revanche, les émissions de de CO2 dans la zone du cratère continuent de montrer des valeurs élevées, supérieures aux moyennes enregistrées au cours des 10 dernières années.

S’agissant de la géochimie des nappes phréatiques, les valeurs de température et de conductivité sont stables dans le puits du Camping Sicilia, tandis qu’une légère augmentation des valeurs est observée dans le puits Bambara et les valeurs de conductivité continuent de diminuer.

Ces derniers jours, les contrôles effectués par les techniciens de l’ARPA et d’Ispra avec de nouveaux instruments ont concerné essentiellement la zone rouge. Les résultats de ces mesures seront divulgués en réunion le 20 décembre par les scientifiques, puis par le maire qui les communiquera à la population.

Selon le journal La Sicilia, « il est probable qu’il y aura une autre prolongation d’un mois, mais il n’est pas exclu que la nouvelle ordonnance puisse affecter les personnes les plus vulnérables, tandis que d’autres pourraient rentrer chez elles. »

Source: La Sicilia.

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The inhabitants of the Aeolian island of Vulcano are impatiently awaiting the verdict of a videoconference due to take place on December 20th, 2021 and in which members of INGV, Civil Protection, Arpa, Ispra, d’Asp and the mayor of Lipari are to decide whether the red zone and the constraints it implies should be extended or whether the islanders will be allowed to return to their homes to sleep. The ordinance released a month ago by the mayor of Lipari will expire on December 21st.
The latest information from the INGV of Catania suggests that the situation has improved slightly, but that there are still areas under the threat of gas. The temperature of the fumaroles is decreasing on the crater rim and is stable on its internal face. CO2 emissions at the base of the La Fossa cone and in the Vulcano Porto area, automatically measured by the Vulcanogas network, show a general decrease but still remain at high values, with the exception of the Faraglione site, where background values are recorded.
In contrast, CO2 emissions in the crater area continue to show high values, higher than the averages recorded over the past 10 years.
Regarding the geochemistry of groundwater, the temperature and conductivity values are stable in the well of Camping Sicilia, while a slight increase in values is observed in the Bambara well and the conductivity values continue to decrease.
In recent days, the monitoring carried out by technicians from ARPA and Ispra with new instruments have mainly concerned the red zone. The results of these measurements will be disclosed at the meeting of December 20th by the scientists, then by the mayor who will communicate them to the population.
According to the newspaper La Sicilia, « it is likely that there will be another one month extension, but it is not excluded that the new ordinance could affect the most vulnerable people, while others could return home. »
Source: La Sicilia.

Cratère de La Fossa (Photo: C. Grandpey)

Le jour où le Vésuve se réveillera…

Le spationaute Luca Parmitano, qui a récemment voyagé à bord de la station spatiale internationale (ISS), a pris une excellente photo du Vésuve et de la ville de Naples. En examinant le cliché, on se rend parfaitement du danger qui plane sur la conurbation napolitaine en cas d’éruption majeure du Vésuve, comme cela s’est produit, par exemple, en 1631. Un jour ou l’autre, il faudra évacuer des populations et les mettre à l’abri des fureurs du volcan. Il y a quelques années, Franco Barberi, alors à la tête de la Protection Civile italienne, me disait : «  Si j’évacue la population et qu’il n’y a pas d’éruption, je passe pour un imbécile ; si je n’évacue pas et que le volcan entre en éruption, je vais en prison. »

Connaissant les mentalités dans l’Italie du Sud, j’ai toujours dit qu’une telle évacuation se ferait dans la douleur. La Campanie, ce n’est pas le Japon ! Il existe malgré tout un Plan National d’Urgence (PNU) pour le Vésuve, qui est régulièrement mis à jour. Sa dernière révision a eu lieu en août 2018.

On peut lire que les autorités ont identifié une « nouvelle zone rouge », c’est-à-dire la zone pour laquelle l’évacuation de la population est la seule mesure préventive. Parallèlement, des jumelages ont été redéfinis avec les régions et les provinces susceptibles d’accueillir les personnes évacuées.

En 2015, la « nouvelle zone jaune » a été approuvée, c’est-à-dire la zone en dehors de la zone rouge exposée aux retombées importantes de cendres volcaniques et de matériaux pyroclastiques.

Le plan d’évacuation de la population de la zone rouge est en cours d’élaboration par la Région Campanie.

Les zones rouge et jaune ont été identifiées par le Département de la Protection Civile, sur la base des recommandations de la communauté scientifique et en collaboration avec la Région Campanie.

La nouvelle zone rouge, contrairement à celle identifiée dans le plan 2001, comprend, en plus d’une zone exposée aux coulées pyroclastiques (zone rouge 1), une zone soumise à un risque élevé d’effondrement des toits des bâtiments en raison de l’accumulation de matériaux pyroclastiques (zone rouge 2). La redéfinition de cette zone comprend également l’implication d’un certain nombre de municipalités qui ont pu indiquer, en accord avec la Région, quelle partie de leur territoire se trouvera dans la zone à évacuer par prévention.

La nouvelle zone rouge comprend 25 municipalités des provinces de Naples et de Salerne, soit 7 municipalités de plus que les 18 prévues dans le PNU de 2001. La directive du 14 février 2014 a identifié le jumelage entre les villes de zone rouge et les régions et provinces autonomes qui accueilleront la population évacuée.

La nouvelle zone jaune, officialisée par le Journal officiel du 19 janvier 2016, regroupe désormais 63 communes et trois districts de la ville de Naples. La définition de cette zone est basée sur des études et simulations récentes de la distribution au sol des cendres volcaniques produites par une éruption subplinienne qui est le scénario de référence. En particulier, la zone jaune comprend les territoires pour lesquels il est nécessaire de planifier l’intervention des moyens nationaux et régionaux pour gérer une éventuelle urgence. En effet, il est probable que les retombées de cendre seront de nature à provoquer l’effondrement des toitures, ce qui contraint les communes qui en font partie à adapter leurs plans d’urgence. Les retombées de cendres volcaniques peuvent avoir localement d’autres conséquences, comme le colmatage des égouts et le ralentissement de la circulation routière. Ces problèmes peuvent également affecter une vaste zone en dehors de la zone jaune.

Source : Protection Civile italienne.

Le Vésuve et la ville de Naples (Crédit photo: Luca Parmitano)

Carte montrant les zones Rouge et Jaune autour du Vésuve (Source: Protection Civile italienne)