Nouvelle éruption du Ruang (Indonésie) et hausse de la sismicité sur le Kilauea (Hawaii) // New eruption of Ruang (Indonesia) and increase in seismicity at Kilauea (Hawaii)

Une nouvelle puissante éruption a débuté sur le Ruang (Îles Sangihe / Indonésie) dans la soirée du 29 avril 2024, avec une colonne de cendres qui s’est élevée à environ 19,2 km d’altitude. Les autorités ont relevé le niveau d’alerte à 4 (le maximum) et la couleur de l’alerte aérienne au Rouge. Cette éruption survient seulement 2 semaines après un événement similaire le 16 avril.
L’éruption s’est caractérisée par une impressionnante émission de lave incandescente. Elle a été rendue encore plus spectaculaire par la présence d’éclairs dans le panache de cendres.
Parallèlement, une importante pluie de pierres et de graviers a été observée sur une zone plus vaste que lors de la précédente éruption du 16 avril. La situation s’est ensuite stabilisée.
Pour des raisons de sécurité, le réseau électrique de l’île de Tagulandang a été désactivé. En outre, la mauvaise qualité des signaux de télécommunications a posé des problèmes à la coordination des communications sur le terrain, compliquant ainsi la prise de mesures efficaces.
L’aéroport Sam Ratulangi de Manado restera fermé au moins jusqu’à midi le 1er mai.
Il est fortement conseillé aux habitants proches du Ruang, y compris les touristes, de rester vigilants et d’éviter d’entrer dans les zones situées dans un rayon de 6 km autour du cratère actif. Il est également recommandé à ces personnes de porter des masques pour se protéger des cendres volcaniques. Pour les habitants de l’île de Tagulandang située dans ce rayon de 6 km, une évacuation immédiate s’impose, avec déplacement vers des zones plus sûres.
Source : PVMBG, Darwin VAAC, médias d’information internationaux.

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Le Kīlauea (Grande Île d’Hawaï) n’est pas en éruption mais une hausse significative de la sismicité (environ 360 séismes superficiels au cours des dernières 24 heures, avec des magnitudes M 1,0 – M 3,0) a incité le Parc National des Volcans d’Hawaï à fermer certaines zones qui pourraient mettre les visiteurs et le personnel en danger si le volcan entre en éruption. Les fermetures concernent également la Chain of Craters Road à partir de l’intersection de Crater Rim Drive.
Selon le HVO, il n’est pas possible à l’heure actuelle de savoir si cette augmentation de l’activité sismique entraînera une éruption dans un avenir proche ou si elle restera confinée sous terre. Cependant, le nombre croissant d’essaims sismiques conduit à penser qu’une éruption dans la région sommitale du Kīlauea ou sous l’Upper East Rift Zone est une possibilité.
La hausse de la sismicité n’a pas eu d’impact sur le trafic routier ou sur les infrastructures au sommet du volcan. De nombreuses zones populaires du Parc restent ouvertes. Les visiteurs sont toutefois invités à planifier à consulter le site web du parc pour connaître les fermetures éventuelles ou les alertes de danger.
Source : Parc national des volcans d’Hawaii.

Hausse de la sismicité mais pas d’éruption pour le moment sur le Kilauea (Image webcam du cratère de l’Halema’uma’u

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Another powerful eruption started at Ruang volcano (Sangihe Islands / Indonesia) in the evening of April 29th, 2024, with an ash column that rose to about 19.2 km above sea level. Authorities raised the Alert Level to 4 (the maximum) and the Aviation Color Code to Red. This powerful eruption comes just 2 weeks after a similar eruption on April 16th.

The eruption was characterized by the impressive emission of incandescent lava. This dramatic display was further enhanced by the presence of volcanic lightning in the ash plume.

Concurrently, a significant shower of stones and gravel was observed over a broader area than during the previous eruption on April 16th. The situation later stabilized.

For safety reasons, the electricity network on Tagulandang Island has been deactivated. Additionally, the weakening of telecommunications signals posed challenges for effective coordination and communication in the field, complicating response efforts.

Manado’s Sam Ratulangi airport was closed at least until noon on May 1st.

Residents near Volcano Ruang, including tourists and visitors, are strongly advised to stay vigilant and avoid entering areas within a 6 km radius from the center of the active crater. They are also encouraged to wear masks to shield themselves from volcanic ash. For the inhabitants of Tagulandang Island located within this 6 km radius, immediate evacuation is imperative. They should relocate to safer areas to ensure their safety.

Source : PVMBG, Darwin VAAC, international news media.

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Kīlauea (Hawaii Big Island) is not erupting but a significant increase in seismicity (about 360 shallow earthquakes in the last 24 hours, with magnitudes M 1.0 – M 3.0) has prompted Hawaiʻi Volcanoes National Park to close some areas that could put visitors and staff at risk if the volcano erupts. Closures also concern the Chain of Craters Road from the intersection at Crater Rim Drive.

According to HVO, it is not possible at this time to know if this increase in activity will lead to an eruption in the near future or simply remain confined below ground. However, the gradual strengthening of seismic swarms suggests that an eruption in the summit region of Kīlauea or beneath the upper East Rift Zone is one potential outcome.

The increased seismicity has not impacted traffic safety or infrastructure projects at the summit. Many popular areas in the park remain open. Park visitors are urged to plan ahead and check the park website for any closure or hazard alerts.

Source : Hawaiʻi Volcanoes National Park.

L’or de l’Erebus (Antarctique) // Mount Erebus’ gold (Antarctica)

On peut lire ces jours-ci dans la presse plusieurs articles expliquant que le mont Erebus (3 794 m) en Antarctique émet de l’or, mais personne ne se précipitera sur le Continent blanc car les particules d’or font partie des panaches de gaz émis par le volcan. En fait, cette découverte de l’or remonte à 1991 et a été faite pour la première fois par des géologues américains, avant d’être récemment confirmée par d’autres scientifiques. .
En 1991 et en 2024, des chercheurs ont détecté des particules d’or dans les gaz volcaniques émis par l’Erebus, ainsi que dans la neige environnante. Les dernières évaluations indiquent que la production quotidienne d’or est d’environ 80 grammes, et semble confirmer ce qui a été observé en 1991. Cette quantité équivaut à une somme de 6 000 dollars. Cependant, l’or et les autres ressources minérales de l’Antarctique ne devraient jamais être exploités en vertu du Protocole de Madrid adopté en 1991 et entré en vigueur en 1998. Il vient compléter le Traité sur l’Antarctique de 1959 et désigne le continent blanc comme « une réserve naturelle dédiée à la paix et à la science. »
Les particules d’or de l’Erebus proviennent probablement de roches volcaniques. Selon les dernières observations, elles mesurent « entre 0,1 et 20 micromètres » dans les gaz et « 60 micromètres » dans la neige environnante.
L’Erebus fait partie des 138 volcans recensés en Antarctique. Avec l’Île de la Déception, c’est l’un des deux volcans actifs de la région (voir ma note du 11 avril 2024). Situé sur l’île de Ross, il est rarement visité car son accès est compliqué. Les premières missions françaises ont été réalisées entre 1973 et 1978 par Haroun Tazieff et son équipe. Ils ont tenté de descendre au fond du cratère pour prélever des échantillons de lave mais ont échoué en raison de l’hyperactivité du volcan qui présentait trop de risques. Tazieff a raconté l’histoire de ces missions dans plusieurs ouvrages : Erebus, volcan antarctique (Ed. Arthaud, 1978) et Erebus, volcan de l’Antarctique (Ed. Actes Sud, 1994).
Une autre mission a été organisée par Jean-Louis Etienne de décembre 1993 à mars 1994. Malheureusement, la banquise de la mer de Ross était quasiment infranchissable et il a fallu plus de trois semaines à la mission pour arriver au pied du volcan. Après dix jours d’ascension jusqu’au sommet du cratère, une nouvelle déception attendait les scientifiques. Le cratère avait été bouleversé par des explosions et des effondrements. Tout au fond, le lac de lave s’est révélé inaccessible. Seules quelques photos de la lave ont pu être prises avec un puissant téléobjectif. Jean-Louis Etienne a décrit l’expédition dans son livre Expédition Erebus (Ed. Arthaud, 1994).

Cratère de l’Erebus (Crédit photo: Wikipedia)

Cristal d’anorthoclase et échantillon du lac de lave de l’Erebus prélevés par l’équipe Tazieff (Photo: C. Grandpey / Collection personnelle)

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One can read several artticles these days explaining that Mount Erebus (3,794 m) in Antarctica is emitting gold. However nobody is going to oprn a mine on the continentbecause the gold particles are contained in the gas plumes emitted by the volcano. In fact this discovery of gold dates back to 1991 and was first made by American geologists and recently confirmed by other scientists. .

Both in 1991 and 2024, researchers have detected gold particles in the volcanic gases emitted by the volcano, as well as in the surrounding snow. The latest evaluations suggest the daily output of gold is about 80 grams, which appears to be consistent with what was observed back in 1991. This is worth $6,000. However, Antarctica’s gold and other mineral resources should never be exploited under the Madrid Protocol adopted in 1991 and enforced in 1998. It complemented the 1959 Antarctic Treaty and designates the White Continent as a “natural reserve dedicated to peace and science. ”

The gold particles on Mount Erebus likely originate from volcanic rock. According to the latest observations, they measure ‘between 0.1 and 20 micrometers’ in the volcanic gases and ’60 micrometers’ in the surrounding snow.

This volcano is among Antarctica‘s 138 active volcanoes. Together with Deception Island, it is one of the two active volcanoes in the region (see may post of 11 April 2024). Located on Ross Island, it is rarely visited because its access is complicated. The first French missions was performed between 1973 and 1978 by Haroun Tazieff and his team that attempted to descend to the bottom of the crater to take lava samples. They failed due to dangerous hyperactivity of the volcano. Tazieff told the story of these missions in several books : Erebus, volcan antarctique (Ed. Arthaud, 1978) and Erebus, volcan de l’Antarctique (Ed. Actes Sud, 1994)

Another mission was organised by Jean-Louis Etiennev from December 1993 to March 1994. Unfortunately, the icepack in the Ross Sea was almost impassable and it took the mission more than three weeks before arriving at the foot of the volcano. After ten days of climbing to the top of the crater, a new disappointment awaited the scientists. The crater had been ripped open by explosions and collapses. At the very bottom, the lava lake proved inaccessible. Only a few fotos of the lava could be made with a powerful telelens. Etienne described the expedition in his book Expédition Erebus (Ed. Arthaud, 1994).

Islande : dernières nouvelles de l’éruption // Iceland : latest news of the eruption

Dans ma dernière note faisant le point sur l’activité éruptive sur la péninsule de Reykjanes, j’indiquais que la lave s’était accumulée et avait épaissi le champ de lave près de Grindavík, en particulier vers le sud. Les médias islandais nous informent aujourd’hui (28 avril 2024) que de la lave a ouvert une brèche dans l’une des digues de terre édifiées pour protéger Grindavík. Il n’y a cependant aucun danger immédiat pour Grindavík ou d’autres zones habitées.
La brèche a été constatée le 27 avril au niveau d’une digue au nord de Grindavík. La lave se déplace très lentement et en faible quantité. La situation est surveillée en permanence, tout comme le reste de la zone de l’éruption.
Comme je l’ai déjà écrit certains signes montrent qu’une nouvelle éruption est peut-être imminente. Le soulèvement du sol dans le secteur de Svartsengi a atteint un niveau équivalent à ce qu’il était au moment du déclenchement de l’éruption actuelle à la mi-mars.

Source: Met Office

Il est demandé aux gens de rester à l’écart du site de l’éruption, d’autant plus que le soulèvement du sol indique une accumulation de magma, ce qui pourrait conduire à l’ouverture d’une deuxième fissure à l’endroit ou à proximité de l’éruption actuelle. Le Met Office islandais et la police demandent aux gens de ne pas se rendre à pied jusqu’à l’éruption au niveau de la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar. En effet, si une autre éruption se produit, elle sera probablement si soudaine qu’il n’y aura pas le temps de demander aux gens d’éviter la zone.
Personne ne sait quelles conséquences une nouvelle éruption pourrait avoir sur les digues de terre qui, en certains endroits, retiennent déjà une quantité considérable de lave. Il convient de garder à l’esprit que la lave avance par des chenaux ouverts et par un réseau de tunnels qui l’empêchent de se refroidir.

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In my latest post updating eruptive activity on the Reykjanes Peninsula, I indicated that lava had accumulated and thickened the lava field near Grindavík, particularly towards the south. Icelandic news media inform us today (April 28th, 2024) that some lava has breached one of the earthen walls built to protect Grindavík. There is not, however, any immediate danger to Grindavík or other human settlements.

The breach was noticed on April 27th at a wall north of Grindavík. It is moving very slowly, and there is not a great deal of lava. However, the situation is being monitored continuously, just like the rest of the eruption area.

As I put it before,, there have been indications of another eruption on the way soon. Ground uplift in the Svartsengi area has reached a level equivalent to what it was at the start of the current eruption in mid-March. People have been reminded to stay away from the eruption site, especially as ground surface rising indicates accumulating magma, which may lead to a second fissure at or near the location of the current eruption. The Icelandic Met Office and the police are asking people not to go on foot to the volcanic eruption at the Sundhnúkagígar crater row. Indeed, if another eruption occurs, it will likely be so sudden that there will not be enough time to warn people to avoid the area.

Nobody knows what a new eruption could mean for defensive walls which, in some parts, are already holding back a considerable amount of lava. It should be kept in mind that lava is mostly advancing through both open channels and a network of tubes that prevent it from cooling.

Événements extrêmes et assurances

Depuis le 19ème siècle et la révolution industrielle, la température moyenne de la Terre s’est réchauffée de 1,1°C, avec une accélération depuis les années 1970. Il a été clairement établi que les activités humaines consommatrices d’énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz) sont responsables de la hausse continue des températures et des émissions de gaz à effet de serre qui y sont liées. L’accélération actuelle du réchauffement climatique menace l’avenir de nos sociétés et la biodiversité. Le phénomène ne semble pas près de s’arrêter pour deux raisons majeures. D’une part les mesures susceptibles de freiner – on ne parle pas d’arrêter – les émissions polluantes ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. D’autre part, à supposer que nous arrêtions ces émissions par un coup de baguette magique, il faudrait plusieurs décennies avant que l’atmosphère terrestre retrouve un semblant d’équilibre.

Il est bien évident que dans ces conditions les événements extrêmes vont continuer à se multiplier et causer de lourds dégâts. Aujourd’hui, leur « changement d’échelle » inquiète les compagnies d’assurance. Les catastrophes climatiques en France ont coûté 6,5 milliards d’euros aux assureurs en 2023 qui a été la troisième année la plus grave en termes de sinistres climatiques après 1999 et 2022. Au cours de cette année 2023, on a observé quinze phénomènes venteux avec des vents de plus de 150 km/h, 14 inondations majeures, le passage des tempêtes Ciaran et Domingos qui ont occasionné 517 000 sinistres pour un coût de 1,6 milliard d’euros, sans oublier les inondations dans le Nord qui ont fait 40 000 sinistrés.

 

Exemple de bulletin « Vigilance Météo » diffusé par Météo France

Les tempêtes, comme la grêle, sont couvertes dans les contrats dommages des assureurs, tandis que les inondations ou les sécheresses sont soumises au régime « Cat Nat » (pour « catastrophes naturelles »). L’Etat prend la moitié des coûts à sa charge, permettant ainsi de réduire de moitié la facture des assureurs.

Source : France Info.

Pour le moment, grâce à l’aide gouvernementale, les compagnies d’assurance tiennent le coup, mais jusqu’à quand ? Avec la multiplication des sinistres, le montant des polices ne peut qu’augmenter et on peut se demander si on ne se dirige pas, à plus ou moins long terme, vers une politique à l’américaine, ‘à la carte’, qui fixe ses tarifs en fonction de l’exposition aux risques. Certains atteignent des sommets si l’on se trouve dans des zones sensibles.

A Hawaii, par exemple, les habitants possédant des résidences susceptibles d’être affectées par une éruption volcanique ou un séisme doivent payer une somme exorbitante s’ils veulent assurer leur maison. En 2018, une puissante éruption du Kilauea a détruit quelque 700 structures, dont de nombreuses habitations. Il s’en est suivi une longue procédure judiciaire incluant les autorités fédérales et les compagnies d’assurance, et de longues batailles concernant les indemnisations.

 

Destruction de maisons par la lave en 2018 à Hawaii (Crédit photo : Protection Civile)

Une amie qui habite sur la côte ouest de la Grande Ile et se trouve à la fois sous la menace d’un séisme et d’une éruption du volcan Hualalai refuse d’être couverte contre ces risques potentiels. Le revenu de son B&B ne lui permet pas de faire face à une telle somme. Elle croise les doigts pour que sa maison soit épargnée… Si elle est détruite, elle n’aura que ses yeux pour pleurer. Une aide fédérale lui sera peut-être allouée, mais très insuffisante pour réparer ou reconstruire sa maison.