Conséquences de l’éruption aux Tonga : du laid et du beau // Ugly and beautiful

Comme je l’ai écrit dans une note précédente, l’éruption du volcan Hunga Tonga Hunga Ha’apai (Tonga) a provoqué une marée noire au Pérou lorsqu’un pétrolier battant pavillon italien a déversé 6 000 barils de pétrole dans l’océan Pacifique, près de la raffinerie de La Pampilla dans la banlieue de Lima. La compagnie maritime italienne a expliqué que le pétrolier déchargeait sa cargaison à La Pampilla lorsque la connexion entre le navire et le terminal s’est rompue. Repsol avait qualifié le déversement de pétrole de « limité » et avait déclaré qu’il avait été « contenu ». Mais il est rapidement devenu évident qu’il était plus important que ce qu’avait déclaré la compagnie maritime.
Aujourd’hui, le Pérou lance un appel à l’aide internationale pour faire face à la marée noire. 21 plages ont été contaminées. La marée noire est décrite comme la plus grande « catastrophe écologique » à avoir frappé le Pérou ces dernières années. Des phoques morts, des poissons et des oiseaux englués dans les hydrocarbures se sont échoués et la pêche dans la zone touchée est actuellement interdite. Les eaux du Pacifique autour du Pérou sont connues pour leur biodiversité, et le pétrole déversé dans la mer a déjà eu des effets dévastateurs sur l’environnement.
La marée noire menace deux zones protégées – la réserve d’Ancón et les îlots Pescadores – qui abritent des animaux comme les manchots de Humboldt et des loutres de mer. Le rétablissement de l’écosystème prendra probablement des années.
Le Pérou a sollicité l’aide internationale et l’ONU fournira une équipe scientifique pour donner un coup de main.
Le Pérou est l’un des plus grands pays fournissseurs de poisson au monde. Les Péruviens dépendent du poisson pour se nourrir et gagner leur vie. Des dizaines de pêcheurs ont manifesté devant la raffinerie de La Pampilla, avec des pancartes où l’on pouvait lire «Non au crime écologique» et «Repsol tueur de la faune marine». Une manifestation contre Repsol a également eu lieu à Lima.
Source : AFP.

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Les conséquences de l’éruption aux Tonga sont beaucoup moins désastreuses sur l’île de la Réunion. L’activité volcanique du 15 janvier a provoqué la libération dans l’atmosphère de gaz et de particules fines. Emportés par les vents, ces aérosols sont parvenus jusqu’au ciel réunionnais le 22 janvier au soir.

Ces couleurs, plus chatoyantes que d’ordinaire, résultent de la diffraction de la lumière au moment de pénétrer dans l’atmosphère. Les nuances de rose et de violet sont particulièrement accentuées

Vous pourrez voir de belles images sur le site Réunion la 1ère.

https://la1ere.francetvinfo.fr/reunion/les-particules-fines-de-l-eruption-du-hunga-tonga-embrasent-le-ciel-de-la-reunion-1210738.html

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As I put it in a previous post, the Tonga eruption caused an oil spill in Peru when an Italian-flagged tanker spilled 6,000 barrels of oil in the Pacific Ocean, close to La Pampilla refinery outside Lima. The Italian shipping company said the tanker was unloading its cargo at La Pampilla when the terminal’s underwater pipeline ruptured. The next day, Repsol characterized the spill as “limited” and said it had been “contained.” But it quickly became clear that it was more significant than the company had initially claimed.

Today, Peru is appealing for international assistance to respond to the oil spill.Twenty-one beaches were contaminated. The spill has been described as the biggest “ecological disaster” to befall the South American country in recent years. Dead seals, fish and birds smothered in oil have washed ashore and fishing in the affected area is temporarily prohibited. The Pacific waters around Peru are known for their biodiversity, and the spill has already caused devastating environmental impacts.

The spill threatens two protected areas — the Ancón Reserved Zone and the Pescadores islets — that house wildlife including Humboldt penguins and sea otters. The recovery of the ecosystem could take years.

The Peruvian government has requested international assistance with the response efforts. The United Nations will provide a team of experts to help.

Peru is also one of the world’s largest fish-producing countries. Peruvians rely on fish for food and livelihoods. Dozens of fishermen protested outside La Pampilla on Tuesday, holding signs reading, “No to ecological crime” and “Repsol killer of marine fauna.” A demonstration against Repsol also took place in Lima.

Source: AFP.

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The consequences of the Tonga eruption are much less disastrous on Reunion Island. The volcanic activity of January 15th has resulted in the release into the atmosphere of gases and fine particles. Carried by the winds, these aerosols reached the Reunion sky on the evening of January 22nd.
These colours, more shimmering than usual, result from the diffraction of light as it enters the atmosphere. Shades of pink and purple are particularly accentuated
You can see beautiful images on the Réunion la 1ère website.

https://la1ere.francetvinfo.fr/reunion/les-particules-fines-de-l-eruption-du-hunga-tonga-embrasent-le-ciel-de-la-reunion-1210738.html

Nettoyage des plages péruviennes

Cendre et lave du Cumbre Vieja (La Palma) : et maintenant? // Ash and lava from Cumbre Vieja (La Palma) : what now?

L’éruption du Cumbre Vieja à La Palma a été très populaire et a attiré de nombreux visiteurs sur l’île, ainsi que de nombreux volcanophiles sur Internet, impatients d’admirer les excellentes images spectaculaires proposées par les webcams. L’éruption a officiellement pris fin le jour de Noël 2021 et aujourd’hui, plus personne n’en parle et plus personne ne se sent concerné. Pourtant, les habitants de La Palma sont confrontés à de nombreux problèmes. La principale question est de savoir ce que l’on peut faire avec les millions de mètres cubes de cendre et de lave vomis par le volcan pendant les trois mois d’éruption. .
La cendre et la lave ont enseveli plus de 1 000 maisons, coupé des routes et recouvert les bananeraies qui sont la clé de voûte de l’économie de l’île.
Ces derniers jours, environ 2 000 des 7 000 habitants qui avaient été évacués ont été autorisés à rentrer chez eux. Beaucoup ont découvert que leur maison était recouverte d’une épaisse couche de cendre. Un habitant a expliqué que c’était pour lui une lutte permanente. Une fois que la cendre est dégagée un jour, le vent souffle et en apporte quelques centimètres de plus le lendemain. C’est un nouveau tonneau des Danaïdes
Alors que les efforts déployés 24 heures sur 24 pour éliminer cette cendre ont permis d’en stocker une partie dans des endroits spécifiques comme une ancienne carrière, l’élimination des coulées de lave qui ont pénétré dans des villages et des terres agricoles s’avère beaucoup plus difficile. La lave est souvent encore chaude, avec des températures supérieures à 100°C. Une fois que la lave sera refroidie – un processus qui peut prendre des mois – il sera peut être plus facile dans certains cas de construire sur les coulées plutôt que de la concasser et l’évacuer.

Les chercheurs et les autorités essaient d’imaginer des solutions pour utiliser les matériaux émis par le volcan, et certains se sont tournés vers l’Histoire. Dans l’île voisine de Lanzarote, une éruption de six ans en 1730 a recouvert des parties de l’île de matériaux volcaniques. Comme ils étaient poreux et capables de retenir l’eau dans le sol, les riverains en ont profité pour planter des vignes. Les géologues étudient actuellement les propriétés de la cendre de La Palma pour voir si elle pourrait être utilisée de la même manière. Dans le même temps, une autre équipe de chercheurs étudie si le sol riche en minéraux pourrait être utilisé comme engrais.
Les autorités locales, quant à elles, étudient la possibilité d’utiliser la cendre et la lave pour construire des maisons, des routes et des ponts dans l’île. C’est une technique utilisée par les Romains qui ont utilisé les matériaux émis par le Vésuve pour construire leurs basiliques et d’autres bâtiments.
Il s’agit maintenant de déterminer si les matériaux volcaniques répandus sur l’île sont semblables à ceux utilisés par les Romains. Si tel est le cas, les ouvriers de La Palma pourraient disposer d’ un matériau de construction durable utilisable pour la reconstruction de l’île où la destruction de bâtiments et d’infrastructures a été estimée à plus de 900 millions d’euros.
Il faudra des mois avant de savoir ce qui pourrait être fait avec l’énorme quantité de cendre et de lave vomie par le Cumbre Vieja.
Source : Adapté d’un article paru dans The Guardian.

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The Cumbre Vieja eruption in La Palma was very popular and drew many visitors to the island, as well as many viewers on the Internet, eager to see the dramatic images provided by the webcams. The eruption was officially declared over on Christmas Day 2021 and now nobody feels concerned any more. However, residents on La palma are confronted with a lot of problems. The main question is to know what to do with the millions of cubic metres of ash and lava spewed by the volcano during the three-month eruption. .

The ash and the lava swallowed more than 1,000 homes, cut off highways and suffocated the banana plantations that are a keyto the island’s economy.

In recent days about 2,000 of the 7,000 evacuated residents have been allowed to return home. Many arrived to find layers of ash coating their homes. One resident explained he was confronted with a continuous battle. Once tha ash is cleared away one day, the wind blows over a few more centimetres the next day. It is like a new Danaidesbarrel

While round-the-clock efforts to clear the ash have succeeded in stockpiling some of it in specific areas such as a former quarry on the island, removal of the lava flows that sprawled into neighbourhoods and farmland proves far more difficult. Moreover, the lava is often still hot, with temperatures of more than 100°C. Once the lava cools – a process that could take months – it might be easier in some cases to build on top of it rather than breaking it up and removing it.

As researchers and officials try to imagine what could be done with the materials spewed out by the volcano, they have looked to history. In the nearby island of Lanzarote, a six-year eruption in 1730 left parts of the island covered in volcanic material. The particles were porous and able to retain water in the soil, so local residents took advantage of it to plant vineyards. Geologists are now studying the properties of the ash in La Palma to see whether it could be used in a similar way while another team of researchers are probing whether the mineral-rich soil could be used as fertiliser.

Regional officials, meanwhile, are exploring the possibility of using the ash to build homes, roads and bridges across the island. It was a technique used by the Romans who worked with the ashes that came out of Mount Vesuvius to build their basilicas and buildings.

The point is now to determine whether the ash scattered across the island is similar to the volcanic ash used by the Romans to bind rock fragments. If so, it could give rise to a durable construction material and play a role in rebuilding the island where the loss of buildings and infrastructure has been estimated at more than 900million euros.

It will be months before any definitive answers may be suggested on what could be done with the amount os ash ejected by the volcano.

Source: Adapted from an article in The Guardian.

Souvenirs de l’éruption du Cumbre Vieja. Beaucoup de cendre et de lave (Captures d’écrans webcams)

Tonga : impact de l’éruption au Pérou // Eruption impact in Peru

La justice péruvienne a ouvert une enquête après qu’un déversement de pétrole ait été observé dans une raffinerie locale. L’incident a, de toute évidence, été causé par des vagues de tsunami d’une hauteur inhabituelle générées par l’éruption volcanique aux Tonga, à 10 000 kilomètres du Pérou.
Le ministre péruvien de l’environnement a donné deux jours à la raffinerie pour identifier les sources de la marée noire et collecter dans les 10 jours le pétrole qui a pollué des kilomètres de côtes. La masse noire du pétrole brut a pu être observée sur environ 3 km le long du littoral, avec une importante pollution sur les plages de trois districts côtiers. La marée noire a aussi provoqué une contamination de l’écosystème marin, tuant des oiseaux et des micro-organismes.
La marée noire s’est produite lorsqu’un navire a été secoué par de puissantes vagues alors qu’il déchargeait du pétrole brut à la raffinerie de La Pampilla, propriété de Repsol.
Par ailleurs, quelques jours après l’éruption aux Tonga, deux personnes se sont noyées sur les plages péruviennes après avoir été surprises par de fortes vagues.
Immédiatement après le début de la marée noire, la raffinerie a mis en place des barrières de confinement autour des zones affectées et le brut a été collecté selon le protocole. Des travaux sont également menés pour redonner à la zone côtière son état d’origine. Plus de 200 personnes réparties en équipes dotées d’équipements spécialisés ont effectué des travaux de nettoyage sur les plages de Cavero, Bahía Blanca et Santa Rosa.
Source : médias d’information internationaux.

Vidéo de la pollution : https://youtu.be/wytA4LctcXQ

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Peruvian prosecutors opened an investigation after an oil spill was observed at a local refinery. It was obviously cause by unusually large waves from the volcano eruption and tsunami in Tonga 10,000 kilometers away.

The Peruvian environmental minister gave the refinery two days to identify the critical points of the spill and to collect within 10 days the oil that affected kilometers of coastline. A black mass of crude oil could be seen in the water extending some 3 km along the shoreline and affecting the beaches of three coastal districts, causing maritime contamination, killing birds and ocean microorganisms.

The oil spill had occurred after a ship had been rocked by unusually large waves as it had been unloading crude oil to the La Pampilla Refinery, owned by Spain’s Repsol.

A fewanfter the Tongan eruption, two people drowned in Peruvian beaches because of unexpected waves

Just after the oil spill started, the refinery deployed containment barriers covering the affected areas and the crude was collected according to protocol. Work is also done to return the coastal area to its original state. More than 200 people divided into crews with specialized equipment carried out remediation work on Cavero, Bahía Blanca and Santa Rosa beaches.

Source: International news media.

Video of the pollution : https://youtu.be/wytA4LctcXQ

Equipe de nettoyage sur une plage (image extraite de la vidéo)

Eruption aux Tonga : pas d’impact sur le climat // Tonga eruption : no impact on Earth’s climate

L’éruption du volcan Hunga Tonga-Hunga Ha’apai le 15 janvier 2022 a injecté une énorme quantité de cendres jusqu’à plus de 30 km d’altitude. mais les scientifiques expliquent que l’événement ne perturbera pas le climat sur Terre.
Les satellites ont détecté le nuage de cendres, qui s’est étalé au-dessus de l’Australie, à plus de 39 kilomètres d’altitude. C’est la première fois que des cendres volcaniques ont été détectées si haut dans l’atmosphère terrestre. La hauteur du panache sera affinée dans les prochains jours, mais si elle est se confirme, ce sera le nuage le plus haut jamais observé.
Les scientifiques, cependant, pensent que l’éruption n’affectera pas le climat sur Terre. Malgré le côté apocalyptique de l’explosion, qui a été observée en temps réel par plusieurs satellites, la quantité de cendres à l’intérieur du panache était relativement faible par rapport aux autres éruptions volcaniques cataclysmiques des siècles précédents.
En particulier, le panache ne contenait pas suffisamment de dioxyde de soufre (SO2) pour affecter le climat. Les super volcans qui projettent de grandes quantités de dioxyde de soufre dans les couches supérieures de l’atmosphère terrestre peuvent parfois produire un effet de refroidissement mesurable sur le climat de la planète. Un tel effet a été détecté, par exemple, après l’éruption du mont Pinatubo aux Philippines en 1991. Cette éruption, la deuxième éruption volcanique la plus puissante du vingtième siècle, a refroidi la planète de manière significative pendant environ deux ans. Toutefois, selon les données disponibles, l’éruption aux Tonga n’a rejeté dans l’atmosphère que 400 000 tonnes de dioxyde de soufre, soit environ 2 % de la quantité du mont Pinatubo. En conséquence, il est peu probable que la dernière éruption ait un impact significatif sur la température de surface de notre planète. Les aérosols du Pinatubo n’ont eu qu’un impact à court terme, ce qui signifie que l’éruption du volcan Hunga Tonga-Hunga Ha’apai ne va certainement pas participer à la lutte contre le changement climatique.
Source : Space.com.

S’il est peu probable que le SO2 émis lors de l’éruption du 15 janvier affecte la température de la planète, il peut interagir avec l’eau et l’oxygène de l’atmosphère et donner naissance à des pluies acides. Lorsque le SO2 se dissout dans les gouttelettes d’eau contenues dans les nuages, il réagit avec l’hydrogène et l’oxygène de l’eau pour former une solution d’acide sulfurique. De même, les oxydes d’azote forment de l’acide nitrique dans les gouttelettes d’eau. Le climat tropical des Tonga, favorise les pluies acides qui affecteront probablement la région pendant un certain temps. Elles pourraient causer des dommages considérables aux cultures.
Il a été conseillé à la population tonguienne de couvrir les réservoirs d’eau à usage domestique et de rester à l’intérieur des maisons en cas de pluie.

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The volcanic eruption of Hunga Tonga-Hunga Ha’apai on January 15th, 2022 injected a huge amount of ash up to more than 30 km a.s.l. but scientists say it won’t cause any disruption to Earth’s climate.

Satellites detected the ash cloud, which spread over Australia, at over 39 kilometers above Earth’s surface. This was the first time volcanic ash had been detected so high in Earth’s atmosphere. The accuracy of this height will be refined in the coming days, but if correct, it will be the highest cloud ever observed.

Scientists, however, think that the eruption won’t affect Earth’s climate. Despite the apocalyptic proportions of the blast, which was documented in real time by several satellites, the amount of ash it contained was relatively small compared to other cataclysmic volcanic eruptions known from previous centuries.

Above all, the plume did not contain enough sulphur dioxide (SO2) to affect the climate. Supervolcanoes that spurt vast quantities of sulfur dioxide into higher layers of Earth’s atmosphere can sometimes produce a measurable cooling effect on the planet’s climate. This effect was detected, for example, after the 1991 eruption of Mount Pinatubo in the Philippines. This eruption, the second most powerful volcanic eruption of the 20th century, cooled down the planet in a way that was measurable for up to two years. But according to available data, Tonga blasted into the atmosphere only 400,000 metric tonnes of sulphur dioxide, about 2% of the amount of Mount Pinatubo. As a consequence, a significant global surface temperature response is unlikely to be observed. Even the Pinatubo aerosols only had a short-term impact, measurable for about a year or two, which means that the volcano is certainly not going to buy humans time in their battle against climate change.

Source: Space.com.

If the SO2 emitted during the January 15th eruption is unlikely to affect global temperatures, it may interact with water and oxygen in the atmosphere and create acid rain. When SO2 dissolves in small droplets of water in clouds, it reacts with the hydrogen and oxygen of the water to form a weak solution of sulphuric acid. Similarly, nitrogen oxides form weak nitric acid in water droplets. With Tonga’s tropical climate, there is likely to be acid rain around the country for a while, which could cause widespread crop damage.

The Tonga population has been advised to cover household water tanks and stay indoors in the event of rain.

Impact des aérosols du Pinatubo en 1991 (Source: Wikipedia)