Retour sur le séisme de M8,8 au Kamchatka // A look back at the M8.8 earthquake in Kamchatka

Le séisme de magnitude M8,8 au large de la Russie, avec des alertes tsunami dans le Pacifique, n’a pas vraiment surpris les sismologues. En effet, la zone, qui comprend également les Aléoutiennes, est sismiquement active et peut être secouée par de puissants événements.

Celui du 29 juillet s’est produit sur une « faille de méga-chevauchement », où la plaque Pacifique, plus dense,s’enfonce sous la plaque nord-américaine plus légère. La plaque Pacifique est en mouvement, ce qui rend la péninsule du Kamtchatka particulièrement vulnérable à de telles secousses, et de fortes répliques ne sont pas à exclure. L’épicentre a été localisé près de la ville de Petropavlovsk-Kamtchatski. Il s’agit du séisme le plus puissant depuis celui de Tohuku (Japon) en 2011.

Illustration du phénomène de subduction

Suite au séisme du 29 juillet, les scientifiques expliquent que les phénomènes de subduction, où une plaque s’enfonce sous une autre, sont susceptibles de générer des séismes bien plus puissants que sur les failles de décrochement, comme celui qui a frappé la Birmanie en mars 2025, où les plaques coulissent horizontalement à des vitesses différentes. La région du Kamtchatka est particulièrement vulnérable et a connu un événement de magnitude M9,0 en novembre 1952, avec des dégâts dans la ville de Severo-Kurilsk et jusqu’à Hawaï.
Les phénomènes de « méga-chevauchement » à faible profondeur sont plus susceptibles de provoquer des tsunamis, car ils déplacent d’énormes volumes d’eau. Avec une profondeur de 20,7 km, le dernier séisme était très susceptible de générer un puissant tsunami.

Illustration du déplacement des vagues de tsunami (Source: USGS)

Des vagues d’environ 1,70 mètre ont atteint Hawaï, moins hautes que prévu initialement, mais les scientifiques expliquent que de telles vagues n’ont pas besoin d’être particulièrement fortes pour endommager les côtes basses des nations insulaires du Pacifique. Certaines régions de Polynésie française ont été invitées à se préparer à des vagues pouvant atteindre 4 mètres de hauteur. Heureusement, des vagues mineures ont été observées et n’ont pas eu d’impact destructeur. L’impact d’un tsunami dépend de la morphologie des fonds marins à l’approche des côtes. Si la montée vers la côte est très longue et peu profonde, une grande partie de l’énergie se dissipe sur cette montée lente, mais si la pente est très raide avant que le tsunami n’atteigne la côte, la hauteur des vagues peut être plus élevée.

Source: IPGP

Le séisme du 29 juillet a déjà déclenché au moins dix répliques supérieures à M5,0, et celles-ci pourraient se poursuivre pendant des mois. En effet, les séismes de forte magnitude génèrent des séquences de répliques qui commencent immédiatement après l’événement, et certaines peuvent être dévastatrices. Cependant, en général, leur magnitude et leur fréquence ont généralement tendance à diminuer avec le temps. Un événement plus important est toujours possible, mais il se produit généralement relativement rapidement, dans les jours ou les semaines qui suivent. L’événement de magnitude M8,8 est survenu moins de deux semaines après un séisme de magnitude M7,4 dans la même zone ; il a été identifié comme un « précurseur » par les sismologues. Cer derniers confirment que les séismes sont imprévisibles. Il n’existe pas de précurseurs scientifiquement cohérents dans les séquences sismiques. Les zones où les puissants séismes risquent de se produire sont assez bien identifiées sur Terre, mais la prévision s’arrête là.

La NOAA a mis en ligne une vidéo illustrant la propagation du tsunami du 29 juillet dans l’océan Pacifique :

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The M8.8 earthquake off Russia that triggered tsunami warnings across the Pacific did not really come as a surprise to seismologists. Indeed the area that also includes the Aleutians is seismically active and can be rocked by powerful earthquakes.

The 29 July event occurred on a « megathrust fault », where the denser Pacific Plate is sliding underneath the lighter North American Plate. The Pacific Plate has been on the move, making the Kamchatka Peninsula especially vulnerable to such tremors, and bigger aftershocks cannot be ruled out. With its epicentre near the city of Petropavlovsk-Kamchatsky, it was the biggest earthquake since the Tohuku event (Japan) in 2011.

Following the 29 July quake, scientists explain that subduction events, in which one plate pushes under another, are capable of generating far stronger earthquakes than « strike slips », such as the one that hit Myanmar in March 2025, where plates brush horizontally against one another at different speeds. The Kamchatka area is particularly vulnerable and experienced an M9.0 event in November 1952, severely damaging the town of Severo-Kurilsk and causing extensive damage as far away as Hawaii.

Shallow « megathrust » events are more likely to cause tsunamis because they burst through the sea floor and displace huge volumes of water. With a relatively shallow depth of 20.7 km, the latest earthquake was highly likely to create such tsunami risks.

Tsunami waves of around 1.7 metres reached as far as Hawaii, less high than originally expected, but scientists warned that such waves do not have to be especially big to do damage to the relatively low-lying coastlines of Pacific island nations.

Parts of French Polynesia were told to brace for waves as high as 4 metres. Fortunately, minor waves were observed and they did not have a destructive impact. The impact of a tsunami depends on its « run-up » as it approaches coastlines. If there is a very long, shallow run-up to the coast, a lot of the energy can be dissipated over that run-up, but if it is a very steep shelf before the tsunami gets to the coast, the wave height can be higher.

The July 29 earthquake has already triggered at least 10 aftershocks above magnitude M5.0, and they could continue for months. Indeed, large-magnitude earthquakes generate aftershock sequences that start immediately, and some of these can be damaging in their own right. However, their magnitude and frequency normally tend to decrease over time.There is always a chance of a larger event, but that larger event will usually occur relatively soon after, within days or weeks.

The M8.8 event came less than two weeks after an M7.4 earthquake in the same area, which has now been identified as a « foreshock ».

Seismologists confirm that earthquakes are unpredictable. There are no precursors that are scientifically consistent in earthquake sequences. The areas where powerful earthquakes may occur are fairly well identified on Earth, but predictions do not go any further.

Évacuation ratée à Hawaï ! // Failed evacuation in Hawaii!

Suite au puissant séisme de M8,8 au large du Kamchatka, une alerte tsunami a été déclenchée à Hawaii peu avant 15 heures le 29 juillet 2025. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu. La presse hawaïenne parle d’un « désastre ». À Honolulu, en particulier sur Waikiki, le trafic s’est retrouvé à l’arrêt avec des embouteillages monstres, tandis que les sirènes hurlaient, invitant la population à s’éloigner du littoral. Dans le même temps, le National Weather Service diffusait le message suivant : « Un tsunami s’est produit et pourrait causer des dégâts le long des côtes de toutes les îles de l’État d’Hawaï. Des mesures urgentes doivent être prises pour protéger les vies et les biens.»
Les premières prévisions annonçaient une série de vagues puissantes susceptibles de frapper l’archipel à partir de 19 h, avec risque d’inondation des côtes à grande échelle et d’importantes quantités de débris qui « amplifieraient leur pouvoir destructeur ».
Une carte d’évacuation publiée par le Service montrait de vastes « zones rouges » annulaires le long de la côte de chaque île. Les habitants de ces zones avaient pour instruction de se réfugier au quatrième étage ou plus d’un immeuble, ou de quitter carrément la zone.
Le 29 juillet au soir, les autorités ont annoncé qu’aucun tsunami majeur ne toucherait l’archipel hawaïen. L’alerte a été revue à la baisse et les ordres d’évacuation ont été annulés dans tout l’État.
Une vidéo prise par un téléphone portable et partagée sur les réseaux sociaux montre des rues embouteillées, avec des files d’attente de plusieurs kilomètres.

https://twitter.com/i/status/1950399163599876406

De toute évidence, un problème est survenu dans la gestion des plans d’évacuation. Certains touristes sont partis vers des zones plus élevées plutôt que de grimper dans les étages supérieurs des hôtels, comme le prévoyaient les plans d’évacuation. Certains habitants se sont rendus dans des magasins pour s’approvisionner, et beaucoup sont rentrés chez eux après le travail pour récupérer des provisions ou retrouver des membres de leur famille avant d’évacuer. Il semble également que certaines personnes se sont demandé si elles devaient réellement évacuer.
Il existe des zones d’évacuation standard en cas de tsunami, ainsi que des zones pour les tsunamis « extrêmes » à Hawaï. L’évacuation du 29 juillet était standard. Certains habitants ont fui, même s’ils se trouvaient déjà dans des zones de sécurité. Il aurait été préférable que ces personnes restent sur place et ne prennent pas le volant, empêchant de circuler ceux qui devaient réellement quitter les zones inondables.

Pour les autorités, la copie est donc à revoir en prévision d’une prochaine alerte tsunami.
Source : Médias d’information hawaïens.

Photo: C. Grandpey

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Following the powerful M8.8 earthquake off the coast of Kamchatka, a tsunami warning was issued in Hawaii shortly before 3 p.m. on July 29, 2025. But not everything went as planned. The Hawaiian news media tell about « a disaster ». In Honolulu, particularly in Waikiki, traffic ground to a halt with massive traffic jams, while sirens wailed, warning people to move away from the coast. At the same time, the National Weather Service issued the following message: « A tsunami has occurred and could cause damage along the coasts of all islands in the State of Hawaii. Urgent action must be taken to protect lives and property. »
The first forecasts predicted a series of powerful waves likely to hit the archipelago starting at 7 p.m., flooding the coasts on a large scale with significant amounts of debris that would « magnify their destructive power. »
An evacuation map published by the Service showed vast annular « red zones » along the coast of each island. Residents in these areas were instructed to seek shelter on the fourth or higher floors of a building, or to leave the area altogether.
On the evening of July 29, authorities announced that no major tsunami would hit the Hawaiian archipelago. The warning was downgraded, and evacuation orders were canceled statewide.
A cellphone video shared on social media shows gridlocked streets, with lines several kilometers long.

https://twitter.com/i/status/1950399163599876406

Clearly, a problem arose in the management of the evacuation plans. Some tourists moved to higher ground rather than climbing to the upper floors of hotels, as the evacuation plans had called for. Some residents went to stores to stock up on supplies, and many returned home after work to pick up supplies or meet with family members before evacuating. It also appears that some people questioned whether they should actually evacuate.
There are standard tsunami evacuation zones, as well as zones for « extreme » tsunamis in Hawaii. The July 29 evacuation was standard. Some residents fled, even though they were already in safe zones. It would have been preferable for these people to stay where they were and not drive, thus preventing those who really needed to leave the flood zones from traveling.
For authorities, this plan should therefore be revised in anticipation of the next tsunami warning.
Source: Hawaiian news media.

Streets filled with gridlock traffic and sirens blared in Honolulu as a tsunami warning came into effect for large parts of Hawaii..Activated following the M8.8 earthquake off the coast of Kamchatka, the alert upgraded to an emergency warning shortly before 3 p.m. (local time), sparking efforts to evacuate coastal areas across the state. The National Weather Service read as follows : “A tsunami has been generated that could cause damage along coastlines of all islands in the state of Hawaii. Urgent action should be taken to protect lives and property.”

Initial forecasts predicted a series of massive waves hitting the archipelago from 7 p.m. onward, extensively flooding coasts and picking up large amounts of debris that would “amplif(y) its destructive power.”

An evacuation map published by the service showed large, ring-shaped “red areas” along the coast of each island. Residents in those areas were instructed either to retreat to the fourth floor or higher of a large building, or flee the zone entirely.

By Tuesday night, officials said that a major tsunami was no longer expected to strike the islands, the warning was downgraded and evacuation orders were cancelled state-wide.

Cellphone video shared to social media shows piercing emergency sirens and streets filled with cars as Hawaiians struggled to get to safer ground. All the roads were gridlocked, with queues of vehicles over kilometers.

Obviously, something went wrong in the evacuation plans. Some tourists left for higher ground rather than shelter on upper floors of hotels as called for in evacuation plans. Some residents headed to stores for supplies, and many headed home after work to gather items or meet up with family members before evacuating. It also looks as if some residents were confused about whether they really needed to evacuate.

There are standard tsunami evacuation zones, as well as zones for “extreme” tsunamis in Hawaii. Tuesday’s was a standard evacuation; some residents who live in “extreme” tsunami zones fled as well, even though they were already in safe areas. It would have been more efficient for people to stay put if they were in a safe location, leaving the roads to those who needed to leave inundation zones.

Here is a short video showing the mess in Honolulu… :

https://twitter.com/i/status/1950399163599876406

Source : Hawaiian news media.

Scénario catastrophe dans le Pacifique Nord-Ouest // Worst case scenario in the Pacific Northwest

Comme je l’ai souligné dans plusieurs notes de ce blog, dont celles du 26 mai 2025, aux États Unis, la pression continue de s’accroître sous la surface de la Terre au large de la côte Pacifique nord-ouest, et la presse américaine insiste sur la menace d’un scénario catastrophe susceptible de survenir à tout moment. De leur côté, les scientifiques ont prévenu à plusieurs reprises qu’un puissant séisme est probable le long de la zone de subduction de Cascadia. Selon eux, il est certain qu’il se produira, même si on ne sait pas quand. Un tel événement pourrait détruire des ponts, remodeler le paysage et déclencher un puissant tsunami. Les scientifiques connaissent l’imminence de ce danger depuis des années et les recherches en cours brossent un tableau de plus en plus précis de ce qui pourrait se produire.
Parmi les dangers, les chercheurs évoquent un gigantesque tsunami qui submergerait les zones côtières et les inonderait définitivement. Des études récentes se sont concentrées sur la façon dont le réchauffement climatique accroîtrait l’impact d’un séisme sur les zones côtières. Les chercheurs s’attendent à ce que le séisme provoque un affaissement du sol de 1,80 mètre dans certaines zones intérieures. Il serait suivi d’un puissant tsunami qui inonderait ces régions, certaines de manière définitive.
La perte de vastes étendues de terres n’est que l’un des nombreux événements qui se produiront lorsque le séisme se déclenchera. Le séisme est une certitude, mais on ne sait pas quand il se déclenchera, peut-être dans des centaines d’années. Bien qu’il puisse se produire à tout moment, les sismologues estiment à 15 % la probabilité d’un événement de magnitude M8,0 au cours des 50 prochaines années. Leur pronostic repose en partie sur l’historique des séismes majeurs dans la région. Le dernier a eu lieu en 1700, et les archives paléosismiques montrent que ces séismes se reproduisent environ tous les 200 à 800 ans. D’ici 2100, la probabilité qu’un séisme majeur se produise est de 30 %.
Les scientifiques ont une idée précise de ce qui se passera lorsque le séisme se déclenchera. Ils prévoient tout d’abord une secousse extrêmement forte. Cette secousse durera probablement une minute ou plus. Ensuite, le niveau des terres le long de la côte s’abaissera jusqu’à deux mètres par endroits, probablement en quelques minutes. Ensuite, il y aura probablement 30 à 40 minutes de calme apparent. Mais ce sera une fausse impression, car ce calme sera suivi d’un tsunami qui déferlera sur la côte. Les vagues seront comparables au tsunami de 2004 dans l’océan Indien, qui a fait plus de 50 000 morts. La vague d’un tsunami provoqué par un séisme de cette ampleur peut atteindre 2,50 à 3 m de haut.
Lorsqu’un tel tsunami atteint le rivage, les géologues expliquent que la déferlante dure en général des heures, parfois des jours. C’est là qu’intervient le réchauffement climatique. Deux facteurs contribuent à cette catastrophe. D’une part, le terrain pourrait s’affaisser jusqu’à 1,80 mètre. D’autre part, l’élévation du niveau de la mer due au réchauffement climatique pourrait permettre à l’eau de s’engouffrer et de recouvrir davantage de terres. Certaines zones côtières pourraient devenir définitivement inhabitables. De plus, même si certaines zones côtières s’assèchent par la suite, elles seront beaucoup plus proches du niveau de la mer et deviendront vulnérables aux inondations en cas de violentes tempêtes ou de grandes marées.

La côte nord-ouest des États Unis est constamment soumise à de nombreux petits séismes, mais leur intensité est insuffisante pour soulager la pression qui s’accumule le long de la faille de Cascadia. L’énergie accumulée dans la zone est telle que même un séisme de magnitude M8,0 ne suffirait pas à l’évacuer. Le grand séisme de San Francisco de 1906, d’une magnitude M8,0, fut dévastateur. Les scientifiques expliquent que « si un seul séisme de magnitude M8.0 se produisait dans le nord-ouest du Pacifique, il en faudrait encore 29 pour évacuer la pression le long de la faille de Cascadia.»
Source : USA Today via Yahoo News.

 

Zones exposées à la submersion en cas de séisme et tsunami (Source : presse américaine)

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As I put it in several posts on this blog, the pressure keeps building below the Earth’s surface off the coast of the Pacific Northwest, and a disaster could strike at any time.Scientists have warned that a huge earthquake is likely along the Cascadia Subduction Zone. They say it is a matter of if, not when. It could destroy bridges, reshape the landscape and trigger a massive tsunami. Scientists have known about the looming danger for years, but ongoing research keeps painting a clearer picture of what could happen.

Among the dangers, the researchers predict a huge tsunami that will wash over costal areas and permanently flood them. Recent studies have focused on how global warming is increasing the impact of the earthquake on coastal areas. Researchers expect the quake will trigger an as much a 1.80-meter-drop in some inland areas, then a massive tsunami will flood those regions, some permanently.

The loss of swaths of land is just one of the series of events that will occur when the earthquake eventually strikes. The quake is a certainty, but could be hundreds of years off. While it could happen at any time, seismologists have estimated there is a 15% probability of an M8.0 event  in the next 50 years. Part of their confidence comes from the history of huge earthquakes in the region. The last event was in 1700, and paleoseismic records show these earthquakes recur roughly every 200 to 800 years. By 2100, there is a 30% chance of a large earthquake happening.

Scientists have a clear picture of what will happen when the earthquake strikes. They say that, first of all, there would be extremely strong shaking. This would probably last a minute or longer. Next, land along the coast would drop as much as two meters in places, probably within minutes. Then there would probably be 30 to 40 minutes of seeming peace. But that would be a false impression, because the tsunami would be coming. The waves would be on the order of the 2004 Indian Ocean tsunami that killed more than 50,000 people.The tsunami wave from an earthquake of this size could be 2.50m – 3.00 m tall.

When the tsunami wave arrives at the shore, geologists explain that the massive surge lasts for hours, sometimes days. This is where global warming comes in. Two things play a part in creating the catastrophe. First, the land would have dropped as much as 1.80 meters. At the same time, sea level rise caused by global warming means that some coastal communities will become permanently uninhabitable. Even if some areas along the coastline do dry out, they will be much closer to sea level and become susceptible to flooding if there is a particularly big storm or high tide.

The West Coast is subject to numerous small earthquakes all the time, but they are not big enough to relieve the pressure that is being built up along the Cascadia fault line. So much energy has built up in the zone that even an M 8.0 earthquake wouldn’t relieve it. The great San Francisco earthquake of 1906 had a magnitude M 8.0 and it was devastating. The scientists explain that « if we had one magnitude 8 quake in the Pacific North West, we’d still have 29 to go to relieve the pressure. »

Source : USA Today via Yahoo News.

Conséquences d’un séisme majeur sur la côte ouest des États Unis // Consequences of a major quake on the U.S. West Coast

J’ai attiré l’attention à plusieurs reprises sur ce blog sur le risque d’un séisme majeur sur la côte ouest des États-Unis. Un tel séisme au large de la Californie, de l’Oregon et de l’État de Washington pourrait provoquer un affaissement de plus de 1,80 mètre de certaines zones côtières, augmentant considérablement le risque d’inondation et transformant radicalement la région.
Ce sont les conclusions d’une nouvelle étude publiée fin avril dans les Proceedings de l’Académie Nationale des Sciences. Les auteurs ont examiné les répercussions d’un séisme de grande ampleur sur la zone de subduction de Cascadia, qui s’étend du nord de la Californie jusqu’à l’île de Vancouver, au Canada.

Source: USGS

L’étude conclut qu’en cas de séisme accompagné d’un affaissement de grande ampleur, la zone inondable s’étendrait sur 300 kilomètres carrés. Selon l’étude, un tel scénario ferait plus que doubler l’exposition des habitants, des bâtiments et des routes aux inondations, et les autorités devraient faire face à de sérieux problèmes avec les infrastructures vitales qui seraient plus fréquemment inondées, voire de manière permanente.

En d’autres termes, l’étude précise qu’un puissant séisme dans cette région risquerait de « modifier radicalement le littoral et d’avoir des conséquences profondes et durables sur les populations, les infrastructures et les écosystèmes côtiers ». Contrairement à l’élévation relative du niveau de la mer, provoquée progressivement par le réchauffement climatique, une élévation résultant d’un séisme majeur se produira en quelques minutes, ne laissant aucun temps d’adaptation.
Le dernier méga-séisme survenu dans la zone de subduction de Cascadia, d’une magnitude de M9,0, s’est produit en 1700. D’après les archives archéologiques, des villages ont été engloutis et ont dû être abandonnés. De la côte nord de la Californie à l’État de Washington, les scientifiques estiment que le prochain puissant séisme pourrait provoquer un affaissement des terres de 0,5 à 2 mètres, soit la même ampleur que celle observée lors du séisme de 1700.
Actuellement, plus de 8 000 personnes vivent dans les plaines inondables le long des estuaires de la zone côtière de Cascadia. Toutefois, en cas d’affaissement important après un séisme, ce chiffre pourrait presque tripler et atteindre plus de 22 000. Près de 36 000 structures seraient également menacées.
La datation au radiocarbone révèle que plus de 11 puissants séismes se sont produits au large de la côte nord de la Californie, de l’Oregon et de l’État de Washington au cours des 6 000 à 7 000 dernières années, avec une répétition tous les 200 à 800 ans.
Selon une estimation publiée par Federal Emergency Management Agency (FEMA) qui gère les situations d’urgence, un séisme de magnitude M9,0 sur toute la longueur de la zone de faille de 1 280 kilomètres ferait 5 800 morts. Le tsunami qui en résulterait, avec une hauteur potentielle de 2,40 mètres et un préavis de 10 minutes pour les zones côtières, ferait 8 000 morts. Les pertes économiques pourraient atteindre 134 milliards de dollars.
Lors du méga-séisme de Cascadia en 1700, des récits oraux ont parlé de tsunamis de plus de 3 mètres de haut qui ont détruit des villages côtiers. À Anacla, un village situé sur ce qui est aujourd’hui l’île de Vancouver, seule une personne sur plus de 600 a survécu. Le tsunami était si violent qu’il a déraciné des arbres. Les résultats de la dernière étude devraient donc alerter les habitants et les autorités gouvernementales. Certains tronçons de la route 101 sont déjà régulièrement inondés lors des grandes marées. Les autorités devraient également se demander si des infrastructures essentielles, comme les aéroports, se trouveraient dans la zone inondable agrandie par le séisme. Les autorités pourraient également éviter de construire des infrastructures telles que des écoles, les casernes de pompiers et les stations d’épuration dans les zones à risque.
L’étude explique que la négligence du rôle des séismes côtiers majeurs serait une erreur. Des exemples sont là pour le prouver. Le séisme de magnitude M9,1 survenu au large de la côte est du Japon en 2011a provoqué un affaissement de terrain allant jusqu’à 1,80 mètre. Un autre séisme de magnitude M9,1 survenu près de Sumatra, en Indonésie, en 2004 a provoqué un affaissement de terrain allant jusqu’à 1,80 mètre. Les zones utilisées pour l’aquaculture ont depuis subi des inondations chroniques dues aux marées, avec à la clé une sursalinisation des sols. Le séisme de magnitude M9,2 survenu en Alaska en 1964 a provoqué un affaissement de plus de 1,80 mètre le long de la côte, rendant des routes, des quais et des zones littorales inhabitables. Enfin, un séisme de magnitude M9,5 au Chili en 1960 a provoqué jusqu’à 2,40 mètres d’affaissement côtier.
Source : The Los Angeles Times via Yahoo News.

Sur le site du séisme du Vendredi Saint 1964 à Anchorage, des panneaux explicatifs rappellent les dégâts subis par la région (Photo: C. Grandpey)

Anchorage a été sévèrement impactée par le séisme du 22 mars 1964 (Source: USGS)

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Dans le même temps, l’Axial Seamount, un volcan sous-marin au large de la côte nord-ouest des États Unis, pourrait bientôt entrer en éruption pour la première fois depuis dix ans. Des scientifiques de l’Université de Washington ont détecté une forte augmentation des petits séismes sous-marins et une inflation du plancher océanique (plus de 20 cm), signes d’une accumulation de magma sous le volcan. Malgré cette activité, les scientifiques affirment qu’il n’y a aucune menace pour les zones habitées le long de la côte. L’Axial se trouve en effet à environ 480 km à l’ouest de Cannon Beach, dans l’Oregon, à environ 1 410 m sous la surface de l’océan. Il se trouve directement sur la dorsale Juan de Fuca, là où les plaques tectoniques divergent (voir carte ci-dessus). J’ai écrit plusieurs notes sur ce blog à propos de l’Axial Seamount : 3 mai et 16 septembre 2015, 17 décembre 2016 et 18 juillet 2024.

Source : Médias américains.

Source : University of Washington

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I have several times drawn attention on this blog to the risk of a major earthquake on the U.S. West Coast. A monster earthquake off California, Oregon and Washington could cause some coastal areas to sink by more than 1.80 meters, dramatically heightening the risk of flooding and radically reshaping the region with little to no warning.

Those are the findings of a new study published late April in the journal Proceedings of the National Academy of Sciences. It examines the repercussions of a massive earthquake on the Cascadia subduction zone, which stretches from Northern California up to Canada’s Vancouver Island. The study concludes that in an earthquake scenario with the highest level of subsidence, the area at risk of flooding would expand by 300 square kilometers. According to the study, such a scenario would more than double the flooding exposure of residents, structures and roads, and officials would need to contend with a future of infrastructure that are either more frequently flooded or permanently inundated.

In other words, a powerful earthquake in this area would risk « drastically altering shorelines and causing profound, lasting impacts to coastal populations, infrastructure, and ecosystems. » Unlike relative sea-level rise that’s driven more gradually by global warming, a rise resulting from a major earthquake will happen within minutes, leaving no time for adaptation or mitigation.

The last megaquake on the Cascadia subduction zone, registering a magnitude M9.0, occurred in 1700. Based on archaeological evidence, villages sank and had to be abandoned. From California’s North Coast to Washington state, scientists say that the next great earthquake could cause land to sink by 0.5 to 2 meters, the same range seen during the 1700 earthquake.

Currently, more than 8,000 people live in flood plain areas along estuaries in the Cascadia coastal region. But in the event of a high level of subsidence after an earthquake, that figure would nearly triple to more than 22,000. Nearly 36,000 structures would be threatened.

Radiocarbon dating suggests there have been more than 11 great earthquakes off the shore of California’s North Coast, Oregon and Washington state over the last 6,000 to 7,000 years, recurring every 200 to 800 years.

One estimate published by the Federal Emergency Management Agency (FEMA) is that an M9.0 earthquake along the full length of the 1,280-kilometer fault zone would leave 5,800 dead from the earthquake alone. An additional 8,000 would die from the resulting tsunami that could rise as high as 2.40 meters and offer coastal areas as few as 10 minutes of warning. Total economic losses could hit $134 billion.

In the 1700 Cascadia megaquake, oral histories describe tsunamis more than 3 meters high wiping out coastal villages. In Anacla, a village on what is now called Vancouver Island, only 1 out of more than 600 people survived. The tsunami was so strong that it uprooted trees.

The results of the latest study should be a wake-up call to residents and government officials. There already are parts of U.S. Route 101 that routinely flood during exceptionally high king tides. Another factor officials should consider is whether crucial infrastructure, such as airports, would fall within the quake-expanded flood plain. Authorities may also want to consider avoiding building infrastructure such as schools, fire stations and wastewater treatment plants in areas at risk.

The study insists that neglecting the role of major coastal earthquakes would be shortsighted. One example was the M9.1 earthquake off Japan’s east coast in 2011, which caused some land to sink by up to 1.80 meters. Another M9.1 earthquake that struck near Sumatra, Indonesia, in 2004 caused land subsidence of up to 1.80 meters. Areas used for aquaculture have since suffered chronic tidal flooding, leading to oversalinization. The M9.2 earthquake in Alaska in1964 caused land to sink by more than 1.80 meters along the coast, rendering roads, docks and waterfront areas uninhabitable. At last, an M9.5 earthquake in Chile in 1960 caused up to 2.40 meters of coastal subsidence.

Source : The Los Angeles Times via Yahoo News.

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Meantime, Axial Seamount, an underwater volcano off the Pacific Northwest coast, could erupt soon for the first time in a decade. Scientists at the University of Washington have detected a sharp increase in small undersea earthquakes and seafloor inflation (more tha 20 cm), signs of magma buildup within the volcano. Despite the activity, experts say there is no threat to coastal communities. Indeed, Axial Seamount is located about 480 km west of Cannon Beach, Oregon. It lies submerged at a depth of roughly 1 410 m beneath the ocean’s surface. It sits directly on the Juan de Fuca Ridge, an underwater boundary where tectonic plates are diverging (see map above). Il have written several posts on this blog about Axial Seamount : May 3 and September 16, 2015, December 17, 2016 and July 18, 2024.

Source : U.S. news media.