Nouvelle approche de l’éruption de Santorin (Grèce) // New approach of the eruption of Santorini ( Greece)

drapeau-francaisOn sait que l’éruption cataclysmale de Thera – aujourd’hui Santorin – vers 1650 avant notre ère a déclenché de puissants tsunamis qui ont anéanti la civilisation minoenne. Des chercheurs grecs de l’Université d’Athènes expliquent dans une nouvelle étude publiée dans la revue Nature que ces tsunamis destructeurs ont probablement été générés par l’afflux de matériaux volcaniques dans la mer, ce qui remet en cause les hypothèses antérieures.
Jusqu’à présent, les études sur la catastrophe de l’Age du Bronze avaient incité les scientifiques à penser que c’était l’effondrement du cratère dans la mer qui avait provoqué des tsunamis. Dans la nouvelle étude, les scientifiques ont utilisé les données volcaniques et sismiques, ainsi que la cartographie détaillée du fond marin, pour réfuter cette théorie et offrir une nouvelle explication.
Leurs recherches ont révélé que la caldeira n’était pas reliée à la mer quand elle s’est effondrée et, par conséquent, n’aurait pas pu causer les tsunamis. Au lieu de cela, les chercheurs pensent que l’écoulement rapide de grands volumes de matériaux volcaniques dans la mer a pu déplacer suffisamment d’eau pour provoquer ces tsunamis.
Les scientifiques nous rappellent que les écoulements pyroclastiques peuvent atteindre des températures de plus de 400°C et se déplacer à des vitesses allant jusqu’à 70 km / h. Lorsque ces matériaux pénètrent dans la mer, ils se solidifient et déplacent d’énormes quantités d’eau. Ils sont persuadés que cette entrée brutale des coulées pyroclastiques dans la mer n’a pas déclenché qu’un seul tsunami. Des dépôts de matériaux volcaniques jusqu’à 60 mètres d’épaisseur ont été découverts au large de Santorin, ce qui conforte la nouvelle hypothèse.
L’éruption du Krakatoa en Indonésie a également provoqué des tsunamis. Ils se sont produits lorsque des coulées pyroclastiques ont pénétré dans la mer, et non à cause de l’effondrement de la caldeira. Cette éruption bien documentée a causé plus de 35 000 décès et a été étudiée de manière approfondie par les volcanologues. Selon la dernière étude, l’éruption de Thera a probablement été beaucoup plus importante, et plus destructrice, que celle du Kralatoa. En fait, l’éruption de Thera n’a pas seulement ouvert un trou béant dans l’île et déclenché des tsunamis. Elle a aussi entraîné le déclin de la culture minoenne, civilisation qui dominait en Méditerranée à cette époque.
Pour mieux comprendre à quel point l’éruption de Thera a été violente et destructrice, les chercheurs grecs ont l’intention de poursuivre leurs recherches sur les coulées pyroclastiques. Comme l’a déclaré l’un d’entre eux, «nous savons maintenant que ces écoulements pyroclastiques ont causé de gros dégâts dans la région autour de Santorin, en Crète par exemple. Il nous faut donc mieux comprendre ces coulées et connaître le volume total de matériaux émis par l’éruption, car nous pensons que ce fut l’événement le plus catastrophique des 10 000 dernières années « .
Source : Live Science.

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drapeau-anglaisThe historic eruption of Thera – kwnown as Santorini today – in about 1650 B.C. triggered massive tsunamis that led to the end of the Minoan civilization. Now, Greek researchers at the National University of Athens explain in a new study published in the journal Nature that these destructive tsunamis may have been generated by the flow of volcanic material into the sea, challenging previous theories.

Initially, studies of the Bronze Age disaster led scientists to think the collapse of the volcanic crater into the sea caused tsunamis. However, in the new study, scientists used volcanic and seismic data, along with detailed mapping of the seafloor, to disprove this theory and offer a new explanation.

Their research revealed that the caldera was NOT connected to the sea when it collapsed and, therefore, could not have caused the tsunamis. Instead, the researchers propose that large volumes of volcanic material flowing rapidly into the sea could have displaced enough water to create tsunamis.

The researchers remind us that pyroclastic flows can reach scorching temperatures of more than 400°C and move at speeds of up to 70 km/h. As this material flows into the ocean, it solidifies and displaces massive amounts of water. They believe that this violent entry of the pyroclastic flows into the sea triggered more than one tsunami. Deposits of volcanic material up to 60 metres thick were found offshore Santorini, supporting the new theory.

The eruption of Krakatoa in Indonesia similarly triggered tsunamis. They occurred when pyroclastic flows entered the sea, not because the caldera collapsed. This well-recorded eruption caused more than 35,000 deaths and has been studied extensively by volcanologists. According to the new study, the eruption of Thera may have been many times larger, and more destructive. In fact, the eruption of Thera did more than blow a hole into the island and trigger tsunamis. The eruption also set off the decline of the Minoan culture, the dominant civilization in the Mediterranean at the time.

To further understand just how violent and destructive the eruption of Thera was, the Greek researchers plan to continue their research on the pyroclastic flows. Said one of them: « We know now that these flows caused so much damage in the area around Santorini, like in Crete. So we need to better understand these flows and have the total volume of the eruption, because we believe that this was the most catastrophic event during the last 10,000 years. »

Source : Live Science.

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L’île de Santorin vue depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

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Cette carte montre comment le flux de matériaux pyroclastiques est entré dans la mer par la brèche située au nord-ouest (encadré orange) [Source : Université d’Athènes]

Un puissant séisme à court terme dans les Caraïbes ? // Powerful earthquake soon in the Caribbean ?

drapeau-francaisLe Centre de Recherche Sismique (SRC) de l’Université des Indes Occidentales (UWI), basé à Trinidad, a demandé aux pays des Caraïbes de se préparer à l’éventualité d’un séisme majeur
Le SRC a enregistré 8 séismes de magnitude 4 ou supérieure depuis le 9 juin 2016. Le plus fort a atteint M 4,8 au nord-ouest d’Antigua le 8 août 2016.
L’année dernière, le SRC a déclaré que le séisme de janvier 2010  à Haïti (avec plus de 230 00 morts) aurait dû faire prendre conscience de la nécessité d’un changement fondamental dans les structures régionales pour faire face aux risques sismiques. Les recherches ont montré que la région peut être secouée par un séisme de magnitude 6.0 ou plus tous les 3 à 5 ans, et elle est « en retard » pour un séisme de M 8.0.
En conséquence, le SRC prévient qu’il est grand temps que la région se prépare rapidement à faire face à de tels événements. Il faudrait légiférer et faire respecter les normes de construction parasismiques en utilisant des cartes à risques mises à jour à partir des dernières données scientifiques disponibles.
Bien que les séismes à Porto Rico et dans la République Dominicaine soient relativement fréquents, il faut noter que 141 événements avec des magnitudes entre M 2,5 et 4,6 ont été enregistrés par l’USGS au cours des 30 derniers jours ; ils viennent s’ajouter aux 8 événements de M 4 ou plus enregistrés par le SRC depuis le 9 juin 2016.
La Fosse de Porto Rico va de pair avec la plus forte anomalie de gravité enregistrée sur Terre, signe de la présence d’une force active vers les profondeurs. C’est la partie la plus profonde de l’Océan Atlantique, avec plus de 8400 mètres.

Dans l’Océan Pacifique, les fosses se trouvent dans les zones de subduction. Par contre, la fosse de Porto Rico se situe à la frontière entre deux plaques tectoniques qui glissent l’une contre l’autre, avec seulement une petite composante de subduction. Porto Rico, les îles Vierges, et l’est de Hispaniola sont situés sur une zone limite de plaques actives, entre la plaque nord-américaine et le coin nord-est de la plaque des Caraïbes. La plaque des Caraïbes est à peu près rectangulaire, et elle glisse vers l’est à raison d’environ 2 cm / an par rapport à la plaque nord-américaine. La région connaît une forte sismicité et de puissants séismes qui peuvent générer des tsunamis dévastateurs.
Forte sismicité et tsunamis sont confirmés par les exemples du passé : un séisme de M 7,5 avec son épicentre au nord-ouest de Porto Rico en 1943 ; des séismes de M 8,1 et M 6,9 au nord de Hispaniola en 1946 et 1953. Immédiatement après le séisme de 1946, un tsunami a frappé le nord-est de Hispaniola et est entré à l’intérieur des terres sur plusieurs kilomètres. D’après certains rapports, près de 1800 personnes se sont noyées. Un séisme de M 7,5 en 1918 a généré un tsunami qui a tué au moins 91 personnes dans le nord-ouest de Porto Rico. En raison de sa forte densité de population et du développement rapide des zones urbaines près de la côte, Porto Rico court un risque important an cas de séisme et les tsunami.
Lez contexte tectonique de la Fosse de Porto Rico est parfois comparé à celui de la zone de subduction de Sumatra, site du séisme qui a provoqué le tsunami dévastateur dans l’Océan Indien en décembre 2004. Cette similitude a provoqué un grand intérêt quant à l’évaluation des risques de tsunamis auxquels seraient exposés la côte est des États-Unis côte et le nord-est des Caraïbes dans l’éventualité d’un séisme qui se déclencherait le long de la zone de subduction de la Fosse de Porto Rico.
Source: The Jamaica Observer.

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drapeau-anglaisThe Trinidad-based Seismic Research Centre (SRC) of the University of the West Indies (UWI) has warned the Caribbean countries to be prepared for a major quake

The Centre has recorded a total of 8 M4+ earthquakes since June 9, 2016, the strongest of which was an M 4.8 earthquake that occurred northwest of Antigua on August 8th, 2016.

Last year, SRC said the January 2010 Haitian earthquake (with more than 230,000 deaths) should have been the wake-up call for a fundamental shift in regional mechanisms for coping with seismic hazards. Research suggests the region is capable of generating an earthquake of magnitude 6.0 or larger every 3 to 5 years, and is overdue for an M 8.0 earthquake.

As a consequence, SRC warns that it is imperative for the region to move expeditiously towards building resilience to such events. It should develop, legislate and enforce Building Codes using up-to-date seismic hazard maps based on the latest available science.

Although earthquakes around Puerto Rico and the Dominican Republic are fairly common, 141 M2.5 – 4.6 earthquakes recorded by the USGS over the past 30 days should be added to the 8 M4+ earthquakes recorded by the SRC since June 9th, 2016.

The Puerto Rico Trench is associated with the most negative gravity anomaly on Earth which indicates the presence of an active downward force. It is the deepest part of the Atlantic Ocean, with water depths exceeding 8.4 km.

Trenches in the Pacific are located in places where one tectonic plate subducts under another one. The Puerto Rico Trench, in contrast, is located at a boundary between two plates that slide past each other with only a small component of subduction. Puerto Rico, the Virgin Islands, and eastern Hispaniola are located on an active plate boundary zone between the North American plate and the northeast corner of the Caribbean plate. The Caribbean plate is roughly rectangular, and it slides eastward at about 2 cm/year relative to the North American plate. The region has high seismicity and large earthquakes that can generate devastating tsunamis.

Past examples include an M 7.5 earthquake centered northwest of Puerto Rico in 1943, and M 8.1 and 6.9 earthquakes north of Hispaniola in 1946 and 1953. Immediately after the 1946 earthquake, a tsunami struck northeastern Hispaniola and moved inland for several kilometres. Some reports indicate that nearly 1,800 people drowned. A 1918 M 7.5 earthquake resulted in a tsunami that killed at least 91 people in northwestern Puerto Rico. Because of its high population density and extensive development near the coast, Puerto Rico has a significant risk for earthquakes and tsunamis.

The tectonic setting of the Puerto Rico Trench is sometimes compared to that of the Sumatra subduction zone, the site of the earthquake that triggered the devastating Indian Ocean tsunami of December 2004. This similarity has caused great interest in the assessment of potential tsunami hazard to the United States east coast and the northeastern Caribbean from a large subduction-zone earthquake along the Puerto Rico Trench.

Source : The Jamaica Observer.

Porto Rico

Contexte tectonique de Porto Rico (Source : USGS)

Il y a 70 ans: Le séisme du 1er avril 1946 en Alaska // 70 years ago: The April 1st 1946 earthquake in Alaska

drapeau francaisLe séisme du Vendredi Saint 1964 en Alaska est l’un des plus puissants jamais observé dans le monde, avec une magnitude de M 9,2 sur l’échelle de Richter. Il a fait 115 victimes dans cet Etat. Le tsunami qu’il a déclenché a tué 14 personnes en Californie et a causé des dégâts importants le long de la côte ouest des États-Unis
Un autre événement – beaucoup moins connu – a également affecté l’Alaska au petit matin du 1er avril 1946. Ce jour-là, la terre s’est fracturée au coeur de la fosse des Aléoutiennes, à 140 km plus au sud. Une immense portion du plancher océanique s’est soulevée et a envoyé une immense masse d’eau de mer à travers le Pacifique Nord. Le séisme a été particulièrement violent, de l’ordre de M 8,1. Le tsunami qui en a résulté a tué 159 personnes à Hawaii, a provoqué la noyade d’un nageur à Santa Cruz, fracassé des bateaux de pêche au Chili et détruit une cabane en Antarctique. La forme arquée des Aléoutiennes a protégé une grande partie de l’Alaska, mais cinq hommes en poste au phare du Cap Scotch sur l’île Unimak ont perdu la vie.
Une vague de 40 mètres de haut a frappé le phare à 02h18, ne laissant apparaître que la fondation de la structure en béton armé. Les scientifiques ont longtemps pensé que la vague avait été provoquée par une rupture au niveau d’une faille, mais un chercheur de U.S Geological Survey à Denver a récemment décelé un amoncellement de roches sur le plancher océanique qui semble avoir été provoqué par un important glissement de terrain sous-marin. Ce glissement de terrain aurait généré la vague géante qui a frappé le phare.
Au moment du séisme, un électricien des gardes-côtes était en poste sur l’île Unimak où il réparait un appareil de radiogoniométrie. Il était en train de lire dans sa couchette tôt ce matin-là dans un bâtiment situé sur une terrasse à une trentaine de mètres au-dessus du phare. Lorsque le séisme s’est produit, il a raconté que le bâtiment craquait et gémissait bruyamment tandis que des objets s’agitaient sur les étagères. La secousse a duré entre 30 et 35 secondes. L’électricien a pensé que ce pouvait être une éruption du volcan Shishaldin. Il a regardé à l’intérieur des terres en pensant voir la lueur de l’éruption mais il ne vit que les étoiles. 20 minutes après la première secousse, une autre se produisit, plus courte mais aussi plus forte que la précédente.
Quelques minutes plus tard, une vague frappa le bâtiment où se trouvait l’électricien. Il a entendu «un grondement terrible, suivi presque immédiatement d’un coup violent contre le flanc du bâtiment », tandis que 10 centimètres d’eau pénétraient dans la structure. Il s’est alors précipité dans la salle de contrôle pour envoyer un message d’urgence indiquant que des hommes avaient été frappés par un raz de marée et devraient probablement abandonner la station. Il est ensuite sorti et a essayé de marcher dans l’obscurité jusqu’au bord de la falaise au-dessus du phare. Il ne vit aucune lumière au-dessous de lui. La corne de brume était silencieuse. Le phare avait disparu.
A l’aube le lendemain matin, plusieurs hommes descendirent la colline qui avait été fortement entamée par le tsunami (voir l’image ci-dessous). L’océan s’était calmé et avait repris son visage habituel. Les hommes commencèrent à fouiller autour de l’emplacement du phare. Au sommet d’une colline derrière le phare ils découvrirent un pied humain, amputé à la cheville, quelques petits morceaux d’intestin qui appartenaient apparemment à un être humain, et ce qui semblait être une rotule. Trois semaines plus tard, un technicien a découvert un autre corps. D’autres hommes rassemblèrent et identifièrent les restes de l’un des hommes qui étaient en poste dans le phare grâce à ses pommettes hautes et à sa barbiche. Ils trouvèrent aussi la cuisse droite et le pied d’un autre homme. Ces restes ont été réunis dans de vieux sacs de courrier et placés dans un cercueil en bois brut. Le corps complet a été placé dans un cercueil individuel. Trois jours plus tard, juste avant que les hommes quittent Unimak, ils ont enterré leurs camarades. Les tombes ont été clairement indiquées par des croix en bois blanc sur lesquelles ils ont fixé solidement des plaques en laiton où figurent les noms des victimes. Ces hommes ont été tués par un tsunami local, proche des côtes, causé par un glissement de terrain sous-marin, l’une des menaces les plus grandes et les plus imprévisibles qui menacent les villages côtiers de l’Alaska lors des grands tremblements de terre.

Adapté d’un article de l’Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisThe 1964 Good Friday Earthquake in Alaska was one of the most powerful ever observed in the world with an M 9.2 magnitude on the Richter scale. It killed 115 persons in Alaska. The tsunami it triggered killed 14 more people in California and caused major damage along the western coast of the U.S.

Another event – more discreetly mentioned – also affected Alaska in the early morning of April 1st 1946. On that day – ironically called April Fools’ Day – the earth ruptured deep within the Aleutian Trench 140 km to the south. An immense block of ocean floor rose, moving saltwater across the North Pacific.

The earthquake was huge, at least M 8.1. The resulting tsunami killed 159 people in Hawaii, drowned a swimmer in Santa Cruz, banged up fishing boats in Chile and wrecked a hut on Antarctica. The curve of the Aleutians protected much of Alaska, but five men stationed at the Scotch Cap lighthouse on Unimak Island lost their lives.

A 40-metre-high wave struck the lighthouse at 2:18 a.m., leaving nothing but the foundation of the reinforced concrete structure. Though scientists long thought the wave was due to the earthquake rupture, a U.S. Geological Survey researcher in Denver recently showed a mountain of rocks on the sea floor that appears to be from a massive underwater landslide. That slide may have created the giant wave that hit the lighthouse.

At the moment of the earthquake, a Coast Guard electrician was stationed on Unimak Island to maintain a radio direction-finding system. He was reading in his bunk early that morning in a building located on a terrace about 30 metres above the lighthouse. When the earthquake struck, he said the building creaked and groaned loudly and objects were shaken from the shelves. It lasted approximately 30 to 35 seconds. He thought it was a possible eruption of Shishaldin volcano. So, he looked inland for the glow of a possible eruption but saw nothing but stars. 20 minutes after the first earthquake, a second quake was felt, shorter but more severe than the first one.

Minutes later, the wave struck the electrician’s quarters. In his words, “a terrible roaring sound was heard, followed almost immediately by a very heavy blow against the side of the building” while about 10 centimetres of water got into the structure. He went to the control room and broadcast a priority message stating they had been struck by a tidal wave and might have to abandon the station. He then stepped outside and tried to walk in the darkness as far as the edge of the hill above the lighthouse. He saw no lights below. The foghorn was silent. The Light Station had been completely destroyed.

At dawn the next morning, several men descended the scarred hillside (see image below). The ocean had calmed, looking no different than on any other day. The group searched the surrounding area. On top of a hill behind the Light Station they found a human foot, amputated at the ankle, some small bits of intestine which were apparently from a human being and what seemed to be a human knee cap. Three weeks later, a technician discovered another body. Others gathered and identified one of the men who were stationed in the lighthouse from his high cheekbones and goatee. Searchers then found the right thigh and foot of another man. These remains were gathered in old mail sacks and placed in a rough coffin. The complete body was placed in an individual coffin. Three days later, just before the men left Unimak, they buried their comrades. The graves were plainly marked with white wooden crosses with brass plates securely attached. They were victims of a near-field local tsunami caused by an underwater landslide, one of the greatest and most unpredictable threats to Alaska coastal villages during big earthquakes.

Adapted from an article in the Alaska Dispatch News.

Phare-AleoutLes restes du phare du Cap Scotch après le tsunami du 1er avril 1946  (Source: NOAA)

En attendant « The Big One » // Getting ready for « The Big One »

drapeau-francais« The Big One » est une expression souvent associée à la ville de San Francisco qui s’attend, à plus ou moins long terme, à un séisme majeur provoqué par un caprice de la Faille de San Andreas. Toutefois, le nord-ouest des États-Unis est également sous la menace d’un séisme majeur causé par la subduction de la plaque tectonique Juan de Fuca sous la plaque nord-américaine. Les sismologues affirment qu’une rupture de cette faille qui s’étire sur 1 045 km de longueur depuis le nord de la Californie jusqu’en Colombie-Britannique, suivie d’un tsunami, pourrait se produire de notre vivant. C’est pourquoi les responsables de la Protection Civile sont en train de se préparer pour le pire. Il ne faudrait pas oublier non plus que la subduction a donné naissance à la Chaîne des Cascades avec un bon nombre de volcans actifs comme le Mont St Helens, le Mont Rainier ou le Mont Adams. Nous ne savons pas quel effet un séisme majeur pourrait avoir sur ces volcans
C’est la raison pour laquelle les autorités étatiques et militaires travaillent ensemble pour élaborer des stratégies à mettre en place lorsque le « Big One » se produira. S’il se produisait, on estime que plus de 14 000 personnes mourraient, 30 000 seraient blessées, des milliers d’autres seraient sans-abri. L’économie de la région serait perturbée pendant des années, voire des décennies. Pour faire face à un tel désastre, les planificateurs envisagent un déploiement de personnel et d’équipement civils et militaires d’une ampleur encore jamais vue aux Etats-Unis pour faire face à une catastrophe naturelle. Il y aurait des ballets d’avions-cargos, d’hélicoptères et de navires, ainsi que des dizaines de milliers de soldats, des fonctionnaires, des équipes d’urgence mortuaire, des policiers, des pompiers, des ingénieurs, du personnel médical et d’autres spécialistes.
Depuis 2013, les autorités s’efforcent de mettre en place un plan d’intervention militaire pour l’État de Washington. Le plan d’intervention pour l’Oregon a été baptisé Cascadia Playbook. Le séisme et le tsunami de M 9 qui a dévasté certaines régions du Japon en 2011 a montré ce que le Pacifique Nord-Ouest doit faire pour se préparer à une catastrophe similaire.

Le plan prévoit l’instauration d’un système à plusieurs niveaux susceptible de fournir du personnel, des équipement et des fournitures à la région dévastée:
– De gros avions-cargos atterriraient dans les aéroports ou les bases aériennes capables de les accueillir. Ensuite, des avions plus petits seraient utilisés pour acheminer du personnel et des fournitures dans les aérodromes proches des zones dévastées.
– Les hélicoptères joueraient un rôle crucial, en particulier dans les zones côtières qui seraient probablement inaccessibles par la route en raison de la destruction des ponts et des routes.
– Des navires seraient probablement nécessaires pour permettre la livraison de fournitures d’urgence et aider à l’évacuation des personnes déplacées et des blessés.
– Des installations médicales d’urgence pour soigner les blessés seraient mises en place car les hôpitaux de la côte seraient probablement trop endommagés pour être utilisés. Les hôtels, motels, dortoirs de collèges, centres sportifs, etc. seraient utilisés comme abris temporaires pour les personnes évacuées.
– Des ingénieurs militaires et civils seraient envoyés pour commencer à réparer les infrastructures qui pourraient avoir subi des dégâts. Le pire des scénarios montre que plus de 1000 ponts dans l’Oregon et l’État de Washington s’effondreraient ou seraient tellement endommagés qu’ils seraient inutilisables.
– Le séisme et le tsunami feraient subir de gros dégâts aux infrastructures sur les principaux axes routiers comme la Route 101 ou l’autoroute n°5. Le trafic serait probablement dérouté en raison de grandes fissures dans la chaussée.
– Des systèmes de purification d’eau et des unités de communication d’urgence seraient déployés.
– Seattle, Portland et d’autres zones urbaines pourraient subir des dégâts considérables, tels que l’effondrement d’édifices construits avant que les normes parasismiques soient entrées en vigueur pour faire face à un séisme majeur. Des équipes de recherche et de secours en milieu urbain, spécialement formées, seraient envoyées pour rechercher des survivants dans les décombres des bâtiments détruits.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglais“The Big One” is often connected with San Francisco which expects, sooner or later, a major earthquake caused by the San Andreas Fault. However, north-western U.S. is also under the threat of a major earthquake caused by the subduction of the Juan de Fuca tectonic plate beneath the North American plate. Seismologists say a full rupture of the 1045-km-long offshore fault running from Northern California to British Columbia and an ensuing tsunami could come in our lifetime, and emergency management officials are busy preparing for the worst. We should not forget either that the subduction gave birth to the Cascade Range with quite a good number of active volcanoes, Mt St Helens, Mt Rainier and Mt Adams among other. We do not know what effect a major earthquake might have on these volcanoes
That’s why Federal, state and military officials have been working together to draft plans to be followed when the « Big One » happens. Should it occur, it is estimated that upward of 14,000 people would die, 30,000 would be injured, thousands would be left homeless and the region’s economy would be disrupted for years, if not decades. As a response, what planners envision is a deployment of civilian and military personnel and equipment that would eclipse the response to any natural disaster that has occurred thus far in the U.S. There would be waves of cargo planes, helicopters and ships, as well as tens of thousands of soldiers, emergency officials, mortuary teams, police officers, firefighters, engineers, medical personnel and other specialists.
Since 2013, authorities have been working at setting up a military response plan for Washington state. Oregon’s response plan is called the Cascadia Playbook. The M 9.0 earthquake and tsunami that devastated parts of Japan in 2011 gave greater clarity to what the Pacific Northwest needs to do to improve its readiness for a similar catastrophe.

The plans call for using a tiered system for delivering personnel, gear and supplies into the devastated region:
– Large cargo planes would land at airports or air bases capable of handling them, and then progressively smaller aircraft would be used to get personnel and supplies to smaller airfields close to devastated areas.
– Helicopters would play a crucial role, especially in coastal communities, which would likely be unreachable by road because of destroyed bridges and roads.
– Ships would likely be needed to assist with the delivery of emergency supplies and to assist with the evacuation of displaced and injured people.
– Emergency medical facilities to treat the injured would be set up because hospitals on the coast would probably be too damaged to use. Hotels, motels, college dorms, sports arenas, etc. would be used as temporary shelters for evacuees.
– Military and civilian engineers would be sent in to begin repairing an infrastructure that could be shattered. Worst-case scenarios show that more than 1,000 bridges in Oregon and Washington State could either collapse or be so damaged that they are unusable.
– Infrastructure on the main roadways like U.S. Route 101 or Interstate 5 would suffer heavy damage from the quake and from the tsunami. Traffic would likely have to be rerouted because of large cracks in the pavement.
– Transportable water purification systems and emergency communications units would be deployed.
– Seattle, Portland and other urban areas could suffer considerable damage, such as the collapse of structures built before codes were updated to take into account a mega-quake. Specially trained urban search and rescue teams would be sent to look for survivors in the ruins of destroyed buildings.
Source : Alaska Dispatch News.

Rainier avion

Seattle et le Mont Rainier à l’arrière -plan (Crédit photo: Wikipedia)