Pas de risque de « méga-tsunami » à La Palma (Iles Canaries) // No « mega-tsunami » hazard at La Palma (Canary Islands)

Au début de l’éruption du volcan Cumbre Vieja sur l’île canarienne de La Palma, certains scientifiques – en particulier un chercheur anglais – ont affirmé que le volcan pourrait s’effondrer et générer un tsunami qui dévasterait la côte est de l’Amérique du Nord et du Sud. Un article publié dans la série « Volcano Watch » par l’Observatoire des volcans d’Hawaii (HVO) examine si une telle approche est concevable
Les éruptions sur l’île de La Palma ressemblent aux éruptions hawaïennes, et ces deux régions de la planète partagent le potentiel d’effondrement de leurs flancs, avec le risque de tsunami. Les archipels canarien et hawaiien sont susceptibles de connaître des glissements de terrain majeurs avec des intervalles de quelques centaines de milliers d’années, une découverte faite pour la première fois dans les années 1960 par Jim Moore, à l’époque responsable du HVO. Selon lui, une partie importante d’une île peut être détruite lors de l’effondrement d’un de ses flancs, avec le déplacement d’énormes quantités d’eau de mer, générant des vagues de tsunami pouvant atteindre localement plus de 100 mètres de hauteur. De cette constatation est née l’idée que l’effondrement d’un volcan – en particulier dans les îles Canaries – pourrait déclencher un «méga-tsunami» à l’échelle de l’océan.
En 2001, une étude a suggéré que l’effondrement de La Palma pourrait générer des vagues de tsunami pouvant atteindre 25 m de haut le long des côtes est de l’Amérique du Nord et du Sud. Ce scénario a fait la une des médias.
La question est de savoir si des effondrements pouvaient réellement générer ces « méga-tsunami » loin de leurs sources. Les dernières recherches jettent le doute sur cette hypothèse.
Le scénario du «méga-tsunami» aux îles Canaries suppose l’effondrement d’un bloc unique, cohérent et massif qui a atteindrait une vitesse élevée très rapidement. Le problème, c’est que la cartographie des fonds océaniques autour des îles Canaries montre que les effondrements se produisent plutôt de manière progressive. De plus, les géomorphologues ont découvert, via l’analyse de la stabilité des pentes, que le volume d’effondrement potentiel est beaucoup plus réduit que ce qui a été envisagé par l’étude de 2001.
La modélisation des tsunamis a également considérablement progressé depuis 2001. Des études sur les vagues induites par les glissements de terrain montrent qu’elles se déplacent à des vitesses différentes et interagissent davantage sur de longues distances, ce qui conduit à une hauteur de vague moindre loin de la source. Une meilleure connaissance de la bathymétrie océanique, de la topographie insulaire et côtière, ainsi que du transfert d’énergie entre le glissement des blocs d’effondrement et l’eau de mer ont également contribué à une modélisation plus précise.
Ces nouvelles simulations montrent que la hauteur maximale des vagues le long de la côte Est des Amériques à partir d’un effondrement de très grande ampleur à La Palma serait de l’ordre de 1 à 2 mètres. Une telle vague serait certes dangereuse, mais pas plus que celles provoquées par les tempêtes que nous connaissons.
Un manque de preuves géologiques remet également en question l’hypothèse du « méga-tsunami ». En effet, les tsunamis laissent des dépôts de sédiments caractéristiques sur les côtes qu’ils impactent. Or aucun dépôt de ce type n’a été identifié sur les côtes est de l’Amérique du Nord et du Sud.
De plus, les effondrements de volcans des îles Canaries sont rares; ils se produisent sur des échelles de temps de centaines de milliers d’années, et seraient précédés de signes d’instabilité des flancs tels que la hausse de la sismicité et la déformation de la surface du sol. Les volcans des îles Canaries entrent régulièrement en éruption – les dernières ont eu lieu en 1971 et 1949 – et les analyses de stabilité des pentes menées à La Palma indiquent que leur structure est stable. Le volcan devrait donc croître de manière significative avant qu’un effondrement se produise. Il ne semble pas que l’éruption actuelle soit suffisante pour provoquer un tel événement.
Il ne faudrait toutefois pas oublier que les tsunamis d’origine volcanique existent et représentent une menace réelle. Par exemple, l’éruption de 1883 du Krakatau a provoqué un tsunami qui a tué des dizaines de milliers de personnes sur les côtes voisines. En 2018, une éruption de moindre ampleur et l’effondrement de l’Anak Krakatau ont également entraîné un tsunami qui a fait des centaines de morts.
Des tsunamis locaux peuvent également être générés par d’autres processus volcaniques. Sur l’île d’Hawaii, l’effondrement du delta qui se forme quand la lave entre dans l’océan peut provoquer de petits tsunamis qui ont un impact sur les zones adjacentes au delta. Par ailleurs, le glissement le long de la faille sous-jacente au flanc sud du Kilauea a déclenché des séismes de magnitude M7-8, ainsi qu’un tsunami local en 1868 et 1975, avec plusieurs victimes.
Source : USGS, HVO.

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At the start of the Cumbre Vieja eruption on the Canary island of La Palma, there was speculation among some scientists – especially an Englidh researcher – that the volcano might collapse, creating a tsunami that would devastate the east coast of North and South America. An article published in the « Volcano Watch » series by the Hawaiian Volcano Observatory » (HVO) examines whether such a scenario is possible or likely.

The eruption style in La Palma is similar to Hawaiian eruptions, and both locations share the potential for flank collapse and tsunami. Both islands tend to experience catastrophic landslides every few hundred thousand years, a discovery first made by HVO Scientist-in-Charge Jim Moore in the early 1960s. A significant portion of an island is removed during collapse and has the potential to displace tremendous amounts of seawater, generating local tsunami waves that are thought to be over 100 meters high. From this understanding grew a notion that collapsing volcanoes — particularly in the Canary Islands — could generate ocean-wide “mega-tsunami.”

In 2001, a research suggested that collapse of La Palma could result in tsunami waves up to 25 m high along the east coasts of North and South America. This scenario made headlines in the media.

But can collapses actually generate these “mega-tsunami” far from their sources? Subsequent research casts doubt on this idea.

The Canary Islands “mega-tsunami” scenario assumed a single, coherent, massive collapse block that reached a high velocity very quickly. Ocean floor mapping surrounding the Canary Islands, however, indicates that collapses instead occur in incremental fashion. In addition, geomorphologists found, via slope stability analysis, that the potential collapse volume is much smaller than was simulated by the 2001 paper.

Tsunami modeling has also advanced considerably since 2001. Studies of landslide-induced waves show that they travel at different speeds and interact more across long distances, leading to smaller wave height far from their sources. Better knowledge of ocean bathymetry, island and coastal topography, and the transfer of energy between slide blocks and water also contributed to more accurate modeling.

These new simulations suggest that the maximum wave height along the east coast of the Americas from a “worst-case scenario” collapse of La Palma would be on the order of 1-2 meters, still hazardous, but similar to common storm surge.

A lack of geologic evidence also calls the “mega-tsunami” hypothesis into question. Tsunamis leave characteristic sediment deposits on the coastlines they impact. But no such deposit has ever been identified on the east coasts of North and South America.

Collapses of Canary Island volcanoes are rare, occurring on timescales of hundreds of thousands of years, and should be preceded by signs of flank instability: increases in earthquakes and ground surface deformation. Canary Island volcanoes also erupt regularly – La Palma last erupted in 1971 and 1949 – and slope stability analyses conducted at La Palma indicate that the structure is stable. The volcano would have to grow significantly before a collapse was likely. The current eruption is unlikely to trigger such an event.

However, one should not forget that tsunamis that are generated by volcanoes are a real process and a significant threat. For example, the 1883 explosive eruption of Krakatau caused a local tsunami that killed tens of thousands on nearby coastlines. In 2018, a smaller eruption and collapse of Anak Krakatau also resulted in a local tsunami that killed hundreds.

Local tsunamis can also be generated by other volcanic processes. On the Island of Hawai‘i, lava delta collapse at lava-ocean entries can cause small tsunamis that impact areas adjacent to the delta. Slip on the fault underlying Kilauea’s south flank, associated with M7–8 earthquakes, caused local tsunami in 1868 and 1975 that took lives.

Source: USGS, HVO.

 

Sommet du Cumbre Vieja avec la caldeira de Taburiente dans le lointain. On aperçoit les anciennes bouches éruptives qui s’alignent le long d’une fracture. Peut-elle provoquer un glissement de terrain et un tsunami? C’est la question que se posent certains scientifiques (Crédit photo: Wikipedia).

Eruption à La Palma : pas de risque de tsunami // La Palma eruption: no tsunami hazard

Lorsque l’éruption du Cumbre Vieja a commencé le 19 septembre 2021, des rumeurs de méga-tsunami ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux. Ceux qui émettaient cette hypothèse pensaient que l’arrivée de la lave dans la mer pourrait déclencher une telle catastrophe. Nous en sommes encore loin étant donné que la lave émise par le volcan n’a toujours pas atteint le littoral. Le front de lave, d’une hauteur moyenne de six mètres, semble s’être stabilisé. Il avançait à environ 300 mètres par heure au début de l’éruption, mais il faut que l’alimentation de la coulée à la source soit suffisante pour assurer la progression de ce tapis roulant sur une longue distance. On pensait tout d’abord que la lave atteindrait le rivage lundi soir, puis mardi matin, puis mardi soir. Nous sommes jeudi et il ne s’est toujours rien produit.

S’agissant du tsunami, plusieurs études scientifiques ont expliqué qu’un accident géologique majeur aux Canaries pourrait avoir des répercussions jusque de l’autre côté de l’Atlantique. Un professeur du University College de Londres a étudié le risque d’un tel événement.et décrit dans une vidéo le pire des scénarios :

Toutefois, ce scénario catastrophe ne semble pas à l’ordre du jour. .Tout d’abord, l’éruption actuelle, de type strombolien, n’aura pas une durée suffisante pour apporter une masse de lave susceptible de provoquer un glissement de terrain déclencheur d’un tsunami. On peut se référer à l’événement de 1971 qui n’a duré que quelques semaines. L’Institut volcanologique des îles Canaries a estimé la durée de l’éruption actuelle entre 24 et 84 jours, avec une moyenne de l’ordre de 55 jours.
Si la lave parvient a atteindre la mer, elle va agrandir la surface de La Palma de quelques centaines de mètres carrés, comme cela se produit périodiquement à Hawaii et à La Réunion, mais elle ne déclenchera pas de tsunami.

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When the Cumbre Vieja eruption began on September 19th, 2021, mega-tsunami rumors began to spread on social media. Those who put forward this hypothesis believed that the arrival of lava in the sea could trigger such a catastrophe. We are still far from it since the lava emitted by the volcano has still not reached the coast. The lava front, with an average height of six meters, seems to have stabilised. At the start of the eruption, lava advanced at about 300 meters per hour, but the supply at the source needs to be sufficient to ensure the progression of this conveyor belt over a long distance. It was initially thought that the lava would reach the shore on Monday evening, then Tuesday morning, then Tuesday evening. Today is Thursday and nothing has happened yet.
Regarding the tsunami, several scientific studies have explained that a major geological accident in the Canaries could have repercussions as far as the other side of the Atlantic. A professor at University College London studied the risk of such an event and described the worst-case scenario in a video.
https://youtu.be/6utAunBKXV4
However, this disaster scenario does not seem to be on the agenda. First of all, the current eruption, of the Strombolian type, will not have a sufficient duration to bring a sufficient mass of lava likely to trigger a landslide and a tsunami. We can refer to the 1971 event which lasted only a few weeks. The Volcanological Institute thinks it will last between 24 and 84 days.
If the lava manages to reach the sea, it will enlarge the surface of La Palma by a few hundred square meters, as happens periodically in Hawaii and Reunion Island, but it will not trigger a tsunami.

Image extraite de la vidéo ci-dessus

Puissants séismes au large de la Nouvelle Zélande // Powerful earthquakes off New Zealand

Un puissant séisme de magnitude M 8.1 a été enregistré dans l’océan au large des côtes de la Nouvelle-Zélande le 4 mars 2021. Ila provoqué des évacuations et des alertes au tsunami dans le Pacifique Sud.

C’était le deuxième puissant séisme en quelques heures. Un autre événement centré au large des côtes de la NZ, avec une magnitude de M 7,3, avait réveillé de nombreuses personnes pendant la nuit dans tout le pays. Bien que les deux secousses aient déclenché des systèmes d’alerte, aucune d’elles ne semble avoir représenté une menace pour la populations ou pour des infrastructures majeures.

La Protection Civile néo-zélandaise a demandé aux habitants de certaines zones de la côte est de l’île du Nord de se déplacer immédiatement vers des lieux plus élevés et ne pas rester chez eux car il y avait risque de tsunami susceptible de causer des dégâts.

Le centre américain d’alerte aux tsunamis (basé à Hawaii) a prévenu que le séisme le plus puissant pourrait provoquer des vagues de 1 à 3 mètres en Polynésie française et des vagues allant jusqu’à 1 mètre de hauteur en Nouvelle-Calédonie et dans les îles Salomon.

L’USGS a précisé que le séisme le plus puissant était centré dans les îles Kermadec à une profondeur de 19 kilomètres. Les autorités néo-zélandaises avaient émis quelques heures plus tôt une alerte au tsunami pour les zones côtières lorsque le séisme le moins violent a frappé la côte nord-est vers 3 heures du matin le 4 mars. Il n’a pas été fait état de dégâts ou de victimes et l’alerte a ensuite été levée juste avant que se déclenche le séisme le plus puissant.

L’USGS a déclaré que le premier séisme avait son hypocentre à une profondeur de 21 kilomètres sous l’océan, à environ 174 kilomètres au nord-est de Gisborne. Cet événement a été largement ressenti en Nouvelle-Zélande et les habitants des villes d’Auckland, de Wellington et de Christchurch ont été réveillés par la secousse.

En 2011, un séisme de magnitude M 6,3 a frappé la ville de Christchurch. Il a tué 185 personnes et détruit une grande partie du centre-ville.

Source: médias d’information néo-zélandais.

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 A powerful M 8.1 earthquake struck in the ocean off the coast of New Zealand on March 4th, 2021, prompting some evacuations and tsunami warnings across the South Pacific.

It was the second large quake to strike within hours. An offshore M 7.3 quake had awoken many people during the night throughout New Zealand. While both quakes triggered warning systems, neither of them appeared to pose a widespread threat to lives or major infrastructure.

Civil defense authorities in New Zealand told people in certain areas on the East Coast of the North Island that they should move immediately to higher ground and not stay in their homes. They said a damaging tsunami was possible.

The U.S. Tsunami Warning System also cautioned that the larger quake could cause tsunami waves of between 1 to 3 metres in French Polynesia and waves of up to 1 metre in New Caledonia and the Solomon Islands.

USGS said the larger quake was centered in the Kermadec Islands at a depth of 19 kilometres.

Officials in New Zealand had hours earlier issued a tsunami warning for coastal areas after the smaller earthquake struck off its northeastern coast at about 3 a.m. on March 4th. There were no immediate reports of serious damage or casualties and the warning was later lifted just before the larger quake struck.

USGS said the earlier quake was centered at a depth of 21 kilometres under the ocean about 174 kilometres northeast of Gisborne. This earlier quake was more widely felt in New Zealand, and residents in the major cities of Auckland, Wellington and Christchurch reported being shaken awake.

In 2011, an M 6.3 quake hit the city of Christchurch, killing 185 people and destroying much of its downtown.

Source: New Zealand news media.

Par sa situation tectonique, la Nouvelle Zélande est un pays très exposé à l’activité sismique (Source : GNS Science)

Effondrement glaciaire en Inde (suite) // Glacial collapse in India (continued)

Alors que les secouristes de l’État de l’Uttarakhand, dans le nord de l’Inde, cherchent toujours des survivants dix jours après l’effondrement glaciaire, on comprend mieux ce qui a provoqué la catastrophe. Dès le lendemain de l’événement, j’ai parlé d’un effet domino ou en cascade, une hypothèse  qui vient d’être confirmée par les scientifiques, avec la responsabilité sous-jacente du réchauffement climatique.

Une image satellite montre que le point de départ est une cicatrice sur le mont Nanda Devi qui marque le point de décrochement du glacier. Il s’agit d’une paroi rocheuse faite de glace et de permafrost.

Une fois décrochée, la masse glaciaire est tombée vers l’aval où se trouvait un lac de fonte du glacier. Il était retenu par une moraine qui n’a pas résisté à la pression. La masse d’eau et de sédiments a alors déferlé tel un tsunami vers l’aval et percuté le barrage hydroélectrique en construction.

Les glaciologues ont baptisé « lave torrentielle » ce phénomène qui mêle glace, eau et matériaux car sa couleur noire rappelle l’écoulement de lave sur un volcan.

Selon les glaciologues indiens, les fortes chutes de neige qui ont eu lieu avant la catastrophe ont pu favoriser le décrochement du glacier. Comme je l’ai indiqué précédemment, un tel événement peut se produire en hiver. En effet, les glaciers réagissent à retardement aux températures qu’ils subissent. La pénétration de la chaleur à l’intérieur d’un glacier peut entraîner la formation de lacs interglaciaires ou sous-glaciaires susceptibles de céder ultérieurement sous la pression de l’eau. C’est ce qui s’est passé en 1892 sur le glacier alpin de Tête Rousse. La libération d’une poche d’eau de fonte a déclenché une lave torrentielle qui a tué 175 personnes dans la ville de St Gervais, située en contrebas

Les lacs de fonte glaciaire sont de plus en plus nombreux avec le réchauffement climatique, dans des zones de très hautes montagnes comme le chaîne himalayenne et la chaîne andine en Amérique du Sud.

Un autre facteur de déstabilisation est le dégel du permafrost de roche, le « ciment » qui assure la cohésion des montagnes. J’ai expliqué que ce dégel avait provoqué de graves effondrements dans les Alpes, comme le pilier Bonatti en juin 2005 et plus récemment l’Arête des Cosmiques, près de l’Aiguille du Midi. Nos Alpes ne sont pas non plus à l’abri des laves torrentielles. En août 2017, l’une d’elles a déferlé sur le village de Bondo, dans les Grisons à la frontière entre la Suisse et l’Italie. Une paroi du Piz Cengalo s’est décrochée à 3 000 m d’altitude sur le glacier. La déferlante de boue de plusieurs kilomètres a emporté huit randonneurs et causé de sérieux dégâts. Toujours en Suisse, le village de Chamoson (Valais) a lui aussi été confronté à une lave torrentielle.

Comme pour les séismes, la prévision des décrochements glaciaires est impossible. La seule solution est de surveiller attentivement les glaciers dont les effondrements peuvent menacer des vallées. On l’a vu au mois d’août 2020 quand la partie frontale du glacier de Planpincieux a menacé de s’effondrer et de mettre en danger des habitations dans le Val d’Aoste. .

Sources : France Info, médias d’information indiens.

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As rescuers in northern India’s Uttarakhand continue to search for survivors ten days after the glacial collapse, the cause of the disaster has become clear. Immediately after the event, I explained there was a domino or cascade effect, a hypothesis which has just been confirmed by scientists, with the underlying responsibility for global warming.

A satellite image shows that the starting point is a scar on Mount Nanda Devi which marks the point where the glacier let go. It is a rock face made of ice and permafrost.

Once set free, the ice mass fell downslope where a glacier melt lake was located. It was held back by a moraine that could not withstand the pressure as the mass of ice fell. The mass of water and sediment then surged downstream like a tsunami and slammed into the hydroelectric dam under construction.

Glaciologists have called this phenomenon, which mixes ice, water and materials, « torrential lava. » because its black colour is reminiscent of the lava flow on a volcano. According to Indian glaciologists, the heavy snowfall that took place before the disaster may have favored the glacier’s collapse. As I indicated earlier, such an event can occur in winter. In fact, glaciers react slowly to the temperatures they experience. The penetration of heat into the interior of a glacier can lead to the formation of interglacial or subglacial lakes that can give way later under water pressure. This is what aheppned in 1892 when a pocket of melt warer beneath the Tête Rousse Glacier triggered a torrential lava that killed 175 persons in Saint Gervais.

Glacial melt lakes are increasingly numerous with global warming, in areas of very high mountains such as the Himalayan and Andes in South America. Another factor of destabilization is the thawing of rock permafrost, the “cement” that keeps mountains together. I explained that this thaw caused significant collapses in the Alps, like the Bonatti pillar in June 2005 or, more recently, the Arête des Cosmiques, near the Aiguille du Midi. Our Alps are not immune to debris flow either. In August 2017, one of them swept through the village of Bondo, in Graubünden on the border between Switzerland and Italy. A wall of Piz Cengalo fell at an altitude of 3000 m on the glacier. The mile-long mud surge swept away eight hikers and caused serious damage. Also in Switzerland, the village of Chamoson (Valais) was also confronted with torrential lava.

As with earthquakes, predicting glacial collapse is impossible. The only solution is to carefully monitor glaciers whose collapses can threaten valleys. We saw it in August 2020 when the frontal part of the Planpincieux Glacier threatened to collapse and threaten homes in the Aosta Valley.

Sources: France Info, Indian news media.

Zone de décrochement du glacier indien

 Trace de lave torrentielle à Chamoson (Photo : C. Grandpey)