Les glaciers antarctiques sous la menace de tourbillons sous-marins // Underwater eddies threaten Antarctic glaciers

En Antarctique de l’ouest, le Thwaites est un vaste glacier qui se jette dans la baie de Pine Island à une vitesse de surface dépassant les 2 kilomètres par an près de sa ligne d’échouage. Il est fortement affecté par le réchauffement climatique et constitue l’un des exemples les plus frappants du recul glaciaire. Le glacier Thwaites fait l’objet d’une surveillance étroite en raison de son potentiel d’élévation du niveau de la mer.

Une nouvelle étude, publiée en novembre 2025 dans Nature Geoscience, nous apprend que des « tempêtes sous-marines tourbillonnantes » provoquent « une fonte agressive des plateformes glaciaires » devant les glaciers Pine Island et Thwaites, avec des conséquences potentiellement importantes sur l’élévation du niveau de la mer à l’échelle mondiale.

Source : Antarctic Glaciers

Au cours des dernières décennies, ces immenses glaciers ont connu une fonte rapide, accélérée par le réchauffement des eaux océaniques, notamment à l’endroit où ils remontent des fonds marins et forment des plateformes glaciaires. La nouvelle étude est la première à analyser systématiquement la fonte des plateformes glaciaires sur une échelle de temps de quelques heures ou quelques jours, et non en fonction des saisons ou des années.
Les auteurs expliquent que ces tourbillons sous-marins se comportent, un peu comme lorsqu’on remue de l’eau dans une tasse. Cependant, dans l’océan, ils sont beaucoup plus vastes et peuvent couvrir une dizaine de kilomètres. On peut lire dans l’étude : « Ils se forment lorsque des eaux chaudes et froides se rencontrent. Pour reprendre l’analogie de la tasse, c’est le même principe que lorsqu’on verse du lait dans une tasse de café et qu’on observe de minuscules tourbillons qui mélangent le tout. » Ce phénomène ressemble également à la formation des tempêtes atmosphériques qui résultent de la collision d’air chaud et d’air froid ; comme les tempêtes atmosphériques, ces tourbillons peuvent être très dangereux.

Source : Antarcyic Glaciers

Les tourbillons se forment en haute mer et s’engouffrent sous les plateformes glaciaires. Pris en étau entre la base de la plateforme et le fond marin, ils font remonter à la surface des eaux plus chaudes, ce qui accélère la fonte lorsqu’elles rencontrent la glace de la plateforme..
Les scientifiques ont utilisé des modèles informatiques ainsi que des données provenant d’instruments océanographiques pour analyser l’impact de ces tempêtes sous-marines. Ils ont constaté que, combinées à d’autres processus de courte durée, elles ont causé 20 % de la fonte du Thwaites et du Pine Island sur une période de neuf mois.
Les chercheurs ont également mis en évidence une boucle de rétroaction positive inquiétante. Lorsque ces tempêtes sous-marines font fondre la glace, elles augmentent la quantité d’eau froide et douce qui se déverse dans l’océan. Cette eau se mélange à l’eau plus chaude et plus salée située en dessous, ce qui génère davantage de turbulence océanique et accélère ainsi la fonte de la glace. Les chercheurs ajoutent que cette boucle de rétroaction positive pourrait s’intensifier avec le réchauffement climatique.
Les conséquences de ce phénomène pourraient être dramatiques car les plateformes glaciaires jouent un rôle de rempart essentiel en retenant les glaciers en amont et en ralentissant leur écoulement vers l’océan. Le glacier Thwaites, à lui seul, contient suffisamment d’eau pour faire monter le niveau de la mer de plus de 60 centimètres. Mais, comme il retient également l’immense calotte glaciaire antarctique, sa fonte pourrait à terme entraîner une élévation du niveau de la mer d’environ 3 mètres. Comme je l’ai expliqué dans une note précédente, les différents systèmes glaciaires de l’Antarctique occidental sont interconnectés.

Source: BAS

De grandes incertitudes persistent autour des causes du réchauffement de l’Antarctique occidental. Les plateformes glaciaires antarctiques figurent parmi les endroits les moins accessibles de la planète, ce qui oblige les scientifiques à s’appuyer la plupart du temps sur des simulations. Des études comme celle-ci reposent en grande partie sur des modèles informatiques. Il faudra beaucoup plus de données réelles, récoltées sur le terrain, pour bien comprendre l’impact de ces tourbillons, ainsi que d’autres phénomènes météorologiques océaniques.
Source : CNN via Yahoo News.

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In West Antarctica, Thwaites is a broad and vast glacier that flows into Pine Island Bay at surface speeds which exceed 2 kilometres per year near its grounding line. It is adversely affected by global warming, and provides one of the more notable examples of the retreat of glaciers.Thwaites Glacier is closely monitored for its potential to elevate sea levels.

A new study, published in November 2025 in Nature Geosciences explains that swirling underwater “storms” are aggressively melting the ice shelves of both Pine Island and Thwaites glaciers, with potentially “far-reaching implications” for global sea level rise.

Over the past few decades, these huge glaciers have experienced rapid melting driven by warming ocean water, especially at the point where they rise from the seabed and come afloat as ice shelves.

The new study is the first to systematically analyze how the ocean is melting ice shelves over just hours and days, rather than seasons or years.

The authors of the study explain that swirling underwater “storms” – or eddies – are « like little water twirls that spin around really fast, kind of like when you stir water in a cup.” However, in the ocean, these eddies are much larger and can span up to around 10 kilometers. « They form when warm and cold water meet. To return to the cup analogy, it’s the same principle as when you pour milk into a cup of coffee and see tiny swirls spinning around, mixing everything together. »

The phenomenon is similar to how storms form in the atmosphere, when warm and cold air collide ; like atmospheric storms, they can be very dangerous.

The eddies spin up in the open ocean and race underneath ice shelves. Sandwiched between the, rough base of the ice shelf and the seafloor, the eddies churn up warmer water from deeper in the ocean, which enhances melting when it “hits” vulnerable ice.

The scientists used computer models as well as data from ocean instruments to analyze the impact of these underwater storms. They found that, together with other short-lived processes, the storms caused 20% of the melting at the two glaciers over a nine-month period.

The researchers also highlighted a worrying feedback loop. As the storms melt the ice, they increase the amount of cold, fresh water entering the ocean. This mixes with warmer, saltier water beneath, generating more ocean turbulence, which in turn increases ice melting.They add that this positive feedback loop could gain intensity in a warming climate.

The consequences could be grave as the ice shelves play a vital role holding back the glaciers, slowing their flow into the ocean. Thwaites Glacier alone holds enough water to raise sea levels by more than 60 centimeters. But, because it also acts as a cork holding back the vast Antarctic ice sheet, its collapse could ultimately lead to around 3 meters of sea level rise. As I explained in a previous post, the different glacial systems in West Antarctica are interconnected.

There are still huge uncertainties. Antarctic ice shelves are among the least accessible places on Earth, meaning scientists have to rely heavily on simulations. Studies like this one largely rely on computer models. Much more real-world data will be needed to really understand the impact of these eddies, along with other ocean weather features.

Source : CNN via Yahoo News.

Géo-ingénierie polaire : pas la bonne solution face au réchauffement climatique // Polar geoengineering : not the right solution to global warming

Tous les scientifiques s’accordent à dire que la seule solution pour stopper la fonte de la banquise et des glaciers dans le monde est de réduire, voire de stopper, nos émissions de gaz à effet de serre. À côté de cela, certaines voix s’élèvent pour proposer des mesures artificielles de « géo-ingénierie polaire » pour refroidir l’Arctique et l’Antarctique, avec notamment l’installation de gigantesques rideaux sous-marins. Dans une note publiée le 14 mars 2024, j’explique que certains scientifiques souhaiteraient installer des rideaux de 100 kilomètres de long en Antarctique pour empêcher l’eau de mer chaude d’atteindre et de faire fondre les glaciers, et plus particulièrement le glacier Thwaites :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/03/14/un-rideau-pour-sauver-le-glacier-thwaites-antarctique-a-curtain-to-save-the-thwaites-glacier-antarctica/

L’eau chaude de l’océan Austral mine la banquise par en dessous (Source : BAS)

Une nouvelle étude publiée dans la revue Frontiers in Science explique que ces solutions ne sont pas viables. Pire encore, elles pourraient causer des dommages irréparables à l’environnement. Les auteurs de l’étude ont analysé cinq des idées les plus médiatisées :
– Pomper de l’eau de mer et la déverser sur la glace pour l’épaissir artificiellement ou disperser des billes de verre pour la rendre plus réfléchissante ;
– Installer des rideaux géants sur le plancher océanique pour empêcher l’eau chaude de faire fondre les plate-formes glaciaires ;
– Pulvériser des particules réfléchissant le soleil dans la stratosphère, une technique appelée géo-ingénierie solaire, pour refroidir la planète ;
– Forer pour pomper l’eau sous les glaciers afin de ralentir la fonte de la calotte glaciaire ; et ajouter des nutriments comme le fer aux océans polaires pour stimuler le plancton qui est un absorbeur de carbone.
Les scientifiques ont évalué chaque proposition en termes d’efficacité, de faisabilité, de risques, de coûts et d’évolutivité. Leurs conclusions sont formelles : aucune des cinq idées n’a été validée et toutes « seraient dangereuses pour l’environnement ».
L’Arctique et l’Antarctique comptent parmi les environnements les plus hostiles de la planète, et ces idées ne prennent pas en compte ces défis. Aucune des méthodes n’a été rigoureusement testée à grande échelle, et aucune expérience concrète n’a été menée sur les rideaux sous-marins. L’étude prévient que ces rideaux pourraient perturber les habitats des animaux, notamment les phoques et les baleines. Le forage de trous pour extraire l’eau sous les glaciers pourrait contaminer un environnement vierge. La pulvérisation de particules dans la stratosphère pourrait modifier les régimes climatiques à l’échelle de la planète. Selon les auteurs de l’étude, la proposition de disperser de minuscules billes de verre à la surface de l’océan pour l’empêcher d’absorber la chaleur du soleil est l’une des plus préoccupantes. D’ailleurs, les recherches menées par l’Arctic Ice Project sur l’impact des billes de verre dans l’océan ont été interrompues début 2025 car des tests concernant les risques pour l’environnement ont révélé une menace potentielle pour la chaîne alimentaire arctique.
Le coût de ces interventions serait également énorme. La mise en place et l’entretien de chacune sont estimés à au moins 10 milliards de dollars. Les rideaux sous-marins sont parmi les plus coûteux, avec un coût estimé à 80 milliards de dollars sur dix ans pour un rideau de 80 kilomètres. De plus, aucun des projets n’a pu être déployé à une échelle et dans un délai suffisants pour répondre à l’urgence de la crise climatique.
Il convient de noter que certains scientifiques, tout en approuvant la nécessité de réduire drastiquement la pollution responsable du réchauffement climatique, ont mis en garde contre l’abandon des recherches sur la géo-ingénierie polaire. D’autres scientifiques, en revanche, affirment que l’étude offre un examen sérieux et indispensable des risques.
Plus globalement, l’étude démontre clairement que les interventions de géo-ingénierie polaire constituent une solution dangereuse pour réduire les émissions de carbone et ne constituent pas une solution réaliste, ni rentable.
Source : CNN via Yahoo News.

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All scientists agree to say that the only solutionto stop sea ice and glacirt melting around the world is to reduce or even better, stop our emissions of greenhouse gas emissions. Hoxever, some voices are heard suggesting artificial measures, known as “polar geoengineering,” to cool the Arctic and Antarctic, including giant underwater sea curtains. In a post published on 14 March 2024, I explained that some scientists would like to install 100-kilometer-long underwater curtains in the Antarctic to prevent warm seawater from reaching and melting glaciers, and more particularly the Thwaites Glacier :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/03/14/un-rideau-pour-sauver-le-glacier-thwaites-antarctique-a-curtain-to-save-the-thwaites-glacier-antarctica/

A new study published in the journal Frontiers in Science explains that these solutions are not viable. Worse, they may cause irreparable harm.

The authors of the study analyzed five of the most well-publicized ideas:

  • Pumping seawater onto ice to artificially thicken it or scattering glass beads to make sea ice more reflective;
  • anchoring giant curtains to the seabed to prevent warm water from melting ice shelves;
  • spraying sun-reflecting particles into the stratosphere, a technique called solar geoengineering, to cool the planet;
  • drilling down to pump water from beneath glaciers to slow ice sheet flow; and
  • adding nutrients like iron to polar oceans to stimulate carbon-sucking plankton.

The scientists assessed each proposal for its effectiveness, feasibility, risks, costs, governance issues and scalability. The conclosions of the study are formal : none of the five ideas “pass scrutiny” and all “would be environmentally dangerous.”

The Arctic and Antarctic are among the planet’s harshest environments, and these ideas do not consider these challenges. None of the methods has been robustly tested at scale, with no real-world experiments at all for sea curtains.

The study warns that sea curtains could disrupt the habitats of marine animals including seals and whales; drilling holes to remove water from beneath glaciers could contaminate a pristine environment; and spraying particles into the stratosphere could change global climate patterns. The authors of the study warn that the proposal to scatter tiny glass beads onto the surface of the ocean to stop it absorbing the sun’s heat was one of the more concerning. Research run by the Arctic Ice Project looking at the impact of glass beads in the ocean was wound down earlier in 2025 after ecotoxicological tests “revealed potential risks to the Arctic food chain.”

The price tag on these interventions would also be enormous with each estimated to cost at least $10 billion to set up and maintain. Sea curtains are among the most expensive, projected to cost $80 billion over a decade for an 80-kilometer curtain. Moreover, none of the projects could be deployed on sufficient scale and quickly enough to meet the urgency of the climate crisis concluded.

It should be noted that some scientists, while endorsing the need to drastically reduce planet-heating pollution, warned against cutting off research into polar geoengineering. On the other hand,, other scientists say the study offers a thorough and much needed review of the risks.

Fundamentally, the study shows clearly that polar geoengineering interventions are a dangerous distraction from reducing carbon emissions and do not pose a realistic or cost-effective solution.

Source : CNN via Yahoo News.

Des nouvelles toujours aussi alarmantes du glacier Thwaites en Antarctique // More alarming news of Thwaites Glacier in Antarctica

Une équipe de scientifiques surveille attentivement le glacier Thwaites en Antarctique depuis 2018. Les résultats de leurs observations sont alarmants. Ils confirment ce que nous savions déjà : la fonte du glacier Thwaites va s’accélérer au cours de ce siècle et il faut s’attendre à sa disparition totale d’ici 200 ans. S’il fond dans a totalité, la masse de glace générera suffisamment d’eau pour faire monter le niveau des océans dans le monde de plus de 60 centimètres, avec des conséquences faciles à imaginer pour les villes côtières.

Le glacier Thwaites recule depuis plus de 80 ans et sa fonte s’est considérablement accélérée au cours des 30 dernières années. La dernière étude prévient qu’il est appelé à reculer davantage et plus rapidement. Il existe un consensus parmi les glaciologues sur le fait que le recul du glacier Thwaites s’accélérera au cours du siècle prochain. On craint également que d’autres processus, révélés par des études récentes mais pas suffisamment étayés pour être intégrés dans des modèles à grande échelle, puissent accélérer le recul dans des délais encore plus brefs.

Si le Thwaites disparaît, d’autres glaciers de l’Ouest Antarctique feront de même (Source: BAS)

Le glacier Thwaites contribue déjà à environ 4 % de l’élévation du niveau de la mer dans le monde. Avec un front de 120 kilomètres de longueur et une superficie d’environ 92 000 kilomètres carrés, il est plus grand que la Floride. Des recherches antérieures ont montré que le glacier est plus vulnérable à la fonte qu’on ne le pensait. En effet, on a découvert une intrusion d’eau salée sous la vaste masse du glacier. On pensait jusqu’à présent que cette zone était à l’abri du réchauffement car elle frotte le plancher océanique, ce qui devrait empêcher l’eau de l’océan de la toucher. Cependant, de nouvelles études ont révélé que le glacier se soulève pendant les épisodes de marée haute, permettant ainsi à l’eau de pénétrer par en dessous et d’accélérer sa fonte.

Processus d’infiltration de l’eau chaude de l’océan Austral sous les glaciers de l’Ouest Antarctique (Source: BAS)

Une conclusion moins pessimiste de l’étude est que le glacier Thwaites ne devrait pas disparaître d’ici la fin de ce siècle. Il semble désormais que sa disparition n’aura pas lieu avant le 23èm siècle. Il n’y a toutefois pas lieu de se réjouir. Si le réchauffement climatique n’est pas atténué, la fonte du Thwaites pourrait entraîner une disparition à grande échelle de la calotte glaciaire de l’Antarctique, ce qui noierait pratiquement la planète en élevant le niveau de la mer de plus de 3 mètres. Au moins, cela nous laisse un peu plus de temps pour réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre.

Source : Futurism.

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A team of scientists have been closely monitoring the Thwaites Glacier in Antarctica since 2018. The results of their six year project are alrming. To put it shortly, they confirm what we already knew : the Thwaites will melt at an even faster rate as the century marches on and face complete collapse within 200 years. Should it melt, the icy mass contains so much water that it could single-handedly raise global sea levels by over 60 centimeters, with consequences easy to imagine for coastal cities around the world.

Thwaites has been retreating for more than 80 years, and accelerating considerably over the past 30 years. The new research warns that it is set to retreat further and faster. There is a consensus among glaciologists that Thwaites Glacier retreat will accelerate sometime within the next century. There is also concern that additional processes revealed by recent studies, which are not yet well enough studied to be incorporated into large scale models, could cause retreat to accelerate sooner.

The Thwaites already contributes about four percent to the total current rise in sea levels. At 120 kilometers across and an area of around 92,000 square kilometers, it is larger than Florida.

Previous research has indicated that the glacier is more vulnerable to melting than once thought, due to the discovery of saltwater intrusion underneath its vast underbelly. This area was once believed to be protected from warming because it hugged the seafloor, blocking ocean water from touching it. But further studies revealed that the glacier was being lifted by high tides, allowing the water to intrude and accelerate the melting melting.

The optimistic conclusion of the study is that the glacier should not by the end of this century. Now, it’s looking like its demise won’t happen until the 23rd century. However, this is not a cause for celebration. If warming is not mitigated, the melting of the Thwaites could trigger a broader collapse of the entire Antarctic Ice Sheet, which would practically drown the planet by raising sea levels by over 3 meters. At the very least, it gives us more time to drastically curtail greenhouse gas emissions.

Source : Futurism.

https://futurism.com/

Antarctique : fonte glaciaire plus rapide que prévu // Antarctica : glacial melting faster than predicted

J’ai écrit plusieurs notes sur ce blog (le 29 mai 2024, par exemple) expliquant que la glace de l’Antarctique fond parce que les eaux plus chaudes de l’océan Austral minent les plates-formes glaciaires par en dessous.

Source: British Antarctic Survey

Une nouvelle étude du British Antarctic Survey (BAS), publiée dans la revue Nature Geoscience, nous explique que cette fonte est plus rapide qu’on ne le pensait jusqu’à présent. Cela signifie que les modèles informatiques actuels utilisés pour prévoir la fonte des plates-formes glaciaires en Antarctique ont probablement sous-estimé le phénomène. Une fonte plus rapide des plates-formes glaciaires pourrait provoquer des inondations plus tôt que prévu dans les zones côtières et entraîner la disparition de certaines îles de très basse altitude.
L’étude est au moins la deuxième en cinq semaines à expliquer que l’eau plus chaude de l’océan Austral pourrait faire fondre les glaciers et des plates-formes glaciaires antarctiques plus rapidement que prévu. Les scientifiques s’efforcent aujourd’hui d’améliorer les modèles utilisés pour planifier l’élévation du niveau de la mer.
L’eau plus chaude de l’océan Austral peut pénétrer sur de longues distances au-delà de la « zone d’ancrage » des glaciers sur le substrat rocheux. C’est à cet endroit que cette eau plus chaude s’infiltre aujourd’hui de plus en plus profondément sous les plates-formes glaciaires. L’étude indique que cela pourrait avoir des « conséquences dramatiques » en contribuant à l’élévation du niveau de la mer.
Les auteurs affirment avoir identifié le risque d’un nouveau point de basculement (‘tipping point‘ en anglais) dans la fonte des plates-formes glaciaires de l’Antarctique, ce qui signifie que leurs projections concernant l’élévation du niveau de la mer sont très probablement sous-estimées.
Les plates-formes glaciaires sont très sensibles à la fonte de la zone d’ancrage des glaciers et un très petit changement de la température de l’océan peut provoquer une très forte augmentation de la fonte de cette zone, ce qui entraînerait une accélération de l’écoulement des glaciers en amont.

Source: British Antarctic Survey

Les derniers travaux du BAS font suite à une étude indépendante publiée en mai (voir ma note du 29 mai) et qui a révélé une « fonte accélérée » du glacier Thwaites. Cette étude, publiée dans les Actes de la National Academy of Sciences, a donné des preuves visibles que l’eau de mer chaude vient miner le glacier.
Les plates-formes glaciaires de l’Antarctique et du Groenland glissent progressivement vers l’océan et forment une zone en bord de la mer où la fonte peut se produire. Les scientifiques ne cessent de rappeler que la fonte le long de cette zone est un facteur majeur de l’élévation du niveau de la mer dans le monde. L’eau qui s’introduit sous une plate-forme glaciaire ouvre de nouvelles cavités et ces cavités laissent passer davantage d’eau, ce qui fait fondre des portions de glace encore plus grandes. Des augmentations minimes de la température de l’eau peuvent accélérer ce processus, mais les modèles informatiques utilisés par le GIEC et d’autres organismes n’en tiennent pas compte.
L’auteur principal de l’étude du BAS explique qu’il y a beaucoup plus d’eau de mer qui s’infiltre sous les glaciers côtiers qu’on ne le pensait auparavant, ce qui les rend « plus sensibles au réchauffement des océans et plus susceptibles de disparaître dans le mer ». Il ajoute qu’il faudrait aussi accorder plus d’importance aux marées qui aggravent le phénomène.
Ces études, ainsi que d’autres, qui soulignent une plus grande sensibilité des glaciers de l’Antarctique aux eaux océaniques plus chaudes signifient que l’élévation du niveau de la mer au cours du prochain siècle sera beaucoup plus importante – peut-être deux fois plus importante – que prévu.
Source : USA Today via Yahoo Actualités.

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I have written severak posts on this blog (29 May 2024, for instnce) explaining that Antarctica was melting because the warmer waters of the Southern Ocean were undermining the ice shelves from below. A new study by the British Antarctic Survey, published in the journal Nature Geoscience, warns that this melting is faster than previously thought. This means current computer models used to predict ice-sheet melt activity in Antarctica may have underestimated the phenomenon. Faster ice sheet melting could bring greater flooding sooner than expected to coastal communities and cause some low-level islands to disappear.

The study is at least the second in five weeks to report that warmer ocean water may be helping to melt ice in glaciers and ice sheets faster than previously modeled. Scientists are working to improve these crucial models that are being used to help plan for sea level rise.

Relatively warmer ocean water can intrude long distances past the « grounding zone » where ground-based ice meets the sea and floating ice shelves, seeping between the land underneath and the ice sheet. The study warns this could have « dramatic consequences » in contributing to rising sea levels.

The authors say they have identified the possibility of a new tipping-point in Antarctic ice sheet melting, which means their projections of sea level rise might be significant underestimates.

Ice sheets are very sensitive to melting in their grounding zone and a very small change in ocean temperature can cause a very big increase in grounding zone melting, which would lead to a very big change in flow of the ice above it.

The latest research follows an unrelated study published in May that found « vigorous melting » at Antarctica’s Thwaites Glacier. ( see my post of ) That study, published in the Proceedings of the National Academy of Sciences, reported visible evidence that warm seawater is pumping underneath the glacier.

The land-based ice sheets in Antarctica and Greenland gradually slide toward the ocean, forming a boundary at the edge of the sea where melting can occur. Scientists report melting along these zones is a major factor in rising sea levels around the globe. Water intruding under an ice sheet opens new cavities and those cavities allow more water, which in turn melts even larger sections of ice. Small increases in water temperature can speed up that process, but the computer models used by the IPCC and others don’t account for that.

The lead author of the previous study explains that there is much more seawater flowing into the coastal glaciers than previously thought and it makes them « more sensitive to ocean warming, and more likely to fall apart as the ocean gets warmer. » He adds that more importance should be given to the tides which make the problem more significant.

These and other studies pointing at a greater sensitivity of Antarctic glaciers to warm water means that sea level rise this coming century will be much larger than anticipated, and possibly up to twice larger.

Source : USA Today via Yahoo News.