Réchauffement climatique : des nouvelles inquiétantes de l’Inde et de l’Himalaya // Global warming : disturbing news from India and the Himalayas

Le mois de mars 2022 en Inde a été le plus chaud en 122 ans, depuis que le Service Météorologique Indien – India Meteorological Department (IMD) – a commencé à effectuer des mesures. Cette situation intervient après la chaleur extrême de mars 2021 qui a été le troisième mois de mars le plus chaud jamais enregistré. Les scientifiques expliquent que l’une des raisons pour lesquelles la courte saison printanière s’est métamorphosée en été est l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, en plus des conditions météorologiques locales.
Avec une température maximale moyenne en Inde de 33,10°C, le mois de mars a annoncé le début précoce de l’été, une tendance qui devient la norme. Le Service Météorologique a attribué les températures élevées aux faibles précipitations observées au cours du mois. Le déficit pluviométrique a atteint 72% dans l’Inde dans sa globalité, et même 89% sur la partie nord-ouest du pays.
Les températures estivales ont augmenté dans toute l’Inde au cours des dernières décennies. On s’en rend compte en constatant le nombre de jours de canicule que le pays connaît pendant les mois d’été entre avril et juin. Selon l’IMD, le nombre de jours de canicule en Inde connaît une augmentation rapide tous les 10 ans. On est passé de 413 jours en 1981-1990 à 575 en 2001-2010 et 600 en 2011-2020. Le nombre de journées extrêmement chaudes a augmenté constamment dans 103 stations météorologiques, principalement dans les zones intérieures. La plupart des 103 stations météorologiques ont enregistré une tendance à la hausse significative de la fréquence des vagues de chaleur entre avril et juin au cours de la période 1961-2020.
Le Service Météorologique Indien indique que l’une des principales raisons de ces canicules est le changement climatique. Les autres raisons de l’écart extrême par rapport aux températures normales incluent les conditions météorologiques locales et d’autres facteurs tels que l’augmentation de la déforestation et des modifications dans l’utilisation des terres.
La plupart des régions situées au coeur de la vague de chaleur se trouvent dans le nord, le nord-ouest, le centre, l’est et le nord-est de l’Inde péninsulaire. C’est là que l’on a enregistré le plus grand nombre de vagues de chaleur sévères au mois de mai.
L’IMD explique que l’on a affaire à une vague de chaleur lorsque la température maximale est de 40° C et d’au moins 4 ou 5 dixièmes au-dessus de la normale. Le Service parle d’une vague de chaleur « sévère » lorsqu’on se trouve à 6,5 degrés au-dessus de la normale ou plus.
La forte chaleur de mars n’a pas épargné les États himalayens de l’Himachal Pradesh et de l’Uttarakhand, qui connaissent généralement des températures plus fraîches pendant cette période. En outre, le nombre de jours de froid dans la région himalayenne a diminué au cours des trois dernières décennies. On imagine facilement les conséquences pour les glaciers. C’est très inquiétant car après l’Antarctique et l’Arctique, la région détient la troisième plus grande quantité de glace dans le monde. Sa fonte et sa disparition auraient un impact catastrophique sur l’approvisionnement en eau des habitants de la région.
Ce n’est malheureusement pas terminé. Le dernier rapport du GIEC a affirmé que les vagues de chaleur et le stress dû à la chaleur humide seront encore plus intenses et plus fréquents au cours du 21ème siècle.

Les pires vagues de chaleur en Inde se sont produites en 2015 et ont fait au moins 2 081 morts, Il faut toutefois noter que ces vagues de chaleur se sont développées plus près du début de l’été, en mai et au début de juin.
Source : médias d’information internationaux.

On peut lire sur le site web de Accuweather, un article très détaillé (en anglais) sur la vague de chaleur en Inde au cours du mois d’avril 2022 :

https://www.accuweather.com/en/weather-forecasts/india-heat-wave-air-pollution-new-delhi/1178431

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The month of March 2022 in India was the hottest in 122 years since the India Meteorological Department (IMD) started maintaining records. It comes after the extreme heat in March last year, which was the third warmest on record. Scientists say that one of the reasons the short-lived spring season has metamorphosed into summer is the accumulation of greenhouse gases in the atmosphere, besides local weather conditions.

At an average maximum nationwide temperature of 33.10°C, March heralded the early onset of summer, a trend that is becoming the norm. The weather office attributed the high temperatures to the scanty rainfall seen in the month. The rainfall deficiency was as high as 72% over India, rising to as much as 89% over the northwest parts of the country.

Summer temperatures have been rising across India in the past few decades. This is visible in the number of heatwave days the country experiences in the summer months between April and June.

According to IMD, the number of heatwave days in India is increasing at a rapid pace every 10 years. From 413 in 1981-90 to 575 in 2001-10 and 600 in 2011-20, the number of days that see extremely hot days is persistently increasing at 103 weather stations, mostly in inland areas. Most of the 103 weather stations have recorded a significantly increasing trend in heatwave frequency between April and June during the 1961-2020 period.

The India Meteorological Department specifies that oe of the main reasons for these heatwaves can be attributed to climate change. The other reasons for the extreme departure from normal maximum temperatures include local weather conditions and other factors like increasing deforestation and changes in land use.

Many of the areas in the core heatwave zone, which include north, northwest, central, east, and northeast peninsular India, recorded the highest number of severe heatwaves in the month of May.

India’s weather office declares a heatwave when the maximum temperature is 40°C and at least 4.5 notches above normal. The bureau upgrades a heatwave to severe when the departure is 6.5 degrees above normal or higher.

The high heat in March did not even spare the Himalayan states of Himachal Pradesh and Uttarakhand, which typically experience cooler temperatures during this time, Besides,the number of cold wave days over the mountainous region has been decreasing over the past three decades. This will inevitably have an impact on the glaciers and is worrisome because after Antarctica and the Arctic, the region holds the world’s third-largest amount of glacial ice. Its loss would dramatically impact the supply of water to people in the region.

The latest IPCC report warned that heatwaves and humid heat stress will be more intense and frequent during the 21st century.

India’s worst heat waves occurred in 2015 and led to at least 2,081 fatalities, according to Nicholls. However, those heat waves developed closer to the start of summer in May and early June.

Source: International news media.

On the Accuweather website, one can read a very detailed article on the heat wave in India during the month of April 2022:

https://www.accuweather.com/en/weather-forecasts/india-heat-wave-air-pollution-new-delhi/1178431

La situation en Inde le 24 avril 2022 (Source : Accuweather)

Climat : ça va mal mais tout le monde s’en fiche!

Une fois de plus, le Service Copernicus concernant le changement climatique (C3S) vient de tirer la sonnette d’alarme, mais est-ce que cela servira à quelque chose? On peut sérieusement en douter quand on voit le peut d’intérêt porté par les candidats à l’élection présidentielle à l’urgence climatique. Pourtant le temps presse et nous sommes en train d’aller droit dans le mur. On vous aura prévenus. Quand la catastrophe arrivera, il sera trop tard. On s’affolera, on collera des emplâtres sur des jambes de bois, mais ça ne servira à rien car le mal sera fait!

A la veille de l’été 2022, l’agence climatique Copernicus indique dans son dernier rapport que l’été 2021 a été « du jamais vu » en matière notamment de canicules, avec leurs cortèges d’incendies de grande ampleur et d’inondations dévastatrices. On se souvient des records de températures en Espagne et en Sicile où le mercure a dépassé les 48 degrés, pulvérisant tous les records.

Plus globalement, les sept dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées au niveau mondial. L’année 2021 se classe entre la cinquième et la septième place. La tendance lourde à long terme à l’échelle mondiale est sans ambiguïté.

La dernière analyse des données climatiques pour 2021 par l’agence Copernicus montre qu’au niveau de l’Europe, l’année a été une année un peu plus chaude que la moyenne, sans être exceptionnellement chaude. En revanche, l’été 2021 a été le plus chaud jamais enregistré, avec environ 1°C au-dessus de la moyenne 1991-2020, période qui est la référence préconisée par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM).

Ce réchauffement de l’Europe est en partie dû au fait qu’il y a plus de terre que de mers sur ce continent et les surfaces continentales ont tendance à se réchauffer plus vite. Au niveau mondial, on est à peu près à 1,1°C ou 1,2°C de plus par rapport à la période préindustrielle. Au niveau de l’Europe, on se trouve à 2°C ou un petit peu plus.

Le rapport Copernicus arrive quelques semaines après celui du GIEC, mais on a vraiment l’impression que tout le monde s’en fiche. On vient d’en avoir une nouvelle preuve avec la Chine qui se vante d’être la championne en matière d’énergies renouvelables. C’est très bien, sauf que dans le même temps le gouvernement chinois vient de décréter qu’il allait augmenter considérablement sa production de charbon! Pékin a décidé de booster de 300 millions de tonnes sa production de charbon en 2022. Cela doit permettre au pays de soutenir l’activité, d’éviter les pénuries d’électricité, comme en 2021, et de réduire à terme sa dépendance aux importations.

Cela dit, on attend toujours que les Conférences des Parties, les célèbres COP, joue le rôle qui est censé être le leur et cessent de prendre des mesures qui ne sont pas contraignantes!

Le pôle Nord a chaud lui aussi // The North Pole is hot too

Il y a quelques jours, j’alertais à propos de la vague de chaleur incroyable qui affecte en ce moment l’Antarctique. Il faut dire qu’elle est phénoménale, et le plus grave, c’est que le pôle Nord connaît lui aussi une vague de chaleur. E

En Antarctique, c’est du jamais vu, avec des températures de plus de 40°C au-dessus de la normale. Le thermomètre affichait il y a quelques jours -11°C seulement près de la station de recherche Concordia, au lieu des -50°C habituels. Le plus inquiétant, c’est que la région entre dans l’hiver austral et les températures devraient donc chuter.

C’est la même chose en Arctique. Au pôle Nord, un air particulièrement doux généré par un cyclone le long des côtes américaines, a poussé les températures à presque 30°C au-dessus des normales. C’est anormal car le pôle Nord se trouve actuellement en fin de sa nuit polaire, avec un ensoleillement très limité qui devrait favoriser le froid.

Ce qui est surprenant avec ces événements exceptionnels, c’est que les climatologues évoquent le réchauffement climatique du bout des lèvres, alors que leur répétition semble prover que quelque chose s’est détraqué dans le climat de la Terre.

On nous raconte que l’air doux qui a remonté vers le pôle Nord est dû à un contexte particulier Au pôle Sud, c’est une masse d’air chaud provenant d’Australie qui aurait provoqué une rivière atmosphérique, autrement dit une grosse quantité de vapeur d’eau s’est retrouvée au-dessus de l’Antarctique et qui a provoqué la hausse des températures.
Il va bien falloir admettre, tôt ou tard que la multiplication récente d’événements intenses (vagues de chaleur, méga-incendies, inondations) est le signe de perturbations climatiques plus globales à mettre en lien avec le réchauffement climatique.

Source: France Info et médias d’information internationaux.

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A few days ago, I alerted about the incredible heat wave that is currently affecting Antarctica. What is incredible is that he North Pole is also experiencing a heat wave.
In Antarctica, it is unheard of, with temperatures more than 40°C above normal. The thermometer showed only -11°C a few days ago near the Concordia research station, instead of the usual -50°C. The most worrying thing is that the region is entering the austral winter and temperatures are therefore supposed to drop.
It is the same in the Arctic. At the North Pole, very mild air generated by a cyclone along the American coasts, pushed temperatures to almost 30°C above normal. This is a real problrm because the North Pole is currently at the end of its polar night, with very limited sunshine which should favor the cold.
What is surprising with these exceptional events is that climatologists pay lip service to global warming, while their repetition seems to prove that something has gone wrong in the Earth’s climate.
We are told that the mild air which travelled towards the North Pole is due to a particular context At the South Pole, a mass of warm air coming from Australia is said to have caused an atmospheric river. This means a large quantity of water vapour ended up over Antarctica and caused the temperature to rise.
Climatologists will have to admit, sooner or later, that the recent multiplication of intense events (heat waves, mega-fires, floods) is the sign of more global climate disturbances to be linked to global warming.
Source: France Info and international news media.

Sale temps pour les glaciers de l’Arctique (Photo : C. Grandpey

Antarctique : chauds les marrons! // A heatwave in Antarctica !

En Antarctique, plusieurs stations météorologiques ont battu des records de chaleur le 18 mars 2022, laissant pantois les climatologues de la région. L’Antarctique étant dans l’hémisphère sud, c’est le début de l’automne sur les terres australes. On a relevé -17,7°C sur la base russe de Vostok, contre -32,7°C pour le précédent record mensuel. Le thermomètre a indiqué -12,2°C à Concordia au Dôme C (record tous mois confondus; le dernier record était -13,7°C le 17 décembre 2016 ) ou encore 4,9°C à Dumont d’Urville, la base française de l’est du continent où le précédent record mensuel était de 3,4°C.

L’anomalie thermique atteint +30 à +35°C actuellement sur le plateau de l’Antarctique de l’est. Selon un chercheur de l’université de Grenoble-Alpes, ce coup de chaud « est un événement comparable au dôme de chaleur de 2021 en Amérique du Nord. Ce n’est pas censé arriver. »

Cette vague de chaleur intervient alors que la température globale de la planète grimpe sous l’effet du réchauffement climatique. Les chercheurs pensent que de telles vagues deviendront plus intenses. Un scientifique a déclaré: « Il me paraît très difficile de dire qu’il n’y a pas la trace du changement climatique dans un événement comme celui-ci. »

Source: France Info.

Si de telles vagues de chaleur se répétaient, il ne fait guère de doute qu’elles auraient un effet sur la fonte des glaciers. Les scientifiques ont récemment insisté sur la fragilité du glacier Thwaites, le « Glacier de l’apocalypse ». Sa fonte aurait un impact considérable sur l’élévation du niveau des océans.

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In Antarctica, several weather stations broke heat records on March 18th, 2022, leaving climatologists in the region stunned. As Antarctica is in the southern hemisphere, it is the beginning of autumn. -17.7°C was recorded at the Russian base in Vostok, compared to -32.7°C for the previous monthly record. The thermometer indicated -12.2°C at Concordia’s Dome C (record for all months combined; the last record was -13.7°C on December 17th, 2016) or 4.9°C at Dumont d’Urville, the French base in the east of the continent where the previous monthly record was 3.4°C.
The thermal anomaly reaches +30 to +35°C currently on the East Antarctic plateau. According to a researcher from the University of Grenoble-Alpes, this heat wave « is an event comparable to the heat dome of 2021 in North America. It’s not supposed to happen. »
This heat wave comes as the global temperature of the planet is rising under the effect of global warming. Researchers believe that such waves will become more intense. A scientist said: « It seems to me very difficult to say that there is no trace of climate change in an event like this. »
Source: France Info.
If such heat waves were repeated, there is little doubt that they would have an effect on the melting of glaciers. Scientists have recently insisted on the fragility of the Thwaites glacier, the « Doomsday Glacier ». Its melting would have a considerable impact on the rise in the level of the oceans.

Source: BAS