Nouvelle alerte sur la hausse de niveau des océans // New alert about sea level rise

Un article publié dans The Guardian le 20 mai 2025 revient sur l’une des principales conséquences du réchauffement climatique. Les scientifiques avertissent depuis longtemps que l’élévation du niveau de la mer deviendra ingérable avec seulement 1,5 °C de réchauffement climatique et entraînera une « migration intérieure catastrophique ». Une nouvelle étude menée par des chercheurs britanniques et publiée dans la revue Communications Earth and Environment prévient que ce scénario est susceptible de se produire, même si on garde le niveau moyen de réchauffement de la dernière décennie, soit 1,2 °C.
La fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique a quadruplé depuis les années 1990 en raison de la crise climatique et constitue désormais le principal facteur de l’élévation du niveau de la mer.
L’objectif de maintenir la hausse de la température de notre planète en dessous de 1,5 °C, défini par la COP 21 de Paris, est déjà quasiment hors d’atteinte. La nouvelle étude explique que même si les émissions de combustibles fossiles étaient rapidement réduites pour y parvenir, le niveau de la mer augmenterait d’un centimètre par an d’ici la fin du siècle, soit plus vite que la vitesse à laquelle les nations menacées pourraient construire des protections côtières.
Le monde est en route vers un réchauffement climatique de 2,5 °C à 2,9 °C, ce qui rendra inévitable la disparition des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique occidental. Il est bon de rappeler que la fonte totale de ces calottes glaciaires entraînerait une élévation de 12 mètres du niveau de la mer.
Aujourd’hui, environ 230 millions de personnes vivent à un mètre au-dessus du niveau de la mer, et un milliard à 10 mètres. Une élévation du niveau de la mer de seulement 20 centimètres d’ici 2050 entraînerait à l’échelle mondiale, à cause des inondations, des dégâts d’au moins 1 000 milliards de dollars par an dans les 136 plus grandes villes côtières du monde. Ces inondations auraient, bien sûr, des répercussions considérables sur la vie et les moyens de subsistance des populations.
L’élévation du niveau de la mer représente sur le long terme l’impact le plus important de la crise climatique, et les recherches menées ces dernières années ont montré qu’elle se produit beaucoup plus rapidement que prévu. La limite de 1,5 °C était considérée comme un moyen d’éviter les pires conséquences du réchauffement climatique, mais de nouvelles études montrent que ce n’est pas le cas pour l’élévation du niveau de la mer.
Les chercheurs expliquent que la température « limite de sécurité » pour les calottes glaciaires est difficile à estimer, mais qu’elle est probablement de 1°C ou moins. Une élévation du niveau de la mer d’au moins 1 à 2 mètres est désormais inévitable. Au Royaume-Uni, une simple élévation d’un mètre du niveau de la mer affecterait profondément de vastes zones des Fens et du Humberside. Cependant, les pays en développement comme le Bangladesh seraient beaucoup moins bien lotis que les pays riches, comme les Pays-Bas, qui ont l’expérience de la maîtrise des vagues.
La température moyenne de la planète a atteint 1,5 °C pour la première fois en 2024. Cependant, les climatologues prennent en compte une moyenne sur 20 ans et le seuil de 1,5°C n’est donc pas encore considéré comme dépassé.
Selon la nouvelle étude, même si l’humanité parvient à ramener la planète à sa température préindustrielle en éliminant le CO2 de l’atmosphère, il faudra encore des centaines, voire des milliers d’années, pour que les calottes glaciaires se reconstituent. Cela signifie que les terres perdues à cause de l’élévation du niveau de la mer le resteront pendant longtemps, peut-être jusqu’à ce que la Terre entre dans la prochaine période glaciaire. Les chercheurs citent l’exemple du Belize, qui a déplacé sa capitale vers l’intérieur des terres en 1970 après un ouragan dévastateur. Pourtant, sa plus grande ville se trouve toujours sur la côte et sera inondée si le niveau de la mer monte seulement d’un mètre. Un chercheur a déclaré : « De telles conclusions ne font que renforcer la nécessité de rester dans la limite de 1,5 °C fixée par l’accord de Paris afin de pouvoir revenir à des températures plus basses et protéger nos villes côtières.»
Source : The Guardian.

Photo: C. Grandpey

————————————————–

An article published in The Guardian on May 20th, 2025 returns to one of the main consequences of global warming. Scientists have warned for a long time that sea level rise will become unmanageable at just 1.5°C of global heating and lead to “catastrophic inland migration.” A new study by British researchers, published in the journal Communications Earth and Environment, warns that this scenario may unfold even if the average level of heating over the last decade of 1.2°C continues into the future.

The loss of ice from the giant Greenland and Antarctic ice sheets has quadrupled since the 1990s due to the climate crisis and is now the principal driver of sea level rise.

The international target to keep global temperature rise below 1.5°C, defined by COP 21 in Paris, is already almost out of reach. The new study has found that even if fossil fuel emissions were rapidly slashed to meet it, sea levels would be rising by one centimeter a year by the end of the century, faster than the speed at which nations could build coastal defences.

The world is on track for 2.5°C-2.9°C of globalwarming, which would almost certainly be beyond tipping points for the collapse of the Greenland and west Antarctic ice sheets. The melting of those ice sheets would lead to 12 metres of sea level rise.

Today, about 230 million people live one metre above current sea level, and one billion live 10 metres above sea level. Even just 20 centimeters of sea level rise by 2050 would lead to global flood damages of at least $1tn a year for the world’s 136 largest coastal cities and huge impacts on people’s lives and livelihoods.

Sea level rise is the biggest long-term impact of the climate crisis, and research in recent years has shown it is occurring far faster than previously estimated. The 1.5°C limit was seen as way to avoid the worst consequences of global heating, but the new research shows this is not the case for sea level rise.

The researchers say the “safe limit” temperature for ice sheets is hard to estimate but is likely 1°C or lower. Sea level rise of at least 1-2 metres is now inevitable. In the UK, just one metre of sea level rise would see large parts of the Fens and Humberside below sea level. However, developing countries such as Bangladesh would fare far worse than rich ones with experience of holding back the waves, such as the Netherlands.

The average global temperature hit 1.5°C for the first time in 2024. But the international target is measured as the average over 20 years, so is not considered to have been broken yet.

According the the new study, even if humanity can bring the planet back to its preindustrial temperature by removing CO2 from the atmosphere, it will still take hundreds to thousands of years for the ice sheets to recover.. That means land lost to sea level rise will remain lost for a long time, perhaps until the Earth enters the next ice age.

The researchers give the example of Belize that moved its capital inland in 1970 after a devastating hurricane, but its largest city is still on the coast and will be inundated with only one metre of sea level rise. One researcher said : “Findings such as these only sharpen the need to remain within the 1.5°C Paris agreement limit, or as close as possible, so we can return to lower temperatures and protect our coastal cities.”

Source : The Guardian.

Réchauffement climatique et dérive polaire // Global warming and polar drift

Une nouvelle étude scientifique menée par des chercheurs du Federal Institute of Technology de Zurich et publiée dans la revue Geophysical Research Letters révèle que les pôles Nord et Sud de la Terre pourraient se déplacer de plus de 26 mètres d’ici 2100.
La fonte des glaces due au réchauffement climatique déplace ces pôles géographiques, ce qui pourrait affecter les vaisseaux spatiaux et la navigation par satellite. La hausse des températures fait fondre les glaciers et les calottes glaciaires, entraînant une redistribution de l’eau à l’échelle planétaire. Ce mouvement déplace l’axe de rotation de la Terre et déplace ses pôles.
Les chercheurs ont réalisé ces estimations après avoir étudié le mouvement des pôles terrestres et les impacts de la fonte des glaces. Ils ont présenté divers scénarios climatiques optimistes et pessimistes d’ici 2100. Le principal facteur de ce déplacement des pôles est la fonte des calottes glaciaires au Groenland, suivie de celle de l’Antarctique et des glaciers à travers le monde. Les scientifiques ajoutent que cet effet surpasse légèrement l’effet de l’ajustement isostatique glaciaire, qui a eu lieu après la fin de la dernière période glaciaire. Cela signifie que l’activité humaine a davantage déplacé le pôle que l’effet des périodes glaciaires.
Les conclusions des chercheurs sont importantes car elles démontrent les effets catastrophiques des activités humaines sur notre planète. Le réchauffement climatique d’origine anthropique amplifie les phénomènes météorologiques extrêmes et modifie la géographie et le mouvement de la Terre. Si les phénomènes météorologiques extrêmes ont toujours existé, la hausse globale des température les amplifie et les rend plus dangereux. Des études comme celle-ci contribuent à dissiper les idées reçues selon lesquelles la crise climatique ne serait pas réelle et ne nous impacterait pas actuellement.
Il existe des conséquences à plus grande échelle pour la sécurité et l’efficacité de la navigation par satellite et pour les engins spatiaux. Les scientifiques utilisent l’axe de rotation de la Terre comme point de référence pour cartographier la position d’un engin spatial. Avec le déplacement de cet axe au fil du temps, il pourrait être plus difficile de déterminer avec précision la position des engins spatiaux.
Dans leur étude, les chercheurs ont également souligné les préoccupations liées aux variations du niveau de la mer et à la déformation de la surface terrestre à cause des variations du mouvement des pôles.
Source : Live Science via Yahoo News.

Source : NASA/JPL-Caltech

————————————————-

A new scientific study by Federal Institute of Technology Zurich researchers and published in Geophysical Research Letters reveals that Earth’s North and South Poles could shift by more than 26 meters by the year 2100.

Melting ice due to our planet’s overheating is moving these geographic poles, possibly affecting spacecraft and satellite navigation. Rising temperatures are melting glaciers and sheets of ice, causing water to be redistributed worldwide. This movement is shifting Earth’s axis of rotation and relocating its poles.

The researchers made these assessments after studying Earth’s polar motion and the impacts of melting ice. They examined various optimistic and pessimistic climatic scenarios between now and 2100. The primary factor in these shifts is melting ice sheets in Greenland, followed by ice melt in the Antarctic and global glaciers. The scientists add that this effect is somewhat surpassing the effect of glacial isostatic adjustment, which is the effect of solid Earth rebound after the termination of the last ice age. This means that what humans have done has somewhat shifted the pole more than the effect of ice ages.

The researchers’ findings are significant because they demonstrate the catastrophic effects of human activities on our planet. Human-induced global warming is supercharging extreme weather events and changing the geography and movement of Earth. While extreme weather events have always existed, rising global temperatures are making them more powerful and dangerous. Studies such as this help dispel myths that the climate crisis isn’t real or impacting us now.

There are also broader implications for the safety and efficiency of satellite and spacecraft navigation. Experts use Earth’s rotational axis as a reference point to map a spacecraft’s location. With the axis shifting over time, it could be more challenging to determine accurately where spacecraft are flying.

In their study, the researchers also noted the concerns of sea level changes and Earth’s surface deformation due to polar motion changes.

Source : Live Science via Yahoo News.

Réchauffement climatique : risque de propagation de maladies // Global warming : risk of spreading diseases

J’ai expliqué dans plusieurs notes sur ce blog que le dégel du pergélisol peut avoir des conséquences désastreuses pour les populations qui vivent dans la toundra, avec un risque de contamination par de nouvelles maladies. Selon l’Agence de protection de l’environnement (EPA), les températures du pergélisol en Alaska ont augmenté en moyenne de 0,3 °C par décennie entre 1978 et 2023. Le dégel du permafrost peut avoir des répercussions à l’échelle mondiale. Lorsque des microbes ne sont plus emprisonnés dans leur gangue de glace, ils commencent à consommer de la matière organique et générer des gaz comme le méthane et le dioxyde de carbone. Plus ces gaz – qui contribuent au réchauffement climatique – sont libérés dans notre atmosphère, plus ils risquent d’accentuer la hausse des températures et contribuer ainsi, à la fonte des glaces.
Une étude publiée dans la revue Science of the Total Environment en décembre 2024 prévient qu’avec l’accélération du réchauffement climatique dans la région, l’Arctique pourrait devenir un lieu de transmission de maladies de l’animal à l’homme. Les auteurs de l’étude expliquent qu’avec la fonte des glaces davantage de zoonoses seront amenés à se propager. Les zoonoses sont des maladies infectieuses transmissibles des animaux aux humains. Les chercheurs soulignent plusieurs facteurs qui font de l’Arctique une zone préoccupante en matière de zoonoses. La hausse des températures à l’échelle de la planète pourrait les lier les uns aux autres et les amplifier.
Avec la disparition des calottes glaciaires, les humains et la faune sauvage sont confrontés à des problèmes tels que l’élévation du niveau de la mer et les effets connexes de la perte d’habitat et de biodiversité. Ainsi, lorsque les espèces qui ont besoin de glace solide pour vivre, se reproduire et chasser perdent leurs territoires à cause de la fonte, leurs populations déclinent, ce qui a également des répercussions en aval de la chaîne alimentaire.
La perte d’habitat et de biodiversité peut également favoriser la propagation de maladies en augmentant les interactions entre les animaux et les humains. De plus, les scientifiques pensent que la perte de biodiversité peut signifier que les espèces restantes sont les plus résistantes et, par conséquent, celles qui sont le plus susceptibles de transmettre les maladies infectieuses.
Nous savons déjà que les effets de la fonte des glaces de l’Arctique se font sentir à l’échelle mondiale. Elle peut avoir un impact au niveau du climat, avec le potentiel de provoquer des phénomènes météorologiques extrêmes partout dans le monde. Les auteurs de l’étude ont écrit que « les habitants de l’Arctique sont souvent en contact étroit avec la faune sauvage et en dépendent pour leur subsistance ». Au final, les ressources alimentaires pourraient constituer une autre voie de transmission d’agents pathogènes, déjà favorisée par la perte d’habitat, la perte de biodiversité et le dégel du pergélisol.
L’étude souligne également que les maladies originaires de la région « ont un potentiel de propagation globale plus important que jamais ». Cela signifie que le monde entier pourrait être touché par une pandémie.
En conclusion, l’étude appelle à une intensification de la surveillance et de la protection de l’Arctique. Elle souligne l’importance d’intégrer les savoirs traditionnels autochtones. Les auteurs insistent également sur l’importance des campagnes de santé publique et de l’amélioration des infrastructures pour informer et soutenir les personnes susceptibles d’être touchées en premier.
Source : Science of The Total Environment, Volume 957, 20 décembre 2024, 176869.
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0048969724070268?via%3Dihub

 

Voies potentielles de transmission du parasite zoonotique Toxoplasma gondii dans l’Arctique, en mettant l’accent sur les espèces sauvages en liberté et l’environnement partagé (document issu de l’étude)

 ————————————————

I have explained in several posts that the thawing of the permafrost can have disastrous consequences for the populations that live in the tundra, with the risk of contamination by new diseases. According to the Environmental Protection Agency, permafrost temperatures in Alaska have increased at an average rate of 0.6°F (.3°C) per decade from 1978 to 2023. Thawing permafrost can affect the whole world more globally. When microbes newly unlocked from their deep freeze begin to consume organic matter, they can produce gases like methane and carbon dioxide. The more this heat-trapping pollution is released into our atmosphere, the more we are likely yo be confronted with the rising temperatures that cause ice melt in the first place.

A study published in the journal Science of the Total Environment in December 2024 warns that with the acceleration of global warming in the region, the Arctic could increasingly become the site of animal-to-human disease transfer. As the ice melts, the authors of the study explain that more zoonoses may spread. Zoonoses are infectious diseases that can be transmitted from animals to humans The researchers outline several factors that make the Arctic an area of concern when it comes to zoonoses. Rising global temperatures have the potential to connect and amplify them all.

As ice sheets disappear, humans and wildlife face issues like rising sea levels and the related effects of habitat and biodiversity loss. For example, when species that require solid ice on which to live, reproduce, and hunt lose their grounds to melting, their populations decline, with impacts further down the food chain too.

Habitat and biodiversity loss can also favour the spread of disease by increasing animal-human interactions. Additionally, scientists think that biodiversity loss can mean] that the species that remain are the most competent ones and, as such, the ones that are really good at transmitting infectious diseases.

We already know that the impacts of Arctic ice melt are felt globally. Melting ice can influence shifts in weather patterns, with the potential to cause extreme weather events everywhere.

The co-authors wrote in the study that « Arctic inhabitants are often in close contact with, and dependent on, wildlife for sustenance. » Food supplies could be another route of transmission for pathogens already given a leg up by habitat loss, biodiversity loss, and permafrost melting.

The study also notes that diseases originating in the region « have more potential to spread globally than ever before. » This means the whole world could be affected at the pandemic level.

In its conclusion, the study calls for more monitoring and protection in the Arctic, highlighting the importance of integrating traditional Indigenous knowledge. The authors also note the importance of public health campaigns and improved infrastructure to inform and support those who might be impacted first.

Source : Science of The Total Environment, Volume 957, 20 December 2024, 176869.

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0048969724070268?via%3Dihub

Températures : avril 2025 dans le monde, en Europe et en France

Dans son dernier bulletin du 8 mai 2025, l’agence européenne Copernicus sur le changement climatique indique qu’avril 2025 a été le deuxième mois le plus chaud dans le monde. Au cours des 22 derniers mois, tous les mois, sauf un, ont dépassé 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels. À l’échelle mondiale, les températures sont restées à des niveaux proches des records en avril 2025, prolongeant une vague de chaleur sans précédent, malgré la fin du phénomène de réchauffement El Niño.

L’étendue de la banquise arctique en avril 2025 a été inférieure de 3 % à la moyenne, soit la sixième plus faible étendue mensuelle pour un mois d’avril depuis les 47 ans d’observations satellitaires, après quatre mois de valeurs mensuelles record pour la période de l’année.
L’étendue de la banquise antarctique était inférieure de 10 % à la moyenne, ce qui en fait la dixième plus faible étendue jamais enregistrée pour le mois.

Copernicus indique également que la température moyenne en Europe en avril 2025 s’est élevée à 9,38 °C, soit 1,01 °C de plus que la moyenne de 1991-2020, ce qui en fait le sixième mois d’avril le plus chaud. Les températures ont été majoritairement supérieures à la moyenne en Europe. Les anomalies les plus importantes ont été enregistrées en Europe de l’Est, dans l’ouest de la Russie, au Kazakhstan et en Norvège, tandis que des températures inférieures à la moyenne ont été observées en Turquie, dans l’est de la Bulgarie et de la Roumanie, dans la péninsule de Crimée et dans le nord de la Fennoscandie.

En France, Météo- France indique qu’avec une température moyenne de 13,5 °C et une anomalie de +1,7 °C par rapport à la normale, avril 2025 se hisse au 5ème rang des mois d’avril les plus chauds depuis le début des mesures en 1900. L’anomalie de température est particulièrement marquée sur les températures maximales et sur le nord du pays avec 2 à 3 °C au-dessus de la normale. La douceur a été omniprésente au cours du mois, avec deux épisodes anormalement chauds en début et fin de mois, au cours desquels les 25 °C ont été dépassés, les 30 °C presque atteints.

Météo-France a toujours autant de mal à affirmer clairement que nous vivons sous l’influence d’un phénomène de réchauffement climatique. La plupart des agences climatiques dans le monde alertent les populations, mais Météo France traîne les pieds. Est-ce la peur de dire des vérités ?

Suite au record de chaleur enregistré à Paris le 1er mai 2025, l’agence climatique nationale se contente de dire que cette chaleur estivale précoce est « assez exceptionnelle », alors que nous sommes plus de quatre degrés au-delà des moyennes de saison et que le seuil des 30 degrés à Paris est en général franchi à la mi-juin !!

Météo France s’empresse d’ajouter que « ce n’est pas la première fois que l’été prend un peu d’avance. En 2005, un épisode de chaleur précoce comparable s’était produit sur tout le pays à la même période. Et il y a même eu dans le passé des températures similaires encre plus tôt dans l’année, comme au début avril 2024, ou encore en 2018. » Ce que Météo France ne dit pas, c’est que ces records de chaleur se situent tous dans les dernières décennies, après les années 1970 où a officiellement commencé – d’après l’Organisation Météorologique Mondiale – le réchauffement climatique dans le monde.

Météo France ose poser la question : « Faut-il voir [dans les records de température du 1er mai] un signe du réchauffement climatique ? » Et l’agence de rappeler que « pour répondre à cette question, il faut bien distinguer météo et climat, en regardant les tendances longues de température sur plusieurs décennies. » Au bout du compte, Météo France est bien obligée d’admettre, mais sans trop insister, qu’ « effectivement, malgré de grandes variations selon les années, la tendance de fond qui se dessine est bien celle d’un réchauffement. »