Janvier 2026 5ème mois de janvier le plus chaud // January 2026 was the 5th warmest January

Le service Copernicus sur le changement climatique (C3S) a publié son dernier bulletin mensuel consacré aux principales tendances climatiques pour le mois de janvier 2026. Ce bulletin indique que janvier 2026 a été le cinquième mois de janvier le plus chaud jamais enregistré à l’échelle mondiale, avec une température moyenne de l’air en surface de 12,95 °C, soit 1,47 °C de plus que le niveau préindustriel (1850-1900). Ce classement a été obtenu malgré une vague de froid dans l’hémisphère Nord, notamment en Amérique du Nord et en Sibérie. En Europe, janvier 2026 a été le mois de janvier le plus froid depuis 2010. Ce froid dans l’hémisphère Nord a été compensé par des vagues de chaleur dans l’hémisphère Sud, où des records de chaleur ont été observés, provoquant des incendies de forêt meurtriers.
Les températures les plus élevées par rapport à la moyenne ont été enregistrées dans l’Arctique, au Groenland, en Amérique du Sud, en Afrique du Nord et en Antarctique, avec des anomalies dépassant localement +7 °C. Janvier 2026 n’a été que de 0,28 °C inférieur à janvier 2025, qui a été le mois de janvier le plus chaud jamais enregistré.

Source : Copernicus.

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The Copernicus Climate Change Service (C3S) has published its latest monthly Climate Bulletin, focusing on key climate trends in January 2026. The bulletin reports that January 2026 was the fifth-warmest January globally, with an average surface air temperature of 12.95 °C, which is 1.47 °C warmer than the estimated pre-industrial level (1850–1900). This classification was obtained despite a cold snap in the Northern Hemisphere, in particular in North America and in Siberia. In Europe, January 2026 was the coldest January since 2010. The cold weather in the north was compensated with heat waves in the Southern Hemisphere where heat records were observed, causing deadly wildfires.

The highest temperatures relative to the average are found in the Arctic, Greenland, South America, North Africa, and Antarctica, with anomalies locally exceeding +7 °C.

January 2026 was only 0.28°C cooler than January 2025 which was the warmest January on record.

Source : Copernicus.

Le climat est devenu fou…

Avec le réchauffement climatique, on marche un peu sur la tête. Depuis quelques jours, l’hémisphère nord semble fonctionner à l’envers. Il a fait plus froid en Floride qu’en Alaska et qu’en Islande, alors même que la Floride est censée avoir un climat tropical.

Le 28 janvier 2026, il a fait 0 °C à Orlando en Floride et +0,5 °C à Juneau en Alaska où les températures se situent à environ 3°C au-dessus des moyennes saisonnières. Le 2 février dernier, il a fait – 3 °C à Okeechobee en Floride et +7 °C à Reykjavik en Islande qui a connu un mois de janvier sans la moindre chute de neige, du jamais vu depuis 1929 et 1940. Dans la capitale islandaise, les températures se situent 9 °C au-dessus des moyennes de saison. Plus globalement, l’Islande a connu de la douceur extrême de manière répétitive ces dernières semaines ; on a relevé jusqu’à +19 °C fin décembre.

Depuis la mi-janvier 2026, l’est de l’Amérique du nord subit des descentes d’air polaire dues à un affaissement du vortex polaire qui se maintient habituellement au-dessus de l’Arctique. J’ai expliqué dans des notes précédentes pourquoi se produisent de temps en temps des descentes d’air extrêmement froid vers des latitudes plus basses.

Les ondulations du jet stream vers le sud de l’Amérique du nord ont permis à l’air glacial du vortex polaire de descendre jusqu’en Floride. Au même moment, une autre ondulation du jet stream remontait très haut en latitude, ce qui a permis à de l’air relativement doux de gagner tout l’ouest américain, jusqu’en Alaska. Cette situation semble de moins en moins rare puisqu’elle s’est déjà produite plusieurs fois en 2025. Ces ondulations du jet stream sont nettement plus marquées depuis les années 1990, en rapport avec le réchauffement climatique qui affaiblit une partie de ce courant de haute altitude avec des événements de réchauffement stratosphériques soudain (SSW). En conséquence, le jet stream circule de manière moins linéaire, et s’écroule de plus en plus d’un côté (vers le nord) ou de l’autre (vers le sud).

Le coup de froid dans le sud des États-Unis est remarquable. La température a chuté si bas et si brusquement que des milliers d’iguanes ont été retrouvés congelés au sol en Floride, après être tombés des arbres.. Cela ne veut pas dire qu’ils sont morts. Leur métabolisme se met en pause le temps du coup de froid, avant de se réveiller dès le redoux. Les lamantins se sont également regroupés dans les eaux les plus chaudes, notamment près des usines, pour survivre à la baisse des températures.

Il est prévu que le froid s’atténue en Floride dans les prochains jours. Dans l’Arctique, l’Islande et le sud de l’Alaska devraient continuer à connaître de la douceur. En revanche, une nouvelle descente de froid arctique significative devrait faire chuter les températures dans les paries Nord-Est et Mid-Atlantic de l’Amérique du Nord. Des températures inférieures à la normale et des records de froid sont attendus dans certaines régions, et le Weather Service précise que ce froid devrait persister jusqu’au 11 février 2026.

Source : presse américaine et islandaise, services météo..

 

Anomalies de températures dans le monde début février 2026 : en bleu les zones plus froides que la normale, et en rouge les zones plus chaudes. Source : Climate Reanalyzer.

Température de l’air et température ressentie

Avec le réchauffement climatique, les hivers sont devenus beaucoup moins froids en France et nous n’enregistrons plus des températures autour de -20°C en plaine. Le froid est donc beaucoup moins spectaculaire et ne fait plus guère la Une des médias. Afin de combler ce vide et donner l’impression qu’il fait tout de même froid, une nouvelle mode est en train d’apparaître, en particulier sur les réseaux sociaux, avec le « ressenti », ce que les Anglo-saxons appellent le windchill, autrement dit le refroidissement éolien.

Comme pour les sentiments où tous les individus ne ressentent pas la même chose devant un événement, ces mêmes individus n’auront pas la même perception du froid ou de la chaleur quand le mercure chute ou grimpe dans le thermomètre. Un Inuit ou un Alaskien ne réagiront pas de la même façon qu’un Méditerranéen..

Sur son site web, Météo-France nous explique que la ‘température ressentie’ ne doit pas être confondue avec la ‘température de l’air‘ indiquée par un thermomètre. Cette dernière est la seule valable d’un point de vue scientifique.

La ‘température ressentie‘ correspond à la sensation de froid ou de chaleur ressentie par une personne. Cet indice appelé « Indice de confort thermique » dépend des conditions météorologiques, mais aussi d’autres facteurs tels que les vêtements portés, le type d’activité pratiquée et l’acclimatation à un certain milieu.

En météorologie, la ‘température de l’air‘ est mesurée avec un thermomètre ou une sonde placé à 1,50 m. du sol, dans un abri permettant la circulation de l’air et protégeant le capteur des précipitations et des rayonnements du soleil et de la terre.

Comme je l’indiquais plus haut, la perception physiologique de la température varie fortement d’un individu à l’autre. Elle n’est pas directement mesurable avec un instrument et dépend d’autres facteurs météorologiques comme le vent, l’humidité, l’exposition au rayonnement du soleil ou de l’environnement. Ces facteurs combinés déterminent le ‘confort thermique’, c’est-à-dire la sensation plus ou moins intense de froid ou de chaud. On utilise couramment le terme générique « indice de confort thermique » pour y faire référence.

L’avantage de l »indice de confort thermique’ est qu’il permet de mieux estimer l’inconfort procuré à l’organisme et le risque associé à une activité spécifique. En cas de fortes chaleurs, il permettra de mieux protéger des ouvriers travaillant sur des chantiers en plein air ou des couvreurs sur des toitures.

Si la ‘température ressentie’ est exprimée par un nombre ressemblant à une température, il s’agit d’un indice sans unité, pas d’une température réelle. Elle n’a donc rien d’officiel. L’indice Windchill utilisé représente une sensation de froid sur la peau. De son côté, l’indice Humidex représente un inconfort dû à la chaleur et l’humidité.

Pour le froid, le calcul du Windchill (ou indice de refroidissement éolien) dépend du vent et de la température de l’air. Plus le vent est fort, plus le Windchill est bas. À Météo-France, le Windchill est indiqué à partir du moment où les températures sont inférieures à 10°C.

Inversement, dans des conditions chaudes, le calcul de l’Humidex dépend de la température et de l’humidité de l’air. Plus l’humidité est importante, plus la température ressentie est élevée. À Météo-France, l’Humidex est indiqué à partir du moment où les températures sont supérieures à 15°C.

Source : Météo-France.

Certains sites comme Météociel permettent de calculer la température ressentie en introduisant certains facteurs comme la température de l’air et la vitesse du vent.

2025 : L’OMM confirme les conclusions de Copernicus

Après le programme Copernicus de l’Union Européenne, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) confirme que la température moyenne à la surface du globe a dépassé de 1,44 °C (avec une marge d’incertitude de ± 0,13 °C) la moyenne de la période 1850-1900. La température moyenne réelle de la planète en 2025 a été estimée à 15,08 °C. Deux jeux de données de l’OMM ont classé 2025 au deuxième rang des années les plus chaudes jamais enregistrées en 176 ans. Six autres jeux de données ont classé 2025 au troisième rang. Les trois dernières années (2023 à 2025) ont été les trois années les plus chaudes jamais enregistrées. Encore plus inquiétant, les 11 dernières années (2015 à 2025) sont les 11 années les plus chaudes jamais enregistrées.

Alors qu’elle a été marquée du début à la fin par un épisode La Niña, qui est censé induire un refroidissement, l’année 2025 a été l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées à l’échelle mondiale en raison de l’accumulation dans notre atmosphère de gaz à effet de serre (CO2 en particulier), dont la spécificité est de piéger la chaleur.

Les températures élevées des terres émergées et des océans ont contribué à alimenter des phénomènes météorologiques extrêmes :vagues de chaleur, fortes pluies et cyclones tropicaux intenses.

S’agissant des océans, l’OMM se réfère à une étude distincte publiée dans la revue Advances in Atmospheric Sciences. Ses auteur indiquent qu’en 2025, les températures océaniques ont été parmi les plus élevées jamais enregistrées.

Environ 90 % de l’excédent de chaleur dû au réchauffement climatique est stocké dans les océans, ce qui fait de la chaleur océanique un indicateur essentiel du changement climatique. Selon l’étude susmentionnée, le contenu thermique de l’océan dans les 2 000 premiers mètres a augmenté d’environ 23 ± 8 zettajoules entre 2024 et 2025. Cela représente environ 200 fois la production totale d’électricité mondiale en 2024.

D’après l’étude, en 2025, la température moyenne annuelle de la mer en surface à l’échelle du globe était supérieure de 0,49 °C à la valeur de la période de référence 1981-2010 et inférieure de 0,12 ± 0,03 °C à celle de 2024, ce qui correspond à l’apparition d’un épisode La Niña. Elle reste néanmoins la troisième année la plus chaude jamais enregistrée.

Source : OMM.