L’impact du réchauffement climatique en Alaska // The impact of global warming in Alaska

L’Administration Trump a beau vouloir effacer les références au réchauffement climatique sur les sites web, la hausse des températures n’en a rien à faire et elle continue de laisser ses propres traces, notamment en Alaska, où le réchauffement est deux à trois fois supérieur à la moyenne mondiale. La chaleur de l’atmosphère réchauffe les eaux environnantes, fait fondre les glaciers et la banquise, et crée des conditions de vie plus dangereuses pour la population.
C’est pourquoi les bureaux du National Weather Service de Juneau et de Fairbanks commenceront à émettre pour la première fois des avis de chaleur à l’été 2025. Auparavant, des bulletins météorologiques spéciaux étaient diffusés pour communiquer les risques de chaleur. Le service météorologique explique que les nouveaux bulletins émis à compter du 1er juin 2025 « identifieront plus clairement les risques de chaleur » et permettront de visualiser facilement les alertes de chaleur sur les sites web.
Pour les régions périphériques autour de Fairbanks, comme celle de North Slope, un avis sera émis si la température prévue atteint 24 °C, et si elle atteint 29,5°C à l’intérieur des terres. À Juneau, les bulletins entreront en vigueur dès que la température prévue sera de 26,5 °C ou plus. Cela peut faire rire les habitants des États du sud des États-Unis, mais dans certaines régions de l’Alaska, de telles températures suffisent à compliquer les conditions de vie.
Les températures élevées ne sont pas une nouveauté en Alaska, mais elles augmentent dans la plupart des régions. La température minimale nocturne moyenne sur 30 ans a augmenté de plus de 2 °C à Fairbanks depuis 1960.

Source : National Weather Service

Non seulement les températures augmentent, mais dans de nombreuses régions, la fumée des feux de forêt est observée de plus en plus souvent en été. L’impact des températures perturbe la vie de la population, en particulier à Fairbanks lorsqu’elles atteignent 30 °C et que l’air est enfumé. Les habitants qui ne disposent pas de climatisation et qui doivent garder les fenêtres fermées ont alors rapidement l’impression que la température intérieure est plus élevée qu’à l’extérieur.
Une augmentation de la température, si légère soit elle, entraîne une évaporation plus importante, ce qui assèche les plantes et les arbustes et les rend plus susceptibles de s’enflammer. Dans les régions de l’État les plus exposées aux incendies de forêt, on observe également une fonte de la neige plus précoce, ce qui assèche la végétation plus tôt qu’auparavant. Le début de la saison des feux de forêt en Alaska a été avancé du 1er mai au 1er avril, et la fréquence des incendies de grande ampleur, avec 800 à 1200 hectares brûlés, a doublé au cours de ce siècle par rapport à la seconde moitié du 20ème siècle.

Évolution de la température estivale moyenne en Alaska (Source : National Weather Service)

La banquise arctique a atteint son niveau le plus bas jamais enregistré en mars 2025. Elle a fondu plus tôt dans l’année, et s’est développée plus tard, ce qui a affecté l’accès à la nourriture pour les ours polaires. Le manque de nourriture peut favoriser les rencontres entre les ours et les humains car les plantigrades recherchent des proies et d’autres sources de nourriture dans de nouveaux endroits.
Source : USA Today via Yahoo News.

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The Trump Administration may scrub websites of global warming references, but rising temperatures leave their own evidence, especially in Alaska where the climate is warming two- to three-times faster than the global average. The heat warms surrounding waters, shrinks glaciers and sea ice and creates more hazardous conditions for people.

As a result, National Weather Service offices in Juneau and Fairbanks will start issuing heat advisories for the first time in the summer 2025. In the past, special weather statements were used to communicate heat risks.The weather service explains that the new advisories starting June 1 2025 will “more clearly identify the hazardous heat” and allow easily seen heat alerts on websites.

For outlying regions around Fairbanks, such as the North Slope, an advisory will be sent out if the temperature is forecast to reach 24 degrees Celsius, and in the interior, 29.5°C. In Juneau, advisories will kick in when the temperature is forecast for 26.5°C or higher. Those who live in the U.S. southern states may scoff, but in parts of Alaska this is enough to make conditions dangerous.

Warm temperatures are not new in Alaska, but they are increasing in most areas. The 30-year average overnight minimum temperature has climbed more than 2 degrees Celsius in Fairbanks since 1960.

Temperatures are not only going up, but in many areas there is increasing wildfire smoke in the summer. So the impact of the temperatures is changing, especially for Fairbanks residents when the temperature reaches 30°C and the air is smoky. Those who don’t have air conditioning soon feel that indoor air temperature is higher than outside.

Even a small increase in temperature means more evaporation, which leaves plants and shrubs drier than normal and more likely to burn. In the more wildfire-prone parts of the state, there is also a trend to earlier snow melt, which dries out the vegetation sooner than it used to. The start of Alaska’s wildfire season has been moved forward from May 1 to April 1 and the frequency of really big fire seasons, with 2 million to 3 million acres burning has doubled this century compared with the last half of the 20th century.

Arctic sea ice set a record low in March 2025, and has been melting earlier in the year and advancing later, affecting the accessibility to food for polar bears in the region. Lack of food can increase encounters between bears and people as they search for prey and other nutrition in new locations.

Source : USA Today via Yahoo News.

Désinformation climatique en France

Selon un collectif de trois ONG – Quotaclimat, Science Feedback et Data For good – 128 cas de désinformation climatique ont été recensés dans plusieurs médias depuis le début de l’année 2025, Un outil d’intelligence artificielle a permis de les quantifier en les détectant automatiquement. Cet outil scanne la retranscription écrite des programmes de ces chaînes. Les premiers résultats sont issus d’une surveillance de dix chaînes de télévision et de huit antennes radio nationales sur les trois premiers mois de l’année.

Il s’agit de cas de désinformation qui viennent contredire des faits établis par le consensus scientifique international. Selon l’une des ONG, cela concerne « quasiment tous les médias français. »

Ainsi, Sud Radio concentre 40 cas de désinformation. Selon les résultats des ONG, en deuxième position, on retrouve CNews avec 26 cas recensés puis LCI (11 cas), RMC (11), BFMTV (10), Europe 1 (10), franceinfo TV (9), France 2 (4), France Info radio (2), France Inter (2), Arte (1), France Culture (1) et RTL (1).

Contrairement aux idées reçues cantonnant la désinformation aux réseaux sociaux, le collectif d’ONG explique que les médias traditionnels sont désormais fortement exposés à la désinformation climatique. Parmi les sujets les plus concernés, on retrouve l’énergie qui arrive largement en tête. Il s’agit surtout de désinformation ciblée sur les énergies renouvelables. Autre thématique ciblée, « la mobilité » et particulièrement « le sujet des véhicules électriques ».

Selon les trois ONG, cette « normalisation de la désinformation climatique » intervient dans « un espace informationnel audiovisuel supposé être régulé et donc protégé ». Il serait donc souhaitable que les médias concernés effectuent un meilleur contrôle de l’information, mais aussi que l’Autorité de régulation indépendante (Arcom) soit plus vigilante.

Source : Médias français dont France Info.

Étant particulièrement vigilant sur le réchauffement climatique et son impact sur les zones glaciaires, j’ai observé à plusieurs reprises la mise sous silence de certains événements. Cela fait également partie de la désinformation. S’agissant de la hausse des températures, les intervenants de Météo-France sur France Info insistent beaucoup plus sur les températures en dessous des normales saisonnières que sur celles qui les dépassent largement, comme c’est le cas actuellement. De plus, rares sont les informations à propos de la fonte des glaciers alpins et sur le dégel du pergélisol et ses conséquences. Il faut que se produisent des événements spectaculaires pour que l’information soit diffusée.

Photo: C. Grandpey

Climat : La fin de La Niña // Climate : The end of La Niña

El Niño est un phénomène qui touche la région équatoriale de l’océan Pacifique, où la température de surface de la mer devient plus élevée que d’habitude. Il s’agit d’une variation climatique naturelle qui entraîne un réchauffement climatique et une augmentation de certains événements extrêmes. Le dernier épisode El Niño a débuté au printemps 2023 et s’est intensifié pendant l’été et l’automne de cette même année. Il a ensuite décliné et a été remplacé par La Niña, un phénomène de refroidissement qui a duré très peu de temps cette fois-ci. Nous sommes en avril 2025 et les climatologues affirment que la phase La Niña est terminée.
L’atmosphère a commencé à subir l’influence de La Niña à l’automne 2024, mais les températures océaniques plus froides que la moyenne dans l’océan Pacifique oriental, qui marquent généralement son arrivée, ne sont apparues qu’à la fin de l’année. Une fois arrivée, La Niña ne s’est maintenue que pendant quelques mois. Selon un rapport de la NOAA, la région équatoriale de l’océan Pacifique entre actuellement dans une phase neutre qui devrait durer jusqu’à la fin du printemps, avant de continuer pendant l’été et au moins jusqu’au début de l’automne 2025.
Les météorologues surveillent de près le comportement de La Niña et El Niño, car ils influencent le climat mondial de manière assez constante et prévisible sur le long terme.
Bien que La Niña soit terminée, ses effets persisteront, même s’ils seront probablement atténués par sa faible durée et son intensité moindre.

L’évolution de la météo dans les mois à venir sans La Niña et El Niño est incertaine. L’absence de ces deux phénomènes rendra difficile la prévision de tempêtes et de cyclones dans l’océan Atlantique lors de la saison des ouragans, qui débute en juin. Les conditions neutres des océans pourraient prendre fin lors de la période la plus active de la saison, qui va de la mi-août jusqu’à la mi-octobre, ce qui aura un impact sur la formation de systèmes météorologiques.

Rappelons que le passage d’un épisode El Niño particulièrement chaud a entraîné des records de chaleur dans les deux dernières années. La température globale des océans a atteint des records pendant une grande partie de 2023 et 2024. El Niño a évolué vers des conditions neutres peu avant le début de 2024 qui fut une saison des ouragans particulièrement active. Cinq d’entre eux, dont Helene et Milton, ont frappé les États-Unis. À l’échelle mondiale, les températures continuent d’augmenter. L’effet de refroidissement La Niña n’est pas toujours perceptible. Des températures plus élevées que la moyenne restent prévues au cours des prochains mois.
Source : CNN via Yahoo News.

Image illustrant l’impact d’El Niño et La Niña sur le Pacifique oriental au niveau de l’équateur ((Source: Wikipedia)

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El Niño is a phenomenon that affects the equatorial region of the Pacific Ocean where sea surface temperature becomes warmer than usual.. It is a natural climate variation that induces global warming and an increase in certain extreme events. The latest El Niño began in the spring of 2023 and grew during the summer and autumn of that year. It then declined and was replaced by La Niña, a cooling phenomenon that was very short this time. We are in April 2025 and climatologists say La Niña has already come to an end.

The atmosphere first started to take on a La Niña look in autumn 2024, but the cooler than average ocean temperatures in the tropical Pacific Ocean that typically mark its arrival didn’t arrive until the end of the year. Once they finally did, they only maintained La Niña levels for a few months.

According to an NOAA report, the equatorial region of the Pacific Ocean is now entering a neutral phase that is forecast to last through the rest of spring, summer and into at least early autumn 2025.

Forecasters closely monitor La Niña and El Niño because they influence global weather in a way that’s largely consistent and predictable well in advance.

Although La Niña is dead, its fingerprints will linger even if they could be limited by its duration and strength.

The weather outlook for the coming months without La Niña and El Niño is uncertain. The absence of these two phenomena will make it difficult to forecast storms and cyclones in the Atlantic Ocean during the hurricane season, which begins in June. Neutral ocean conditions could end during the most active period of the season, which runs from mid-August to mid-October, which will impact the formation of weather systems. The passage of a particularly warm El Niño current led to record heat waves in the last two years. Global ocean temperatures reached record highs for much of 2023 and 2024. El Niño shifted toward neutral conditions shortly before the start of 2024, which was a particularly active hurricane season. Five of these hurricanes, including Helene and Milton, hit the United States. Globally, temperatures continue to rise. The cooling effect of La Niña is not always noticeable. Warmer-than-average temperatures are still expected in the coming months.

Source : CNN via Yahoo News.

Champs Phlégréens (Italie) : nouvelle méthode de surveillance thermique depuis l’espace // Campi Flegrei (Italy) : new method of thermal monitoring from space

Une étude menée par des chercheurs de l’INGV propose l’utilisation des  données thermiques fournies par la Station spatiale internationale (ISS) pour alerter sur la sismicité dans les Champs Phlégréens.
Les Champs Phlégréens sont l’une des zones volcaniques les plus actives au monde et, ces dernières années, leur sismicité a considérablement augmenté. L’étude de l’INGV a été publiée dans la revue Remote Sensing Letters. Elle est intitulée « Un nouvel algorithme de surveillance thermique utilisant les séries temporelles ECOSTRESS : le cas des Champs Phlégréens, à Naples, en Italie ». L’étude décrit une méthode d’analyse des images thermiques prises par l’ISS capable de détecter les variations de température significatives précédant les séismes les plus intenses dans cette région.
La méthode utilise les données collectées par ECOSTRESS, un capteur du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA installé à bord de l’ISS. Cet outil estime la température de surface avec une haute résolution spatiale d’environ 70 m au cours de passages fréquents au-dessus de la même zone pendant environ trois jours.
Les scientifiques ont généré deux séries historiques de températures extraites d’images thermiques de deux zones de la Solfatare entre 2021 et 2024. La différence de température entre les deux zones a été analysée avec deux méthodes statistiques distinctes, permettant de comparer les anomalies détectées aux principaux événements sismiques enregistrés dans la zone.

Vues de la Solfatara (Photos: C. Grandpey)

Un chercheur de l’INGV et co-auteur de l’étude a déclaré : « Nous avons détecté des variations de température anormales dans la Solfatare ayant précédé certains séismes de plus grande intensité, avec une anticipation allant de quelques jours à quelques semaines.» Par exemple, le 17 mai 2024, une augmentation de température de 5°C a précédé de trois jours un séisme de magnitude M4,4. S’agissant de l’événement de magnitude M4,2 du 27 septembre 2023, l’augmentation de température observée le 21 septembre a dépassé 7°C. La deuxième méthode statistique a également mis en évidence des anomalies de température pour ces deux événements apparus respectivement le 12 avril 2024 et le 6 septembre 2023. De plus, la valeur moyenne de l’écart de température a augmenté ces dernières années, en parallèle avec la hausse d’autres signaux déjà observés dans la région, tels que l’élévation du sol provoquée par le bradyséisme et les émissions de dioxyde de carbone.
Les anomalies de température mises en évidence par deux analyses statistiques différentes conforte les chercheurs dans l’idée qu’il existe un lien possible entre la fluctuation de la température de surface et l’activité sismique de la région.
L’étude complète peut être consultée en cliquant sur ce lien :
https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/2150704X.2025.2459213

À mon avis, cette étude est intéressante dans la mesure où la technique utilisée permettrait d’anticiper les séismesdans les Champs Phlégréens. Cependant, elle ne donne aucune indication sur la magnitude des séismes prévus et n’indique donc pas aux autorités compétentes si des mesures doivent être prises pour assurer la sécurité de la population.

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A study conducted by researchers at INGV suggests the use of thermal data from the International Space Station in seismic alerting of the Phlegraean area

The Campi Flegrei are one of the most active volcanic areas in the world and, in recent years, their seismicity has increased significantly. The INGV study was published in the magazine Remote Sensing Letters. It is entitled “A novel algorithm for thermal monitoring using ECOSTRESS time series : the case of Campi Flegrei, Naples, Italy”. It describes a method of analysis of thermal images taken by the International Space Station (ISS) capable of detecting significant temperature variations that precede the most intense earthquakes in the Phlegraean area.

The method uses the data collected by the tool ECOSTRESS, a NASA-Jet Propulsion Laboratory (JPL) sensor installed on the ISS, which estimates surface temperature with a high spatial resolution of about 70 m and frequent passes over the same area around three days.

Scientists have generated two historical temperature series extracted from thermal images of two areas of the Solfatara between 2021 and 2024. The temperature difference between the two areas was analyzed with two distinct statistical methods, allowing the detected anomalies to be compared with the main seismic events recorded in the area.

An INGV researcher and first author of the article said : « We have detected anomalous temperature variations in the Solfatara emission zone that preceded some earthquakes of greater intensity, with an advance ranging from a few days to a few weeks. » For example, on May 17, 2024, a temperature increase of 5°C anticipated an M4.4 earthquake by three days. For the M4.2 event on September 27, 2023, the temperature increase observed on September 21 exceeded 7°C. The second statistical method also highlighted temperature anomalies for these two events that appeared on April 12, 2024 and September 6, 2023, respectively. Furthermore, the average value of the temperature difference has increased in recent years, consistently with the increase in other signals already observed in the area, such as ground rise with bradyseism and carbon dioxide emissions.

The temperature anomalies highlighted through two different statistical analyses make researchers more confident about the possible link between the surface temperature fluctuation and the seismic activity of the area.

The whole study can be found by clicking on this link :

https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/2150704X.2025.2459213