Les gaufres du Mont St Helens // Gophers at Mount St Helens

Si je vous dis que j’ai vu des gaufres sur le Mont St Helens aux États Unis, vous allez tout de suite penser à la pâtisserie que l’on peut confectionner au petit déjeuner dans de nombreux motels américains à l’aide d’un fer constitué de deux plaques métalliques articulées entre elles, avec des motifs qui donnent à la gaufre sa forme caractéristique.

Que nenni ! Il ne s’agit pas de cela ! Les gaufres sont aussi des rongeurs d’Amérique du Nord, de la famille des Geomyidés pourvus d’abajoues de grande taille, s’ouvrant vers l’extérieur.

 Crédit photo : Wikipedia

Alors, quel est le lien entre ces rongeurs et le Mont St Helens ? Tous les volcanophiles savent que le 18 mai 1980, le Mont Saint Helens (État de Washington) a carrément explosé, avec des nuées ardentes qui ont décimé la faune locale et transformé en quelques minutes des dizaines de kilomètres carrés en désert minéral dont l’avenir semblait très incertain. Sans oublier les 57 personnes qui ont péri pendant l’événement.

Vue de l’éruption de 1980 (Source : USGS)

Dans ce décor lunaire, tout semblait indiquer que le retour de la végétation prendrait des décennies.

Les environs du volcan portent toujours les stigmates de l’éruption de 1980 (Photo : C. Grandpey)

Pourtant, une expérience bouleversa ce scénario pessimiste. Deux ans après le cataclysme, une équipe de chercheurs a tenté une approche très originale pour essayer de faire revivre les zones détruites. Il s ‘agissait d’introduire temporairement des gaufres sur certaines parcelles. Les scientifiques connaissaient la capacité de ces rongeurs à remodeler le sol. Dans une étude publiée en 2024 dans la revue Frontiers, ils rappellent que les gaufres sont des « espèces fouisseuses, c’est-à-dire qui creusent dans la terre », et précisent qu’ »un seul gaufre peut déplacer 227 kg de sol par mois, avec des populations de gaufres déplaçant 38 000 kg de sol par hectare et par an ».

Sous la couche de ponce stérile vomie par le volcan, les sols plus anciens n’avaient pas totalement perdu leur richesse biologique. Bactéries et champignons y survivaient encore. En remontant ces sols enfouis, les gaufres pouvaient donc jouer un rôle clé.

Les rongeurs n’ont passé qu’une seule journée sur place, confinés dans des zones expérimentales où ils ont creusé sans relâche. En 1982, l’objectif était modeste. Il s’agissait avant tout de tester la réaction à court terme, mais en une seule journée, les gaufres ont déclenché un processus de régénération dont les effets sont encore visibles quarante ans plus tard.

 Crédit photo : National Forest Foundation

En 1986, six ans après l’éruption, le contraste était déjà saisissant. Là où les gaufres avaient fouillé le sol, plus de 40 000 plantes avaient prospéré, tandis que les terrains voisins restaient largement nus. Quarante ans plus tard, les analyses confirment l’ampleur de cette situation inédite. Les scientifiques expliquent que les parcelles ayant une activité historique de gaufres abritent des communautés bactériennes et fongiques plus diversifiées que les forêts anciennes environnantes. Les chercheurs ont également trouvé des communautés fongiques plus diversifiées.

Même si les gaufres ont apporté une aide significative, les scientifiques font remarquer que les véritables architectes de cette renaissance restent les champignons. Après l’éruption, la chute des aiguilles de pins et d’épicéas faisait craindre un effondrement durable des forêts voisines. Mais la cohabitation entre des champignons et les racines des plantes a accéléré leur retour. On se retrouve dans une situation qui a été observée à Yellowstone après l’incendie de végétation gigantesque en 1988.

Reprise de la végétation à Yellowstone après l’incendie de 1988 (Crédit photo : National Forest Foundation)

Les arbres possèdent leurs propres champignons mycorhiziens qui ont récupéré les nutriments des aiguilles tombées et ont aidé à alimenter une repousse rapide des arbres.. Ces derniers sont revenus presque immédiatement à certains endroits. Tout n’était pas mort comme tout le monde le pensait.

Source : Université de Califormie, Smithsonian Magazine.

————————————————

Every volcanologist knows that on May 18, 1980, Mount St. Helens (Washington State) literally exploded, with pyroclastic flows that decimated the local wildlife and transformed dozens of square kilometers into a barren wasteland whose future looked very uncertain. Not to mention the 57 people who perished during the event. In this lunar landscape, everything seemed to indicate that the return of vegetation would take decades.
Yet, a highly original experiment overturned this pessimistic scenario. Two years after the cataclysm, a team of researchers attempted a very original approach to try to revive the devastated areas. This involved temporarily introducing gophers into certain plots. The scientists were aware of these rodents’ ability to reshape the soil. In a 2024 study published in the journal Frontiers, they remind us that gophers are « burrowing species, meaning they dig in the earth, » and specify that « a single gopher can move 227 kg of soil per month, with gopher populations moving 38,000 kg of soil per hectare per year. »
Beneath the layer of sterile pumice ejected by the volcano, older soils had not completely lost their biological richness. Bacteria and fungi still survived. By bringing these buried soils to the surface, the gophers could therefore play a key role. The rodents spent only one day on site, confined to experimental areas where they dug relentlessly. In 1982, the objective was modest. The initial aim was to test the short-term response, but in just one day, the gophers triggered a regeneration process whose effects are still visible forty years later.
In 1986, six years after the eruption, the contrast was already striking. Where the gophers had penetrated the soil, more than 40,000 plants had flourished, while the surrounding land remained largely bare. Forty years later, analyses confirm the scale of this unprecedented situation. Scientists explain that the plots with a history of gopher activity harbor more diverse bacterial and fungal communities than the surrounding old-growth forests. Researchers also found more diverse fungal communities.
Even though the gophers provided significant assistance, scientists point out that the true architects of this rebirth remain the fungi. After the eruption, the falling needles of pine and spruce trees raised fears of a lasting collapse of the neighboring forests. But the coexistence of fungi and plant roots accelerated their recovery. This situation is similar to what was observed in Yellowstone after the massive wildfire of 1988. The trees have their own mycorrhizal fungi that absorbed nutrients from the fallen needles and helped fuel rapid regrowth. In some areas, the trees returned almost immediately. Not everything was dead, as everyone had thought.
Source: University of California, Smithsonian Magazine.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

L’IGP indique que le Sabancaya (Pérou) a enregistré une hausse soudaine et significative de son activité éruptive. Le 13 septembre 2025, une explosion s’est produite et a généré une colonne de cendres dépassant 5 km de hauteur, accompagnée de coulées pyroclastiques sur les flancs du volcan. Suite à cet événement, le niveau d’alerte volcanique a été relevé à l’Orange.

Source : IGP.

Source: IGP

++++++++++

Un nouveau séisme de magnitude M6,0 a été enregistré près de la côte du Kamtchatka (Russie) le 15 septembre 2025. L’hypocentre se trouvait à une profondeur de 24,5 km. Cet événement est considéré comme une réplique du séisme de magnitude M8,8 du 29 juillet 2025. L’épicentre était situé à 145 km à l’est-sud-est de Petropavlovsk-Kamtchatski. La même région a été frappée par un séisme de magnitude M7,4 le 13 septembre, à une profondeur de 39,5 km. Les deux événements sont considérés comme des répliques du séisme du 29 juillet. Comme je l’ai déjà indiqué, les données satellitaires et géodésiques indiquent que le sud du Kamtchatka s’est déplacé horizontalement de parfois deux mètres lors de la rupture qui a déclenché le séisme de juillet.
Les archives historiques font état du séisme et du tsunami de magnitude M9,0 au Kamchatka en 1952. ils ont causé des dégâts considérables et des décès dans tout le Pacifique.
Source : USGS.
Il sera intéressant de voir si les derniers séismes auront un impact sur l’activité des volcans du Kamtchatka.

++++++++++

Le Kanlaon (Philippines) a enregistré 176 séismes à faible profondeur le 15 septembre 2025, avec une hausse du risque d’éruption phréatique. Les émissions de SO2 atteignaient en moyenne 1 071 tonnes par jour le 15 septembre 2025, signe d’un dégazage intense. Les panaches de gaz s’élèvent jusqu’à 600 m au-dessus du sommet. Les paramètres de déformation du sol montrent une inflation de l’édifice volcanique et confirment la hausse de pression sous le volcan. Il y a donc une probabilité d’éruptions phréatiques soudaines.
Le PHIVOLCS maintient le niveau d’alerte à 2, mais recommande vivement aux habitants d’éviter la zone de danger permanent de 4 km. Les autorités indiquent également que des lahars sont possibles si de fortes pluies coïncident avec une activité éruptive.
Source : PHIVOLCS.

Source: PHIVOLCS

°°°°°°°°°°

Toujours aux Philippines, l’activité éruptive se poursuit sur le Taal. La sismicité reste importante. Les émissions quotidiennes de gaz et de vapeur s’élèvent de 600 à 1 200 m au-dessus du cratère. Les émissions de SO2 atteignaient en moyenne 1 749 tonnes par jour le 9 septembre et 1 456 t/j le 11 septembre 2025. Un événement phréatique mineur s’est produit le 11 septembre et a duré deux minutes. Des restrictions d’accès sont toujours en vigueur sur Volcano Island et le Main Crater.
Source : PHIVOLCS.

Crédit photo: Wikipedia

++++++++++

L’USGS indique que de forts vents d’est-sud-est soufflant à proximité du Mont Saint Helens (États-Unis) ont soulevé des cendres volcaniques déposées lors des éruptions de 1980 et les ont transportées vers l’ouest-nord-ouest. Ce phénomène n’est pas dû à une activité volcanique récente et se produit de temps en temps lors de vents violents et de conditions sèches et sans neige dans le secteur du Mont Saint Helens. Aucune éruption n’est en cours. La couleur de l’alerte aérienne reste Verte et le niveau d’alerte volcanique est maintenu à Normal.
Il convient de noter que des phénomènes similaires se produisent occasionnellement dans la région du Katmai (Alaska), sans éruption en cours dans la région.

Source : USGS.

Photo: C. Grandpey

++++++++++

Une hausse d’activité est actuellement observée sur levolcan Me-Akan (Japon). La sismicité a commencé à augmenter le 11 septembre 2025 et est restée élevée toute la semaine suivante. Une importante déformation du cratère a été détectée le 12 septembre, suivie d’une période de tremor. La déformation s’est poursuivie à un rythme plus lent jusqu’au 15 septembre. Le 12 septembre, les panaches de gaz et de vapeur du cratère 96-1 sont devenus plus volumineux, s’élevant à une centaine de mètres de hauteur. Ils sont restés volumineux les 12, 13 et 15 septembre. Une hausse de l’activité hydrothermale dans le cratère a été confirmée le 15 septembre. Ce jour-là, le niveau d’alerte a été relevé à 2 sur une échelle de 5. La prudence est de mise à moins de 500 m du cratère Ponmachineshiri.
Source : JMA.

Crédit photo: GVN

++++++++++

L’inflation sommitale se poursuit sur le Kilauea (Hawaï) et le HVO pense que l’Episode 33 est probable dans les 1 à 4 prochains jours. Les modèles suggèrent qu’il pourrait débuter entre le 17 et le 20 septembre 2025, mais pourrait survenir plus tard si la vitesse d’inflation diminue.

°°°°°°°°°°

Dernière minute : L’Episode 33 de l’éruption du Kilauea a débuté à 3 h 11 (heure locale) le 19 septembre 2025, avec des fontaines de lave s’élevant à plus de 150 mètres de hauteur dans la caldeira sommitale. Les épisodes précédents ont produit des fontaines de plus de 300 mètres de hauteur, avec des panaches éruptifs atteignant jusqu’à 6 000 mètres d’altitude.
Source : HVO.

Image webcam de l’Episode 33

++++++++++

L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

Flux RSS

Petit rappel : on me demande parfois comment il est possible de recevoir et lire mes articles au moment de leur parution. Pour cela, rendez-vous en haut de la colonne de droite de mon blog où figure le flux RSS qui permet de recevoir automatiquement des mises à jour du blog.

Vous pouvez également cliquer sur « Suivre Claude Grandpey : Volcans et Glaciers ».

——————————————-

Here is some news of volcanic activity around the world :

The IGP indicates that Sabancaya (Pérou) went through a sudden and significant increase in activity. On September 13, 2025, an explosion occurred and generated an ash column rising more than 5 km high, accompanied by pyroclastic flows on the flanks of the volcano. Following this event, the volcano alert level was raisd to Orange.
Source: IGP.

++++++++++

A new M6.0 earthquake struck near the coast of Kamchatka (Russia) on September 15, 2025. The hypocenter was at a depth of 24.5 km. This event is considered an aftershock of the major M8.8 earthquake on July 29, 2025. The epicenter was located 145 km ESE of Petropavlovsk-Kamchatsky. The same region was hit by M7.4 quake on September 13, at a depth of 39.5 km. Both events are considered aftershocks of the earthquake on July 29. As I put it before, satellite and geodetic data indicate that southern Kamchatka shifted horizontally by up to 2 m during the rupture that triggered the July quake..

The Kuril–Kamchatka trench is one of the world’s most seismically active subduction zones. Historical records include the 1952 M9.0 Kamchatka earthquake and tsunami, which caused widespread damage and fatalities across the Pacific.

Source : USGS.

It will be interesting to see if all these earthquakes had an impact on the Kamchatka volcanoes .

++++++++++

Kanlaon (Philippines) registered 176 shallow earthquakes on September 15, 2025, raising the risk of a steam-driven eruption. SO2 emissions on September 15 2025 averaged 1 071 tonnes/day, indicating active degassing. Moderate gas plumes rise up to 600 m above the summit, while ground deformation monitoring show inflation of the edifice. These parameters confirm continue pressurization beneath the volcano and increase the likelihood of sudden phreatic eruptions.

PHIVOLCS maintains Alert Level 2 but and urges communities to avoid the 4 km Permanent Danger Zone. Authorities also warn that lahars are possible if heavy rainfall coincides with eruptive activity.

Source : PHIVOLCS.

°°°°°°°°°°

Still in the Philippines, eruptive activity continues at Taal. Seismicity is still significant. Daily gas-and-steam emissions rise 600-1,200 m above the crater rim. SO2 emissions averaged 1,749 tonnes per day (t/d) on 9 September and 1,456 t/d on 11 September 2025. One minor phreatic event occurred on 11 September and lasted two minutes. Access restrictions are still enforced on Volcano Island and the Main Crater.

Source : PHIVOLCS.

++++++++++

The USGS indicates that strong easterly–southeasterly winds in the vicinity of Mount St. Helens (United States) have picked up loose volcanic ash deposited during the 1980 eruptions and are carrying it to the west–northwest. This phenomenon is not the result of recent volcanic activity and occasionally occurs during times of high winds and dry snow-free conditions in the Mount St. Helens area. No eruption is in progress and the volcano remains at Aviation Color Code GREEN and Alert Level NORMAL.

It should be noted that similar phenomena occasionally occur in the Katmai area (Alaska) with no eruption in progress in the region.

++++++++++

Increased activity is currently observed at Me-Akan volcano (Japan). Seismicity began to increase on 11 September 2025 and remained elevated during the week. A large tilt change in the direction of the crater was detected on 12 September, followed by a period of volcanic tremor. Tilt continued at a lower rate through 15 September. On 12 September, the team-and-gas plumes at 96-1 Crater became more voluminous, rising 100 m above the crater. The plumes remained voluminous on 12, 13, and 15 September. Increased thermal activity at the crater was confirmed on 15 September. On that day, the Alert Level was raised to 2 on a 5-level scale. The public was asked to exercise caution within 500 m of Ponmachineshiri Crater.

Source : JMA.

++++++++++

Summit inflation continues at Kilauea (Hawaii) and HVO says that Episode 33 is likely in the next 1-4 days. Models suggest it might begin between September 17 and September 20 2025 but could start later if the rate of inflation decreases.

°°°°°°°°°°

Last minute : Episode 33 of the Kilauea eruption began at 3:11 a.m. (local time) on September 19 2025 with lava fountains rising more than 150 meters high within the summit caldera. Past episodes have produced fountains over 300 meters high with eruptive plumes up to 6000 meters above ground level.

Source : HVO.

++++++++++

Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ». .

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

RSS feed

Quick reminder: I am sometimes asked how it is possible to receive and read my posts when they are published. Just go to the top of the right column of my blog where you can see the RSS feed. It will allow you to automatically receive updates from the blog.
You can also click on “Suivre Claude Grandpey: Volcans et Glaciers”.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

L’Anak Krakatau (Indonésie) a repris du service le 11 mai 2023, après près d’un mois et demi de calme. Des panaches de cendres denses sont montés jusqu’à 2,6 km au-dessus du niveau de la mer. L’éruption s’est poursuivie jusqu’au 13 mai.
Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4), et le public est invité à rester à au moins 5 km du cratère.
Source : CVGHM.

Le Krakatau le 13 mai 2023

++++++++++

Dans la soirée du 14 mai 2023, une importante coulée de boue et de débris a détruit un pont sur la route 504 qui constitue l’accès principal au Mont St Helens (Etat de Washington / Etats Unis). Cet événement a coupé l’accès et l’électricité au Johnston Ridge Observatory, ainsi que l’évacuation d’une douzaine de personnes par hélicoptère. La coulée de débris est un vestige de l’éruption cataclysmique de 1980.
Suite au glissement de terrain, des mesures d’évacuation ont été rapidement mises en place. Le 16 mai dans l’après-midi, les autorités en charge des transports dans l’État de Washington ont déclaré que la route restait inaccessible dans les deux sens à partir de la borne kilométrique 45. Les automobilistes doivent s’attendre à une fermeture prolongée. On craint également que la route ait subi d’importants dégâts structurels. C’est vraiment une mauvaise nouvelle pour les touristes qui ont l’intention de visiter le site du Mont St Helens dans les prochains jours.
Source : médias de l’État de Washington.

Source: presse locale

++++++++++

L’activité du Stromboli (Sicile) se concentre sur deux bouches dans la zone cratèrique nord, dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco, et trois bouches dans la zone cratèrique centre-sud.

Stromboli a bien du mal à se remettre de l’incendie qui a ravagé le versant sud-est du volcan le 25 mai 2022, anéantissant la végétation. Bien que les plantes soient en train de repousser, elles ne sont pas assez hautes pour retenir les coulées de boue et de roches qui se produisent lors des fortes intempéries.

La boue et les cailloux ont à nouveau envahi les ruelles de l’île ces derniers jours, au grand désespoir des habitants, au moment où la saison touristique est en train de reprendre.

La pluie qui n’a cessé de tomber sur l’archipel cause aussi des désagréments sur les autres îles, avec des routes inondées transformées en torrents. La mer agitée rend les liaisons maritimes difficiles. Le trajet en bateau vers Naples et l’hydroptère vers Palerme ont été annulés.

Vulcano, le vent qui souffle de l’est pousse la fumée des fumerolles vers le chemin d’accès au cratère de La Fossa, de sorte que l’accès au site a été interdit.

Stromboli après l’incendie du 25 mai 2022

++++++++++

On observe actuellement entre 1 et 7 explosions de faible intensité chaque heure sur le Fuego (Guatemala). Elles génèrent des panaches de cendres qui s’élèvent à une hauteur maximale de 850 m au-dessus du cratère. De petites avalanches de matériaux sont parfois visibles près du cratère. Le 12 mai 2023, un lahar a dévalé la ravine Ceniza, emportant des branches, des troncs d’arbres et des blocs jusqu’à 1,5 m de diamètre.
Source : INSIVUMEH.

++++++++++

L’activité se poursuit sur le Sakurajima (Japon) au niveau des cratères Minamidake et Showa. Une incandescence est visible la uit la nuit sur lecratère Minamidake. Les émissions de SO2 atteignent 3900 tonnes par jour. Les événements éruptifs du Minamidake génèrent des panaches de cendres qui s’élèvent à 1,2 km au-dessus du cratère.Sur le Showa Crater, les événements éruptifs produisent des panaches de cendres qui s’élèvent jusqu’à 1,7 km de hauteur.
Le niveau d’alerte pour le Sakurajima reste à 3 (sur une échelle de 5 niveaux), et la population doit rester à au moins 2 km des deux cratères.
Source : JMA.

++++++++++

Une activité éruptive modérée se poursuit sur le Cotopaxi (Equateur). L’activité sismique se caractérise par des séismes longue période et quelques séismes volcano-tectoniques. On observe la plupart du temps des émissions de vapeur et de gaz, avec des quantités variables de cendres.
Le niveau d’alerte volcanique est maintenu au Jaune (le deuxième niveau sur une échelle de quatre couleurs).
Source : Instituto Geofisico.

++++++++++

L’éruption du Merapi (Java / Indonésie) se poursuit et la sismicité reste à des niveaux élevés. Le dôme de lave SO produit de nombreuses avalanches de matériaux qui parcourent jusqu’à 1,8 km sur le flanc SO. Les changements morphologiques du dôme de lave SO dus aux effondrements continus de matériaux sont évidents quand on regarde les les images de la webcam. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4), et le public est invité à rester à 3-7 km du sommet en fonction des endroits.
Source : CVGHM.

+++++++++

L’Observatoire Volcanologique de Goma (OVG) indique que le lac de lave dans le cratère sommital du Nyamulagira (République Démocratique du Congo) continue d’être actif. Une image fournie par le satellite Sentinel le 7 mai 2023 montrait des coulées de lave actives qui avançaient dans la partie nord-ouest du cratère.

++++++++++

Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste Orange pour l’Ebeko et le Sheveluch. Elle est Jaune pour le Bezymianny.

Source : KVERT.

++++++++++

Dernière minute : Des éruptions explosives sur le Popocatepelt (Mexique) ont émis de grandes quantités de cendres au cours des deux derniers jours, forçant le gouvernement de Puebla à suspendre les cours dans au moins 11 localités jusqu’à ce que la situation s’améliore. De plus,  la protection civile a annoncé le 17 mai qu’elle évacuera cinq localités voisines au cas où le CENAPRED ferait passer le niveau d’alerte volcanique à la couleur Rouge Phase1. Le niveau actuel de Jaune Phase 3 reste préventif.

++++++++++

L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

°°°°°°°°°°

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

——————————————–

Here is some news about volcanic activity around the world.

Anak Krakatau (Indonesia) started erupting on May 11th, 2023, after nearly a month and a half of quiescence. Dense ash plumes rose up to 2.6 km above sea level. The eruption continued into May 13th.

The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay at least 5 km away from the crater.

Source : CVGHM.

++++++++++

A significant debris flow destroyed a bridge on SR 504, the main access road to Mount St Helens (Washington State / United States) in the evening of May 14th, 2023. This incident cut off access and power to the Johnston Ridge Observatory, prompting the evacuation of a dozen people by helicopter. The debris flow originated from remnants of the cataclysmic 1980 eruption of Mount St. Helens.

Following the landslide, evacuation measures were swiftly put into place. As of May 16th in the afternoon, state transportation officials have reported that the road remains inaccessible in both directions at the gate near milepost 45. Motorists are advised to anticipate a prolonged closure due to the incident. There is also growing concern that the road may have sustained significant structural damage. Tjis is definitely bad news for tourists who intend to visit Mount St Helens National Monument in the coming days.

Source : Washington State news media.

++++++++++

Activity at Stromboli (Sicily) is centered at two vents in the north crater area, within the upper part of the Sciara del Fuoco, and three vents in the South-Central Crater area.

Stromboli is struggling to recover from the fire that ravaged the south-eastern slope of the volcano on May 25th, 2022, destroying the vegetation. Although the plants are growing back, they are not tall enough to hold back the mudslides and rockslides that occur during severe weather.
Mud and stones have once again invaded the island’s streets in recent days, much to the despair of locals, as the tourist season is beginning to resume.
The rain that has not stopped on the archipelago is also causing inconvenience on the other islands, with flooded roads transformed into torrents. The rough seas make maritime connections difficult. The boat trip to Naples and the aliscafo to Palermo have been cancelled.
At Vulcano, the wind blowing from the east pushes the smoke from the fumaroles towards the access path to the La Fossa crater, so that access to the site has been prohibited.

++++++++++

A range of 1-7 weak explosions per hour are currently recorded at Fuego (Guatemala). The explosions generate ash plumes that rise to a maximum height of 850 m above the crater. Occasional weak avalanches of material are visible near the crater. On May 12th, 2023, a minor lahar descended the Ceniza drainage, carrying branches, tree trunks, and volcanic blocks up to 1.5 m in diameter.

Source : INSIVUMEH.

++++++++++

Activity continues at Sakurajima‘s at Minamidake and Showa craters (Japan). Crater incandescence is observed nightly at Minamidake Crater. SO2 emissions reach 3,900 tons per day. Eruptive events at Minamidake generate ash plumes that rise 1.2 km above the crater At Showa Crater eruptive events produce ash plumes that rise as high as 1.7 km above the crater.

The Alert Level for Sakurajima remains at 3 (on a 5-level scale), and residents are asked to stay 2 km away from both craters.

Source : JMA.

++++++++++

Moderate eruptive activity continues at Cotopaxi (Ecuador). Seismic activity is characterized by long-period earthquakes and a few volcano-tectonic earthquakes. Emissions of steam, gas, and variable amounts of ash are observed on most days.

The volcano alert level is kept at Yellow (the second level on a four-color scale).

Source : Instituto Geofisico.

++++++++++

The eruption at Merapi (Java / Indonesia) continues and seismicity remains at elevated levels. The SW lava dome produces numerous lava avalanches that travel as far as 1.8 km down the SW flank. Morphological changes to the SW lava dome due to continuing collapses of material are evident in webcam images. The alert level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 3-7 km away from the summit based on location.

Source : CVGHM.

++++++++++

The Observatoire Volcanologique de Goma (OVG) reports that the lava lake in Nyamulagira’s summit crater (Democratic Republic of Congo) continues to be active. A Sentinel satellite image from May 7th, 2023 showed active lava flows traveling towards the NW part of the crater.

++++++++++

In Kamchatka, the aviation color code remains Orange for Sheveluch and Ebeko. It is Yellow for Bezymianny.

Source : KVERT.

++++++++++

Last minute: Explosive eruptions at Popocatepelt (Mexico) released large amounts of ash over the past couple of days, forcing the government of Puebla to suspend  classes in at least 11 municipalities until the situation improves. In addition, the Puebla Civil Protection authorities announced on May 17th that they will evacuate five neighboring communities in case CENAPRED increases the volcanic alert level to Red Phase 1. The current level  Yellow Phase 3  is still preventive.

++++++++++

Activity remains globally stable on other volcanoes.

°°°°°°°°°°

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Des canons à eau pour comprendre les éruptions explosives // Water cannons to understand volcanic blasts

Le dernier article Volcano Watch rédigé par des scientifiques du HVO est consacré aux explosions volcaniques, comme lors de l’éruption du Mont St. Helens (État de Washington) en 1980. L’événement a illustré les dangers et les impacts de telles explosions volcaniques sur les paysages naturels et les infrastructures humaines.
L’éruption a dévasté la nature sur des centaines de kilomètres carrés et tué 57 personnes. Au cours de la quarantaine d’années qui ont suivi, plusieurs autres éruptions explosives dirigées latéralement ont été observées dans le monde.
Une éruption du Mont Ontake (Japon) en 2014 a tué 57 personnes sur ses pentes et, à ce titre, a montré les impacts tragiques des éruptions dirigées latéralement dans les environnements proches des bouches éruptives.

Il faut toutefois noter que les éruptions latérales ne se limitent pas seulement à l’explosion principale. Des gaz chauds, des cendres et de la boue peuvent s’écouler latéralement lors d’une éruption majoritairement verticale située dans une topographie confinée, comme une vallée, que peuvent emprunter les coulées pyroclastiques. Ces dernières peuvent avoir un impact sur l’environnement proche de la source de l’éruption, même pour des événements mineurs.
Si elles empruntent une vallée ou une autre topographie favorable, les coulées pyroclastiques peuvent se déplacer sur plusieurs kilomètres depuis la bouche éruptive. Dans certains cas, on peut assister à des coulées de boue, ou lahars, qui peuvent être particulièrement dangereux même à des dizaines de kilomètres de la source de l’éruption.
En raison des effets dévastateurs que ces événements peuvent avoir, les volcanologues essayent d’améliorer la détection et la caractérisation des dangers posés par les éruptions explosives. Pour cela, ils utilisent des capteurs automatisés tels que des sismomètres et des microphones pour les systèmes d’alerte précoce.
Une expérience a récemment été réalisée par une équipe de scientifiques américains et néo-zélandais. Les caractéristiques énergétiques d’une éruption volcanique déclenchée par les chercheurs ont été mesurées à l’aide d’un système d’enregistrement acoustique à microphones. L’expérience a utilisé un canon à eau inclinable entouré de capteurs de pression comme ceux utilisés pour la surveillance des volcans. Les scientifiques voulaient savoir s’il existait des différences entre le son mesuré dans le sens du souffle de l’éruption, et le son mesuré derrière le canon. Ces différences peuvent donner aux chercheurs un aperçu des processus éruptifs et leur permettre de mieux comprendre les dangers associés aux véritables éruptions.

L’image ci-dessus – extraite d’une vidéo GNS Science – montre un exemple d’explosion au cours de l’expérience réalisée en 2016 avec un canon à eau incliné. Le canon est un fût classique de 200 litres, ouvert à une extrémité, et rempli au tiers d’eau à température ambiante. Une bouteille bien fermée, remplie d’azote liquide, est introduite dans l’eau. Comme l’azote liquide est à une température de -196 degrés Celsius, il se dilate dans l’eau environnante qui est plus chaude.
Peu de temps après l’immersion de la bouteille, celle-ci éclate rapidement en produisant une petite explosion contrôlée. Dans des conditions normales, une explosion partirait dans toutes les directions, mais comme la bouteille se trouve au fond d’un fût ouvert, l’énergie est propulsée hors de l’ouverture. La direction préférentielle prise par l’énergie et la direction de l’explosion sont enregistrées sur les capteurs installés tout autour..

Chaque expérience réalisée par les scientifiques a été contrôlée à l’aide de caméras orientées dans trois directions pour enregistrer la direction et la vitesse de l’explosion. Les explosions dirigées verticalement ont donné naissance à des enregistrements acoustiques similaires sur tous les microphones.
Pour les éruptions plus proches du sol, les expériences montrent que les explosions les plus fortes produisent une énergie de fréquence plus élevée dans la direction du souffle de l’éruption, tandis qu’une énergie de fréquence plus basse est enregistrée derrière la source de l’explosion, autrement dit le canon.
Bien que davantage de tests soient nécessaires, ces expériences sont susceptibles de révéler les caractéristiques de la dynamique des éruptions explosives. Ces données pourraient être utilisées dans le cadre de futurs systèmes de détection d’éruptions à proximité de bouches éruptives dangereuses.
Ces données peuvent également être utilisées dans le cadre de l’étude des coulées pyroclastiques et la surveillance des lahars. Sur les volcans hawaïens où l’on observe très peu d’éruptions explosives, les résultats des expériences ci-dessus pourraient aider à comprendre la migration latérale des éruptions fissurales.

Si vous souhaitez en savoir plus sur cette expérience (en anglais), il suffit de cliquer sur ce lien :
https://earth-planets-space.springeropen.com/articles/10.1186/s40623-022-01732-0

—————————————–

The latest Volcano Watch article by HVO scientists is dedicated to volcanic explosions like during the eruption that shook Mount St. Helens (Washington State) in 1980. The event illustrated the hazards and impacts of ground-hugging volcanic blasts on natural landscapes and human infrastructure.

The eruption devastated hundreds of square kilometers and killed 57 people. In the more than 40 years since, several additional laterally directed explosive eruptions have occurred worldwide.

An eruption at Mt Ontake (Japan) in 2014 killed 57 people on its slopes and, as such, showed the tragic impacts of laterally directed eruptions in near vent environments. But lateral eruptions at volcanoes are not only confined to the main eruption blast.

Hot gas, ash and mud can flow laterally from a mostly vertical eruption located in confining topography, like a valley, focusing pyroclastic density currents. They may impact the near vent environment even for small eruptions.

If a valley or other topography exists, these types of flows can move several kilometers from the eruption vent. In some cases, such events can produce mudflows, or lahars, which can be particularly dangerous even tens of kilometers from the eruption source.

Due to the devastating impacts these events can have on nearby areas, the global volcano monitoring community wants to improve the detection and characterization of hazards posed by explosive eruptions using automated sensors like seismometers and microphones for early warning systems.

A new experiment was recently completed by a U.S. and New Zealand research team. The energy characteristics of a human-made volcanic eruption was measured on a surrounding microphone acoustic recording system. The experiment used a tiltable water cannon that was surrounded by pressure sensors like those used for volcano monitoring. The scientists wanted to determine if there were differences in the sound measured in the direction of the eruption blast, compared to the sounds measured behind the cannon. These differences may give scientists insight into the eruption processes and better understand the hazards associated with real ground-hugging eruptions.

The image above – taken from video by GNS Science – shows an example explosion from the inclined water cannon experiment performed in 2016. The barrel is comprised of a standard 200-liter drum with one end open, filled one-third full of water at ambient temperature. A sealed soda-pop bottle filled with liquid nitrogen is dropped into the water. Because the liquid nitrogen is at a temperature of -196 degrees Celsius, it will expand in the warmer surrounding water.

Shortly after the bottle is immersed, it rapidly bursts, producing a small, controlled explosion. Normally an explosion would expand in all directions, but because the bottle is at the bottom of an open-ended barrel, the energy is focused out of the barrel opening. The preferential direction of energy expansion and the explosion direction is then recorded on the surrounding sensors.

Each experiment was recorded with video cameras facing in three unique directions to document the blast direction and speed. Vertically directed blasts were found to have similar acoustic recordings on all the surrounding microphones.

For more ground-hugging eruptions, the experiments suggest that the strongest blasts show higher frequency energy in the direction of the blast while lower frequency energy is recorded behind the blast source, which in this case is the cannon.

While more tests are required, the observations might reflect features of eruption blast dynamics that can be used as part of future eruption detection systems near hazardous eruption vents.

The observational data may also have implications for hazardous mass flow events including pyroclastic-flows and lahar monitoring. On Hawaiian volcanoes that have few explosive eruptions, the observation results may be useful to understand the lateral migration of fissure eruptions.

If you want to learn more about this experiment (in English), just click on this link :

https://earth-planets-space.springeropen.com/articles/10.1186/s40623-022-01732-0

Eruption du Mont St Helens en 1980 (Source: USGS)

Le Mont Ontake après l’éruption de 2014 (Sourc: JMA)