Sabancaya (Pérou / Peru)

Le dernier bulletin de l’Institut de Géophysique du Pérou nous apprend que l’éruption du Sabancaya se poursuit sans changements significatifs. On enregistre en moyenne une vingtaine d’événements explosifs chaque jour. Les sismographes confirment que ces explosions sont essentiellement liées à des mouvements de fluides et que la sismicité n’est pas provoquée par une ascension de magma. Les nuages de cendre atteignent une hauteur de 3500 mètres. On ne relève pas de déformation majeure de l’édifice volcanique.

Source : IGP, INGEMMET.

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The latest report of the Institute of Geophysics of Peru informs us that the eruption of Sabancaya continues without significant changes. On average, there are about twenty explosive events every day. The seismographs confirm that these explosions are essentially related to fluid movements and that the current seismicity is not caused by magma ascent. The ash plumes reach a height of 3500 metres above the crater. There is no major deformation of the volcanic edifice.
Source: IGP, INGEMMET.

Source: INGEMMET

La Soufrière (Guadeloupe) [suite]

Suite à l’intensification de l’activité sismique et fumerollienne récemment observée sur la Soufrière, la zone interdite d’accès vient d’être étendue par les autorités locales, sur recommandation de l’OVSG. Ce dernier indique dans son dernier bulletin du 13 janvier 2019 que la séquence de séismes volcaniques qui a débuté le mardi 8 janvier dans la zone du volcan, continue avec l’enregistrement de quelque 600 séismes depuis son début. Ils sont de très faible magnitude (M < 1) et aucun événement n’a été signalé ressenti par la population.

Selon les géologues, on a affaire à un regain d’activité de « processus cyclique d’injection de gaz magmatiques profonds, à la base du système hydrothermal à une profondeur de 2 à 3 km sous le sommet ». L’Observatoire considère a conseillé aux autorités locales d’établir une distance de sécurité d’au moins 50 mètres de rayon autour des principaux centres d’émission de gaz fumerolliens.

Un périmètre de sécurité existe depuis une vingtaine d’années car les émanations gazeuses, aux abords et sous le vent des principales fumerolles du sommet de la Soufrière qui présentent des risques d’irritation et de brûlures pour les yeux, la peau ou les voies respiratoires. Les lieux les plus concernés sont le cratère sud, le Tarissan, et le gouffre de 1956. Il existe également un risque de projection de boue brûlante et acide. On a observé des phénomènes violents de ce type au cours de la célèbre crise de 1976. En raison des gaz toxiques, un arrêté municipal, du 29 octobre 2001, modifié le 27 janvier 2015, interdit l’accès du public à certaines zones du sommet de la Soufrière.

Après le Stromboli, l’Etna ou le Kilauea, voici un nouveau volcan dont l’accès va être restreint. Dans le même temps le hors piste n’est pas interdit dans les stations de ski, malgré les dangers qu’il comporte pour les skieurs et les sauveteurs !

Source: France Antilles, OVSG.

Crédit photo: Wikipedia

 

La Soufrière (Guadeloupe)

Dans son dernier bulletin diffusé le mercredi 9 janvier 2019 à 18h30, l’Observatoire Volcanologique et Sismologique de la Guadeloupe (OVSG) indique que « la séquence de séismes volcaniques qui a débuté le mardi 8 janvier 2019 à 04h59 (heure locale) dans la zone du volcan de La Soufrière, continue avec l’enregistrement de 146 séismes depuis son début.

Les séismes sont de très faible magnitude (M < 1). Aucun séisme n’a été signalé ressenti par la population. Les événements se localisent à une profondeur de moins de 2.5 km sous le sommet du dôme de La Soufrière. Le niveau d’alerte reste : jaune, vigilance. »

Cette sismicité provoque beaucoup de réactions, voire d’inquiétudes, sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas un phénomène nouveau. J’avais décrit la situation sur le volcan dans une note publiée le 26 novembre 2018 où il était déjà fait état d’essaims sismiques de faible magnitude et à faible profondeur.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/11/26/nouvelles-de-la-soufriere-guadeloupe-news-of-la-soufriere-guadeloupe/

Source : OVSG.

De toute évidence, ce type de sismicité n’est pas le signe d’une montée de magma qui se signalerait par une sismicité beaucoup plus forte révélant des fracturations de l’encaissant, avec des origines plus profondes. Dans le cas présent, on se trouve très probablement en face de mouvements de fluides hydrothermaux sous l’édifice volcanique, comme cela se produit, par exemple, sous le Parc de Yellowstone aux Etats-Unis.

En parlant de la Soufrière de la Guadeloupe, on fait souvent allusion à la situation de 1976 où l’activité était purement phréatique, sans apparition de magma juvénile comme certains l’avaient affirmé à l’époque.

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In its latest update issued on Wednesday, January 9th, 2019 at 18:30, the Volcanological and Seismological Observatory of Guadeloupe (OVSG) indicates that « the sequence of volcanic earthquakes that began Tuesday, January 8th, 2019 at 04:59 (local time) in the area of La Soufrière volcano, continues with 146 earthquakes since the beginning of the swarm.
The earthquakes show a very low magnitude (M <1). No event was reported by the population. The quakes are located at a depth of less than 2.5 km under the summit of the dome of La Soufrière. The alert level remains: yellow, Watch. »
This seismicity causes a lot of reactions, even worries, on social networks. This is not a new phenomenon. I described the situation on the volcano in a note published on November 26th, 2018 when there were already reports of small magnitude and shallow seismic swarms.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/11/26/nouvelles-de-la-soufriere-guadeloupe-news-of-la-soufriere-guadeloupe/

Source: OVSG.
Obviously, this type of seismicity is not the sign of a magma ascent which would be heralded by a much stronger seismicity revealing fracturing of rocks, with deeper origins. In the present case, the seismicity is probably caused by movements of hydrothermal fluids under the volcanic edifice, as happens, for example, under Yellowstone Park in the United States.
Speaking of the Soufrière of Guadeloupe, one often refers to the situation in 1976 when activity was purely phreatic, without the ascent of new magma as some had said at the time.

Crédit photo: Wikipedia

La sismicité récente en Sicile // Recent seismicity in Sicily

Depuis le début de l’éruption de l’Etna et de l’activité sismique le 23 décembre 2018, plus de 70 séismes avec des magnitudes supérieures à M 2,5 ont été enregistrés sur et autour du volcan. Cinq événements avaient une magnitude supérieure ou égale à 4. La plupart avaient leurs épicentres au sud du séisme qui a secoué la région de Milo pendant le nuit du 8 au 9 janvier 2019. Survenu à 00h50 le 9 janvier, ce dernier événement présentait une magnitude M 4,1 ; son épicentre a été localisé dans la région de Piano Pernicana, sur le versant nord-est de l’Etna, dans la ville de Linguaglossa, à environ 10 km de Milo, Trecastagni et Sant ‘ Alfio. Son hypocentre se trouvait à une profondeur de 2 km. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de réplique significative dans le même secteur. A noer tout de même qu’à 05h14, une secousse de magnitude M 2,0 a été enregistrée à six kilomètres au nord d’Adrano.
Le séisme de M 4,1 a affecté une région située à plus de 20 km au nord-nord-ouest de la région frappée par l’événement de M 4,9 du 26 décembre 2018 dont l’épicentre se trouvait près de Viagrande, sur le versant sud-est de l’Etna. L’INGV rappelle que de tels séismes se produisent relativement fréquemment dans différentes zones périphériques de l’édifice volcanique. De semblables séismes sont été observés en 2002 avant la spectaculaire éruption de l’Etna. Des séismes avaient alors commencé sur le versant nord-est le 27 octobre 2002, suivis le 29 octobre par d’autres sur le versant sud-est, avec au final une secousse de M 4,7 qui a provoqué des effondrements et des dégâts considérables à Bongiardo, près de Santa Venerina.
Comme je l’ai indiqué précédemment, suite a séisme de M 4,9 à Viagrande, les autorités ont inspectés les constructions de la région. 50% des édifices ont été déclarés utilisables, 25% partiellement accessibles et 24% inutilisables. Le reste devra être détruit. Le nombre de personnes déplacées est passé à 1 334, parmi lesquelles 556 ont eu recours à un hébergement indépendant ; 776 autres sont hébergées dans des hôtels affiliés à la région sicilienne. Deux personnes sont hébergées dans des installations publiques.
Source: La Sicilia.

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Since the beginning of the eruption of Mt Etna and seismic activity on December 23rd, 2018, more than 70 earthquakes with magnitudes higher than M 2.5 have been recorded on and around the volcano. Five events had a magnitude greater than or equal to M 4. Most had their epicentres south of the earthquake that shook the Milo region during the night January 8th-9th, 2019. Recorded at 00:50 on January 9th, the latter event had a magnitude of M 4.1; its epicentre was located in the area of ​​Piano Pernicana, on the northeast slope of Mt Etna, in the town of Linguaglossa, about 10 km from Milo, Trecastagni and Sant ‘Alfio. Its hypocentre was at a depth of 2 km. So far, there has been no significant aftershock in the same area. It should be noted, however, that at 5:14 am, a tremor with a magnitude of M 2.0 was recorded six kilometres north of Adrano.
The M 4.1 earthquake affected an area more than 20 km north-northwest of the region hit by the M 4.9 event of 26 December 2018, whose epicentre was near Viagrande, on the southeast slope of Mt Etna. INGV recalls that such earthquakes occur relatively frequently in different peripheral areas of the volcanic edifice. Similar earthquakes were observed in 2002 before Mt Etna’s dramatic eruption. Earthquakes began on the northeastern slope on 27 October 2002, followed on 29 October by others on the south-east side, ending with an M 4.7 quake which caused collapses and damage in Bongiardo, near Santa Venerina.
As I indicated earlier, following the M 4.9 earthquake in Viagrande, authorities inspected the buildings in the region. 50% of them were declared usable, 25% partially accessible and 24% unusable. The rest will have to be destroyed. The number of displaced persons increased to 1,334, of whom 556 used independent accommodation; 776 others are staying in hotels affiliated to the Sicilian region. Two people are housed in public facilities.
Source: La Sicilia.

Effets de l’activité sismique en 2002 (Photo: C. Grandpey)