La crise éruptive du Sinabung en passe de devenir une crise humanitaire // Mt Sinabung’s eruptive crisis might become a humanitarian crisis

drapeau francaisLe Sinabung est en éruption depuis Septembre 2013. Même si les écoulements pyroclastiques sont moins intenses que pendant les premiers mois de l’éruption, ils sont toujours une menace et sont capables de tuer, comme on a pu le voir avec les 16 décès du 1er Février.
En conséquence, les dizaines de milliers de personnes évacuées qui vivent dans 42 abris mis en place dans des zones plus sûres sont peu susceptibles de regagner prochainement leurs domiciles. Pour le moment, la volcanologie est incapable de prédire comment va évoluer une éruption de ce type, avec effondrements du dôme de lave accompagnés d’explosions. Sur la base de ce que l’on a pu observer lors d’éruptions similaires sur d’autres volcans, il semble que l’activité soit susceptible de durer encore longtemps, peut-être des semaines, voire des mois et il serait certainement dangereux de réduire la zone de danger de 5 km de rayon.
Les personnes déplacées auront besoin de moyens de subsistance pour les prochains mois car la plupart de leurs cultures ont été détruites. Depuis le mois de septembre, la Croix-Rouge a distribué de trois millions de litres d’eau potable, de la nourriture et des couvertures, ainsi que 200 000 masques pour éviter l’inhalation de cendres volcaniques ; elle a également fourni un soutien psychologique aux personnes dans les abris. En effet, les personnes qui sont restées dans des centres d’évacuation temporaires pendant des semaines commençaient à être affectées psychologiquement, avec des signes de stress et d’angoisse à la pensée que les récoltes allaient être perdues, ainsi que l’argent qui en découle. La plupart des habitants de la région vivent d’une agriculture de subsistance et tirent leurs revenus de la culture du café, du cacao ou des fruits. Leurs fermes et leurs maisons ont été détruites et ils ne savent pas ce que l’avenir leur réserve.
Les habitants de16 villages situés à plus de 5 kilomètres du cratère ont été autorisés à rentrer chez eux la semaine dernière après une période de nette baisse d’activité du Sinabung, mais des dizaines de milliers de personnes sont encore dans les abris. C’est là que la crise volcanique devient une crise humanitaire. Gérer un grand nombre de personnes évacuées qui doivent rester loin de leurs maisons et leurs moyens de subsistance pendant une période indéterminée est un véritable défi.
Comme je l’ai écrit auparavant, le Président indonésien a visité les camps il y a quelques jours et exhorté les autorités à améliorer l’assainissement, la nourriture et d’autres services à l’attention des personnes vivant dans les abris temporaires.
Un programme « argent contre travail » a été lancé ; chaque famille reçoit 50 000 roupies (environ trois euros) par jour. Plus de 6000 élèves, de l’école primaire à l’université, recevront des bourses afin de pouvoir poursuivre leurs études. Les prêts qui avaient été accordés aux personnes évacuées seront révisés afin qu’elles puissent bénéficier d’une réduction des intérêts.
Malgré tous ces efforts, la vie promet d’être difficile pour tous les villageois qui ont dû quitter leurs fermes, parfois définitivement.

Source: The Jakarta Globe.

———————————————–

drapeau anglaisMount Sinabung has been erupting since September 2013. Even though the pyroclastic flows are less powerful than during the first months of the eruptions, they are still a menace and are able to kill as could be seen with the 16 deaths of February 1st.

As a consequence, the tens of thousands of evacuees who live in 42 shelters set up in safer zones are unlikely to return home soon. At the moment, volcanology is unable to predict how an eruption of this style, with collapses of the lava dome producing explosions, will progress. Based on what we have observed on similar eruptions on other volcanoes it does seem that the activity could last for quite a long time, which might be weeks or months and it would certainly be hazardous to reduce the 5-km-radius danger zone.

The displaced people will need livelihood support for the next few months, as many of their crops have been destroyed. Since September, the Red Cross has distributed three million litres of clean water, food and blankets, as well as 200,000 face masks to prevent volcanic ash from being inhaled, and has also provided psychological counselling for displaced residents. Indeed, some who had been staying in temporary evacuation centres for weeks had already begun suffering psychologically, showing signs of stress, worrying about the loss of their crops and the income from them. Most residents in the area are subsistence farmers and make their living growing coffee, cocoa or fruit. Their farms and homes have been destroyed and they don’t what they are going to do in the future.

Residents living in 16 villages farther than 5 kilometres from the crater were allowed to return home last week after days of non-activity at Mount Sinabung, but tens of thousands are still in the camps. This is where the volcanic crisis becomes a humanitarian crisis. How to handle the large number of evacuees having to stay away from their homes and livelihoods for an indeterminate amount of time is one of the biggest challenges.

As I put it before, the Indonesian President visited the camps a few days ago and urged the authorities to improve sanitation, food and other services for people living temporary shelters.

A cash-for-work program has been started in which each family receives 50 000 rupees (about three euros) per day. More than 6,000 students from primary school to university level will receive scholarships so they can continue their education. The loans of displaced residents will be restructured with reduced interest.

Despite all these efforts, life promises to be hard for all the villagers who had to leave their farms, sometimes definitely.

Source: The Jakarta Globe.

Sinabung (Indonésie): Un drame évitable // The tragedy could have been avoided

drapeau francaisLe drame du samedi 1er février sur les pentes du Sinabung appelle plusieurs remarques.

– La première est qu’il n’aurait jamais dû avoir lieu. Les 16 morts et les 3 autres personnes gravement brûlées n’auraient jamais dû se trouver dans le village de Sukameriah, à 2,7 km au sud du cratère du Sinabung, dans la zone de danger n°1, formellement interdite d’accès par les autorités indonésiennes. Un membre de l’Agence de Gestion des Catastrophes a indiqué que « bien que la zone soit très dangereuse et interdite d’accès, beaucoup de touristes y pénètrent en cachette pour prendre des photos ». Le problème est bien là : nous sommes en Indonésie où le mot « interdiction » n’a pas la même valeur que dans des pays comme les Etats-Unis ou le Japon. Je ne parle pas de la France où, comme chacun sait, il est « interdit d’interdire » depuis mai 1968… !

– Une autre remarque, c’est que ce genre d’inconscience peut mettre à mal la politique d’évacuation adoptée par les autorités indonésiennes. Il y a quelques jours, plus de 30 000 personnes vivaient plus ou moins péniblement dans 42 abris répartis dans des secteurs censés être plus surs. Vendredi, la veille du drame, les autorités indonésiennes ont décidé d’autoriser 13 828 d’entre elles à regagner leurs habitations dans 16 villages situés dans un rayon de plus de 5 km du Sinabung car le volcan semblait s’être calmé depuis la mi-janvier. Si les 16 inconscients avaient été tués jeudi, il est fort à parier que les autorités auraient revu leur décision, même si le drame n’était pas vraiment dû à une crise majeure du Sinabung.

– S’agissant de la gestion de l’éruption et des évacuations, j’ai toujours exprimé des doutes sur la politique des petits pas adoptée par les autorités indonésiennes qui élargissent la zone de danger en fonction des humeurs du volcan. Je sais que certains scientifiques ne sont pas d’accord avec ce point de vue, mais chacun a le droit de donner son opinion ! Lors de l’éruption du Merapi en 2010, plus de 320 personnes ont perdu la vie de cette façon. Dans le cas du Sinabung, le nombre de victimes est moindre. Pour moi, ce n’est pas grâce à la politique d’évacuation suivie, mais parce que le volcan a eu la bonne idée de ne pas déverser des coulées pyroclastiques majeures. Il faut parfois mettre la chance de son côté !

Je suis parfaitement conscient de la difficulté à évacuer plusieurs dizaines de milliers de villageois fortement attachés à leurs terre et leur bétail qui sont leurs seules maigres ressources, mais il faut savoir ce que l’on veut : faire du sentiment ou sauver des vies ! Il faudrait que le gouvernement indonésien fasse preuve d’une autorité plus grande et n’hésite pas à mettre en œuvre des moyens plus importants pour interdire effectivement l’accès aux zones de danger.  Mais c’est une autre paire de manches !

———————————————-

drapeau anglaisThe tragedy that occurred on Saturday, February 1st on the slopes of Sinabung can lead to several comments .

– The first is that it should never have happened. The 16 persons who died and the three others who were seriously burnt should never have been in the village of Sukameriah, 2.7 km south of the crater of Sinabung in the danger zone # 1, whose access was prohibited by Indonesian authorities. A member of the Disaster Mitigation Agency said that « although the area is very dangerous and prohibited, many tourists enter secretly to take pictures. » This is the real problem: in Indonesia, the word « prohibited » does not have the same value as in countries like the United States or Japan. I ‘m not talking about France where, as everyone knows, it has been  » forbidden to forbid  » since May 1968 ! …

– Another point is that this kind of unconsciousness may affect the evacuation policy adopted by the Indonesian authorities. Some days ago, more than 30,000 people were still living more or less painfully in 42 shelters in areas supposed to be safer. On Friday, the day before the tragedy, the Indonesian authorities decided to allow 13,828 of them to return to their homes in 16 villages within a radius of more than 5 km from Sinabung which seemed to have calmed down since mid January. If the 16 people had been killed on Thursday, it is likely that the authorities would have revised their decision, even if the drama was not really caused by a major crisis of Sinabung.

– With regard to the management of the eruption and evacuations, I have always expressed doubts about the step by step policy adopted by the Indonesian authorities that consists in enlarging the danger zone according to the mood of the volcano. I know that some scientists do not agree with this point of view, but everyone has the right to give his opinion ! During the eruption of Merapi in 2010, over 320 people lost their lives in this way. As far as Sinabung is concerned, there are fewer victims for the moment. For me, it is not a matter of evacuation policy, just because the volcano had the good sense not to spill major pyroclastic flows. Sometimes, you put luck on your side !

I am fully aware of the difficulty to evacuate tens of thousands of villagers strongly attached to their land and their livestock which are their only meager resources, but we must know what we want : be sentimental or save lives! The Indonesian government should show greater authority and not hesitate to implement more important means to effectively prevent access to danger areas. But it is a different story !

Carte-Sinabung-2

Carte des zones menacées par le Sinabung  (Source: VSI)

Sinabung (Indonésie): Le bilan s’alourdit // The death toll rises

drapeau francaisAux 14 morts recensés hier viennent s’ajouter 2 victimes supplémentaires. Les sauveteurs ont découvert un corps carbonisé et un jeune étudiant qui n’a pas survécu à ses blessures une fois à l’hôpital.

Parmi les victimes figurent un journaliste de la télévision locale ainsi que quatre lycéens et leur professeur. Ils étaient venus sur le volcan afin de voir les éruptions de plus près. Comme je l’ai indiqué précédemment, 3 autres personnes avaient été sérieusement blessées par une coulée pyroclastique avant ce drame. Il est à craindre que d’autres corps aient été recouverts par la cendre.

Au vu de la baisse d’intensité de l’éruption ces dernières semaines, les autorités avaient autorisé vendredi près de 14 000 réfugiés à regagner leurs habitations en dehors de la zone de sécurité de 5 km de rayon autour du volcan.

Source : The Jakarta Post.

—————————————

drapeau anglaisThe death toll rose from14 to16 on Sunday after rescuers found another charred corpse and a critically injured college student who later died in a hospital. The bodies were discovered 3 km from the crater.

Among the dead were a local television journalist and four high-school students and their teacher who were visiting the mountain to see the eruptions up close. As I put it previously, three other people were severely injured by a pyroclastic flow before the drama. Authorities fear the death toll will rise.

On Friday, authorities had allowed nearly 14,000 people living outside a five-kilometre danger zone to return to their homes after believing volcanic activity had decreased.

Source: The Jakarta Post.

Le Sinabung: Un nouveau volcan tueur! // Mount Sinabung: Another killer volcano!

drapeau francaisTriste journée autour du Sinabung! Comme je l’écrivais en début d’après-midi,  trois hommes ont été admis ce samedi dans le service de soins intensifs d’un hôpital pour y être traités suite à des graves brûlures. Ils ont été surpris par une coulée pyroclastique lors d’un violent épisode éruptif du Sinabung qui s’était calmé depuis la mi-janvier. Le volcan a émis des panaches de cendre jusqu’à 2 km de hauteur et recouvert la région de cendre grise.

Un homme et son fils se sont fait surprendre alors qu’ils se rendaient dans le village de Sukameriah, à 2,7 km au sud du cratère du Sinabung (donc en zone interdite) afin de se recueillir devant les tombes de parents. Un autre homme qui était venu dans le village pour s’assurer qu’il n’y avait rien d’anormal dans la maison qu’il avait quittée depuis longtemps fut, lui aussi, victime de la coulée pyroclastique.

On apprend maintenant par la presse indonésienne qu’au moins 14 personnes ont été tuées lorsque le Sinabung a émis de nouvelles  coulées pyroclastiques ce samedi. Les corps des 14 morts ont tous été trouvés en différents points autour du village de Suka Meriah qui est situé dans un rayon de 3 kilomètres du volcan. Trois autres corps n’ont pas encore été retrouvés. Les sauveteurs ont dû arrêter les recherches en raison du risque d’éruption.

Il s’agit des premières victimes directes de l’éruption du Sinabung. Avant samedi, l’éruption en cours avait déjà coûté la vie à 31 personnes évacuées, suite à diverses affections telles que des difficultés respiratoires, la dépression, l’asthme et l’hypertension. 122 autres sont hospitalisées actuellement pour de tels problèmes.
Selon certains habitants, certaines des victimes seraient des étudiants de Medan venus étudier la région autour du volcan.
Le Sinabung est entré en éruption à 3 reprises samedi. Le premier épisode s’est produit à 10h30 et a duré huit minutes trente. La deuxième éruption a eu lieu à 10h38 et a duré un peu plus de quatre minutes, suivie d’une autre éruption à 11h27 pendant 84 secondes.

On ne le répétera jamais assez: Toutes ces victimes se trouvaient à l’intérieur de la zone de danger n°1, la plus exposée aux nuées ardentes. Cela ne signifie pas que l’éruption a redoublé d’intensité, seulement que ces personnes n’auraient jamais dû se trouver là! Selon le Jakarta Post, ces jeunes et leur professeur voulaient voir le cratère de plus près! C’est un peu comme dans nos Alpes avec le hors-piste. Les skieurs se font surprendre par des avalanches de neige à plusieurs degrés au-dessous de zéro. En Indonésie, ce sont des avalanches de cendre à plusieurs centaines de degrés au-dessus de zéro!  L’imprudence a son prix!

——————————————–

drapeau anglaisIt was a sad day around Mount Sinabung! As I put it previously, three men were treated in the intensive care unit of a hospital for burn injuries on Saturday after being engulfed in a pyroclastic flow from Mount Sinabung in its biggest eruption in recent days. The volcano had shown a reduction of activity since mid-January, but it erupted again on Saturday morning, sending hot rocks and ash up to 2,000 metres into the air, blanketing the surrounding countryside with grey dust. The man and his son were caught by the clouds when they went to Sukameriah village, 2.7 kilometres south of Sinabung crater (thus within the danger zone) to pay respect at the graves of their relatives. Another man, who came to the village to check his long-abandoned house, was also trapped and injured by the deadly clouds which swamped the village.

We are now informed by the Indonesian press that at least 14 people were killed when Mount Sinabung spewed ash again on Saturday. The bodies of the 14 fatalities have all been found in a number of areas in Suka Meriah village, which is located within a 3-kilometer radius of the volcano, while three others had yet to be found. Rescuers had to stop the evacuation process due to fears of more eruptions.

This is the first direct impact of the Mount Sinabung eruption. Before the Saturday incident, the ongoing eruption had already claimed the lives of 31 evacuees, as a result of various illnesses such as breathing difficulties, depression, asthma and hypertension. 122 evacuees are currently in hospital for similar problems.

According to some residents, some of the fatalities are believed to be students from Medan who were conducting a survey of the area around the volcano.

Mount Sinabung erupted three times on Saturday, at 10:30 a.m. and lasted for eight-and-a-half-minutes. The second eruption took place at 10:38 a.m. for just over four minutes, followed by another eruption at 11:27 a.m. for 84 seconds.

We need to repeat it again and again: All the victims were inside the danger zone n°1, the most exposed to the pyroclastic flows. This does not mean the eruption has become more powerful, only that they should not have been there! According to The Jakarta Post, the victims were reportedly wanted to see the crater from a closer range! It’s like the people in the Alps who ski off piste. They may get caught in avalanches with snow a few degrees below zero. In Indonesia, the hot avalanches have several hundred degrees above zero. Carelessness has a cost!

Normal
0
21

MicrosoftInternetExplorer4

st1:*{behavior:url(#ieooui) }

/* Style Definitions */
table.MsoNormalTable
{mso-style-name: »Tableau Normal »;
mso-tstyle-rowband-size:0;
mso-tstyle-colband-size:0;
mso-style-noshow:yes;
mso-style-parent: » »;
mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;
mso-para-margin:0cm;
mso-para-margin-bottom:.0001pt;
mso-pagination:widow-orphan;
font-size:10.0pt;
font-family: »Times New Roman »;}