Eruption en Islande : dernières nouvelles ! // Eruption in Iceland : latest news !

18 décembre 2023 – 23 heures : Alors que l’on se demandait comment allait évoluer l’intrusion magmatique sur la péninsule de Reykjanes, alors que le Blue Lagoon venait de rouvrir, alors que l’on pensait que les habitants de Grindavik allaient pouvoir revenir chez eux pour Noël, les webcams viennent de montrer qu’une éruption a débuté. Le lieu n’est pas précisé, mais un volcanologue islandais indique que la lave est sortie à Hagafell, au nord de Grindavik, ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle. Les webcams montrent qu’il s’agit d’une éruption fissurale avec de superbes fontaines de lave.

L’éruption a été précédée par une rapide hausse de l’activité sismique avec des événements de M 3,0 et M 4,2 (voir ma note précédente).

Images webcam

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19 décembre – 7h00 (heure française) : La fissure qui s’est ouverte au niveau de la ligne de cratères de Sundhnúkar à 22h17 (heure locale) a été précédée par un essaim sismique à 21h00. Cela montre que l’éruption a commencé très rapidement et a été alimentée par une arrivée soudaine de magma, hypothèse que j’avais évoquée précédemment, sans trop y croire. La lave est sortie à environ deux kilomètres de Grindavík et la fissure a connu une croissance rapide. Quelques heures après le début de l’éruption, la lave se trouvait à environ deux kilomètres de Grindavík. Les scientifiques locaux craignaient que la fissure continue de progresser vers le sud-ouest, mais ils ne savaient pas exactement ce qui se passerait dans les heures à venir. La fissure est au moins quatre fois plus longue que celle de l’éruption du Litli-Hrútur en juillet 2023.Le débit de la lave au début de l’éruption a été estimé entre 100 et 200 mètres cubes par seconde. La longueur de la fissure est d’environ 3,5 kilomètres. Elle est près de quatre fois plus longue que celle qui s’est ouverte à Litli-Hrútur en juillet dernier.
Voici une vue de l’éruption depuis un hélicoptère :
https://icelandmonitor.mbl.is/a/img/monitor/bg/bg_fafaf7_1358x1.png

La sismicité a chuté ce matin. Il est clair que le magma progresse sans effort dans la fracture qui a été ouverte par la précédente intrusion.

Dans son dernier bulletin émis à 3 heures du matin (heure locale), le Met Office précise que la fissure éruptive mesure environ 4 km de long, avec l’extrémité nord juste à l’est de Stóra-Skógfell et l’extrémité sud juste à l’est de Sundhnúk. La distance entre l’extrémité sud et les premières habitations de Grindavík est de près de 3 km.

Source: IMO

Le syndicat des contrôleurs aériens a annulé sa grève prévue le 20 décembre 2023 afin de permettre aux hélicoptères de se rendre sur le site de l’éruption.

Image webcam de l’éruption le 19 décembre au matin. La lave semble très près de Grindavik.

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19 décembre – 9h00 (heure française) : les autorités islandaises indiquent que la lave ne coule pas en direction de Grindavík. Le lieu de l’éruption semble favorable car les infrastructures seraient ainsi épargnées. Un volcanologue local a déclaré : « Si tout est normal, l’intensité diminuera demain après-midi et la fissure se transformera en cratères. L’éruption pourrait durer une semaine à 10 jours. »
Toutefois, si le débit de l’éruption reste important, la lave pourrait atteindre la route de Grindavík. La pollution causée par l’éruption est significative et pourrait affecter les personnes vulnérables des villes voisines, en fonction de la direction du vent.
La police a fermé toutes les routes à destination et en provenance de Grindavík et demande aux gens de ne pas tenter de s’en approcher, car les gaz pourraient s’avérer dangereux.
Source : Iceland Monitor.

Image webcam de l’éruption à 9h30 (heure française)

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19 décembre – 16 heures : Après un début spectaculaire avec de hautes fontaines de lave, le Met Office islandais explique que l’éruption de Sundhnúksgígar continue de diminuer. On estime que le débit éruptif représente environ le quart de ce qu’il était au début de l’éruption le 18 décembre, et un tiers de la fracture d’origine est actif. Les fontaines de lave atteignent désormais une trentaine de mètres de hauteur. Ces chiffres s’appuient sur des estimations visuelles au cours d’un vol de reconnaissance effectué le 19 décembre.

L’évolution de l’éruption actuelle est semblable aux dernières éruptions du Fagradalsfjall, avec de fractures qui commencent à se refermer et à former des bouches éruptives individuelles. Actuellement, il y a environ cinq bouches éruptives réparties le long de la fracture d’origine.
Selon les informations obtenues au cours d’un vol en hélicoptère dans l’après-midi du 19 décembre, la longueur totale de la fracture éruptive n’a pas beaucoup changé depuis le début. Il y a peu d’activité à l’extrémité sud de la fissure près de Hagafell, et la majorité de la coulée de lave se dirige vers l’est en direction de Fagradalsfjall.
Au vu de l’orientation du panache volcanique, la pollution par les gaz peut être perceptible à Vestmannaeyjar, mais pas ailleurs dans les zones habitées. Selon les prévisions météorologiques, une pollution gazeuse pourrait être détectée dans la capitale tard dans la nuit ou demain matin.
Source. : Met Office.

Image webcam montrant une vue générale du site éruptif

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19 décembre – 20 heures : L’éruption continue de faiblir. De nouvelles images aériennes montrent qu’il y a désormais trois bouches actives au sud-est de Stóra-Skógfell, contre cinq auparavant. La lave s’écoule principalement vers l’est du site de l’éruption, mais il y a également une langue de lave qui se dirige vers l’ouest depuisle secteur au nord de Stóra-Skógfell.
L’activité sismique a considérablement diminué. En toute logique, suite à l’éruption de Sundhnúksgíga, le sol au niveau de Svartsengi s’est affaissé de plus de 5 cm. Le Met Office explique qu’il est trop tôt pour déterminer si le magma continuera à s’accumuler sous Svartsengi et si la terre recommencera à se soulever
Selon le Met Office, il existe une forte probabilité que de nouvelles bouches éruptives s’ouvrent le long de la fissure actuelle, ainsi que plus au nord ou au sud. À Sundhnúk, l’ouverture de telles bouches pourrait se produire en prévenant très peu de temps avant.

A noter que quelques heures après sa réouverture, le Blue Lagoon est à nouveau fermé. Les volcanologues islandais avaient déclaré que « rien n’indiquait que le magma s’approchait de la surface… ».
Source : Met Office.

Image webcam montrant la zone active le 19 décembre vers 20 heures

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December 18th, 2023 – 23:00 : While we were wondering how the magmatic intrusion on the Reykjanes peninsula would evolve, while the Blue Lagoon had just reopened, while it was thought that the inhabitants of Grindavik would be allowed to return home for Christmas, the webcams have just shown that an eruption has started. The site is not specified, but an Icelandic volcanologist indicates that lava pierced the surface at Hagafell, north of Grindavik, which is not necessarily good news. The webcams show that it is a fissure eruption with great lava fountains.
The eruption was preceded by a rapid increase in seismic activity with events of M 3.0 and M 4.2 (see my previous post).

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December 19th – 7 am (French time) : The fissure that opened at the Sundhnúkar crater row at 22:17 (local time) was preceded by a seismic swarm at 21:00. This shows the eruption started very rapidly and was fed by a sudden influx of magma, a hypothesis I had mentioned in previous posts without thinking it might happen so rapidly. It was located about two kilometers from Grindavík and was growing rapidly. A few hours after the start of the eruption, the fissure was about two kilometers from Grindavík. Local scientists feared it might continue to grow to the southwest but they did not know exactly what would happen in the next few hours. The fissure is at least four times longer than the fissure in the Litli-Hrútur eruption in July 2023.It was difficult to measure lava flow along the eruptive fissure, but it was estimated to be 100 to 200 cubic metres per second. The estimated length of the fissure is 3.5 kilometers. It is nearly four times longer than the fissure opening at Litli-Hrútur in last July (see map above).

Here is a view of the eruption from a helicopter :

https://icelandmonitor.mbl.is/a/img/monitor/bg/bg_fafaf7_1358x1.png

Seismicity has dropped this morning. It is clear that magma is moving effortlessly into the fracture that was opened by the previous intrusion. In its latest bulletin issued at 3 a.m. (local time), the Met Office specifies that the eruptive fissure is about 4 km long, with the northern end just east of Stóra-Skógfell and the southern end just east of Sundhnúk. The distance from the southern end to the edge of Grindavík is almost 3 km.

The air traffic controllers’ union has cancelled its strike forecast on December 20th, 2023 in order to allow helicopters to fly to the volcanic eruption. 

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December 19th – 9:00 (French time) : Icelandic authorities indicate that he lava is not flowing in the direction of Grindavík. The location of the eruption looks favourable, as it could spare all man-made structures. A local volcanologist has declared : “If everything is normal, the intensity will decrease tomorrow afternoon and the fissure will develop into craters. The eruption could last a week to 10 days.”

However, if the flow remains powerful, the lava could reach the road to Grindavík. The pollution from the eruption is substantial and could affect vulnerable people in nearby towns, depending on wind direction.

Police has closed all roads to and from Grindavík and asks that people do not attempt to get close to it, as gas fumes could prove dangerous.

Source : Iceland Monitor.

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December 19th – 16:00 : After a powerful start with tall lava fountains, the Icelandic Met Office explains that the size of the eruption at Sundhnúksgígar continues to diminish. The lava flow is estimated to be about one-quarter of what it was at the beginning of the eruption on December 18th, and only one third of the original fissure is active. The lava fountains are now reaching about 30 meters at their highest. These figures are based on visual estimates from a reconnaissance flight early on December 19th..

The development of the eruption is similar to recent eruptions at Fagradalsfjall, where the fissures are starting to contract and form individual eruption vents. Presently, there are about five eruption vents spread along the original fissure.

According to information from a helicopter flight in the afternoon of December 19th, the total length of the eruptive fissure has not changed much from the beginning. There was little activity at the southern end of the fissure near Hagafell, and the majority of the lava flow is heading east towards Fagradalsfjall.

The volcanic plume is drifting from the west and northwest. Gas pollution might be noticeable in Vestmannaeyjar, but not elsewhere in populated areas. According to the weather forecast, gas pollution might be detected in the capital area late tonight or tomorrow morning.

Source Met Office.

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December 19th – 8 pm : The eruption continues to weaken. New aerial images show that there are now three vents erupting southeast of Stóra-Skógfell, down from five previously. The lava is mostly flowing east from the eruption site, but there is also a lava tongue flowing west from the region north of Stóra-Skógfell.

Seismic activity has significantly decreased. Quite logically, following the eruption at Sundhnúksgíga, the land in Svartsengi subsided more than 5 cm. The Met Office says it is too early to determine if magma will continue to accumulate under Svartsengi and whether the land will start to rise again.

According to the Met Office, there is an increased likelihood that more vents may open along the original fissure as well as further north or south. The warning time for new vent openings at Sundhnúk could be very short.

A few hours after its reopening, the Blue Lagoon is again closed. Icelandic scientists had said there were « no indications of magma approaching the surface. »

Source : Met Office.

Faut-il encore croire à une éruption sur la péninsule de Reykjanes ? // Should we still believe in an eruption on the Reykjanes Peninsula?

Bien que la sismicité soit très faible sur la péninsule de Reykjanes, les volcanologues islandais pensent toujours qu’une éruption est susceptible de se produire, ou que l’on pourrait assister à l’ouverture de nouvelles fissures à Grindavik, comme le 10 novembre 2023.
Les instruments montrent que le magma continue de s’accumuler sous la surface dans le secteur de Svartsengi, même si le phénomène a récemment ralenti. Le Met Office islandais explique que la vitesse de soulèvement du sol est toujours supérieure à celle mesurée dans les jours qui ont précédé le 10 novembre, lorsque le dyke magmatique s’est formé sous Grindavík .
Si une nouvelle intrusion se produit, le Met Office pense qu’il est très probable que le magma fera son retour dans le dyke qui s’est formé le 10 novembre et qu’une éruption se produira au nord de Grindavík, vers Hagafell et la zone autour de la ligne de cratères de Sundhnúkagígar.
125 séismes ont été mesurés près de Grindavík au cours des dernières heures, dont trois au-dessus de M 2,0 à Hagafell. Un volcanologue local s’attend à une activité sismique soutenue le long du dyke.
Comme je l’ai déjà écrit, je ne crois pas à une prochaine éruption. Une chose est quand même sûre : l’intrusion magmatique n’est pas terminée. Il est probable que le magma continue de pousser par en dessous, avec sa source dans la région de Svartsengi, mais il n’a plus la force nécessaire pour percer la surface. Le seul événement qui pourrait changer la donne serait un nouvel afflux important de magma. Il est évident que les sismographes nous en informeraient. On observerait aussi un soulèvement de sol plus important, avec un risque réel d’éruption.
Pour le moment, la sismicité est faible et le tremor ne montre aucun signe d’activité volcanique à venir. Cela fait une cinquantaine de jours que l’on observe un soulèvement du sol. Si une éruption avait dû se produire, elle se serait probablement déjà produite. Quoi qu’il en soit, au bout du compte, c’est la Nature qui décidera, et elle nous rappelle que nous ne savons pas prévoir une éruption volcanique !
Source  : Iceland Monitor, Iceland Review.

Rien de très inquiétant au niveau sismique sur la péninsule de Reykjanes (Source: Met Office)

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Although seismicity is very low on the Reykjanes Peninsula, Icelandic volcanologists still belive an eruption might occur, or another event like the opening of fissures that was observed in Grindavik on November 10th, 2023.

The instruments show that magma continues to accumulate under the surface at Svartsengi, although it has recently slowed. The Icelandic Met Office (IMO) explains that the speed of the land rising is still higher than the speed measured in the days before November 10th, when the magma dike under Grindavík was formed.

If a new intrusion happens, IMO thinks it is most likely that the magma will run back into the magma dike that was formed on November 10th and that a volcanic eruption would occur north of Grindavík, towards Hagafell and the area around Sundhnúkagígar crater row.

125 earthquakes have been measured near Grindavík in the past hours, three of which were above M 2.0 at Hagafell. Sustained seismic activity is expected by a local volcanologist along the magma dike.

As I put it before, I don’t believe an eruption will occur. There is one sure thing : the magma intrusion is not over. It is likely that magma is still pushing from beneath, with its source in the Svartsengy area, but it no longer has the necessary strength to pierce the surface. The only event that might change the situation would be a new significant influx of magma, but the seismographs would inform us and more ground uplift would be observed, with the real risk of an eruption.

For the moment, seismicity is low and the tremor does not show signs of an upcoming volcanic activity. Ground deformation has been observed for about 50 days now. If an eruption were to occur, it would have already happened. Anyway, Nature will decide in the end, with the confirmation that we cannot predict a volcanic eruption !

Source : Iceland Monitor, Iceland Review.

Islande : le Met Office espère toujours une éruption… // The Met Office is still hoping for an eruption

Le Met Office islandais (IMO)est contraint d’admettre que la probabilité d’une éruption à Svartsengi est en train de s’éloigner. Les derniers résultats de modélisation géodésique montrent que l’alimentation magmatique du dike qui s’est formé le 10 novembre 2023, a probablement cessé. Le Met Office ajoute que même si l’accumulation de magma se poursuit sous le secteur de Svartsengi, le risque d’une éruption à brève échéance a considérablement diminué.
Comme je l’ai écrit précédemment, il faut rester vigilant car un nouvel afflux de magma dans le dike changerait la donne. L’IMO explique que « l’activité à Svartsengi n’est pas encore terminée et un nouveau chapitre pourrait avoir commencé avec la forte probabilité d’une nouvelle propagation du magma et, par la suite, la forte probabilité d’une éruption. » Il est important d’utiliser le conditionnel car nous ne savons pas ce qui se passe en profondeur sous la zone de Svartsengi.
Poursuivant ses prévisions risquées, l’IMO déclare : « En observant le schéma global d’accumulation à répétition du magma, on peut estimer que la prochaine propagation de magma depuis Svartsengi pourrait se produire à une échelle plus petite que celle observée le 10 novembre…Elle pourrait persister pendant plusieurs heures ou jours avec un risque accru d’éruption dû à l’activité sismique et à la déformation du sol pendant cette période. Là encore, le conditionnel est indispensable car nous ne savons pas ce qui se passe sous nos pieds…
La sismicité est actuellement faible sur la péninsule de Reykjanes. La plupart des événements se concentrent dans la partie centrale du dike, à une profondeur de 3 à 4 km.
Les résultats de la modélisation indiquent que le volume de magma accumulé jusqu’à présent sous Svartsengi est inférieur à celui d’avant l’intrusion magmatique du 10 novembre.
Source  : IMO

Lors d’une récente réunion du conseil municipal de Grindavík, il a été convenu de différer les réparations des fractures qui se sont ouvertes dans la ville. Il a été suggéré de les préserver et en faire un mémorial des catastrophes naturelles.
Dans le même temps, les travaux de colmatage des fractures qui ont coupé les routes et endommagé des conduites d’eau sont en cours, mais il a été décidé de reporter les réparations des fractures qui se trouvent hors des sentiers battus et celles qui ne présentent aucun risque.
Source : Iceland Monitor.

La sismicité est faible en ce moment sur la péninsule de Reykjanes et le risque d’une éruption semble s’éloigner, même s’il faut rester vigilant.

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The Icelandic Meteorological Office (IMO) is at last admitting a decreased likelihood of an eruption at Svartsengi.The latest geodetic modeling results suggest that magma inflow to the dike, which formed on November 10th,2023 has likely ceased. The Office adds that although magma accumulation continues beneath Svartsengi, the immediate eruption risk along the dike has significantly reduced.

As I put it before, one should remain vigilant as a new influx of magma to the dike would change the situation. The IMO explains that « the ongoing activity at Svartsengi, is not yet over and a new chapter may have begun with an increased chance of a new magma propagation and, subsequently, increased likelihood of an eruption. » The importznt word is MAY as we do not know what is happening in depth beneath the Svartsengi area.

Going on with its risky prediction, the IMO says : “When looking at the overall pattern with repeated magma accumulation, it can be estimated that the next magma propagation from Svartsengi might be on a smaller scale than the one previously formed on November 10th… It could persist for several hours or days with an increased risk due to seismic activity and deformation during that period.” Here again, COULD and MIGHT are the ilmportant words as we do not know…

Seismicity is currently low on the Reykjanes Peninsula. Most events are concentrated along the middle of the dike at a depth of 3 – 4 km.

Modeling results indicate that the volume of magma currently accumulated under Svartsengi is less than that before the November 10th dike intrusion.

Source : IMO

At a recent meeting of the town council of Grindavík, it was agreed to postpone repairs of certain faults in the town. There are ideas to preserve them and make them a memorial to the natural disasters in the town.

In the meantime, work to close the cracks that have severed roads and cracks with water pipes is ongoing but it was decided to postpone repairs of cracks that are off the beaten path and those that do not pose any risk.

Source : Iceland Monitor.

Hawaii : les secrets des profondeurs // The secrets of the depths

Dans une étude publiée le 22 décembre 2022 dans la revue Science, une équipe scientifique du California Institute of Technology (Caltech) a proposé une réponse à la question : comment le magma issu du manteau profond se déplace-t-il vers la surface à Hawaii?
Les réservoirs magmatiques peu profonds qui alimentent les éruptions à Hawaii sont étudiés depuis un certain temps grâce au comportement des ondes sismiques. Les fluctuations de leur vitesse et de leur trajectoire indiquent aux scientifiques les types de matériaux traversés, avec des indications sur leur température, leur densité et leur composition. Cependant, pour vraiment comprendre ce qui gère ces processus volcaniques, les scientifiques ont besoin de savoir ce qui se passe à l’interface entre le manteau visqueux et la croûte solide. C’est ce que révèle la nouvelle étude.
La structure globale décrite dans l’étude est composée de plusieurs chambres allongées ou sills. [NDLR : un sill est une infiltration de roche magmatique entre deux couches plus anciennes d’autres roches (sédimentaires, volcaniques, métamorphiques)]. Lorsque les éruptions évacuent le magma des réservoirs peu profonds qui les surmontent, ces sills profonds semblent réagir.
Une activité sismique persistante dans une zone au sud-ouest du Kilauea et à une trentaine de kilomètres sous la surface avait précédemment laissé supposer l’existence possible d’un ensemble de failles permettant au magma de se déplacer des profondeurs vers des réservoirs proches de la surface. En outre, depuis les années 1980, certains signaux sismiques avaient suggéré que du magma s’agitait dans la région. Jusqu’à récemment, la véritable nature de ce labyrinthe souterrain reposait davantage sur la spéculation que sur la vérité scientifique. Ce dont les scientifiques avaient besoin, c’était d’un pic d’événements sismiques provenant de cette région précise. Une telle situation a semblé se produire en 2015 lorsque l’activité sismique dans la région s’est un peu accélérée.
Cependant, la vraie réponse est apparue en 2018. Après une éruption plus ou moins continue du Kilauea pendant 35 ans, une séquence éruptive majeure a commencé sur le volcan, avec l’émission d’énormes quantités de lave au cours de trois mois. La vidange du réservoir magmatique peu profond a provoqué l’effondrement spectaculaire de la zone sommitale.

Les géologues ont enregistré un pic significatif d’activité sismique profonde en 2019 sous la ville de Pāhala, à environ 40 km au sud-ouest du Kilauea. L’essaim sismique de Pāhala était une opportunité de découvrir ce qui se passait sous l’île, mais les scientifiques à eux seuls n’étaient pas été en mesure d’identifier individuellement tous les séismes car les plus petits étaient carrément étouffés par des événements plus importants.
L’équipe scientifique du Caltech a transmis l’intégralité de l’enregistrement de l’essaim sismique à un programme informatique automatique, une technique qui avait déjà été utilisée pour identifier des millions de séismes en Californie. Le programme a rapidement fait la différence entre les véritables séismes et les bruits parasites, puis il a identifié et caractérisé des milliers d’événements qui auraient été ratés par les programmes conventionnels de détection de signaux sismiques.
De novembre 2018 à avril 2022, le système a enregistré environ 192 000 séismes sous Pāhala. En transférant ces événements sur une carte, l’équipe scientifique a découvert avec surprise un ensemble de structures magmatiques représentant le cœur volcanique qui battait au sud d’Hawaii. Certains événements sismiques provenaient d’une région située à 28-32 km de profondeur. Ces séismes longue période sont généralement attribués aux vibrations produites par le mouvement des fluides, y compris le magma. L’essentiel de la sismicité provenait d’une zone située entre 35 et 43 km de profondeur. Ces séismes volcano-tectoniques délimitaient un certain nombre de structures en forme de feuille, presque horizontales ; certaines d’entre elles avaient 6,5 km de long et 4,8 km de large.
Le complexe Pāhala Sill semble donner naissance à plusieurs artères. Une voie majeure, marquée par des séismes indiquant des fracturations de roches, semble conduire directement dans l’un des réservoirs de magma peu profonds du Kilauea. Ce n’est peut-être pas une coïncidence, alors, si le complexe de sills a commencé à se manifester sans relâche en 2019. Lors de l’éruption de 2018, le Kilauea a été vidé d’une partie importante de son réservoir magmatique peu profond, ce qui a provoqué une chute de pression. Suite à cela, du magma a été aspiré dans les sills pour rétablir la pression. Des événements similaires se sont produits lors de la brève éruption du Kilauea en 2020.
Les prochaines études pourraient permettre de savoir si le Kilauea et le Mauna Loa, qui sont des voisins relativement proches à la surface, sont connectés en profondeur. À ce jour, il existe peu de preuves concrètes de cette hypothèse et les scientifiques conviennent généralement que les deux volcans sont indépendants l’un de l’autre.
Source : Caltech, The Washington Post.

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In a study published on December 22nd, 2022 in the journal Science, a scientific team from the California Institute of Technology (Caltech) has offered a possible answer to the question : how does magma from the deep mantle travel to the Hawaiian surface?

The shallow magma reservoirs that feed Hawaii’s eruptions have been known about for some time thanks to gthe behaviour of seismic waves. Changes in their speed and trajectory tell scientists what sorts of matter they have been travelling through, providing clues to its temperature, density and composition. However, to truly understand what drives these volcanic processes, scientists need to know what is happening at the interface of the squishy mantle and the solid crust. That is what is revealed by the new study.

The giant feature described in the study is made up of several elongated chambers or sills. When eruptions drain magma from the shallow reservoirs above, these deep-seated sills seem to react.

A persistent seismic activity from an area southwest of Kilauea and about 30 km below ground had previously suggested that a collection of faults may exist there, creating pathways for magma to travel from the depths to near-surface reservoirs. Besides, since the 1980s, special kinds of quakes have hinted that magma has been churning about in the region. But until recently, the true nature of this underground labyrinth was based more on speculation than scientific truth. What scientists needed was a sustained spike in quakes coming from that exact region. Things looked promising in 2015 when the region’s rumbling picked up a little.

However, the real answer appeared in 2018. After Kilauea had been erupting more or less continuously for 35 years, a major eruptive sequence began at the volcano. The event produced huge amounts of lava in three months. The drainage of the volcano’s shallow magma reservoir caused its summit to collapse dramatically.

Geologists recorded a shocking spike in deep seismic activity in 2019 below the town of Pāhala, which sits about 40 km southwest of Kilauea. While the Pāhala quake swarm was a chance to unearth the island’s buried magmatic treasure, scientists alone were not able to identify many of the individual quakes as the smaller ones were smothered by bigger events.

The scientific team from Caltech fed the entire recording of the seismic swarm to a machine learning program, a technique which had previously been used to identify millions of hidden quakes in California. The program quickly made the difference between what was a real quake and what was extraneous noise, then identified and characterized thousands of events that would have been missed by conventional seismic signal detection programs.

From November 2018 to April 2022, the system logged around 192,000 quakes below Pāhala. Plotting these events on a map, the team was stunned to discover a collection of pulsing magmatic structures which were the beating volcanic heart of southern Hawaii. Some of the quakes came from a region 28 to 32 km deep: these long-period earthquakes are usually attributed to the vibrations made by the movement of fluids, including magma. The bulk of the seismicity came from an area 35 to 43 km deep. These volcano-tectonic quakes delineated a number of near-horizontal sheetlike structures, some of them 6.5 km long and 4.8 km wide.

The Pāhala Sill Complex appears to have several arteries branching from it. One major pathway, marked by rock-breaking quakes, appears to lead right into one of Kilauea’s shallow magma reservoirs. It’s perhaps no coincidence, then, that the sill complex began to thunder relentlessly in 2019. During the 2018 eruption, Kilauea was drained of a significant portion of its shallow magma supply, causing a pressure drop. In response, magma was sucked into the sills to equalize the pressure. Similar events happened during Kilauea’s briefer 2020 eruption.

Further work may help resolve the controversial question of whether Kilauea and Mauna Loa, which are relatively close neighbours at the surface, are somehow connected at great depths. To date, little concrete evidence for this hypothesis exists, and experts generally agree that the two volcanoes are largely independent of one another.

Source : Caltech, The Washington Post.

Hypothèse du HVO sur le parcours de la lave sous le Kilauea

Le séisme de M 6,9 sur le Kilauea le 4 mai 2018 et ses répliques plusieurs mois plus tard (Source: USGS)