Yellowstone : Sismicité élevée mais pas d’inquiétude // Elevated seismicity but nothing to worry about

L’activité sismique à Yellowstone au cours du mois de juillet est restée élevée par rapport à l’activité de base observée dans le Parc.
L’Observatoire Volcanologique de Yellowsone (YVO) indique que 528 séismes ont été enregistrés dans la région du Parc National de Yellowstone. L’événement le plus significatif a atteignait M 3,6 le 18 juillet, à environ 14,5 km au nord-est de West Yellowstone. Ce séisme fait partie de l’essaim sismique observé dans cette même région depuis le 12 juin 2017.
La sismicité de juillet à Yellowstone est restée concentrée à environ 9,6 km au nord de West Yellowstone, secteur où un essaim a ajouté 475 séismes supplémentaires en juillet aux 1028 événements observés en juin.
Les séquences sismiques comme celles de juin et de juillet sont fréquentes et représentent environ 50% de la sismicité totale dans la région de Yellowstone. Il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter comme le font certains organes de presse.
Les instruments installés dans la caldeira de Yellowstone montrent une très faible variation de la déformation du sol ce mois-ci. Le soulèvement au nord de la caldeira, près du bassin Norris Geyser Basin, se poursuit lentement. La situation n’a pas évolué par rapport aux derniers mois. Les modèles de déformation actuels à Yellowstone restent dans le cadre des normes historiques.
Source: Yellowstone Volcano Observatory.

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Seismic activity at Yellowstone during the month of July has still been elevated levels compared with typical background activity.

The Yellowsone Volcano Observatory (YVO) indicates 528 earthquakes were located in the Yellowstone National Park region. The largest event was an M 3.6 event on July 18th, located about 14.5 km north northeast of West Yellowstone. This earthquake is part of a continued energetic swarm in the same area that began on June 12th, 2017.

July seismicity in Yellowstone was marked by the ongoing seismicity about 9.6 km north of West Yellowstone where an energetic swarm added an additional 475 earthquakes in July to the 1028 earthquakes in June.

Earthquake sequences like those of June and July are common and account for roughly 50% of the total seismicity in the Yellowstone region.

Monitored locations within the Yellowstone Caldera show minimal ground deformation change this month. Uplift north of the caldera, centered near the Norris Geyser Basin continues at a low rate. Behaviour is similar to the past several months. Current deformation patterns at Yellowstone remain within historical norms.

Source: Yellowstone Volcano Observatory.

Photo: C. Grandpey

Katla (Islande / Iceland): Retour au Vert // Back to Green

Le niveau d’alerte du Katla vient de repasser au Vert, après avoir momentanément été élevé à la couleur Jaune. Cela signifie que l’activité volcanique a décliné et que rien ne laisse entrevoir une éruption dans le court terme. D’autre part, la crue glaciaire de la rivière Múlakvísl est maintenant terminée.

Comme je l’ai écrit précédemment, la sismicité observée sur le volcan au cours des derniers jours était certainement trop superficielle pour annoncer une possible éruption. Elle était probablement liée à des mouvements du glacier et/ou des mouvements de fluides hydrothermaux sous la surface, comme cela se produit relativement fréquemment sur les volcans couronnés d’une calotte de glace. A noter que l’IMO ne fait état d’aucune déformation de l’édifice. S’agissant de la rivière Múlakvísl, si la conductivité de l’eau a montré un pic, sa température de sortie est restée modérée avec une quinzaine de degrés Celsius.

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Katla’s alert level has been moved from Yellow back to Green. This means that volcanic activity has subsided and that there are no signs of an impending eruption. The glacial river flood at Múlakvísl is also over.

As I put it before, the seismicity observed on the volcano in the past days was certainly too shallow to announce a possible eruption. It was probably linked to movements of the ice and/ or to the movements of geothermal fluids beneath the surface, as this happens quite frequently on volcanoes topped by an ice cap. It should be noted that IMO does not indicate any deformation of the edifice. As far as the Múlakvísl River is concerned, if the water conductivity showed a peak, its temperature remained moderate with 15°C or so.

Le glacier Myrdalsjökull – qui recouvre le volcan Katla – vu depuis l’espace (Source: NASA)

 

Ol Doinyo Lengai (Tanzanie) : Une éruption dans le court terme ? // A short term eruption ?

Selon des observations récentes, il semble que l’Ol Doinyo Lengai montre des signes de réveil et une éruption pourrait se produire à court terme.
Une géophysicienne de Virginia Tech a travaillé avec des universitaires locaux pour essayer de prévoir la prochaine éruption majeure. En juin 2016, ils ont installé cinq capteurs GPS autour de l’Ol Doinyo Lengai afin de contrôler les déformations de la surface du volcan.
Avec la collaboration de l’Université Ardhi de Tanzanie et le KIGAM de Corée du Sud, les chercheurs ont mis en place un système de surveillance en temps réel.
Le 17 janvier 2017, des signaux ont révélé que certaines parties du volcan se soulevaient. Ces signaux ont incité l’équipe scientifique à installer trois nouvelles stations en temps réel. Outre l’inflation, les chercheurs ont observé une augmentation des émissions de cendre et de l’activité sismique, un soulèvement au niveau de petits cônes volcaniques et l’agrandissement d’une fracture au sommet du volcan, du côté ouest.
Sur la base de ces données, les chercheurs ont mis en garde sur la proximité d’une éruption qui pourrait se produire d’ici « quelques semaines, quelques mois, un an ou plus ». [NDLR : Peut-on appeler cela de la prévision volcanique ?]
Les chercheurs font remarquer qu’une éruption n’affecterait probablement pas les nombreux sites paléoanthropologiques à proximité. En effet, l’Ol Doinyo Lengai se trouve à une centaine de kilomètres de la célèbre gorge Olduvai, avec un ensemble d’empreintes de pieds de 3,6 millions d’années à Laetoli et d’anciennes empreintes d’homo sapiens à Engare Sero.
Cependant, si une éruption majeure coïncidait avec une saison de fortes pluies, les coulées de débris pourraient atteindre Engare Sero et les sites à proximité. Historiquement, le Lengai a déjà produit de grands écoulements et des avalanches de débris qui ont atteint le rivage du lac Natron. Une telle situation pourrait constituer une menace pour le site et pour tous les camps situés le long du lac.
Source: The National Geographic.

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According to recent observations, it looks as if Ol Doinyo Lengai is showing signs that an eruption is imminent.

A geophysicist at Virginia Tech, has been partnering with local academics to try and predict the next major eruption. In June 2016, they installed five positioning sensors around Ol Doinyo Lengai in the hopes of tracking how magma is deforming the volcano’s surface.

In concert with Tanzania’s Ardhi University and South Korea’s KIGAM, the researchers set up a monitoring system that collects data on the volcano’s activity in real time.

On January 17th, 2017, there were signs that parts of the volcano were lifting upward. These signals incited the scientific team to install three new real-time stations. Beside the inflation, there were increased ash emissions, seismic activity, uplift at small volcanic cones, and an ever widening crack at the top of the volcano on the west side.

Based on the data they are seeing, the researchers warn that an eruption seems to be on the horizon, namely “a matter of a few weeks, a couple of months, or a year or more.”

The researchers note that an eruption alone likely would not affect many of the nearby paleoanthropological sites. Ol Doinyo Lengai is about 100 kilometres from the famed Olduvai Gorge, a collection of 3.6-million-year-old footprints at Laetoli, and more ancient Homo sapiens footprints at Engare Sero.

However, if a large eruption and a heavy rainy season were to coincide, the resulting debris flows could potentially harm Engare Sero and nearby sites. Historically, Lengai is capable of large debris flows and debris avalanches that reach the shore of Lake Natron, and these could potentially pose a significant threat to the site and to all of the camps that are along the lake edge.

Source : The National Geographic.

Vues du Lengai et du Rift en 2003 (Photos: C. Grandpey)

Corrélation entre la sismicité et la déformation d’un volcan // Correlation between seismicity and deformation of a volcano

À l’aide d’une technique appelée «interférométrie du bruit sismique» combinée à des mesures géophysiques, des chercheurs de l’Université de Cambridge ont mesuré l’énergie qui se déplace à l’intérieur d’un volcan. Ils ont constaté qu’il existe une réelle corrélation entre la vitesse de déplacement de cette énergie et les variations d’inflation et de déflation d’un édifice volcanique. La technique pourrait être utilisée pour prévoir les éruptions volcaniques avec plus de précision. Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue Science Advances.
Les données ont été recueillies par l’USGS sur le Kilauea à Hawaii où le cratère de l’Halema’uma’u renferme un lac de lave très actif. Les chercheurs ont installé des capteurs pour mesurer au cours d’une période de quatre ans les variations relatives de la vitesse des ondes sismiques qui se déplacent à l’intérieur du volcan. Ils ont ensuite comparé leurs résultats à un deuxième ensemble de données concernant les moindres déformations du volcan au cours de la même période.
Comme le Kilauea est très actif, il connaît en permanence des épisodes d’inflation et de déflation, en même temps que la pression dans la chambre magmatique située sous le sommet augmente et diminue. Les chercheurs de Cambridge ont utilisé le bruit sismique pour détecter les causes des déformations du Kilauea. Le bruit sismique est une vibration persistante de faible intensité à l’intérieur de la Terre ; elle révèle aussi bien les séismes que les mouvements des vagues dans l’océan. En mettant les capteurs en parallèle, les chercheurs ont pu isoler le bruit sismique en provenance du volcan. Ils se sont intéressés aux variations d’énergie entre les capteurs, qu’il s’agisse de son ralentissement ou de son accélération. Ils voulaient savoir si les variations de vitesse des ondes sismiques reflétaient une augmentation de pression à l’intérieur du volcan, en sachant que les volcans gonflent avant une éruption. Ce paramètre est essentiel pour la prévision éruptive.
Le réservoir magmatique du Kilauea se trouve  à un ou deux kilomètres en dessous du lac de la lave de l’Halema’uma’u. Au fur et à mesure que le volume de magma varie dans ce réservoir, tout le sommet du volcan se gonfle et se dégonfle. Dans le même temps, la vitesse sismique varie elle aussi. Lorsque la chambre magmatique se remplit, elle génère une augmentation de pression, ce qui entraîne une fermeture des fractures dans la roche environnante et la production d’ondes sismiques plus rapides, et vice versa.
C’est la première fois que les scientifiques ont pu mettre en parallèle le bruit sismique et la déformation sur une période aussi longue. La forte corrélation entre les deux montre qu’il pourrait s’agir d’une nouvelle approche en matière de prévision des éruptions volcaniques.
Source: Université de Cambridge.

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Using a technique called ‘seismic noise interferometry’ combined with geophysical measurements, researchers from the University of Cambridge measured the energy moving through a volcano. They found that there is a good correlation between the speed at which the energy travelled and the amount of inflation and deflation observed in a volcanic edifice. The technique could be used to predict more accurately when a volcano will erupt. Their results are reported in the journal Science Advances.

Data was collected by USGS across Kilauea in Hawaii, where Halema’uma’u is a lake of bubbling lava just beneath its summit. During a four-year period, the researchers used sensors to measure relative changes in the velocity of seismic waves moving through the volcano over time. They then compared their results with a second set of data which measured tiny changes in the angle of the volcano over the same time period.

As Kilauea is very active, it undergoes constant episodes of inflation and deflation as pressure in the magma chamber beneath the summit increases and decreases. The Cambridge researchers used seismic noise to detect what was controlling Kilauea’s movement. Seismic noise is a persistent low-level vibration in the Earth, caused by everything from earthquakes to waves in the ocean. By pairing sensors together, the researchers were able to isolate the seismic noise that was coming from the volcano. They were interested in how the energy travelling between the sensors changes, whether it is getting faster or slower. They wanted to know whether the seismic velocity changes reflect increasing pressure in the volcano, as volcanoes inflate before an eruption. This is crucial for eruption forecasting.

One to two kilometres below Kilauea’s lava lake, there is a reservoir of magma. As the amount of magma changes in this underground reservoir, the whole summit of the volcano inflates and deflates. At the same time, the seismic velocity changes. As the magma chamber fills up, it causes an increase in pressure, which leads to cracks closing in the surrounding rock and producing faster seismic waves – and vice versa.

This is the first time scientists have been able to compare seismic noise with deformation over such a long period, and the strong correlation between the two shows that this could be a new way of predicting volcanic eruptions.

Source : University of Cambridge.

Système d’alimentation du Kilauea

Exemple de déformation du Kilauea

Lac de lave de l’Halema’uma’u

(Source: USGS / HVO)