Réchauffement et diminution des eaux profondes de l’Antarctique // Heating up and shrinking of deep Antarctic waters

Voici d’autres nouvelles inquiétantes en provenance de l’Antarctique. Une étude du très sérieux British Anractic Survey (BAS) vient de révéler que les eaux océaniques profondes de l’Antarctique se réchauffent et diminuent de volume, ce qui aura inévitablement des conséquences importantes sur le réchauffement climatique et sur les écosystèmes océaniques profonds.
L’eau profonde de l’Antarctique est la plus froide et la plus salée de la planète. Elle joue un rôle crucial dans la capacité de l’océan à agir comme tampon contre le réchauffement climatique en absorbant l’excès de chaleur et la pollution d’origine anthropique. Cette eau fait également circuler les nutriments à travers l’océan.
Les scientifiques ont découvert que dans la Mer de Weddell, le long de la côte nord de l’Antarctique, cette masse d’eau froide est en déclin, en raison des fluctuations des vents et de la banquise. Les chercheurs ont utilisé des décennies de données fournies par des navires et par des satellites pour évaluer le volume, la température et la salinité de cette partie de l’océan Antarctique profond.
Certaines de ces zones profondes de l’océan ont été visitées pour la première fois en 1989, ce qui en fait l’une des régions les mieux échantillonnées de la Mer de Weddell. Les chercheurs ont découvert que le volume des eaux froides profondes a diminué de plus de 20 % au cours des trois dernières décennies. Ils ont également constaté que les eaux océaniques à plus de 2 000 mètres de profondeur se sont réchauffées quatre fois plus vite que le reste de l’océan à l’échelle de la planète. Jusqu’à présent, les scientifiques pensaient que les changements dans l’océan profond se produisaient lentement, sur des siècles. Les dernières observations effectuées dans la Mer de Weddell montrent que ces changements peuvent se produire sur quelques décennies seulement.
La diminution de ces eaux profondes est due à des changements dans la formation de la glace de mer suite à l’affaiblissement des vents. En effet, des vents forts ont tendance à éloigner la glace de la plate-forme glaciaire, ce qui laisse des espaces d’eau ouverts permettant à la glace de se former. Des vents plus faibles réduisent la taille de ces zones et ralentissent la formation de la glace de mer.
La nouvelle glace de mer est essentielle car elle fournit de l’eau très froide et salée à la Mer de Weddell. Lorsque l’eau gèle, elle expulse le sel et comme l’eau salée est plus dense, elle s’enfonce au fond de l’océan. Les changements dans ces eaux profondes peuvent avoir des conséquences considérables. Elles sont un élément essentiel de la circulation océanique globale car elles acheminent la pollution par le carbone d’origine humaine vers l’océan profond où elle demeure pendant des siècles. Si cette circulation profonde s’affaiblit, l’océan profond absorbera moins de carbone, limitant dans le même temps sa capacité à atténuer le réchauffement climatique.
Les océans ont absorbé plus de 90 % de la chaleur excédentaire de la planète depuis les années 1970 et ils absorbent près d’un tiers de la pollution par le carbone d’origine anthropique. Cette eau froide et dense joue également un rôle vital dans l’apport d’oxygène aux eaux profondes de l’océan. Les scientifiques ne savent pas si les écosystèmes profonds pourront s’adapter à moins d’oxygène.
Les changements identifiés par l’étude du BAS sont le résultat de la variabilité naturelle du climat, mais le réchauffement climatique a également un impact sur les eaux profondes de l’Antarctique. Dans une étude effectuée au mois de mars 2023, des scientifiques ont découvert que la fonte des glaces réduit la salinité de l’océan et ralentit la circulation des eaux océaniques profondes dans l’Antarctique. Si nous ne réduisons pas la pollution et son effet de réchauffement, il y un risque d’arrêt de la circulation des eaux profondes des océans, avec des conséquences potentiellement dévastatrices pour le climat et les écosystèmes marins.
Source : CNN.

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Here is more bad news from Antarctica. A study by the very serious British Anractic Survey (BAS) has just revealed that deep ocean water in the Antarctic is heating up and shrinking, with potentially far-reaching consequences for climate change and deep ocean ecosystems.

“Antarctic bottom water” is the coldest, saltiest water on the planet. These waters play a crucial role in the ocean’s ability to act as a buffer against climate change by absorbing excess heat and human-caused carbon pollution. They also circulate nutrients across the ocean.

Scientists have discovered that in the Weddell Sea, along the northern coast of Antarctica, this vital water mass is in decline, due to long-term changes in winds and sea ice. They used decades of data taken by ships as well as from satellites to assess the volume, temperature and saltiness of this slice of deep Antarctic Ocean.

Some of these sections were first visited as far back as 1989, making them some of the most comprehensively sampled regions in the Weddell Sea. The researchers have found that the volume of the cold bottom waters has shrunk by more than 20% over the past three decades. They also found that ocean waters deeper than 2,000 meters have warmed four times faster than the rest of the global ocean. Up to now, scientists used to think that changes in the deep ocean could only occur over centuries. But the latest observations from the Weddell Sea show that changes in the dark abyss can take place over just a few decades.

The reason why these deep waters are shrinking is due to changes in sea ice formation caused by weakening winds. Indeed, stronger winds tend to push ice away from the ice shelf, which leaves areas of water open for more ice to form. Weaker winds mean these gaps are smaller, slowing sea ice creation.

New sea ice is vital to create the Weddell Sea’s very cold, salty water. As the water freezes, it pushes out salt and as salty water is denser, it sinks to the bottom of the ocean. The changes in these deep waters can have far-reaching consequences. They are a vital part of global ocean circulation, transporting human-caused carbon pollution into the deep ocean where it remains for centuries. If this deep circulation weakens, less carbon can be absorbed by the deep ocean, limiting the ability of the ocean to mitigate global warming.

Oceans have absorbed more than 90% of the world’s excess heat since the 1970s and absorb almost a third of human-produced carbon pollution. This cold, dense water also has a vital role in supplying oxygen to deep ocean waters. Scientists do not know yet how and whether deep ecosystems could adapt to less oxygen.

While the changes identified by the study are the result of natural climate variability, climate change is also having an impact on Antarctica’s deep waters. In a March study, scientists found that melting ice is diluting the saltiness of the ocean and slowing down the circulation of deep ocean water in the Antarctic. Failure to limit planet-heating pollution could lead to the collapse of the circulation of deep ocean water, with potentially devastating consequences for the climate and marine life.

Source : CNN.

Antarctique occidental et Mer de Weddell (Source: BAS)

La glace de mer de l’Antarctique au plus bas // Antarctic sea ice at its lowest

Après le record de température de l’air enregistré le 3 juillet 2023 à la surface de notre planète, voici un autre record inquiétant : Le niveau de la glace de mer en Antarctique a atteint un niveau record à la fin du mois de juin. Les scientifiques expliquent que ce « comportement extraordinaire » pourrait marquer le début du déclin de la glace de mer antarctique sur le long terme.
La NOAA indique que le 27 juin 2023, l’étendue de la glace de mer en Antarctique était inférieure de près de 2,6 millions de kilomètres carrés à la moyenne pour cette période de l’année, par rapport à la période allant de 1981 à 2010. Il s’agit d’une perte de glace d’une superficie près de quatre fois supérieure à celle du Texas. L’étendue de la glace de mer le 27 juin était également inférieure d’environ 1,3 million de kilomètres carrés à ce qu’elle était le même jour en 2022.
Comme les saisons sont inversées en Antarctique par rapport à l’hémisphère nord (c’est actuellement l’hiver en Antarctique), la glace de mer devrait croître rapidement. Or, si la glace de mer s’accumule toujours autour du continent, ce n’est pas au même rythme, ni de manière aussi significative, que les années précédentes.
Par rapport à la période 1981 – 2010, la glace de mer en Antarctique a diminué presque uniformément autour des bordures du continent, sauf dans la Mer d’Amundsen, au large de l’Antarctique occidental, où elle a augmenté et s’étend plus loin que la moyenne.
Au total, la glace de mer antarctique couvre actuellement environ 11,7 millions de kilomètres carrés, superficie qui devrait augmenter jusqu’à la mi- ou la fin septembre, moment où l’étendue de glace de mer atteint généralement son maximum d’environ 18,4 millions de kilomètres carrés. La glace se retirera ensuite au cours du printemps et de l’été antarctiques pour atteindre son minimum annuel d’environ 2,5 millions de kilomètres carrés, généralement enregistré entre la fin février et le début mars.
L’étendue de la glace de mer en Antarctique varie davantage d’une année à l’autre que celle de la glace de mer arctique, en raison des différences géographiques entre les deux régions. Toutefois, le record actuel enregistré en Antarctique est inhabituel. Les chercheurs savent depuis un certain temps que la glace de mer arctique est sur une trajectoire descendante sur le long terme, avec des pertes de plus en plus rapides et des changements spectaculaires dans le paysage dus au réchauffement climatique. Les tendances en Antarctique sont moins marquées ; le maximum hivernal de l’étendue de la glace de mer a été enregistré en 2014.
Pour la deuxième année consécutive, les chercheurs enregistrent en Antarctique des niveaux de glace de mer inférieurs à la moyenne de 1981 à 2010, avec des records journaliers depuis avril 2023 et les niveaux les plus bas depuis le début des mesures satellitaires en mars 2023.
Source : Live Science, NOAA.

Carte de l’Antarctique montrant l’étendue de la glace de mer en juin 2023 par rapport à la moyenne entre 1981 et 2010. (Source : NOAA)

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After the record air temperature recorded on July 3rd, 2023 at the surface of our planet, here is another disturbing record : Antarctic sea ice levels reached record-breaking lows at the end of June. Scientists warn that this « extraordinary behavior » could mark the start of its long-term decline.

NOAA indicates that as of June 27th, 2023, , the extent of sea ice in Antarctica was nearly 2.6 million square kilometers below average for this time of year, compared with the period between 1981 to 2010. It is a loss of ice an area of ice nearly four times the size of Texas. The extent of sea ice on June 27th was also about 1.3 million square kilometers smaller than it was on the same day lin 2022.

Because seasons are flipped in Antarctica relative to the Northern Hemisphere (it is currently winter in Antarctica), sea ice should be growing fast. While sea ice is accumulating around the continent, this is not happening at the same rate and to the same extent as in previous years.

Compared with the period between 1981 and 2010, sea ice has shrunk almost uniformly around the continent’s margins, except in the Amundsen Sea, off West Antarctica, where sea ice has grown and extended further out than average.

In total, Antarctic sea ice now covers roughly 11.7 million square kilometers, and this area is projected to grow until mid-to-late September, which is when sea ice extent usually reaches its maximum of about 18.4 million square kilometers. The ice will then retreat during the Antarctic spring and summer to reach its annual minimum of about 2.5 million square kilometers, which is usually recorded in late February to early March.

Antarctic sea ice extent exhibits more variation year-to-year than Arctic sea ice due to geographic differences between the two regions. But even so, the current record-low is unusual. Researchers have known for some time that sea ice in the Arctic is on a long-term downward trajectory, with accelerating losses and dramatic changes in the landscape driven by global warming. Trends in Antarctica are less clear-cut, with the all-time-high winter maximum in sea ice extent recorded in 2014.

Researchers are measuring levels of Antarctic sea ice consistently below the 1981-to-2010 average, with daily record lows set since April 2023 and the lowest levels since satellite records began recorded in March, for the second year in a row.

Source : Live Science, NOAA.

Réchauffement climatique : records en pagaille // Global warming : loads of records

Nous ne sommes qu’à la moitié de l’année 2023 et de nombreux records climatiques sont en train d’être battus, avec des températures en hausse, des océans exceptionnellement chauds, des niveaux record de pollution par le carbone dans l’atmosphère et des niveaux record de manque de glace en Antarctique. Certains scientifiques tirent la sonnette d’alarme, craignant que cette situation soit le signe d’un réchauffement de la planète beaucoup plus rapide que prévu. Ces mêmes scientifiques disent que même si les records sont alarmants, ils ne sont pas surprenants en raison à la fois de l’augmentation continue des gaz à effet de serre et de l’arrivée d’El Niño, qui a un effet de réchauffement global.

Voici cinq preuves montrant à quel point l’année 2023 a déjà battu des records, en sachant que les mois les plus chauds sont à venir.

Températures globales.
Notre planète est déjà plus chaude de 1,2°C qu’à l’époque préindustrielle, et les cinq prochaines années devraient être les plus chaudes jamais enregistrées. 2023 s’annonce comme l’une des plus chaudes à ce jour, et toutes les données montrent que les températures atteignent des niveaux inhabituellement élevés.
Le service européen Copernicus indique que les onze premiers jours de juin 2023 ont vu les températures les plus hautes jamais enregistrées pour cette période de l’année, avec une marge substantielle. C’est également la première fois que la température globale de l’air en juin dépasse les niveaux préindustriels de plus de 1,5 °C.

Des records de chaleur sont battus à travers le monde.
Au Canada, où une vague de chaleur particulièrement sévère a touché une grande partie du pays, les températures ont battu plusieurs records. La chaleur a favorisé le départ des premiers incendies de forêt qui ont brûlé une zone 15 fois plus grande que la moyenne à cette période de l’année, avec des fumées qui ont atteint les États-Unis.
Plusieurs records de chaleur absolus ont également été battus début juin 2023 en Sibérie (voir mes notes précédentes). Certaines parties de l’Amérique centrale, ainsi que du Texas et de la Louisiane sont également confrontées à des températures très élevées. Porto Rico a connu une chaleur extrême en juin, avec des températures de plus de 48 degrés Celsius.
Des régions entières de l’Asie du Sud-Est ont connu leur plus forte vague de chaleur jamais enregistrée, tandis que des températures record en Chine ont anéanti des animaux et des cultures et suscité des inquiétudes quant à la sécurité alimentaire.

Les températures des océans battent également des records.
Les océans se réchauffent à des niveaux record et rien ne montre que cette tendance va s’arrêter. La hausse des températures à la surface de l’océan a commencé à inquiéter les scientifiques en mars lorsqu’elles ont commencé à grimper, avec une accélération et des niveaux records en avril.
Selon la NOAA, mai 2023 a été le mois de mai le plus chaud jamais enregistré sur les océans de la planète. C’est un schéma de réchauffement qui dure depuis des années. En 2022, les océans avaient déjà battu des records de chaleur pour la quatrième année consécutive.
Le réchauffement des océans a des conséquences désastreuses, avec notamment le blanchissement des coraux, la mort de la vie marine et l’élévation du niveau de la mer.

La glace de mer antarctique à des niveaux record de faiblesse.
La glace de mer de l’Antarctique est actuellement à son niveau le plus bas jamais enregistré pour cette période de l’année. Certains scientifiques craignent que ce soit un signe supplémentaire que la crise climatique a atteint cette région isolée de la planète.
Fin février 2023, la glace de mer antarctique a atteint sa plus faible étendue depuis le début des relevés dans les années 1970, ce qui confirme une tendance à la baisse très prononcée.
Alors que l’Antarctique est entré dans son hiver et que la glace de mer a recommencé à se former, la surface occupée reste à un niveau record pour cette période de l’année.
Il convient de noter qu’il existe un lien entre ce déclin de la glace de mer antarctique et les eaux chaudes des océans Indien, Pacifique et Atlantique. Un dixième de degré de réchauffement de la température de l’océan suffit à inhiber la croissance de la glace de mer.
La réduction de la glace de mer cause également de graves dégâts aux espèces qui vivent sur ce continent, comme les manchots qui dépendent de la glace de mer pour se nourrir et pour l’éclosion de leurs œufs.

Niveaux record de dioxyde de carbone.
Le niveau de dioxyde de carbone dans l’air, généré par la combustion des combustibles fossiles, a atteint un record en mai, avec 424 parties par million (ppm), avec une avec une hausse constante qui n’avait jamais été observée il y a des millions d’années. Les niveaux de pollution par le carbone, qui alimentent la crise climatique, sont désormais supérieurs de 50 % à ce qu’ils étaient avant le début de la révolution industrielle.
Source : NOAA, NASA, Copernicus, British Antarctic Survey.

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We are only halfway through 2023 and many climate records are being broken, with soaring temperatures, unusually hot oceans, record high levels of carbon pollution in the atmosphere and record low levels of Antarctic ice. Some scientists are sounding the alarm, fearing it could be a sign of a planet warming much more rapidly than expected. They say that while the records are alarming, they are not unexpected due to both the continued rise of planet-heating pollution and the arrival of El Niño, which has a global heating effect.

Here are five bodies of evidence showing just how record-breaking this year has already been, with the hottest months still to come.

Global temperatures.

The world is already 1.2 degrees Celsius warmer than it was in preindustrial times, and the next five years are predicted to be the hottest on record. 2023 is shaping up to be one of the hottest yet, with global data showing temperatures spiking to unusually high levels.

The Copernicus Climate Change Service indicates that the first eleven days of June 2023saw the highest temperatures on record for this time of year by a substantial margin. It is also the first time global air temperatures during June exceeded preindustrial levels by more than 1.5 °C.

Heat records are being broken across the world.

In Canada, where an unusually severe heatwave has been blanketing much of the country, temperatures have broken multiple records. The heat has helped set the stage for early wildfires burning an area about 15 times bigger than average for this time of the year, with smokes drifting into the United States.

Several all-time heat records were also broken in early June 2023 in Siberia (see my previous posts). Parts of Central America, as well as Texas and Louisiana are also facing very high temperatures. And Puerto Rico experienced extreme heat this June, with temperatures feeling like more than 48 degrees Celsiust.

Swaths of Southeast Asia have experienced their harshest heatwave on record, while record temperatures in China have killed animals and crops and sparked concerns about food security.

Ocean temperatures are breaking records too.

Oceans are heating up to record levels and show no sign of stopping. Rising ocean surface temperatures began alarming scientists in March when they started to climb and then skyrocketed to reach record levels in April.

According to NOAA, May 2023 was the hottest May on record for the world’s oceans. It’s a pattern of warming that has been going on for years. In 2022, the world’s oceans broke heat records for the fourth year in a row.

Ocean warming poses dire consequences, including coral bleaching, the die-off of marine life and rising sea levels.

Antarctic sea ice at record lows.

Antarctica’s sea ice is currently at record lows for this time of year, with some scientists concerned it is a further sign the climate crisis has arrived in this isolated region.

In late February 2023, Antarctic sea ice reached its lowest extent since records began in the 1970s, confirming a very steep downward trend.

As the Antarctic has moved into its winter, and the sea ice has started to grow again, levels are still tracking at record low levels for this time of year.

It should be noted that there is a link between this decline os Antarctic sea ice and the warm waters off the Indian, Pacific and Atlantic Oceans. Even a tenth of a degree of warming is enough to inhibit sea ice growth.

The decline in sea ice also poses severe harm to the continent’s species, including penguins who rely on sea ice for feeding and hatching eggs.

Record carbon dioxide levels.

The levels of carbon dioxide in the air, released from the burning of fossil fuels, hit a record in May, with 424 parts per million, a steady climb further into territory not seen for millions of years.. Carbon pollution levels, which fuel the climate crisis, are now more than 50% higher than they were before the Industrial Revolution began..

Source : NOAA, NASA, Copernicus, British Antarctic Survey.

Concentrations de CO2 au sommet du Mauna Loa (Hawaii) le 16 juin 2023 (Source : NOAA)

 

Images montrant l’impact de la vague de chaleur sur un réservoir de Catalogne entre le 21 mars 2021 et le 12 avril 2023.

Arctique : c’est foutu ! // Arctic : it’s screwed!

Selon une étude publiée début juin 2023 dans Nature Communications, la calotte glaciaire de l’océan Arctique disparaîtra en été dès les années 2030, soit une décennie plus tôt que prévu, quels que soient les moyens mis en œuvre par notre planète pour absorber la pollution par le carbone, cause du réchauffement climatique. Même la limite du réchauffement climatique à 1,5 degrés Celsius prévue par le traité de Paris sur le climat (la fameuse COP 21) n’empêchera pas la vaste étendue de glace de mer du pôle Nord de fondre en septembre. On peut lire dans le rapport : « Il est trop tard pour continuer à protéger la glace de mer estivale de l’Arctique, que ce soit en tant que paysage et en tant qu’habitat. La glace de mer sera le premier élément majeur de notre système climatique que nous perdrons à cause de nos émissions de gaz à effet de serre. »
Nous savons depuis de nombreuses années que la diminution de la couverture de glace a de graves répercussions sur les conditions météorologiques, les personnes et les écosystèmes, non seulement dans l’Arctique, mais à l’échelle mondiale. Un co-auteur de l’étude explique que la fonte de la glace arctique peut accélérer le réchauffement climatique en faisant dégeler le pergélisol riche en gaz à effet de serre, et faire s’élever le niveau de la mer en faisant fondre la calotte glaciaire du Groenland.
La couche de glace de plusieurs kilomètres d’épaisseur au Groenland contient suffisamment d’eau pour provoquer une hausse de six mètres du niveau des océans. En revanche, la fonte de la glace de mer n’a pas d’impact perceptible sur le niveau de la mer car la glace est déjà dans l’eau, comme des glaçons dans un verre. Malgré tout, la disparition de la glace de mer alimente un cercle vicieux de réchauffement.
Environ 90 % de l’énergie solaire qui frappe la blancheur de la banquise est renvoyée dans l’espace à travers l’albédo. Le problème, c’est que lorsque la lumière du soleil frappe l’eau sombre – car dépourvue de glace – de l’océan, quasiment la même quantité de cette énergie est absorbée par l’océan et répartie à travers le globe.
Les régions des pôles Nord et Sud se sont réchauffées de trois degrés Celsius par rapport à la fin du 19ème siècle, soit près de trois fois la moyenne mondiale.
La dernière étude explique qu’un mois de septembre sans glace dans les années 2030, c’est  » une décennie plus tôt que dans les récentes projections du GIEC. Dans son rapport historique de 2021, le GIEC prévoyait avec une « confiance élevée » que l’océan Arctique deviendrait pratiquement libre de glace au moins une fois d’ici le milieu du siècle, et ceci dans les scénarios d’émissions de gaz à effet de serre les plus extrêmes.
La nouvelle étude – qui s’appuie sur des données d’observation couvrant la période 1979-2019 pour s’ajuster aux modèles du GIEC – conclut que ce seuil sera très probablement franchi dans les années 2040. Les chercheurs ont également conclu que les activités humaines étaient responsables jusqu’à 90% du rétrécissement de la calotte glaciaire ; les facteurs naturels comme l’activité solaire et volcanique n’ont qu’un impact mineur.
L’étendue de glace de mer la plus faible jamais enregistrée dans l’Arctique (3,4 millions de kilomètres carrés) a eu lieu en 2012, suivie des années 2020 et 2019. Pour les scientifiques, l’océan Arctique est « libre de glace » si la zone couverte par la glace est inférieure à un million de kilomètres carrés, soit environ sept pour cent de la superficie totale de l’océan.
La glace de mer en Antarctique, quant à elle, est tombée à 1,92 million de kilomètres carrés en février 2023, le niveau le plus bas jamais enregistré, et près d’un million de kilomètres carrés en dessous de la moyenne de 1991-2020.
Source : médias d’information internationaux.

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According to a stuty published early June 2023 in Nature Communications, the Arctic Ocean’s ice cap will disappear in summer as soon as the 2030s and a decade earlier than thought, no matter how aggressively humanity draws down the carbon pollution that drives global warming. Even capping global warming at 1.5 degrees Celsius in line with the Paris climate treaty will not prevent the north pole’s vast expanse of floating ice from melting away in September. « It is too late to still protect the Arctic summer sea ice as a landscape and as a habitat. This will be the first major component of our climate system that we lose because of our emission of greenhouse gases. »

We have known for many years that decreased ice cover has serious impacts over time on weather, people and ecosystems, not just within the region, but globally. A co-author of the study explains that it can accelerate global warming by melting permafrost laden with greenhouse gases, and sea level rise by melting the Greenland ice sheet.

Greenland’s kilometres-thick blanket of ice contains enough frozen water to lift oceans six metres.

By contrast, melting sea ice has no discernible impact on sea levels because the ice is already in ocean water, like ice cubes in a glass. But it does feed into a vicious circle of warming.

About 90 percent of the Sun’s energy that hits white sea ice is reflected back into space through the albedo. But when sunlight hits dark, unfrozen ocean water instead, nearly the same amount of that energy is absorbed by the ocean and spread across the globe.

Both the North and South Pole regions have warmed by three degrees Celsius compared to late 19th-century levels, nearly three times the global average.

The latest study warns that an ice-free September in the 2030s « is a decade faster than in recent projections of the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC). In its landmark 2021 report, the IPCC forecast with « high confidence » that the Arctic Ocean would become virtually ice-free at least once by mid-century, and even then only under more extreme greenhouse gas emissions scenarios.

The new study – which draws from observational data covering the period 1979-2019 to adjust the IPCC models – finds that threshold will most likely be crossed in the 2040s. The researchers have also calculated that human activity was responsible for up to 90 percent of the ice cap’s shrinking, with only minor impacts from natural factors such as solar and volcanic activity.

The record minimum sea ice extent in the Arctic (3.4 million square kilometres) occurred in 2012, with the second- and third-lowest ice-covered areas in 2020 and 2019, respectively. Scientists describe the Arctic Ocean as « ice-free » if the area covered by ice is less than one million square kilometres, about seven percent of the ocean’s total area.

Sea ice in Antarctica, meanwhile, dropped to 1.92 million square kilometres in February 2023 the lowest level on record and almost one million square kilometres below the 1991-2020 mean.

Source : International news media.

La glace de mer arctique : une espèce en voie de disparition (Photo: C. Grandpey)