Les tempêtes de sable et de poussière // Sand and dust storms

Une importante tempête de sable a balayé le nord-ouest de l’Afrique le 30 mars 2026. D’après les images satellites, elle s’étendait sur environ 1 600 km. Ce phénomène est attribué à une dépression située au-dessus de l’Algérie, qui a aspiré de l’air en provenance d’Europe et soulevé des poussières sahariennes à travers la région. La tempête a touché le sud et le centre du Maroc, l’Algérie et la Mauritanie, avant de se déplacer vers l’océan Atlantique et les îles Canaries où la population a été surprise, car personne ne s’attendait à ce qu’elle atteigne l’archipel.
Source : Médias internationaux.

Tempête de sable dans le nord de l’Arabie saoudite les 4 et 5 mai 2025

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) explique que les principales sources de poussière à l’échelle de la planète se concentrent dans les régions arides et semi-arides, notamment les grands déserts comme le Sahara en Afrique, le Gobi en Asie et le désert d’Arabie au Moyen-Orient. Le Sahara est responsable à lui seul de plus de la moitié des émissions de poussière dans le monde.
L’activité des tempêtes de sable et de poussière varie considérablement en fonction de la situation géographique, des conditions climatiques et des facteurs environnementaux locaux. Elles proviennent de sources naturelles telles que les déserts, les lits de lacs asséchés et les régions côtières aux sédiments instables. Les activités humaines aggravent le problème par le biais de la construction, de l’agriculture et de mauvaises pratiques de gestion des terres qui détruisent la végétation et exposent les sols à l’érosion éolienne.

Le réchauffement climatique amplifie la fréquence des tempêtes de sable et de poussière en modifiant les régimes météorologiques et en réduisant le couvert végétal. Toutefois, la relation entre le réchauffement climatique et les tempêtes de sable ou de poussière est complexe. D’une part, la hausse des températures assèche les sols et accélère la désertification, ce qui facilite grandement le soulèvement des fines particules par le vent. Dans des scénarios de réchauffement extrême, la quantité de poussière saharienne soulevée dans l’atmosphère pourrait augmenter de 40 % à 60 % d’ici la fin du siècle. Cependant, l’impact futur des tempêtes de sable et de poussière dépend aussi des régimes de vent. Certaines tempêtes sahariennes sont devenues plus rares et moins intenses au cours des deux dernières décennies. Cela s’explique en partie par une augmentation de la végétation dans la région du Sahel, à la frontière sud du Sahara. Mais c’est aussi dû à un affaiblissement général des vents de surface et à des changements dans certains régimes climatiques à grande échelle.

Les tempêtes de sable et de poussière sont des phénomènes environnementaux et météorologiques qui touchent presque tous les pays du monde. Dans les pays situés dans ou à proximité de sources de poussière désertiques, ces tempêtes peuvent nuire gravement à l’élevage, à l’agriculture et à la santé humaine. Les tempêtes les plus violentes peuvent également entraîner la fermeture de routes et d’aéroports en raison d’une visibilité réduite et endommager les infrastructures. Elles peuvent aussi perturber la production d’énergie solaire.
Dans des régions plus éloignées, la poussière en suspension dans l’air peut dégrader la qualité de l’air, bloquer la lumière du soleil ou perturber les transports. Comme on a pu le constater récemment, les tempêtes de poussière saharienne peuvent être transportées sur des milliers de kilomètres à travers l’océan, impactant la vie quotidienne dans les Caraïbes ou aux îles Canaries.

Source: NASA

En ce qui concerne l’Europe, la poussière saharienne peut fortement dégrader la qualité de l’air, faisant grimper les niveaux de particules invisibles au-delà des seuils sanitaires recommandés. Ces fines particules, connues sous le nom de PM10, peuvent pénétrer profondément dans les poumons, déclenchant des crises d’asthme et des problèmes cardiovasculaires.

Ces dernières années, les habitants d’Espagne, de France et du Royaume-Uni ont observé des levers de soleil d’un orange intense et un ciel avec une brume jaunâtre. Ces ciels brumeux déposent souvent une fine couche de poussière couleur rouille sur les voitures et les vitres. Une intrusion de poussière saharienne dans les Alpes européennes en mars 2022 a contribué à une fonte glaciaire record cette année-là, car elle a réduit la capacité de la surface de la glace à réfléchir la lumière du soleil.

Dépôts de sable sur le domaine de Piau-Engaldans les Hautes-Pyrénées (Source: Twitter)

Cependant, cette poussière peut aussi présenter des avantages. Les nutriments qu’elle contient contribuent à fertiliser les écosystèmes marins et terrestres, ce qui est bénéfique pour l’agriculture et la pêche.

Source : Organisation météorologique mondiale (OMM).

Voir aussi une note parue sur mon blog le 6 mai 2025. Elle est intitulée « tempêtes de sable et réchauffement climatique »:

Tempêtes de sable et réchauffement climatique // Sandstorms and global warming

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A large sandstorm swept across northwestern Africa on March 30, 2026. The storm was estimated to be approximately 1 600 km long based on satellite imagery. The event was driven by a low-pressure system over Algeria, which drew in air from Europe and lifted Saharan dust across the region. The storm affected southern and central Morocco, Algeria, and Mauritania as it moved across the region into the Atlantic Ocean and the Canary Islands where people were surprised as they did not expect the sorm to reach the archipelago.

Source : international news media.

The World Meteorological Organization (WMO) explains that the most significant dust sources globally are concentrated in arid and semi-arid regions, particularly major deserts such as the Sahara in Africa, the Gobi in Asia, and the Arabian Desert in the Middle East. The Sahara accounts for more than half of the world’s total dust emissions.

Sand and dust storm activity varies widely depending on geographical location, climate conditions, and local environmental factors.  They originate from natural sources like deserts, dry lake beds, and coastal regions with loose sediment. Human activities exacerbate the problem through construction, agriculture, and poor land management practices that strip vegetation and expose soil to wind erosion.

Global warming amplifies the occurrence of sand and dust storms by altering weather patterns and reducing vegetation cover. However, the relationship between global warming and dust storms is complex. On one hand, rising temperatures dry out soils and accelerate desertification, making it far easier for wind to dislodge fine particles. Under extreme warming scenarios, the amount of Saharan dust lifted into the atmosphere could rise by 40% to 60% by the end of the century.

However, the future impact of dust storms also depends on wind patterns. Certain Saharan sand and dust storms have actually become rarer and less intense over the past two decades. Partly, this is due to an increase in vegetation in the Sahel region at the southern border of the Sahara. But it’s also due to a weakening of surface winds in general, and changes in certain large-scale climate patterns.

Sand and dust storms are environmental and weather-related phenomena that affect nearly all countries across the world. In countries within or near desert dust sources, sand and dust storms can seriously harm livestock, agriculture, and human health. Strong storms may also close roads and airports due to poor visibility and damage infrastructure. They can also disrupt solar energy production.

In distant regions, dust in the air can reduce air quality, block sunlight, or disrupt transportation.  As could be seen with the recent event, Saharan dust storms can be transported thousands of kilometers across the ocean, impacting daily life in the Caribbean or the Canary Islands.

As far as Europe is concerned, Saharan dust can substantially degrade air quality, pushing levels of invisible particules beyond health guidelines. These fine particles, known as PM10, can penetrate deep into the lungs, triggering asthma and cardiovascular issues.

In recent years, residents of Spain, France and the UK have observed deep orange sunrises and skies thick with a yellowish haze. These hazy skies often deposit rust-colored precipitation that leaves a fine grit on cars and windows. An intrusion of Saharan dust into the European Alps in March 2022 contributed to record glacier loss that year, as it makes the ice surface less able to reflect sunlight . However, transported dust can also bring benefits. Nutrients in the dust help fertilize marine and land ecosystems, benefiting agriculture and fisheries.

Source : World Meteorological Organization (WMO).

Les inondations au Sahara et leurs conséquences // Floods in Sahara and their consequences

S’agissant des événements extrêmes provoqués par le réchauffement climatique d’origine humaine ces dernières semaines, on a beaucoup parlé des ouragans Helene et Milton qui ont meurtri le sud-est des États-Unis. Un autre événement extrême est passé plus inaperçu, bien qu’il puisse avoir un impact sur toute une région dans les mois et années à venir.
Les 6 et 7 septembre 2024, des précipitations équivalentes à celles d’une année entière se sont abattues sur certaines régions du Maroc, provoquant des inondations dans des régions habituellement arides. On recense 11 morts et 9 disparus.
Les zones touchées ont connu d’importantes perturbations. Il est fait état de maisons détruites, de dégâts sur les routes et de problèmes d’approvisionnement en électricité et en eau potable. Les inondations ont également entraîné le remplissage de lacs et d’aquifères jusque là asséchés, ce qui pourrait atténuer temporairement les pénuries d’eau dans la région.
Tagounite, près de la frontière algérienne, a enregistré 170 mm de précipitations le 7 septembre, et Marrakech en a enregistré 90 mm. Dans la région de Ouarzazate, 47 mm de pluie sont tombés en seulement trois heures.
La région du sud du Maroc connaît habituellement des précipitations relativement faibles, en particulier en septembre. Par exemple, Marrakech reçoit généralement entre 15 et 20 mm de précipitations au cours de ce mois. Ouarzazate, située dans une région désertique, ne reçoit en moyenne que 5 à 10 mm au cours de ce même mois.
Chaque année, les précipitations varient selon les régions : Marrakech reçoit environ 240 à 280 mm de pluie, Essaouira environ 300 à 350 mm et Ouarzazate seulement 50 à 100 mm. Des villes comme Tagounite et Asni, situées près du Sahara et des montagnes de l’Atlas, connaissent des précipitations annuelles tout aussi faibles en raison de leur environnement aride.
Les climatologues de la Direction météorologique du Maroc indiquent que les fortes précipitations récentes sont les plus intenses enregistrées depuis 30 à 50 ans dans un laps de temps aussi court. Ces précipitations inhabituelles sont importantes car le Sahara est généralement l’une des régions les plus sèches de la planète. Les météorologues marocains ajoutent que la présence d’eau dans le Sahara pourrait profondément modifier les prévisions météorologiques. Ainsi, ce type de situation pourrait avoir un impact notable sur les systèmes météorologiques et les modèles de prévision, car l’humidité crée par de telles précipitations peut influencer les conditions atmosphériques, modifiant potentiellement les modèles météorologiques établis dans la région et au-delà.
Source : The Watchers, presse marocaine, NASA.

 

Image du Sahara le 14 août 2024 avant le déluge

Image de la même région après les fortes précipitations

(Source : NASA)

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As far as extreme events triggered by human-caused global warming are concerned, there has been a lot of talk about huricanes Helene and Milton that deeply affected south-est United States. Another extreme event went more discreet although it could have an impact on a whole region.

Over a year’s worth of rainfall fell on parts of Morocco on September 6th and 7th, 2024, causing floods in normally arid regions, and resulting in 11 deaths and 9 missing persons.

The affected areas experienced significant disruptions, with reports of destroyed homes, damage to roads, and issues with electricity and drinking water supplies. The flooding also led to the refilling of dry lakebeds and aquifers, which might temporarily ease water shortages in the region.

Tagounite, near the Algerian border, registered 170 mm of precipitation on September 7th, and Marrakech recorded 90 mm. In the Ouarzazate region, 47 mm of rain fell within just three hours.

The region of southern Morocco experiences relatively low rainfall, particularly in September. For example, Marrakech typically receives around 15 – 20 mm of rainfall during this month. Ouarzazate, which is located in a desert region, averages just 5 – 10 mm during the same month.

Annually, the rainfall varies across these areas, with Marrakech receiving approximately 240 – 280 mm, Essaouira about 300 – 350 mm, and Ouarzazate only 50 – 100 mm. Towns like Tagounite and Asni, situated near the Sahara and Atlas Mountains, experience similarly low levels of annual precipitation due to their arid surroundings.

Climatologists at Morocco’s General Directorate of Meteorology indicate that the recent heavy rainfall was the most intense in 30 to 50 years within such a short timeframe. This unusual precipitation is significant because the Sahara is typically one of the driest regions on Earth. Local meteorologists add that the presence of water in the Sahara could profoundly alter weather forecasts in the future. Thus, it could have a notable impact on weather systems and prediction models, as the additional moisture can influence atmospheric conditions, potentially changing established weather patterns across the region and beyond.

Source : The Watchers, presse marocaine, NASA.

https://watchers.news/

COP 26 : Les causes de la prolifération des sargasses // COP 26 : The causes of sargassum proliferation

J’ai évoqué plusieurs fois sur ce blog les bancs de sargasses, ces algues brunes qui ont envahi les Caraïbes et pourri la vie à la Martinique ou à la Guadeloupe. Lors de mes voyages en Martinique, j’ai pu me rendre compte de leur impact sur l’environnement et sur la santé des personnes.
Un groupe de chercheurs américains a identifié l’une des principales causes de ce phénomène : les eaux usées d’origine humaine et les eaux de ruissellement agricoles transportées par les rivières vers l’océan. En réalité, les scientifiques pensent que l’on a affaire à un phénomène complexe associant changement climatique, destruction de la forêt amazonienne et poussière en provenance de l’ouest du désert du Sahara. Cet ensemble de facteurs favorise très probablement les méga-proliférations de sargasses.
En juin 2018, les scientifiques ont enregistré la présence de 20 millions de tonnes d’algues, soit une augmentation de 1000% par rapport à 2011 pour ce même mois.
Une étude publiée en mai 2021 dans la revue Nature Communications a examiné la chimie des sargasses des années 1980 à 2019. Elle offre la preuve que l’eau de ruissellement des villes et des terres agricoles est un contributeur majeur à l’expansion de La Grande Ceinture des Sargasses de l’Atlantique qui s’étire aujourd’hui sur près de 9 000 kilomètres.
Cette étude a révélé que les sargasses prélevées récemment dans les eaux côtières entre le Brésil et le sud des États-Unis, y compris dans plusieurs pays des Caraïbes, contiennent des niveaux d’azote en moyenne 35 % plus élevés que dans les échantillons prélevés il y a plus de trente ans. L’azote se trouve dans les déchets humains et animaliers et dans les engrais. Les résultats de l’étude montrent que les eaux usées et le ruissellement agricole qui se déversent dans les rivières des Amériques puis dans l’océan favorisent la croissance des sargasses au large. Les courants océaniques transportent ensuite une grande partie de ces algues vers la mer des Caraïbes, où elles perturbent les économies côtières qui dépendent du tourisme.
Les échantillons d’algues prélevés montrent également une augmentation de 111% du rapport de l’azote au phosphore au cours de la même période. Ce ratio a été presque constant dans tous les océans du monde depuis des décennies. Ce changement prouve que la chimie de l’eau a été radicalement modifiée.
Une autre partie de l’étude insiste sur le rôle joué par le changement climatique. Avec la hausse des températures dans le monde, les scientifiques pensent que les pluies torrentielles s’intensifient dans certaines régions du globe, notamment en Amazonie. Ces précipitations très abondantes augmentent la fréquence des inondations, ce qui entraîne probablement plus de ruissellement riche en azote vers la mer. Les scientifiques notent que les inondations les plus importantes de l’Amazone en mars et avril véhiculent des bancs de nutriments à des centaines de kilomètres vers la mer, ce qui coïncide avec les principales proliférations de sargasses. A partir de là, les courants font remonter les algues le long de de la côte du Venezuela, puis dans la mer des Caraïbes et parfois même plus au nord dans le golfe du Mexique. Le changement climatique provoque également des ouragans plus puissants qui extraient plus de nutriments des fonds marins est sont susceptibles de fertiliser les sargasses.
Comme mentionné ci-dessus, la poussière du désert du Sahara contribue elle aussi à la prolifération des sargasses. En effet, au fur et à mesure que les particules sont emportées vers l’ouest et traversent l’océan Atlantique, elles rencontrent des nuages et se retrouvent au sol avec la pluie, sous forme de dépôts fertilisants de fer et de phosphore dans l’eau.
Il faudra des années de financement et de recherche pour prouver exactement dans quelle mesure chacun des facteurs que l’on vient de mentionner contribue à la prolifération des sargasses.
Selon les auteurs de l’étude, ce phénomène se poursuivra jusqu’à ce qu’il y ait un changement de politique de la part des états concernés. Le Brésil, par exemple, pourrait décider des ralentir la déforestation qui a conduit à une intensification de l’élevage. Un tel élevage permet inévitablement à la terre meuble, au fumier et aux engrais de se déverser dans les rivières.
Source : Yahoo News.

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La Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) a décidé de prendre les choses en main pour lutter contre l’envahissement des sargasses. La conseillère exécutive en charge des fonds européens a présenté deux demandes de financement pour des barrages dédiés à la ville du Robert, particulièrement touchée par les vagues successives d’algues brunes. Le coût de l’opération est estimé à environ 1,200 000 million d’euros dont 700 000 euros de fonds communautaires.

Lors des débats, majorité et opposition ont souligné « l’absence de l’Etat » qui a été accusé d’être « totalement défaillant ».

Une autre demande de financement concerne les effets des algues indésirables sur la santé des populations exposées, problème que j’ai exposé dans des notes précédentes. L’étude permettra de caractériser les conséquences sur la santé, ainsi que la mise en œuvre de mesures préventives et la prise en charge médicale. Le résultat de cette étude devrait aboutir à « l’élaboration d’un plan régional de santé publique ».

Source: Martinique la 1ère.

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I have mentioned several times on this blog the shoals of Sargassum, the brown seaweed that invaded the Carribean. During my trips to Martinique, I could realize their impact on the environment and on people’s health.

A group of U.S. researchers has fingered a prime suspect: human sewage and agricultural runoff carried by rivers to the ocean. This nutrient-charged outflow is just one of several likely culprits fueling an explosion off sargassum in warm waters of the Americas. Scientists suspect a complex mix of climate change, Amazon rainforest destruction and dust blowing west from the Sahara Desert may be fueling mega-blooms of the sargassum.

In June 2018, scientists recorded 20 million metric tons of seaweed, a 1,000% increase compared with the 2011 bloom for that month.

A recent study published in May 2021 in the journal Nature Communications examined the chemistry of sargassum from the 1980s up to 2019. It offers the strongest evidence that water coming from city and farm runoff has been a major contributor to the expansion of the so-called Great Atlantic Sargassum Belt, which now stretches for nearly 9,000 kilometers.

That study found that sargassum collected recently in coastal waters from Brazil to the southern United States, and including several Caribbean nations, contained levels of nitrogen that were 35% higher on average than in samples taken more than three decades earlier.

Nitrogen is found in human and animal waste and in fertilizers. The results suggest that sewage and farm runoff that is flowing into rivers throughout the Americas and then on to the ocean is feeding offshore sargassum growth. Currents carry much of this seaweed to the Caribbean Sea, where it is disrupting the region’s tourism-dependent coastal economies.

The samples also showed, for example, a 111% rise in the ratio of nitrogen to phosphorus during the same time frame. That ratio has been nearly constant across the world’s oceans going back decades. The change suggests the water chemistry has been radically altered..

Another part of the study insists on the part played by climate change. As global temperatures rise, scientists believe that rainstorms are intensifying in certain areas of the globe, including over the Amazon. Those storms are increasing the frequency of extreme flooding, which likely is pushing more nitrogen-rich runoff out to sea. Experts note that peak Amazon River flooding pushes a plume of nutrients hundreds of kilometers out to sea in March and April, coinciding with major sargassum blooms. From there, currents push the seaweed around the coast of Venezuela into the Caribbean Sea and sometimes even farther north into the Gulf of Mexico. Climate change is also fueling stronger hurricanes, which at sea are pulling more nutrients up from the seabed to potentially fertilize sargassum.

As mentioned above, dust from the Sahara Desert could be contributing to the sargassum boom. Indeed, as the particles are blown westward over the Atlantic Ocean, they run into clouds and get rained down as fertilizing iron and phosphorus deposits in the water.

Proving exactly how much each of these factors might be contributing to sargassum’s growth will take years of funding and research.

According to the authors of the study, this phenomenon will continue until there is a change in public policy. Brazil, for example, could slow deforestation, which has led to a boom in cattle ranching that allows loose soil, manure and fertilizer to wash into rivers.

Source: Yahoo News.

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The Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) has decided to take matters into its own hands to fight against the invasion of Sargassum. The executive advisor in charge of European funds has presented two funding requests for dams dedicated to the town of Robert, particularly affected by the successive waves of brown algae. The cost of the operation is estimated at around 1,200,000 million euros, including 700,000 euros from Community funds.
During the debates, the majority and the opposition stressed « the absence of the State » which was accused of being « totally failing ».
Another request for funding concerns the effects of the algae on the health of exposed populations, an issue I have outlined in previous posts. The study will characterize the consequences on health, as well as the implementation of preventive measures and medical care. The result of this study should lead to « the development of a regional public health plan ».
Source: Martinique la 1ère.

Sargasses à la Martinique (Photos: C. Grandpey)