Prolifération des algues dans l’Océan Arctique // Algae blooms in the Arctic Ocean

Une nouvelle étude par des scientifiques américains (Université d’Harvard) et britanniques montre que le changement climatique stimule la vie dans les eaux de l’Océan Arctique. L’amincissement de la glace de mer laisse entrer davantage de lumière, ce qui permet à des algues microscopiques de proliférer rapidement autour du pôle Nord. Ces algues peuvent maintenant se développer sous la glace et couvrir près de 30 pour cent de la surface de l’Océan Arctique au mois de juillet, au plus fort de l’été. Cela représente une hausse d’environ cinq pour cent en 30 ans. Les scientifiques pensent que les algues seront probablement encore plus répandues dans les prochaines années. La première prolifération importante d’algues a été observée en 2011 dans la Mer des Tchouktches, au nord du Détroit de Béring, une région que l’on pensait trop sombre pour permettre la photosynthèse. Les scientifiques ont basé leurs estimations sur les modèles mathématiques l’amincissement de la glace et les mares d’eau de fonte à la surface de glace ; elles contribuent à laisser pénétrer davantage la lumière du soleil dans les eaux froides en dessous.
Selon une autre étude, l’épaisseur moyenne de la glace de la mer en Arctique était de 1,89 m en 2008, contre 3,64 mètres en 1980. Les algues semblent hiberner en hiver lorsque le soleil disparaît pendant des mois et retrouver une nouvelle vigueur au printemps.
A l’heure actuelle, on ne sait pas très bien quels effets aura la croissance des algues sur la chaîne alimentaire de l’Arctique. Il se pourrait que le phénomène attire plus de poissons vers le nord, mais il existe aujourd’hui très peu d’études sur la prolifération des algues. .
Les dernières observations ne font qu’augmenter les incertitudes quant à l’avenir économique de l’Arctique qui réchauffe en moyenne deux fois plus vite que la planète dans son ensemble. Presque tous les gouvernements attribuent cette tendance à l’accumulation de gaz à effet de serre d’origine anthropique, à l’exception de Donald Trump qui a qualifié de « canular » le réchauffement climatique et vient de signer un décret visant à annuler les lois sur le changement climatique décrétées par l’ancien président Barack Obama.
Les gouvernements des nations arctiques, y compris les États-Unis, se sont efforcés d’instaurer des règles pour la gestion des futurs stocks potentiels de poissons dans l’Océan Arctique en prenant en compte la perte constante de glace de mer. Ils se sont rencontrés pour la première fois à la mi-mars en Islande.
Source: Agence Reuters.

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A new study by scientists in the United States (Harvard University) and Britain shows climate change is stirring life in the Arctic Ocean as thinning sea ice lets in more sunlight, allowing microscopic algae to bloom around the North Pole. The micro-algae may now be able to grow under the ice across almost 30 percent of the Arctic Ocean at the peak of the brief summer in July, up from about five percent 30 years ago. Blooms may become even more widespread. The first massive under-ice bloom of algae was seen in 2011 in the Chukchi Sea north of the Bering Strait, a region until then thought too dark for photosynthesis. The scientists based their estimates on mathematical models of the thinning ice and ponds of meltwater on the ice surface that help ever more sunlight penetrate into the coldwaters below.

The average thickness of Arctic sea ice fell to 1.89 metres in 2008 from 3.64 metres in 1980, according to another study. Sub-ice algae seem to become dormant in winter, when the sun disappears for months, and are revived in spring.

For the time being, it is unclear how the growth might have knock-on effects on the Arctic food chain, perhaps drawing more fish northwards. Very few of these blooms have been observed up to now.

The new algae bloom adds to uncertainties about the economic future of the region that is warming at about double the average rate for the Earth as a whole. Almost all governments blame this trend mainly on a build-up of man-made greenhouse gases, except Donald Trump.who called man-made warming a hoax and has just signed an order to undo climate change regulations issued by former President Barack Obama.

Governments of nations around the Arctic Ocean, including the United States, have been working on rules for managing potential future fish stocks in the central Arctic Ocean as the ice shrinks and thins. They last met in mid-March in Iceland.

Source : Reuters press agency.

Evolution des algues dans l’Arctique (Source: Université d’Harvard)

La fonte du permafrost en Sibérie (suite) // The melting of permafrost in Siberia (continued)

Comme je l’ai indiqué dans plusieurs notes, en Russie les scientifiques mettent en garde contre la menace d’explosions de méthane, aussi soudaines que spectaculaires, qui pourraient créer de nouveaux cratères géants dans le nord de la Sibérie. Ils utilisent les satellites pour surveiller des monticules faits de glace et de terre – connus sous le nom de pingos – qui pourraient exploser dans un avenir très proche. Un pingo peut atteindre 70 mètres de hauteur, avec un diamètre 600 mètres (voir photo ci-dessous).
Selon les scientifiques de l’Institut Trofimuk de géologie et de géophysique pétrolière de Novossibirsk, le risque est particulièrement élevé dans la Péninsule de Yamal, là où se trouvent les plus grandes réserves de gaz naturel du monde.

Un article paru dans le Siberian Times nous apprend que des scientifiques ont découvert jusqu’à 7 000 «bulles» remplies de gaz et prêtes à exploser en Sibérie arctique au cours d’un exercice impliquant des équipes sur le terrain et la surveillance par satellite. Un certain nombre de cratères, comme celui de la photo ci-dessous, sont apparus au nord de la Sibérie ces dernières années et ils sont étudiés avec soin par les scientifiques qui sont persuadés qu’ils se sont formés quand des pingos ont explosé.
Le chiffre de 7 000 « bulles » dont fait état l’agence TASS est nettement plus élevé que précédemment. La région a connu plusieurs exemples récents d’ouvertures de tels cratères provoquées par l’explosion du méthane suite au dégel du pergélisol provoqué par le changement climatique.
La branche Oural de l’Académie des Sciences de Russie est persuadée que la fonte du permafrost est la cause de la formation des bulles de gaz. Cependant, en certains endroits, le phénomène est quelque peu différent et ne se traduit pas par l’explosion de pingos. On assiste à la formation de bulles baptisées «toundra tremblante». Néanmoins, leur apparition à des latitudes aussi élevées est probablement liée, comme pour les pingos, à la fonte du permafrost liée elle-même à l’élévation globale de la température au nord de l’Eurasie au cours des dernières décennies.
Le méthane a montré des taux de concentration 1000 fois supérieurs à la normale, tandis que le dioxyde de carbone était 25 fois supérieur à la normale. Les premières mesures avaient montré des concentrations de méthane 200 fois supérieures aux niveaux habituels. On a recensé une quinzaine d’exemples de terrain sibérien instable en juillet dernier sur l’île Bely, un lieu fréquenté par les ours polaire, à environ 750 km au nord du cercle polaire arctique dans la mer de Kara. Un chercheur qui se trouvait sur le terrain a déclaré: «Chaque fois que nous retirions une touffe d’herbe et de terre, un jet de gaz jaillissait.».
Le dernier été a été anormalement chaud sur la Péninsule de Yamal, avec la température de l’air qui atteignait 35°C. Cette chaleur a eu un impact sur le pergélisol qui a fondu sur une surface plus vaste et une plus grande profondeur que par le passé. Cela a provoqué la formation de nouveaux lacs et des changements significatifs dans le paysage de la toundra.
Source: The Siberian Times.

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As I put it in several posts, in Russia, scientists are warning of the threat of sudden and dramatic methane explosions creating new giant craters in northern Siberia. They are using satellites to monitor ice and soil humps – known as a pingos – which they fear can soon erupt. A pingo can be as high as 70 metres and up to 600metres in diameter (see photo below)
According to scientists from the Trofimuk Institute of Petroleum Geology and Geophysics in Novosibirsk, at special risk is the Yamal Peninsula, the location of the world’s largest natural gas reserves.

An article in the Siberian Times informs us that scientists have discovered as many as 7,000 gas-filled ‘bubbles’ expected to explode in Actic regions of Siberia after an exercise involving field expeditions and satellite surveillance. A number of large craters, like the one in the photo below, have appeared in northern Siberia in recent years and they are being carefully studied by scientists who believe they were formed when pingos exploded.

The total of 7,000 “bubbles” reported by the TASS news agency is startlingly more than previously known. The region has seen several recent examples of sudden ‘craters’ caused by eruptions from methane gas released by the thawing of permafrost which is triggered by climate change.

The Ural branch of Russian Academy of Science says that thawing permafrost is a suspected reason for the cause of underground gas bubble formation. However, on some occasions, the phenomenon appears different from the exploding pingo events. These bubbles have been called ‘trembling tundra’. Nevertheless, their appearance at such high latitudes is most likely linked, like the pingos, to thawing permafrost which in is in turn linked to overall rise of temperature on the north of Eurasia during last several decades.

Methane has exceeded the norm 1,000 times, while carbon dioxide was 25 times above the norm. Initial measurements suggested methane levels 200 times above usual levels. Some 15 examples of this swaying Siberian ground were revealed last July on Bely Island, a polar bear outpost some 750 km north of the Arctic Circle in the Kara Sea. One research team account at the scene said: ‘As we took off a layer of grass and soil, a fountain of gas erupted.’

The last summer was abnormally hot for the Yamal peninsula, with the air temperature reaching 35°C. This heat impacted on the depth of seasonal thawing which grew deeper and spread wider than in the past, so causing the formation of new lakes and a noticeable change in the regional tundra landscape.

Source : The Siberian Times.

Exemple de pingo en Sibérie (Crédit photo: Wikipedia)

Cratère d’explosion de méthane en Sibérie (Crédit photo: Wikipedia)

Exemple de fonte de la toundra (Photo: C. Grandpey)

Des nouvelles inquiétantes du Groenland // Disturbing news of Greenland

Selon une nouvelle étude, le plus grand glacier du Groenland, le Jakobshavn également connu sous le nom d’Ilulissat ou Sermeq Kujalleq, est plus exposé à la perte de glace qu’on le pensait jusqu’à présent. Le glacier, qui vient vêler dans le fjord d’Ilulissat, est l’un des points de sortie de la grande calotte de glace du Groenland, qui contient elle-même suffisamment de glace pour élever le niveau des mers de plus de 6 mètres. De toute cette glace, plus de 6 pour cent s’écoule vers l’océan par l’intermédiaire du Jakobshavn, qui recule vers l’intérieur des terres depuis les années 1990. Le glacier déverse de plus en plus d’icebergs, un changement très probablement lié à la hausse de la température de l’océan. Si toute la glace de cette région du Groenland devait fondre, elle ferait monter le niveau de la mer sur la planète de près de 60 centimètres. Entre 2000 et 2011, le Jakobshavn à lui seul a provoqué une hausse de 1 millimètre.
Jusqu’à présent, les chercheurs n’étaient pas certains de l’étendue du Jakobshavn sous la mer, ni de son épaisseur à l’intérieur des terres. Une étude récente a révélé que le glacier a près de 1100 mètres d’épaisseur au point où il entre réellement dans l’océan. Cependant, à une dizaine de kilomètres vers l’intérieur du Groenland, le glacier s’épaissit considérablement et plonge carrément au-dessous du niveau de la mer pour atteindre plus de 1600 mètres d’épaisseur, avec la majeure partie de cette masse sous le niveau de la mer. Sur toute cette zone, la glace devient de plus en plus profonde et plus épaisse, ce qui favorise un recul plus rapide du glacier qui est estimé actuellement à environ 500 mètres par an.
L’épaisseur du Jakobshavn doit être prise en compte pour au moins deux raisons. Au fur et à mesure de son recul, le glacier offre un front de glace plus épais à l’océan plus chaud, ce qui entraîne son accélération et une perte de glace plus importante. Dans le même temps, l’épaisseur sous-marine du glacier favorise l’accélération de la perte de glace ; en effet, avec les pressions extrêmes subies par la glace, son point de congélation se modifie et la rend plus susceptible de fondre dans une eau de mer relativement chaude dans la partie la plus profonde du fjord.
Quelques calculs simples permettent de montrer pourquoi l’accélération du recul du glacier Jakobshavn deviendrait vite un réel problème. Selon la NASA, le Groenland est le plus grand contributeur mondial à l’élévation du niveau de la mer, avec chaque année 281 milliards de tonnes de glace déversées dans l’océan, ce qui est suffisant pour provoquer 1 millimètre d’élévation du niveau de la mer chaque année. Cela suppose la prise en compte de tous les glaciers du Groenland et de la fonte générale de la surface de glace qui entre dans l’océan, mais le Jakobshavn est celui qui perd le plus de glace. La contribution estimée d’un millimètre de l’élévation du niveau de la mer sur 11 ans équivaut à une perte d’environ 32 milliards de tonnes de glace par an. Cependant, la nouvelle étude indique que la perte de glace du Jakobshavn pourrait augmenter de 50% lorsqu’il atteindra son point le plus profond. Cela le mettrait à égalité avec les plus grands glaciers de l’Antarctique – Pine Island et Thwaites – et le Groenland contribuerait alors à lui seul à plus d’un millimètre par an de hausse des océans. Cela ne ferait qu’augmenter leur niveau global qui est également conditionné par l’Antarctique, les plus petits glaciers terrestres et les océans qui se dilatent à mesure qu’ils se réchauffent.
Source: The Washington Post & Alaska Dispatch News.

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According to a new study, the largest glacier in Greenland is even more vulnerable to sustained ice losses than previously thought. Jakobshavn glacier, responsible for feeding flotillas of icebergs into the Ilulissat icefjord, is an enormous outlet for the larger Greenland ice sheet, which itself contains enough ice to raise seas by more 6 metres. Of that ice, more than 6 percent flows toward the ocean through Jakobshavn, which has raced inland since the 1990s, pouring ever more of its mass into the seas, a change that scientists believe has been caused by warming ocean temperatures. If all of the ice that flows through this region were to melt, it would raise global sea levels by nearly 60 centimetres. Just from 2000 to 2011, the ice loss through Jakobshavn alone caused the global sea level to rise by a millimetre.

Until now, researchers were not sure how far Jakobshavn’s ice extended below sea level, or how much deeper it gets further inland. A recent study found that Jakobshavn is close to 1100 metres thick where it currently touches the ocean. However, only about 8 to 16 km inland towards the centre of Greenland, the glacier grows considerably thicker and plunges deeper below sea level, eventually becoming over 1600 metres thick, with the major part of that mass extending below the sea surface. Moreover, the glacier is deep over a vast area. Along most of that distance, the ice will get steadily deeper and thicker, favoring faster retreat. The glacier front is currently moving backwards at about 500 metres per year.

The greater depth of Jakobshavn matters for at least two reasons. As it retreats, Jakobshavn will present a thicker ice front to the warm ocean, leading to even greater ice flow and loss. Meanwhile, the depth itself favours increased ice loss because at the extreme pressures involved, the freezing point of ice itself actually changes, making it more susceptible to melting by relatively warm seawater in the deepest part of the fjord.

A few simple calculations help underscore why a further retreat – and accompanying thickening – of Jakobshavn glacier could be such a problem. Greenland is the world’s largest contributor to sea level rise – according to NASA, it is contributing 281 billion tons of ice to the ocean every year, nearly enough to cause 1 millimetre of sea level rise annually. That’s from all of the various Greenland glaciers and from general melting of the ice sheet that then runs off into the ocean, but Jakobshavn is the single biggest ice loser. Its estimated contribution of a millimetre of sea level rise over 11 years equates to a loss of about 32 billion tons of ice per year, but the new study says the glacier’s loss could increase by 50 percent as it reaches its deepest point. That would put Jakobshavn on par with the biggest ice losers in Antarctica – the enormous Pine Island and Thwaites glaciers – and would help push Greenland to the point where it is contributing over a millimetre per year to rising seas all on its own, further increasing the rate of global sea level rise which is also driven by Antarctica, smaller glaciers worldwide, and oceans that expand as they warm.

Source: The Washington Post & Alaska Dispatch News.

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En cliquant sue ce lien, vous verrez une vidéo exceptionnelle montrant un vêlage extrêmement spectaculaire du glacier Jakobshavn. C’est le plus important vêlage jamais filmé. La hauteur de glace est estimée à 900 mètres, dont une centaine de mètres émergés. L’événement a duré environ 75 minutes. La vidéo est extraite du superbe documentaire « Chasing Ice » réalisé par James Balog que j’ai eu l’occasion de rencontrer il y a quelques mois et que je salue ici.

https://youtu.be/hC3VTgIPoGU

Photos: C. Grandpey

 

En Inde, les glaciers sont désormais des personnes légales // In India, glaciers are now legal persons

La Haute Cour d’Uttarakhand a déclaré vendredi 31 mars 2017 que l’air, les glaciers, les forêts, les sources, les rivières et autres lieux naturels étaient des personnes à part entière d’un point de vue légal et que les blesser ou leur causer du mal entraînerait des poursuites. Sont particulièrement concernés par la décision de la Haute Cour les glaciers de l’Himalaya parmi lesquels figurent le Gangotri et le Yamunotri. Le village de Gangotri est un des lieux de pèlerinage les plus visités en Inde. Il se trouve au pied d’un glacier du même nom, long d’une trentaine de kilomètres, dont les eaux de fonte donnent naissance à l’un des bras du Gange supérieur. Le glacier Yamunotri  donne naissance à la Yamuna, l’un des fleuves les plus sacrés de l’Inde.

L’annonce de la Haute Cour intervient une semaine après qu’elle ait déclaré que le Gange et la Yamuna étaient des « personnes légales ». Elle a expliqué le concept en déclarant qu’une « personne juridique », comme toute autre personne physique, dispose de droits, d’obligations et de responsabilités et est soumise à la loi. Il s’agit en réalité d’une personne artificielle ayant le statut de personne morale. En d’autres termes, elle agit comme une personne physique, mais grâce à une personne désignée. Les droits de ces entités sont équivalents aux droits des êtres humains et le préjudice susceptible de leur être causé doit être considéré comme un préjudice causé aux êtres humains.

Aux yeux des juges de la Haute Cour, les générations antérieures ayant remis la « Mère Terre dans sa gloire immaculée », il existe une obligation morale de remettre la même Terre à la prochaine génération.

Source : Live Law.in.

Les glaciers Gangotri et le Yamonutri connaissent le même sort que leurs homologues de la chaîne himalayenne : ils reculent de manière spectaculaire sous l’effet du réchauffement climatique. Une étude effectuée par une équipe de glaciologues et publiée en 2015 estimait que les glaciers de la région Kush-Himalaya dominée par l’Everest pourraient perdre 70 à 99% de leur volume d’ici l’année 2100, avec des conséquences catastrophiques pour l’agriculture et l’élevage et l’alimentation hydroélectrique.

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The Uttarakhand High Court declared on Friday March 31st 2017 air, glaciers, forests, springs, rivers and other natural places as legal/juristic persons and that injuring them or causing them any harm would result in prosecution. Particularly concerned by the High Court decision are the glaciers of the Himalayas, among which are the Gangotri and the Yamunotri. The village of Gangotri is one of the most visited places by pilgrims in India. It is located at the foot of a glacier of the same name, about thirty kilometres long, whose meltwaters give birth to one of the arms of the upper Ganges. The Yamunotri glacier gives birth toYamuna, one of the most sacred rivers in India.
The High Court’s decision came a week after it declared that the Ganges and the Yamuna were « legal/juristic persons ». It explained the concept by stating that a « legal:juristic person », like any other natural person, is conferred with rights, obligations and responsibilities and is dealt with in accordance to the law.

In the eyes of the High Court judges, past generations having handed over « Mother Earth in its pristine glory », we are morally bound to hand over the same Mother Earth to the next generation.

Source: Live Law.in.

Gangotri and the Yamonutri glaciers have the same fate as the other glaciers of the Himalayas: they retreat dramatically as a result of global warming. A study carried out by a team of glaciologists and published in 2015 estimated that glaciers in the Kush-Himalayan region dominated by Mount Everest could lose 70 to 99% of their volume by the year 2100, with disastrous consequences for the agriculture and livestock and hydroelectric power.

Front du glacier Gangotri, source du Gange supérieur (Crédit photo: Wikipedia)