Effets du réchauffement climatique de la Russie à l’Australie // Effects on climate change from Russia to Australia

2019 devrait être la deuxième année la plus chaude de tous les temps – juste après 2016 – à l’échelle de la planète. De son côté, la Russie vient de vivre en 2019 l’année la plus chaude depuis le début des relevés météorologiques il y a presque 130 ans. Symbole du réchauffement climatique en Russie, Moscou est en train de vivre un hiver sans neige. La température annuelle moyenne enregistrée dans la capitale en 2019 a battu le précédent record de chaleur avec une hausse de 0,3°C. Au cours de la deuxième quinzaine de décembre, la température à Moscou a dépassé 4°C, alors que la moyenne du mois de décembre est de -6°C, avec une épaisse couche de neige. Il fait tellement doux que des plantes annonçant traditionnellement l’arrivée du printemps sont déjà en fleurs, avec au moins trois mois d’avance.

D’une manière plus générale, la température pendant le mois de décembre à Moscou a été pratiquement dix degrés au-dessus de la moyenne ! Il se pourrait que le phénomène s’explique par des cyclones passagers venus de l’Atlantique, mais aussi par le changement climatique qui semble s’être bien installé en Russie. Pour preuve les nombreux incendies de forêts qui ont frappé la Sibérie au cours de l’été. Les climatologues russes expliquent qu’ils sont liés directement aux effets du changement climatique.

Les incendies de l’été 2019 en Sibérie n’ont pas atteint l’ampleur de ceux qui dévastent en ce moment certaines régions d’Australie où le pays n’arrête pas de battre des records de chaleur. La situation est tellement sérieuse que le 29 décembre plus de 30 000 personnes ont reçu l’ordre d’évacuer la région touristique d’East Gippsland, dans l’Etat de Victoria, au sud-est du pays. En effet, les pompiers redoutent que le feu entraîne la coupure de la circulation sur la dernière route principale de la région encore ouverte. Si cela se produisait, les habitants et les vacanciers risqueraient d’être pris au piège.

Cette année, les feux de forêts sont particulièrement violents. Depuis le mois de septembre, ils ont fait dix morts, détruit plus d’un millier de maisons et plus de trois millions d’hectares, soit une superficie plus grande que la Belgique.

Source : Presse internationale.

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2019 is expected to be the second hottest year ever – just after 2016 – worldwide. For its part, Russia has just lived in 2019 the hottest year since the start of weather archives 130 years ago. A symbol of global warming in Russia, Moscow is experiencing a winter without snow. The average annual temperature recorded in the capital in 2019 broke the previous heat record with an increase of 0.3°C. During the second half of December, the temperature in Moscow exceeded 4°C, while the average for December was -6°C, with a thick layer of snow. The weather is so mild that plants traditionally announcing the arrival of spring are already in bloom, at least three months in advance.
More generally, the temperature during the month of December in Moscow was practically ten degrees above the average! The phenomenon could be explained by occasional cyclones from the Atlantic, but also by climate change which seems to have settled well in Russia. As a proof, the numerous forest fires that hit Siberia during the summer. Russian climatologists explain that they are directly linked to the effects of climate change.

The fires of summer 2019 in Siberia have not reached the scale of those that are currently devastating certain regions of Australia where heat records are regularly broken. The situation is so serious that on December 29th more than 30,000 people were ordered to evacuate the tourist region of East Gippsland in the state of Victoria, in the south-east of the country. Firefighters fear that the wildfires will cut traffic on the last main road that is still open in the region. If this happened, residents and vacationers would be in danger of being trapped.
This year, forest fires are particularly violent. Since September, they have killed ten people, destroyed more than a thousand houses and more than three million hectares, an area larger than Belgium.
Source: International press.

Source: ESA

L’agonie des petits glaciers tropicaux // The rapid death of small tropical glaciers

Selon une nouvelle étude publiée dans les Proceedings de l’Académie Nationale des Sciences, les glaciers peu connus d’Indonésie fondent si vite qu’ils pourraient disparaître dans les dix prochaines années. Cela confirme la menace que fait peser le réchauffement climatique sur la couverture glaciaire dans les pays tropicaux.
L’été dernier, l’Islande a pleuré la mort de l’Okjokull, disparu à cause du changement climatique, en sachant que 400 autres glaciers de l’île risquent de connaître le même sort. Dans le même temps, une équipe de chercheurs suisse a averti que les émissions de gaz à effet de serre pourraient entraîner la disparition de plus de 90% des glaciers alpins d’ici la fin du siècle. L’accélération de la fonte des glaciers et des calottes glaciaires au Groenland et en Antarctique entraînera une élévation du niveau de la mer qui menacera les mégapoles côtières et les petites nations insulaires. Il ne faudrait pas oublier, non plus, que les glaciers sont une source d’eau essentielle pour des dizaines de millions de personnes sur la planète.
Bien qu’ils soient généralement associés aux pays froids, les glaciers sont aussi présents en Papouasie, province de Nouvelle-Guinée occidentale (Indonésie), où ils sont des marqueurs clés de l’impact de la hausse des températures. Ces glaciers tropicaux sont pour la plupart de petite taille et leur temps de réaction aux variations de température est donc plus rapide que celui des grands glaciers et des calottes glaciaires. Des estimations antérieures indiquaient que les glaciers de Papouasie avaient diminué d’environ 85% au cours des dernières décennies.
Les auteurs de la dernière étude expliquent que les glaciers – qui couvraient autrefois une vingtaine de kilomètres carrés – ont tellement rétréci qu’ils occupent actuellement moins de cinq cents mètres carrés. La vitesse d’amincissement de la glace a également été multipliée par cinq au cours des dernières années. La situation est inquiétante car la glace ne se forme plus et on ne peut qu’observer la diminution de ces glaciers.
La fonte a été accélérée par le phénomène El Nino qui provoque un réchauffement des températures et réduit les précipitations. Selon les chercheurs, réduire les émissions de gaz à effet de serre et planter plus d’arbres pourrait probablement ralentir la disparition des glaciers en Papouasie, bien que la tâche soit très difficile.
Indépendamment de tout impact environnemental, la disparition de ces glaciers tropicaux serait également une perte culturelle car certains Papous indigènes les considèrent comme sacrés.
Source: Yahoo News.

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According to a new study published in the Proceedings of the National Academy of Sciences, Indonesia’s little-known glaciers are melting so fast they could disappear in a decade. This underscores the imminent threat posed by climate change to ice sheets in tropical countries.

Last summer, Iceland mourned the death of Okjokull, its first glacier lost to climate change, amid warnings that some 400 others on the island risk the same fate. Meanwhile, a team of researchers in Switzerland warned that greenhouse gas emissions could cause the disappearance of more than 90 percent of glaciers in the Alps by the end of the century. Accelerating melt-off from glaciers and especially ice sheets in Greenland and Antarctica are driving sea level rises, threatening coastal megacities and small island nations. Glaciers are also a key water source for tens of millions of people.

While they are usually associated with cold-weather countries, the glaciers in Papua, an Indonesian region on the western half of New Guinea island, are a key marker of the impact of rising global temperatures. Such tropical glaciers are mostly smaller and so their response time to variations in climate change is faster compared to larger glaciers and ice sheets. Earlier estimates suggested that Papua’s glaciers have shrunk by some 85 percent in the past few decades.

The authors of the last study explain that glaciers that once covered some 20 square kilometres have shrunk to less than half of one square kilometre. There has also been a more than five-fold increase in the rate of ice thinning over the past few years. The situation has reached worrying levels because ice formation is no longer happening; one can only observe glacier recession.

The melting has been exacerbated by the El Nino phenomenon, which causes warmer temperatures and reduced rainfall. According to the researchers, reducing greenhouse gas emissions and planting more trees could probably slow down the ice recession in Papua, although the task will be very difficult.

Aside from any environmental impact, the glaciers’ disappearance would also be a cultural loss for some indigenous Papuans who consider them sacred.

Source : Yahoo News.

Image satellite des glaciers du Puncak Jaya en 2005 (Crédit photo : NASA).

Les chutes Victoria sont-elles à sec ? // Have Victoria Falls dried out ?

D’après un reportage diffusé par Skynews, les chutes Victoria , à la frontière entre la Zambie et le Zimbabwe, seraient à sec suite à la vague de sécheresse dont est victime l’Afrique depuis plusieurs années. Toutefois, les habitants de la région dénoncent une fausse information. Depuis la mise en ligne de la vidéo par la chaîne de télévision le 3 décembre 2019, de nombreux internautes affirment qu’il s’agit d’une vision trompeuse de la réalité.

Les images et le commentaire de Skynews sont impressionnants. On voit la journaliste survoler en ULM les chutes Victoria et annoncer leur disparition prochaine. Skynews et d’autres médias comme Le Figaro en France titrent d’ailleurs sur ce thème.

Classées au patrimoine de l’UNESCO, les chutes Victoria s’étendent sur 1700 mètres de largeur et jusqu’à 108 mètres de hauteur, ce qui donne naissance à un spectacle naturel impressionnant. Connues localement sous le nom de Mosi-oa Tunya, («La fumée qui gronde»), elles ont été baptisées en l’honneur de la reine Victoria par l’explorateur écossais David Livingstone en 1855. En 2017, les chutes Victoria étaient les troisièmes chutes les plus visitées au monde avec 500 000 visiteurs, après les chutes du Niagara aux États-Unis et les chutes d’Iguazu au Brésil.

Les détracteurs accusent Skynews d’avoir délibérément choisi un mauvais angle de vue. C’est l’avis d’un guide local qui a déclaré : « Si la journaliste avait été honnête, elle aurait dû montrer aussi la partie zimbabwéenne et aurait vu beaucoup d’eau, mais bien sûr, cela aurait gâché son histoire et aurait eu un impact moins dramatique. »

Il ne faudrait toutefois pas nier les effets du changement climatique et la sécheresse qui sévit en Afrique. Cette année, la Zambie et le Zimbabwe ont connu une sécheresse de longue durée qui a entraîné des coupures de courant incessantes en raison d’une dépendance à l’énergie hydroélectrique. Elle a également laissé plus de cinq millions de personnes en manque d’aide alimentaire au Zimbabwe.

La station de relevés hydrométriques du Zambèze aux chutes Victoria indique que le niveau du Zambèze qui alimente les chutes Victoria est toujours très bas durant les mois de septembre, octobre et novembre.  Le débit était de 252 m3 par seconde le 9 décembre 2019. En 2018 à la même date, il était de 234 m3 par seconde. Le niveau du fleuve monte à partir du mois de décembre jusqu’à atteindre sa pleine puissance en avril et mai. Le niveau très bas de l’été 2019 ne permet donc pas de prévoir l’état des eaux durant les prochains mois.

Le reportage de Skynews a eu un effet désastreux sur le tourisme avec des annulations en pagaille. Les guides locaux voudraient que la journaliste auteur du reportage « s’excuse pour avoir déformé une vérité qui a eu des répercussions sur des centaines de personnes. »

Source : LCI et la presse internationale.

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According to a report broadcast by Skynews, Victoria Falls, on the border between Zambia and Zimbabwe, are reportedly dry due to the drought that has plagued Africa for several years. However, residents of the region denounce false information. Since the video was put online by the television channel on December 3rd, 2019, many Internet users say that this is a misleading vision of reality.
The images and commentary of Skynews are impressive. We can see the journalist fly over Victoria Falls on board an ultralight and announce their imminent demise. Skynews and other media like Le Figaro in France headline on this theme.
Classified as a UNESCO World Heritage Site, the Victoria Falls stretch 1700 meters wide and up to 108 meters high, giving birth to an impressive natural show. Known locally as Mosi-oa Tunya, (“The Smoke that Thunders”), they were named for Britain’s Queen Victoria by the Scottish explorer David Livingstone in 1855 .In 2017, Victoria Falls was the third most visited falls in the world with 500 000 visitors, after Niagara Falls in the US and Iguazu Falls in Brazil.
Detractors accuse Skynews of deliberately choosing a wrong angle of view. This is the opinion of a local guide who said: « If the journalist had been honest, she should have shown the Zimbabwean side too and would have seen a lot of water, but of course that would have ruined her story and would have had a less dramatic impact.  »
However, the effects of climate change and the drought in Africa should not be denied. The Zambezi Hydrometric Station at Victoria Falls indicates that the level of the Zambezi River that feeds Victoria Falls is usually very low during the months of September, October and November. The flow was 252m3/s on 9th December 2019. Last year on the same date, it was 234m3/s. The river level rises from December until reaching full power in April and May. The very low level of summer 2019 therefore does not predict the state of the water in the coming months.
The Skynews report had a disastrous effect on tourism with annoying cancellations. Local guides would like the reporter who wrote the report « to apologize for distorting a truth that has affected hundreds of people.  »
Source: LCI and the international press.

Les images comparatives parues dans la presse internationale montrent que les chutes Victoria ont perdu de leur splendeur. Est-ce temporaire ou définitif ? Les prochains mois nous le diront, mais il est indéniable que l’Afrique est, elle aussi, victime du réchauffement climatique.

Mauvaises nouvelles de l’Arctique // Bad news of the Arctic

Une nouvelle étude effectuée par 96 scientifiques spécialistes des régions polaires et appartenant à 50 organisations internationales vient d’être publiée dans la revue Nature. On apprend que si la glace du Groenland continue de fondre au rythme actuel, les côtes pourraient être submergées régulièrement d’ici la fin de ce siècle, mettant en détresse 400 millions de personnes. C’est 40 millions de plus que les chiffres publiés en 2018 par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). La nouvelle étude a révélé qu’avec la fonte des glaces du Groenland, le niveau de la mer pourrait augmenter de 67 centimètres d’ici 2100.
Un auteur de l’étude a déclaré: «En règle générale, pour chaque centimètre d’élévation du niveau de la mer, six millions de personnes supplémentaires sont exposées aux inondations côtières autour de la planète. Selon les tendances actuelles, avec la fonte des glaces du Groenland, 100 millions de personnes seront victimes d’inondations chaque année d’ici la fin du siècle, soit 400 millions au total en raison de la montée du niveau de la mer. Ce ne sont pas des événements improbables ou de petits impacts; ils se produiront à coup sûr et seront dévastateurs pour les communautés côtières. »
En 2013, le GIEC a fait plusieurs prévisions sur le niveau de la mer à l’échelle de la planète sur la base de différents scénarios ; les prévisions à moyen terme pointaient vers une augmentation de 60 centimètres d’ici la fin du siècle. Les chercheurs expliquent que les pertes de glace du Groenland suivent plutôt le pire scénario de réchauffement climatique prévu par le GIEC, avec une augmentation supplémentaire de sept centimètres du niveau de la mer en plus des estimations du GIEC.

Le réchauffement climatique provoque aussi un chamboulement dans la mer de Béring qui abrite l’une des plus grandes zones de pêche d’Amérique. Cela montre parfaitement comment l’augmentation des températures peut rapidement changer des écosystèmes vitaux pour l’économie.
Dans son rapport sur l’Arctique en 2019, la NOAA a écrit que la hausse des températures dans l’Arctique a entraîné une diminution de la glace de mer, une hausse record de la température au fond de la mer de Béring et la migration vers le nord d’espèces de poissons comme la morue du Pacifique. Bien que les changements affectent l’ensemble de l’Arctique, l’effet sur la faune est particulièrement visible sur la plateforme orientale de la mer de Béring, qui produit plus de 40% des prises annuelles de poissons et de crustacés aux États-Unis.
Le rapport indique également que la fonte de la calotte glaciaire du Groenland en 2019 a approché le record de 2012. Il a également attiré l’attention sur la fonte du permafrost de l’Arctique qui est passé d’un puits de carbone à une source d’émissions de gaz à effet de serre.
Les vastes changements subis par l’écosystème affectent également les 70 communautés autochtones de la mer de Béring. Les chasseurs de phoques, morses, baleines et poissons doivent aller beaucoup plus au large au fur et à mesure que la glace fond.
Source: NOAA et médias américains.

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 A new study by 96 polar scientists from 50 international organisations, published in Nature, informs us that coasts could be swamped by regular floods by the end of this century, leaving up to 400 million people homeless, if Greenland ice continues to melt. The figure is 40 million more than the numbers predicted in 2018 by the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC). The new study has found that with Greenland’s melting ice,sea levels could rise 67 centimetres by 2100.

Said one author of the study: “As a rule of thumb, for every centimetre rise in global sea level another six million people are exposed to coastal flooding around the planet. On current trends, Greenland ice melting will cause 100 million people to be flooded each year by the end of the century, so 400 million in total due to all sea level rise. These are not unlikely events or small impacts; they are happening and will be devastating for coastal communities. »

In 2013, the IPCC made several predictions about global sea levels based on different scenarios, with mid-range forecast pointing to a 60-centimetre rise by the end of the century.

But the researchers say Greenland’s ice losses are instead tracking the IPCC’s worse-case climate warming scenario, predicting an additional seven-centimetre rise in the sea levels on top of the IPCC’s estimates.

Climate change is also causing chaos in the Bering Sea, home to one of America’s largest fisheries, an example of how rising temperatures can rapidly change ecosystems important to the economy.

In its 2019 Arctic Report Card, NOAA wrote that rising temperatures in the Arctic have led to decreases in sea ice, record warm temperatures at the bottom of the Bering Sea and the northward migration of fish species such as Pacific cod. While the changes are widespread in the Arctic, the effect on wildlife is acute in the eastern shelf of the Bering Sea, which yields more than 40% of the annual U.S. fish and shellfish catch.

The report also said the melt of the ice sheet over Greenland in 2019 rivaled that of 2012, the previous year of record ice loss. It also detailed a shift of Arctic permafrost regions from being a sink for carbon dioxide emissions to a source of them.

The wide ecosystem changes also affect the 70 communities of indigenous people in the Bering Sea, with hunters seeking seals, walrus, whales and fish having to travel much farther offshore as the ice melts.

Source : NOAA and US news media.

   Plateforme continentale de la Mer de Béring (Source: NOAA)