Affaiblissement de l’AMOC et hausse du niveau de l’océan // AMOC weakening and ocean level rise

Selon une étude publiée le 16 mai 2025 par l’American Association for the Advancement of Science (Association américaine pour l’avancement des sciences), le nombre d’inondations sur la côte nord-est des États-Unis a considérablement augmenté avec l’affaiblissement de la circulation méridionale de retournement de l’Atlantique (AMOC). L’étude offre un aperçu inquiétant de l’avenir, et certains scientifiques préviennent que le système actuel pourrait ne plus exister dans quelques décennies.
J’ai expliqué dans des notes précédentes que l’AMOC fonctionne comme un vaste tapis roulant qui transporte la chaleur, le sel et l’eau douce à travers l’océan et influence le climat, la météo et le niveau de la mer à travers la planète.

Source: Wikipedia

Les inondations côtières sont causées par un ensemble de facteurs. Le plus important est l’élévation du niveau de la mer due au réchauffement climatique, mais l’AMOC joue également un rôle crucial dans le nord-est des États-Unis. Les scientifiques ont utilisé les données fournies par les marégraphes, complétées par des modèles océaniques complexes, pour calculer l’impact de l’AMOC sur les inondations dans la région au cours des dernières décennies. Ils ont constaté qu’entre 2005 et 2022, jusqu’à 50 % des inondations le long de la côte nord-est des États Unis étaient dues à un AMOC plus faible. Cela signifie que l’élévation du niveau de la mer due à l’AMOC a contribué à jusqu’à huit jours d’inondation par an sur cette période. Les modèles utilisés par les scientifiques offrent également un aperçu de l’avenir ; ils leur permettent de prévoir la fréquence des inondations côtières dans le nord-est des États-Unis jusqu’à trois ans à l’avance. L’idée que l’AMOC influence l’élévation du niveau de la mer dans cette région n’est pas nouvelle, mais cette étude est la première à montrer que l’élévation du niveau de la mer affecte considérablement la fréquence des inondations.
L’influence de l’AMOC sur l’élévation du niveau de la mer s’explique principalement par deux raisons. Un AMOC fort est généralement associé à des eaux profondes et denses qui s’écoulent le long de la limite occidentale de l’Atlantique Nord. Lorsque l’AMOC s’affaiblit, l’eau devient moins dense ; elle occupe plus d’espace et alimente l’élévation du niveau de la mer. Un AMOC plus faible affecte également le Gulf Stream ; cela provoque un reflux d’eau vers la plateforme littorale et accentue de ce fait l’élévation du niveau de la mer sur la côte.

La montée des eaux constitue un enjeu majeur et urgent pour la société face au réchauffement climatique. Il est donc crucial de mieux comprendre ses effets. Les conclusions de l’étude seront très utiles pour aider la société à mieux prévoir et planifier des inondations coûteuses et dévastatrices. L’un des auteurs a déclaré : « Une étude comme celle-ci est un bon moyen de démontrer les impacts quotidiens des changements de l’AMOC, plutôt que d’évoquer les scènes que l’on voit dans les films catastrophe. » Le scientifique faisait référence au film Le Jour d’Après, qui dépeint le monde envahi par la glace après l’arrêtde l’AMOC.
De nombreuses études récentes ont mis en évidence des signes d’affaiblissement inquiétants de l’AMOC au cours des prochaines décennies, à cause du réchauffement climatique qui fait monter la température des océans et fondre les glaces, perturbant ainsi le fragile équilibre entre chaleur et salinité. Un fort affaiblissement de l’AMOC aurait des conséquences planétaires catastrophiques, notamment sur l’élévation du niveau de la mer. On peut lire dans la conclusion de l’étude : « Les données scientifiques ne sont pas encore claires, mais un arrêt de l’AMOC serait un événement aux conséquences importantes et il est essentiel que nous sachions à quoi nous attendre. »

Source : CNN, relayé par Yahoo News.

Élaboration de l’indicateur du niveau moyen de la mer (NMM). Variabilité interannuelle du niveau moyen de la mer (en mm) au fil du temps pour chaque enregistrement de marégraphe dans différentes régions du littoral américain (lignes en couleur), ainsi que la moyenne statistique (ligne noire). Les marégraphes fournissant les enregistrements les plus longs pour chaque région sont indiqués par des encadrés rouges.

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According to a study published on May 16, 2025 by the American Association for the Advancement of Science, flooding on the US Northeast coast has risen significantly with the weakening of the Atlantic Meridional Overturning Circulation, orAMOC. The study gives an alarming glimpse into the future as some scientists warn the current system could be just decades from collapse.

I have explained in previous posts that the AMOC works like a vast conveyor belt, transporting heat, salt and freshwater through the ocean and influencing climate, weather and sea levels around the planet.

Coastal flooding is caused by a cluster of factors. The most important one is global warming-driven sea level rise, but the AMOC also plays a critical role in the U.S. Northeast. Scientists used data from tide gauges combined with complex ocean models to calculate how the AMOC has affected flooding in the region over the past decades. They found between 2005 and 2022, up to 50% of flooding events along the northeastern coast were driven by a weaker AMOC. This means AMOC-driven sea level rise contributed to up to eight flood days a year over this period. The models used by the scientists also give a glimpse into the future, allowing them to forecast coastal flooding frequency in the U.S. Northeast up to three years in advance. The idea that the AMOC is influencing sea level rise in this region is not new, but this study is the first to find it is substantially affecting flood frequency.

There are two main reasons why the AMOC affects sea level rise. A strong AMOC is typically associated with dense deep water that flows along the western boundary of the North Atlantic. When the AMOC weakens, water becomes less dense, taking up more space and fueling sea level rise. A weaker AMOC also affects the flow of the Gulf Stream, causing water to flow back onto the coastal shelf and increasing sea level rise at the coast.

Rising seas are a huge and urgent issue for society as the climate warms, making it vital to better understand how it is being affected. The findings of the study will be very useful for helping society better predict and plan for costly and devastating flooding events. One of the authors said : “A study like this is a good way to demonstrate the day-to-day impacts of changes AMOC, rather than invoking dramatic scenes from Hollywood disaster movies which are exaggerated and thus easily dismissed,” referring to the movie The Day After Tomorrow, which depicts the world plunging into a deep freeze after the AMOC collapses.

A slew of recent research has pointed to signs the AMOC could be on course to significantly weaken over the next decades as climate change warms oceans and melts ice, disrupting its delicate balance of heat and salinity. This would have catastrophic planetary impacts, including on sea level rise. One can read in the conclusion of the study : “The science is still not clear, but a collapse would be a high-impact event and it is critical that we know what to expect.”

Source : CNN, relayed by Yahoo News.

Coraux en péril (suite)

Dans plusieurs notes publiées en 2023 et 2024, j’alertais sur les effets du réchauffement climatique sur les coraux dans le monde. En 2025, on ne peut que constater que la situation n’a fait qu’empirer. Un nouvel épisode mondial de blanchissement s’étend depuis deux ans à travers les océans Atlantique, Pacifique et Indien. La NOAA explique qu' »entre le 1er janvier 2023 et le 20 avril 2025, un stress thermique synonyme de blanchissement a touché 83,7% des récifs de la planète. »  Cet épisode est le quatrième observé depuis 1998. Il est aussi le plus important.

Crédit photo: NOAA

La cause du désastre est facile à comprendre. Depuis 2023, la température des océans du globe se maintient à des niveaux inédits car ils ont absorbé depuis 1970 plus de 90% de l’excès de chaleur du système climatique provoqué par les gaz à effet de serre d’origine anthropique.

Quand la température de l’eau devient trop élevée, le corail expulse ses zooxanthelles, des algues qui vivent en symbiose avec lui et lui donnent ses nutriments et sa couleur vive. C’est pourquoi les canicules marines peuvent rapidement provoquer le blanchissement de coraux, En Australie, la Grande Barrière de corail a connu cinq épisodes de blanchissement à grande échelle ces dernières années.

Vue de la Grande Barrière (Crédit photo: Wikipedia)

Selon le GIEC, 70 à 90% des coraux pourraient disparaître sur une planète 1,5°C plus chaude qu’à l’ère préindustrielle. 99% d’entre eux sont menacés par un réchauffement climatique de 2°C.

Les coraux sont un élément essentiel de la biodiversité. Ils abritent une faune immense, font vivre des millions de pêcheurs, attirent une forte activité touristique, mais protègent aussi les littoraux des dégâts des tempêtes en servant de brise-lames.

Photo: C. Grandpey

En Polynésie française, sur l’atoll de Tatako, les coraux semblent bien résister aux variations de chaleur extrêmes, alors qu’il ne parviennent pas à survivre à de telles conditions dans d’autres régions de la planète. Cette résilience exceptionnelle a attiré l’attention du laboratoire Criobe, du CNRS. Le tout est de savoir s’il s’agit d’une acclimatation temporelle ou d’une adaptation génétique. Pour le savoir, des boutures de coraux ont été implantées à Moorea, près de Tahiti. Si l’expérience démontre la transmission de leur patrimoine thermorésistant, les scientifiques espèrent pouvoir les transplanter sur les territoires marins confrontés aux vagues de chaleur pour réduire la mortalité corallienne. Quand on connaît la surface occupée par les récifs coralliens dans le monde, la tâche semble incommensurable.

De telles expériences de transplantations de coraux ont eu lieu en Floride, mais se sont soldées par des échecs. Dans une note publiée le 3 mars 2024, j’écrivais que de nombreux biologistes marins se demandent s’il est vraiment utile de repeupler les récifs coralliens dans une eau qui devient tout simplement trop chaude. Ils affirment que la restauration des coraux est presque inévitablement vouée à l’échec en raison du réchauffement climatique actuel. « Tenter de restaurer les coraux dans les océans chauds d’aujourd’hui, c’est comme essayer de remettre en état une maison alors qu’elle est encore en feu. »

Source : Presse internationale et France Info.

Noirmoutier face aux assauts de l’océan

Lors d’une visite sur l’île de Noirmoutier en juin 2020, j’ai pu observer les traces des dégâts causés par la mer. Le village de La Guérinière en est un parfait exemple. Il suffit de se rendre sur le Boulevard de l’Océan où les anciens ouvrages, auparavant sous la dune, ont été mis à découvert par les vagues de la tempête Ciara. Sur la plage de la Cantine, le perré a été abîmé ; il s’agit d’un revêtement en pierres sèches ou en maçonnerie, destiné à renforcer un remblai, les rives d’un fleuve, les parois d’un canal, ou dans ce cas-ci une dune. A La Guérinière, des sacs de sable ont été déposés au niveau des brèches dans le rempart.

Des travaux ont été entrepris, avec installation d’enrochements, afin de contenir l’érosion littorale, mais il ne faut pas se faire d’illusion : le problème réapparaîtra à chaque tempête. Les rochers déversés à la hâte ne seront qu’un pansement provisoire et la mer aura tôt fait de les déstabiliser. Elle a envoyé sur certaines plages de la côte atlantique les solides blockhaus construits par les Allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale. Les rochers de Noirmoutier ne pèseront pas lourd face aux assauts des vagues ! Arrivera le jour – dans un avenir très proche au train où vont les choses – où les vagues atteindront les habitations. En observant les photos que j’ai prises au cours de ma visite, je me dis que celles construites à quelques dizaines de mètres du littoral ne vont pas tarder à être menacées.

Un article paru sur le site de la radio France Info nous rappelle que c’est sur ce bord de mer qu’ont été filmées, en 1972, des séquences du film « César et Rosalie ». On y voit la maison aux volets bleus devenue, depuis ce tournage, l’un des emblèmes de l’Ile vendéenne.

Ce patrimoine est lui aussi menacé, avec l’érosion de la dune et l’effondrement d’un muret qui protégeaient cette demeure des assauts de la mer. De gros enrochements ont été disposés pour protéger l’ensemble de la soixantaine d’habitations construites sur les plages de Mardi Gras et du Vieil. Reste à savoir s’ils seront capables de résister aux assauts de la mer lors des tempêtes de grandes marées, car c’est dans de telles circonstances que l’océan devient redoutable.

Pour faire face au phénomène d’érosion, les propriétaires du secteur des Dunes du Vieil se sont regroupés en Association Syndicale Autorisée (ASA) car en vertu d’une loi datant de 1907, les propriétaires de maisons donnant sur la plage endossent la responsabilité des murs qui leur appartiennent et qui protègent leurs maisons. Ensemble, les propriétaires entretiennent et financent certaines structures de défense contre la mer.

Comme ailleurs le long de la côte atlantique, le combat contre les éléments semble sans fin. Quelques centaines de mètres plus loin, la dune a été grignotée par la tempête Céline. À chaque grande marée, la dune diminue car elle est sapée par les assauts des vagues.

Aujourd’hui, l’ASA a pour projet de construire un grand enrochement sur ce secteur. Ces investissements sont financés à 50 % par la communauté de communes qui apprécie le partenariat avec les propriétaires. En plus des trois existantes, cinq autres ASA sont en cours de création. Noirmoutier doit en effet gérer 30 km de digues, 32 km de cordon dunaire et des systèmes d’endiguement. Une grande partie, située sur le domaine maritime, est à la charge des pouvoirs publics. L’aide des propriétaires est donc essentielle.

Source : France Info.

Photos: C. Grandpey

L’océan trop chaud fait fondre les glaciers arctiques // Overheated ocean melts Arctic glaciers

J’ai expliqué dans plusieurs notes sur ce blog que les plateformes glaciaires en Antarctique fondent car elles sont rongées par en dessous par les eaux chaudes de l’océan Austral.

 

Source : British Antarctic Survey

Des scientifiques de l’Institut polaire norvégien, du Centre Bjerknes pour la recherche climatique, de l’Université de l’Oregon et d’au moins trois universités norvégiennes ont découvert que le même phénomène est à l’origine de la fonte des glaciers dans l’Arctique. Ils ont étudié la fonte de l’Austfonna, le troisième plus grand glacier d’Europe, dont le nom signifie « calotte glaciaire orientale ».

 

Source : Wikipedia

Les résultats des observations sur le terrain, publiés dans la revue Nature Communications, expliquent pourquoi le glacier a reculé malgré les basses températures qui prévalent dans cette région de la planète.
L’Austfonna est une calotte glaciaire, un glacier en forme de dôme, dont les ramifications s’étalent dans toutes les directions avant d’atteindre l’océan. Il recouvre une grande partie de Nordaustlandet, une île de l’archipel norvégien du Svalbard. Comme d’autres glaciers dans le monde, l’Austfonna recule et les chercheurs ont voulu comprendre pourquoi. Ils ont découvert que le réchauffement des eaux océaniques, et pas seulement celui de l’atmosphère, est l’une des principales causes de la fonte du front du glacier C’est ce qui explique pourquoi l’Austfonna a fondu, même pendant les journées les plus froides et et les plus sombres que l’on rencontre dans l’Arctique. En réalité, c’est la température de l’océan qui contrôle l’ablation frontale de la calotte glaciaire. Suite à leurs observations, les scientifiques ont expliqué que les glaciers du Haut-Arctique qui viennent vêler dans l’océan, et sont donc exposés à l’atlantification, sont sujets à des changements rapides qui devront être pris en compte dans les projections glaciaires futures. (Le terme « atlantification » fait référence au réchauffement des eaux de l’océan Arctique.)

Photo: C. Grandpey

Alors que l’on pensait auparavant que le réchauffement de l’atmosphère avait un effet majeur sur la fonte, la nouvelle étude souligne les véritables impacts du réchauffement de l’océan sur la perte de masse des glaciers. L’océan retient mieux l’énergie que l’atmosphère, ce qui lui permet de rester chaud jusqu’en automne, provoquant la fonte et accélérant le vêlage des glaciers.
L’étude nous rappelle que la fonte des glaciers est un facteur d’élévation du niveau de la mer. Le dernier rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) sur l’état du climat indique que cette élévation a doublé depuis le début des mesures par satellite. L’élévation du niveau de la mer accentue l’érosion littorale et menace les zones habitées de l’Arctique, d’autant plus que la glace de mer disparaît et ne constitue plus le rempart qui protégeait les côtes contre les déferlantes lors des tempêtes.
Source : Yahoo News.

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I have explained in several posts that the ice shelves in Antarctica are melting because the warm water from the Southern Ocean saps them from beneath. Scientists from the Norwegian Polar Institute, the Bjerknes Centre for Climate Research, the University of Oregon, and at least three Norwegian universities, have discovered that the same phenomenon is melting glaciers in the Arctic. They studied the melting of Austfonna, Europe’s third largest glacier, whose name means « eastern ice cap. » Their findings, published in the journal Nature Communications,.explain why the glacier has been shrinking even when it has been cold outside.

Austfonna is an ice cap, a domed glacier flowing outward in every direction. It covers a huge portion of Nordaustlandet, an island that is part of the Norwegian archipelago of Svalbard. Like other glaciers in the world, Austfonna is retreating and the researchers wanted to understand why. They have discovered that warming ocean waters, rather than simply the warming atmosphere, have been a main cause behind the melting of the glacier front. This explains why Austfonna has melted even during the coldest and darkest days in the Arctic. It is the ocean temperature that controls the frontal ablation. From their observations, the scientists explained that marine-terminating glaciers in high Arctic regions exposed to Atlantification are prone to rapid changes that should be accounted for in future glacier projections. « Atlantification » describes the warming of Arctic Ocean waters.

Whereas the warming atmosphere was previously thought to have a major effect on melting, the new study underscores the real impacts of ocean warming on glacier mass loss. The warm ocean retains energy better than the atmosphere, so that the ocean can stay warm well into autumn, cause melting and calving of glacier fronts,

The study reminds us that glacier melting is a driver of sea level rise. The World Meteorological Organization’s latest State of the Global Climate report indicates that the rate has doubled since satellite measurements began. Rising sea levels are eroding land and threatening communities in the Arctic, all the more as the sea ice is disappearing and is no longer a rampart the protects the shores against the breaking waves during the storms. .

Source : Yahoo News.