Nyiragongo (République Démocratique du Congo)

drapeau francaisSelon une note mise en ligne le 15 mars sur le site VolcanoDiscovery, l’activité reste soutenue à l’intérieur du cratère du Nyiragongo. La nouvelle bouche apparue sur la terrasse inférieure continue à émettre de la lave sous forme de fontaines d’une trentaine de mètres de hauteur. Comme on peut le voir sur la photo qui accompagne l’article, la coulée de lave qui s’échappe de la bouche a maintenant atteint le rebord du lac de lave et s’écoule en cascades à l’intérieur.

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drapeau anglaisAccording to a post released on March 15th on the VolcanoDiscovery website, activity remains high within the crater of Nyiragongo volcano. The new vent that appeared on the lowest terrace is still emitting lava, together with fountains about 30 metres high. As can be seen on a photo that was released with the article, the accompanying lava flows have now reached the rim of the central lake and started to cascade into it.

Nyira 15 mars

Crédit photo : João Cunha Monteiro / VolcanoDiscovery

Nyiragongo ( République Démocratique du Congo) [suite / continued]

drapeau francaisVoici quelques détails supplémentaires sur la nouvelle situation au Nyiragongo. J’ai écrit le dernier message rapidement hier soir avant d’aller au lit. La nouvelle bouche éruptive s’est ouverte dans la partie nord-est de la première terrasse au-dessus du lac de lave, juste en dessous de la paroi du cratère. A en juger d’après les photos publiées par l’Observatoire Volcanologique de Goma, il y a un petit lac de lave dans cette nouvelle bouche, avec un spatter cone qui émet (ou a émis) des coulées de lave qui se sont étalées sur le fond du cratère.
La situation doit être contrôlée attentivement car la nouvelle activité se trouve sur la fracture orientée vers l’est qui relie le cratère du Nyiragongo au cône Baruta sur le flanc nord-est de l’édifice principal, près du village de Kibumba. Cette zone de rift (comme la zone rift sud qui se prolonge vers Goma) a déjà été le siège d’éruptions latérales catastrophiques, comme en 1977 et 2002. Elles ont tué plus de 1000 personnes, détruit des villages, ainsi qu’une grande partie de la ville de Goma en 2002.
Comme je l’ai écrit auparavant, on devrait accorder une plus grande attention aux fractures qui tranchent les flancs du Nyiragongo. Certes, elles sont beaucoup moins spectaculaires et photogéniques que le lac de lave dans le cratère et les images sont moins susceptibles d’être achetées par les chaînes de télévision. Il ne faudrait pas oublier que le but de la volcanologie est avant tout d’observer et d’étudier les volcans afin de protéger les populations qui vivent à proximité.

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drapeau anglaisHere are some more details about the new situation at Nyiragongo. I wrote the latest post rapidly last night before going to bed. The new eruptive vent opened in the northeastern partof the first terrace above the lava lake, just beneath the crater wall. Judging from the photos released by the Goma Volcanological Observatory, there is a small lava lake within the new vent, with a spatter cone emitting lava flows that have pooled onto the crater floor.

The situation needs to be carefully controlled as the new activity is located on the east-trending fracture that connects Nyiragongo crater with the Baruta cone on the NE flank of the main edifice, near the village of Kibumba. This rift zone (just like the southern rift zone that extends towards Goma town) has already been the seat of disastrous flank eruptions, like in 1977 and 2002. They killed more than 1000 people, destroyed villages and a large part of the city of Goma in 2002.
As I put it before, a greater attention should be given to the fractures that slash the flanks of the volcano. Sure, they are far less dramatic than the lava lake in the crater and their images are less likely to be bought by TV channels. However, to my mind, the purpose of volcanology is above all to observe and study volcanoes in order to protect the populations that live close to them.

Nyira mars 2016

Crédit photo: Observatoire Volcanologique de Goma.

 

 

 

Nyiragongo (République Démocratique du Congo): Nouveau lac de lave dans le cratère! // New lava lake within the crater!

drapeau francaisSelon un rapport de l’Observatoire Volcanologique de Goma en date du 2 mars 2016, une modification d’activité est actuellement observée à l’intérieur du cratère du Nyiragongo. Un lac de lave secondaire est apparu dans la partie E de la première terrasse du volcan et a probablement été la source des grondements perçus par la population autour du volcan. Selon les volcanologues locaux, cette nouvelle activité se situe « dans le prolongement de la
fracture qui relie le Nyiragongo à son cône de Baruta dans la direction de Kibumba ».
Vous pourrez lire le rapport – illustré de plusieurs photos – dans son intégralité en cliquant sur ce lien :
http://www.ovggoma.org/wp-content/uploads/2016/03/rapport-pr%C3%A9liminaire.pdf

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drapeau anglaisAccording to a report from the Volcanological Observatory of Goma (March 2nd 2016), a shift in activity is currently observed within the crater of Nyiragongo volcano. A secondary lava lake has appeared in the eastern portion of the first terrace and was probably the cause of the rumblings perceived by the population around the volcano. According to local volcanologists, this new activity lies “in the extension of the fracture between Nyiragongo and the Batura cone, towards Kibumba”.
You can read the whole report – with a few photos – by clicking on this link:
http://www.ovggoma.org/wp-content/uploads/2016/03/rapport-pr%C3%A9liminaire.pdf

Nyiragongo-blog

Le lac de lave du Nyiragongo (Crédit photo: Wikipedia)

Les émissions de CO2 dans les zones de rift // CO2 emissions in rift areas

drapeau-francaisDes scientifiques de l’Université du Nouveau-Mexique ont effectué des recherches visant à étudier le dioxyde de carbone (CO2) qui s’échappe des systèmes de failles dans le Rift Est-Africain (REA) afin de mieux comprendre dans quelle mesure ce gaz en provenance de l’intérieur de la Terre affecte l’atmosphère. La recherche a été financée par le programme Tectonique de la National Science Foundation.
On pense en général que le CO2 qui se trouve à l’intérieur de la Terre est envoyé dans l’atmosphère par les volcans actifs. Cependant, ce gaz peut également s’échapper le long de failles situées loin de centres volcaniques actifs.
Les scientifiques ont mesuré les émissions diffuses de CO2 du bassin Magadi-Natron dans le Rift Est-Africain entre le Kenya et la Tanzanie. Plusieurs volcans actifs émettent de grandes quantités de CO2 dans la région, notamment le Nyiragongo au Congo et l’Ol Doinyo Lengai en Tanzanie. En outre, des quantités importantes de CO2 sont stockées dans les grands lacs anoxiques de ce secteur.
Pour mesurer le flux de CO2 émis par les failles, les chercheurs ont utilisé un analyseur EGM-4 avec une chambre d’accumulation cylindrique. Les échantillons de gaz ont ensuite été recueillis dans des ampoules sous vide afin de procéder à leur analyse chimique et isotopique dans les laboratoires de l’Université du Nouveau-Mexique.
Les données fournies par l’ensemble des échantillons prélevés le long des failles ont été comparées aux analyses de gaz de l’Ol Doinyo Lengai. On a découvert qu’elles avaient des compositions isotopiques du carbone qui indiquaient une forte contribution magmatique au CO2 observé.
L’étude a généré des données intéressantes qui ont permis aux scientifiques de quantifier les émissions massives et prolongées de CO2 par des failles profondes. Ils ont constaté que le bassin Magadi-Natron, à la frontière entre le Kenya et la Tanzanie, émettait environ 4 mégatonnes de CO2 mantellique par an. La sismicité à des profondeurs de 15 à 30 km enregistrée au cours de l’étude suppose que les failles dans cette région pénètrent probablement la croûte terrestre inférieure. Ainsi, la source du CO2 serait la croûte inférieure ou le manteau, ce qui est compatible avec les isotopes de carbone mesurés dans le gaz.
Les résultats indiquent que le CO2 provient probablement du manteau supérieur ou de corps magmatiques situés dans la croûte inférieure le long de ces failles profondes. L’extrapolation des mesures à l’ensemble de la branche Est du système de rift révèle une émission de CO2 de 71 mégatonnes par an, comparable à l’ensemble des émissions des dorsales médio-océaniques qui se situe entre 53 et 97 mégatonnes par an.
En comparaison avec les grandes éruptions volcaniques qui transfèrent instantanément des quantités importantes de CO2 et d’autres gaz dans l’atmosphère où ils peuvent affecter le climat de la planète pendant plusieurs années, les zones de rift continental diffusent ces gaz extrêmement lentement mais, à l’échelle de temps géologique, les émanations de gaz le long des zones de rift ont pu jouer un rôle jusqu’alors insoupçonné dans le réchauffement de l’atmosphère et peut-être même mis un terme aux ères de glaciation.
Toutefois, même si l’on inclut les émissions de CO2 nouvellement quantifiées dans le Rift Est-Africain dans l’ensemble du CO2 émis sur la planète, ces émissions naturelles sont éclipsées par celles provenant de l’utilisation de combustibles fossiles qui s’élevaient à 36 giga tonnes de CO2 en 2013. Cette comparaison montre que l’humanité émet actuellement en CO2 l’équivalent de 500 Rifts Est-Africains dans l’atmosphère chaque année !
Source: Science Blog: http://scienceblog.com/

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drapeau anglaisScientists at the University of New Mexico have conducted research to study carbon dioxide (CO2) emissions through fault systems in the East African Rift (EAR) in an effort to understand CO2 emissions from the Earth’s interior and how this gas affects the atmosphere. The research was funded by the National Science Foundation Tectonics Program.
CO2 from Earth’s interior is thought to be released into the atmosphere mostly via degassing from active volcanoes. However, the gas can also escape along faults away from active volcanic centres.
The scientists set out to measure diffuse CO2 flux from the Magadi-Natron basin in the East African Rift between Kenya and Tanzania. Several active volcanoes emit large volumes of CO2 including Nyiragongo in the Congo and Ol Doinyo Lengai in Tanzania. Additionally, significant amounts of CO2 are stored in large anoxic lakes in this region.
To measure diffuse CO2 flux, the researchers used an EGM-4 CO2 gas analyzer with a cylindrical accumulation chamber. The gas samples were then diverted from the chamber into pre-evacuated glass vials in order to carry out gas chemistry and carbon isotope analyses in the laboratories at the University of New Mexico.
The data from all samples were then compared to gas data from the active volcano Ol Doinyo Lengai and were found to have carbon isotope compositions that indicated a strong magmatic contribution to the observed CO2.
The research generated interesting data allowing the scientists to quantify the massive and prolonged deep carbon emissions through faults. They found that about 4 megatonnes per year of mantle-derived CO2 is released in the Magadi-Natron Basin, at the border between Kenya and Tanzania. Seismicity at depths of 15 to 30 kilometers detected during the project implies that extensional faults in this region may penetrate the lower crust. Thus, the ultimate source of the CO2 is the lower crust or the mantle, consistent with the carbon isotopes measured in the gas.
The findings suggest that CO2 is transferred from upper mantle or lower crustal magma bodies along these deep faults. Extrapolation of the measurements to the entire Eastern branch of the rift system implies a huge CO2 flux 71 megatonnes per year, comparable to emissions from the entire global mid-ocean ridge system of 53 to 97 megatonnes per year.
Compared with large volcanic eruptions that instantly transfer significant amounts of CO2 and other gases into the atmosphere where they affect the global climate over a few years, continental rifting is extremely slow at spreading these gases but on geologic time-scales, large-scale rifting events could have played a previously unrecognized role in heating up the atmosphere and perhaps ending global ice ages.
It is important to note, however, even when including the newly quantified CO2 emissions from the EAR in the global CO2 budget, natural emissions are dwarfed by emissions from fossil fuel use which were 36 giga tons of CO2 in 2013. This comparison shows that humanity is currently emitting the equivalent of 500 East African Rifts in CO2 to the atmosphere per year.
Source : Science Blog : http://scienceblog.com/

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Ol Doinyo Lengai, l’un des volcans du Rift Est-Africain  (Photos: C. Grandpey)