La mort des glaciers de la Chaîne des Cascades // The death of the glaciers of the Cascade Range

Voici le lien vers un article très intéressant qui montre à quelle vitesse les glaciers fondent et reculent dans le Pacifique Nord-Ouest:
http://www.counterpunch.org/2017/04/28/mountain-of-tears-the-vanishing-glaciers-of-the-pacific-northwest/

L’article présente le témoignage d’un homme habitué à escalader le Mont Hood (Oregon), l’un des volcans potentiellement actifs de la Chaîne des Cascades. Il vient d’effectuer la 26ème ascension du versant nord-est de la montagne.
L’homme explique que, lorsqu’il a escaladé pour la première fois Cooper’s Spur, un éperon rocheux en dessous du sommet pyramidal du volcan, au début des années 1990, une grande partie de cette arête était toujours sous la neige jusqu’au mois d’août. Le parcours était balisé uniquement par des cairns et des poteaux en bois. En 2005, ces hautes pentes du Mont. Hood n’avaient plus de neige dès la mi-juillet, voire plus tôt. Au printemps 2017, après une série de journées chaudes en avril, la couverture neigeuse de Cooper’s Spur avait déjà fondu début mai, offrant les glaciers aux rayons du soleil pour une durée d’au moins six mois. Même après un hiver de fortes pluies et de chues de neige abondantes, le manteau neigeux de l’Oregon n’atteignait que 56 pour cent de la normale, une tendance qui n’a fat qu’empirer au cours des vingt dernières années.

L’histoire est la même tout le long de la Chaîne des Cascades, depuis la frontière canadienne jusqu’au Mont. Shasta dans le nord de la Californie. L’une des conséquences de la diminution du manteau neigeux est que la partie la plus humide des Etats-Unis est maintenant confrontée au risque d’une pénurie d’eau. La perspective d’une réduction du manteau neigeux et des eaux de fonte est également préoccupante pour les saumons et les truites qui viennent frayer dans les petits cours d’eau de ces montagnes.
Au cours de sa descente du Mont Hood, le randonneur a rencontré un glaciologue suédois qui étudie les glaciers des Cascades depuis une dizaine d’années. Il lui a dit que le glacier Eliot – le plus grand glacier de l’Oregon – a perdu plus de 42 mètres d’épaisseur au cours du siècle dernier et a reculé de plus de 300 mètres par rapport aux premières photos prises en 1901. Les glaciers ont reculé de plus de 50% dans tout le nord-ouest des Etats Unis et la vitesse de ce recul est en train de s’accélérer. Des dizaines de glaciers du nord-ouest ont complètement disparu, y compris dix glaciers répertoriés en Oregon.
Le front du glacier Eliot est profondément fissuré et on peut l’entendre gronder et craquer, comme si la montagne pleurait la perte d’une glace qui a recouvert ses flancs pendant 20 000 ans.

Source: Counterpunch.org.

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Here is the link to a very interesting article that shows how fast glaciers are melting and retreating in the Pacific Northwest:

http://www.counterpunch.org/2017/04/28/mountain-of-tears-the-vanishing-glaciers-of-the-pacific-northwest/

In the article, we have the testimony of a man who is used to climbing Mount Hood in Oregon, one of the potentially active volcanoes of the Cascade Range. He has just performed the 26th climb of the north-eastern slope of the mountain.

The man explains that when he first climbed Cooper’s Spur – a sharp ridge plunging off the volcano’s pyramidal peak – in the early 1990s, much of the ridge was still under snow well into August; the climbing route was visible only by following stone cairns and wooden posts. By 2005, these high slopes on Mt. Hood were clear of snow by mid-July, if not earlier. In spring 2017, after a blistering run of days in April, the snowpack on Cooper’s Spur had melted off by early May, exposing the glaciers to at least six months of sun. Even following a winter of heavy rains and mountain snow, Oregon’s snowpack was reduced to 56 percent of normal, a trend that has been getting worse for the past twenty years.

The story is the same up and down the Cascade Range, from the Canadian border to Mt. Shasta in northern California. One consequence of the dwindling snowpack is the fact that the soggiest part of the country is now facing the prospect of water shortages. The prospect of diminished snowpacks and early melt-offs is even more dire for the salmon and trout that spawn in the mountains small rivers and streams.

On his descent, the climber met a Swedish glaciologist who has been studying Cascade glaciers for the past decade. He told him that the Eliot Glacier – Oregon’s largest glacier – has lost more than 42 metres in thickness over the last century and has retreated more than 300 metres from the first photos of the glacier taken in 1901. Across the Northwest, glaciers have retreated by more than 50 percent and the pace of retreat is quickening. Dozens of northwest glaciers have disappeared entirely, including ten named glaciers in Oregon.

The face of the Eliot Glacier is deeply fissured and one can hear it rumble and crack, as if the mountain itself was moaning at the loss of ice that had coated its flanks for the last 20,000 years.

Source : Counterpunch.org.

Le Mont Hood vu depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

Vue du Mont Hood depuis le nord. On aperçoit Cooper’s Spur sur la gauche, juste avant la pente terminale (Photo: C. Grandpey)

 

L’accélération du réchauffement de l’Arctique et ses conséquences // Arctic warming and its consequences

L’Océan Arctique ne sera probablement plus recouvert de glace en été dans une vingtaine d’années. Si les émissions de carbone ne sont pas contrôlées, les températures en automne et en hiver dans l’Arctique en 2100 seront d’environ 5,5°C supérieures à celles relevées à la fin du 20ème siècle.
Ces nouvelles prévisions de réchauffement de l’Arctique marquent la fin du mandat de deux ans de la présidence américaine du Conseil de l’Arctique. Elles figurent dans le dernier rapport publié par cet organisme. Les scientifiques tirent la sonnette d’alarment et affirment que le rythme actuel du changement climatique exige une réponse rapide pour lutter contre ses causes. Alors que le réchauffement climatique de l’Arctique est plus rapide que dans le reste du monde, le rapport montre qu’une action immédiate est nécessaire pour réduire les émissions de carbone à l’échelle de la planète. Selon un océanographe de la NOAA qui est également co-auteur du rapport Snow, Water, Ice et Permafrost in the Arctic (SWIPA), «les changements sont cumulatifs et ce que nous ferons au cours des cinq ans à venir sera essentiel pour ralentir les changements qui se produiront dans les 30 ou 40 prochaines années ».
Le nouveau rapport SWIPA montre que les tendances observées dans l’Arctique au cours des dernières années se sont accélérées. Depuis le dernier rapport SWIPA de 2011, l’Arctique a connu les plus hautes températures jamais mesurées par des instruments météorologiques. La glace de mer de l’Arctique a atteint son niveau le plus faible de tous les temps en 2012 et le manque de glace en 2016 arrive en deuxième position dans les observations satellitaires. Le Groenland, le plus grand contributeur de l’Arctique à l’élévation mondiale du niveau de la mer, a perdu deux fois plus de glace entre 2011 et 2014 qu’entre 2003 et 2008.
Le réchauffement spectaculaire et la perte de glace de l’Arctique au cours des dernières années incitent le SWIPA a prévoir que l’Océan Arctique sera dépourvu de glace d’ici la fin des années 2030, une date antérieure à celle avancée par la plupart des autres modèles pour lesquels cet événement se produira seulement d’ici 2060. Contrairement aux autres modèles, le dernier rapport SWIPA utilise une extrapolation d’observations récentes pour effectuer son estimation.
Le rapport SWIPA fait également remarquer que depuis 2011, l’amplification du réchauffement de l’Arctique affecte aussi le reste du monde. En particulier, cela provoque un ralentissement du jet stream et l’aggravation des problèmes météorologiques à des latitudes moyennes. L’élévation du niveau de la mer, dont un tiers est maintenant attribué à la fonte de la glace dans l’Arctique, provoque des inondations, de l’érosion et des dégâts matériels dans les villes du sud (voir ma note sur le Togo).
Un autre problème est lié à des contaminants découverts récemment, dont beaucoup sont des ignifugeants qui polluent l’air et l’eau de l’Arctique. Les contaminants chimiques, dont certains proviennent de pesticides et de produits industriels utilisés dans les latitudes du sud, affectent le milieu marin arctique depuis des décennies, bien qu’il y ait eu des progrès significatifs dans leur contrôle grâce à la Convention de Stockholm. Les micro plastiques récemment observés dans les eaux de l’Arctique posent eux aussi de plus en plus de problèmes (voir ma note « L’Océan Arctique, poubelle de la planète »).
Source: Alaska Dispatch News.

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The Arctic Ocean is now on the way to become ice-free in summers as soon as two decades from now, while autumn and winter temperatures in the Arctic, if carbon emissions are not controlled, will be about 5.5°C higher in 2100 than they were at the end of the 20th century.

The new forecasts of accelerated warming mark the condition of the Arctic at the end of the two-year U.S. chairmanship of the Arctic Council. They are revealed by the latest reports released by the organization. Scientists are warning the pace of climate change demands a quick response against its causes. With Arctic warming outpacing climate change in the rest of the world, the reports show why immediate action is needed to reduce global carbon emissions. According to an NOAA oceanographer who is also a co-author of the Snow, Water, Ice and Permafrost in the Arctic (SWIPA) report, “the changes are cumulative, and so what we do in the next five years is really important on slowing down the changes that will happen in the next 30 or 40 years”.

The new SWIPA report shows that major Arctic trends documented in past years have accelerated. Since the last SWIPA report in 2011, the Arctic has heated up to its highest temperatures ever measured by weather instruments. Arctic sea ice hit a record-low extent in 2012 and last year tied for the second-lowest level in the satellite record. Greenland, the Arctic’s biggest contributor to global sea-level rise, in 2011 to 2014, lost ice at twice the rate observed from 2003 to 2008.

Dramatic warming and Arctic ice losses in recent years are behind the SWIPA projections for an ice-free Arctic Ocean by the late 2030s, an earlier date than is suggested by most models.

Predictions about when that milestone will arrive vary widely, from the 2060s to just a few years from now, whereas the new SWIPA report uses extrapolation of recent observations to come up with an estimate.

The SWIPA report also indicates that since 2011 amplified Arctic warming has affected the rest of the world. There is new information about far-north warming causing the jet stream to slow, meander and exacerbate mid-latitude weather problems. Rising sea levels, of which a third is now attributed to melt of Arctic land ice, is already causing flooding, erosion and property damage in southern cities.

Another challenge is posed by newly discovered contaminants, many related to flame retardants, in Arctic air and water. Chemical contaminants, many of them from pesticides and industrial products used in faraway southern latitudes have plagued the far-north marine environment for decades, although there has been significant progress in controlling those contaminants thanks to the Stockholm Convention. Microplastics, newly documented in Arctic waters, are posing growing problems (see my previous note about the Arctic Ocean being a garbage dump).

Source: Alaska Dispatch News.

Photo: C. Grandpey

 

La fonte du Groenland en photos // Photos of Greenland’s melting

La fonte du Groenland est visible au niveau des glaciers qui se fracturent et vêlent de plus en plus d’icebergs. Elle se produit aussi à la surface de la banquise où sont apparues des taches bleues qui trahissent des lacs de glace fondue qui sont de plus en plus nombreux et s’agrandissent chaque année. Chaque été, ils apparaissent aussi davantage à l’intérieur des terres et à de plus hautes altitudes que par le passé. Au travers de ses photos, le photographe aérien allemand Timo Lieber dévoile un paysage inattendu du Groenland.

Le projet photographique de Timo Lieber est intitulé Thaw (« fonte », en anglais). A la croisée de la photographie artistique et de la science, il est le fruit d’une collaboration entre le photographe et une équipe de glaciologues. Leur objectif est d’alerter sur la rapide et inquiétante fonte de la calotte glaciaire qui recouvre le Groenland, la plus importante de l’hémisphère Nord.

Timo Lieber explique que « dans ce paysage immaculé, dépouillé au strict minimum de couleurs et de formes, l’impact dramatique du changement climatique est plus manifeste que dans n’importe quelle autre partie du monde […] Cela fait peur à voir de ses propres yeux. Même depuis mon avion de ligne, lors de mon arrivée au Groenland, on pouvait déjà voir le bleu des lacs. On s’attend à un paysage complètement blanc, mais en fait, ce n’est pas du tout le cas ». C’est exactement ce que je me suis dit en survolant le Groenland en septembre 2016 alors que je me rendais en Alaska.

Même si elles traitent d’un sujet grave, les photos de Timo Lieber n’en restent pas moins belles. « Je n’essaie pas d’embellir le problème lui-même », confie Timo Lieber. « Je veux que les gens qui voient ces images se posent cette question : ‘Qu’est-ce qu’il y a derrière toute cette beauté ?' »

Le portfolio groenlandais de Timo Lieber est visible à cette adresse.

http://www.timolieber.com/thaw/view/thaw-1/

Source : France Info.

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The melting of Greenland can be seen at the glaciers which fracture and calve more and more icebergs. It also occurs on the surface of the ice sheet, where blue spots have appeared, betraying melt lakes which are increasingly numerous and growing every year. Each summer, they also appear more inland and at higher altitudes than in the past. Through his photos, the German aerial photographer Timo Lieber unveils an unexpected landscape of Greenland.
The photographic project of Timo Lieber is entitled « Thaw ». At the crossroads of artistic photography and science, it is the fruit of a collaboration between the photographer and a team of glaciologists. Their objective is to alert to the rapid and worrying melting of the ice sheet covering Greenland, the largest in the northern hemisphere.
Timo Lieber explains that « in this immaculate landscape, stripped to the bare minimum of colours and shapes, the dramatic impact of climate change is more evident than in any other part of the world … It’s scary to be seen with one’s own eyes. Even from my airliner, when I arrived in Greenland, I could already see the blue of the lakes.We expect a completely white landscape, but in fact it is not at all the case ». That is exactly what I said to myself while flying over Greenland in September 2016.
Even if they deal with a serious subject, Timo Lieber’s photos remain no less beautiful. « I’m not trying to embellish the problem itself, » says Lieber. « I want people who see these images to ask themselves, ‘What’s behind all this beauty?' »
Tom Lieber’s Greenland portfolio can be seen at this address:
http://www.timolieber.com/thaw/view/thaw-1/

Source: France Info.

Photo: C. Grandpey

 

Le Parc du Pléistocène (Sibérie / Russie): Lutte contre la fonte du permafrost // Pleistocene Park (Siberia / Russia): To curb permafrost thawing

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, la fonte du permafrost dans l’Arctique a un effet pervers : elle libère du gaz carbonique et du méthane dans l’atmosphère, ce qui contribue à accroître l’effet de serre et la hausse des températures.

C’est dans le but de freiner la fonte du pergélisol qu’a été créé le Parc du Pléistocène au nord de la Sibérie, à 5 km de la ville de Chersky (Yakutia). Cette initiative majeure tente de restaurer l’écosystème de la steppe des mammouths qui prévalait dans l’Arctique à la fin du Pléistocène. L’initiative suppose le remplacement des écosystèmes nordiques improductifs actuels par des pâturages hautement productifs qui présentent à la fois une forte densité animale et un taux élevé de biorecyclage. Les expériences de réintroduction d’animaux ont commencé en 1988. Actuellement, le Parc du Pléistocène se compose d’une zone fermée de 16 kilomètres carrés qui abrite 5 espèces majeures d’herbivores: bisons, bœufs musqués, élans, chevaux et rennes.
Le Parc du Pléistocène est actuellement géré par Nikita Zimov, mais c’est son père, Sergey Zimov, qui a eu l’idée du Parc. Les Zimov introduisent des créatures adaptées au froid qui sont les descendants des animaux qui parcouraient la région pendant la dernière ère glaciaire qui s’est terminée il y a environ 11 500 ans. Au cours d’expéditions difficiles dans d’autres parties de la Russie, ils ont récupéré des rennes, des boeufs musqués, des chevaux, des bisons et des cervidés.
Quand ces animaux paissent dans la toundra en hiver, ils piétinent la neige et diminuent ses qualités isolantes. De cette façon, les Zimov veulent conserver le pergélisol en augmentant son exposition à l’air froid en hiver. Ils espèrent également que les grands herbivores s’attaqueront aux arbres, aux arbustes et à la mousse, restaurant ainsi l’écosystème de la steppe des mammouths.
La steppe des mammouths s’étendait autrefois dans le haut du globe et couvrait une grande partie de l’Alaska et du pont terrestre de la Béringie. Lorsque les mammouths ont disparu, la forêt boréale moderne est apparue avec sa relative pénurie d’animaux.
À partir des os datant de la dernière ère glaciaire mis à jour par l’érosion sur les berges de la rivière Kolyma, les Zimov estiment que 30 grands herbivores ont vécu sur chaque kilomètre carré de la steppe des mammouths pendant l’Age de Glace. C’est cette densité qu’ils essaient de reproduire dans le Parc du Pléistocène. Le rêve des Zimov est d’étendre leur projet à l’ensemble du Nord circumpolaire.
Un chercheur de l’Université de Fairbanks en Alaska se rend régulièrement dans le Parc du Pléistocène. Il travaille sur des équipements qui mesurent les émissions de gaz dans la toundra. Les résultats confirment qu’avec la fonte du pergélisol la toundra ajoute plus de dioxyde de carbone qu’elle en absorbe dans l’atmosphère.
Source: Alaska Dispatch News.

Voici l’adresse du site Internet du Park: http://www.pleistocenepark.ru/en/

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As I put it several times, the melting of the permafrost in the Arctic has a perverse effect: it releases carbon dioxide and methane into the atmosphere, which contributes to increasing the greenhouse effect and the temperatures.

It was in order to curb the thawing of the permafrost that Pleistocene Park was created. The site is located in the north of Siberia, 5 km from the town of Chersky (Yakutia). It is a major initiative that includes an attempt to restore the mammoth steppe ecosystem, which was dominant in the Arctic in the late Pleistocene. The initiative requires replacement of the current unproductive northern ecosystems by highly productive pastures which have both a high animal density and a high rate of biocycling. Experiments with animal reintroductions began in 1988. Currently, Pleistocene Park consists of an enclosed area of 16 square kilometres that is home to 5 major herbivore species: bison, musk ox, moose, horses and reindeer.

The Pleistocene Park project is led by Nikita Zimov. Its aim is to restore the northern ecosystem that existed at the time of the mammoths. His father, Sergey Zimov, envisioned and initiated Pleistocene Park. The Zimovs are bringing in large, cold-adapted creatures descended from those that roamed the landscape during the last ice age, which ended about 11,500 years ago. In adventurous missions to other parts of Russia, they have retrieved reindeer, musk oxen, horses, bison and elk.

As these animals graze the tundra in winter, they pack down snow and lessen its insulating qualities. In this way, the Zimovs want to preserve the permafrost by increasing its exposure to cold winter air. They also hope their large herbivores will trample trees, shrubs and moss, restoring the mammoth steppe ecosystem.

The mammoth steppe once extended across the top of the globe, covering much of Alaska and the Bering Land Bridge. When mammoths disappeared, the modern boreal forest and its relative paucity of animals emerged.

From ice-age bones they have found in eroding river bluffs, the Zimovs estimate 30 large grass-eaters roamed a typical square kilometre of the mammoth steppe during the ice age. This is the density they are trying to reproduce at Pleistocene Park. The Zimovs’ dream is an eventual expansion of their experiment across the circumpolar north.

An Alaskan researcher at UAF is regularly visiting Pleistocene Park. He works on tundra-gas measuring equipment that confirm that, with the thawing of the permafrost,  the tundra is now adding slightly more carbon dioxide to the atmosphere than it absorbs.

Source: Alaska Dispatch News.

Here is the address of the Park’s website: http://www.pleistocenepark.ru/en/

Source: Parc du Pléistocène

Le boeuf musqué fait parti des animaux introduits dans le Parc du Pléistocène.

(Photo: C. Grandpey)