Le lac Titicaca victime du réchauffement climatique et de la fonte des glaciers // Lake Titicaca, a victim of global warming and glacier melting

Parmi tous les endroits au monde qui témoignent du réchauffement climatique figure le lac Titicaca, la plus grande étendue d’eau douce d’Amérique du Sud et le plus haut lac navigable du monde. A la frontière entre le Pérou et la Bolivie, le lac, long de 190 km et large de 80 km à plus de 3 800 mètres d’altitude, est niché au cœur des Andes et de leurs glaciers dont l’eau de fonte alimente normalement le lac. Comme ailleurs dans le monde, les glaciers reculent et leur eau n’est plus suffisante pour alimenter le lac. La conséquence, c’est que le lac perd son eau à un rythme alarmant, au grand désespoir des agriculteurs locaux.
Le lac, autrefois considéré comme une divinité par les peuples précolombiens qui vivaient sur ses rives, constitue un écosystème majeur pour la faune et une source d’eau pour des millions de personnes, comme les habitants d’El Alto, à environ 40 kilomètres à l’est. De plus, le lac Titicaca représente une zone de pêche de la plus haute importance pour les populations vivant le long de ses berges. Aujourd’hui, le niveau de l’eau est catastrophique, aggravé par le phénomène El Nino qui réduit les précipitations dans la région, avec une longue période de sécheresse et des températures trop élevées.
Les récoltes manquent d’eau, les puits se sont asséchés à cause de la longue période de sécheresse et le bétail souffre car il n’y a plus de nourriture. La sécheresse approche des niveaux critiques pour l’agriculture de la région. S’il ne pleut pas dans les prochains mois, on ne pourra pas planter les pommes de terre, l’un des aliments de base des communautés rurales et des villes boliviennes.
Autour du lac, les eaux se sont retirées du rivage. Les scientifiques expliquent que 95% de la perte d’eau est due à l’évaporation provoquée en très grande partie par le réchauffement climatique. L’ensemble de la Bolivie a connu une baisse de 39 % de ses eaux de surface naturelles, telles que les rivières et les lagunes, entre 1985 et 2022.
Le lac Titicaca a été nommé « Lac menacé de l’année » par le Global Nature Fund (GNF) et le réseau mondial des lacs Living Lakes, qu’il coordonne. En effet, outre la crise actuelle de l’eau, le lac est très pollué. Environ deux millions de Péruviens et de Boliviens vivent dans le bassin versant de cet immense lac et en dépendent comme réservoir d’eau potable. Le problème, c’est qu’une grande partie des eaux usées de la région s’écoulent directement dans le lac sans avoir été traitées. À cela s’ajoutent des pesticides issus de l’agriculture et des eaux contaminées par des métaux lourds provenant d’activités minières souvent illégales dans la région. Les conséquences sont dramatiques et expliquent les odeurs nauséabondes sur certaines rives du lac.
Source : Presse internationale.

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Among all the places in the world that bear witness to global warming, there is Lake Titicaca, South America’s largest body of fresh water and the highest navigable lake in the world. On the border between Peru and Bolivia, the lake, which is 190 km long and 80 km wide at an altitude of over 3,800 meters, is nestled amid the Andes mountains and their glaciers whose melt water normally feeds the lake. Like elsewhere in the world, there glaciers are retreating and their water is no longer sufficient. The consequence is that the lake is losing its water at an alarming rate, to the dispair of local farmers.

The lake, once seen as a deity by the pre-Columbian people that lived on its shores, is an important ecosystem for wildlife and a water source for millions of people, including in the city of El Alto, some 40 kilometers to the east. In addition, it represents the utmost important fishing ground for the people living along its shores. But its water levels are now reaching record lows, worsened by the El Nino weather phenomenon that means less rain in the area, compounding a long dry spell and high temperatures.

The crops are parched, nearby water wells have dried up amid a long spell of drought, and the livestock is suffering with no more food. The drought is approaching critical levels for the region’s agriculture. If it does not rain by early December there will be no planting of potatoes, one of the food staples for Bolivia’s rural communities and cities.

Around the lake, the waters have receded from the shoreline, Experts say ninety-five percent of the water loss from the lake is due to evaporation, which shows that this is totally or almost totally caused by global warming. Bolivia overall has seen a 39% drop in its natural surface waters, such as rivers and lagoons, between 1985 and 2022.

Lake Titicaca has been named « Threatened Lake of the Year » by the Global Nature Fund (GNF) and the global lake network Living Lakes, which it coordinates. Indeed, beside the current water crisis, the lake is highly polluted. About two million Peruvians and Bolivians live in the catchment area of this giant lake and depend on it as a drinking water reservoir. However, a large part of the wastewater from the region flows untreated directly into the lake. In addition, there are pesticides from agriculture and heavy metal contaminated wastewater from partly illegal mining in the region. The consequences are drastic and can be smelled by everyone, with a stench on some of the lake’s shores.

Source : International news media.

Image satellite du lac Titicaca (Source : Copernicus Sentinal 2)

Fonte du Glacier du Rhône et réchauffement du Lac Léman // Melting of the Rhône Glacier and warming of Lake Geneva

J’ai alerté à plusieurs reprises sur la fonte du Glacier du Rhône qui recule à vue d’oeil, à tel point que la grotte qui a été creusée dans la glace est en passe de ne plus exister. En 2020, sa visite à 2029 mètres d’altitude donnait envie de pleurer tellement la fonte était spectaculaire. En juillet 2023, il se disait que la grotte du glacier du Rhône vivait peut-être sa dernière saison, après 150 ans d’exploitation. La presse helvétique nous apprend aujourd’hui que la grotte s’est visiblement effondrée. On ne sait pas si la construction d’une nouvelle grotte de glace pour la prochaine saison estivale 2024 sera encore possible. La Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage critique le projet de création, sans permis, d’une nouvelle grotte sur le glacier, ainsi que l’utilisation de bâches destinées à retarder la fonte de la glace. En effet, ces dernières causent une pollution aux microplastiques.

 

S’agissant du Glacier du Rhône, au train où vont les choses, on peut se demander si dans quelques décennies – peut-être même avant – la source du Rhône existera encore. J’ai vu le Glacier du Rhône reculer au fil des ans. Dans les années 1980, sont front dominait encore la route du col de la Furka.

 

Le Glacier du Rhône en 1981….

Aujourd’hui, on ne voit plus le glacier depuis la route. Il faut emprunter un long sentier pour atteindre son front qui se termine en pente douce dans un petit lac d’où s’échappe le Rhône à son extrémité.

…..et en 2020 !

….avec le front en pente douce

Naissance du Rhône (Photos: C. Grandpey)

En une année, la langue du glacier où se trouvait la grotte a perdu 10 mètres d’épaisseur. Selon les modèles réalisés par l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, il devrait avoir disparu d’ici la fin du siècle.

Après sa naissance dans le canton suisse du Valais, le Rhône fait un brin de toilette dans le Lac Léman avant d’arriver en France et de poursuivre sa course vers la Mer Méditerranée.

 

Image satellite (Sentinel-2) du Lac Léman

A l’image des océans, la température du Lac Léman, d’une superficie de 580,1 km2, ne cesse d’augmenter. Cette surface étant moins importante que celle des océans, la température s’élève plus vite. La première réserve d’eau douce d’Europe occidentale se réchauffe quatre à cinq fois plus vite que les océans. C’est l’alerte que vient de lancer la Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (CIPEL) dans son dernier rapport publié le 12 février 2024.

La température moyenne annuelle des eaux de surface du Léman atteignait 13,6°C en 2022, ce qui constitue un record depuis 1990. Cette élévation de la température de l’eau est due à la multiplication des hivers doux qui empêchent les eaux de surface de se mélanger avec celles du fond.

La CIPEL prévient que la tendance n’est pas près de s’arrêter. En effet, les Alpes se réchauffent deux fois plus vite que le reste de la planète. Si la hausse atteint 4°C, ce qui est prévu dans le pire des scénarios, il n’y aura pas d’adaptation possible. Le réchauffement des eaux du Léman aura des conséquences majeures pour les écosystèmes, avec une faune qui manquera de nourriture. Des espèces de poissons, comme la féra, n’arriveront plus à se reproduire ; des bactéries prolifèreront, rendant le traitement de l’eau du lac plus coûteux pour le million de Français et de Suisses qui la boivent.

Source : France Info.

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I have warned on several occasions about the melting of the Rhône Glacier which is retreating, to the point that the cave which was dug in the ice is on the verge of no longer existing. In 2020, a visit to 2029 meters above sea level made you want to cry because the melting was so dramatic. In July 2023, it was said that the Rhône glacier cave was perhaps experiencing its last season, after 150 years of exploitation. The Swiss press tells us today that the old cave has visibly collapsed. It is not known whether the construction of a new ice cave for the next summer season 2024 will still be possible. The Swiss Foundation for Landscape Protection and Planning criticizes the plan to create, without a permit, a new cave on the glacier, as well as the use of tarpaulins intended to considerably delay the melting of the ice. In fact, they cause microplastic pollution.

Regarding the Rhône Glacier, at the rate things are going, we can wonder if in a few decades – perhaps even sooner – the source of the Rhône River will still exist. I have seen the Rhône Glacier retreat over the years. In the 1980s, its front still dominated the Furka Pass road.
Today, you have to take a long footpath to reach the front of the glacier which ends gently in a small lake from which the Rhône River escapes at its end.
In one year, the tongue of the glacier where the cave was located lost 10 meters in thickness. According to models produced by the Swiss Federal Institute of Technology in Zurich, it will probably have disappeared by the end of the century.
After its birth in the Swiss canton of Valais, the Rhône takes a quick bath in Lake Geneva before arriving in France and continuing its course towards the Mediterranean Sea.

Like the oceans, the temperature of Lake Geneva, with an area of 580.1 km2, continues to increase. A this surface area is smaller than that of the oceans, the temperature rises more quickly. Western Europe’s largest freshwater reserve is warming four to five times faster than the oceans. This is the alert that the International Commission for the Protection of the Waters of Lake Geneva (CIPEL) has just issued in its latest report published on February 12th, 2024.
The average annual temperature of Lake Geneva’s surface waters reached 13.6°C in 2022, which is a record since 1990. This rise in water temperature is due to the increase in mild winters which prevent surface waters from mix with those at the bottom.
CIPEL warns that the trend is not about to stop. In fact, the Alps are warming twice as fast as the rest of the planet. If the rise reaches 4°C, which is expected in the worst-case scenario, there will be no adaptation possible. The warming of the waters of Lake Geneva will have major consequences for ecosystems, with fauna that will lack food : species of fish, such as the féra, will no longer be able to reproduce; bacteria will proliferate, making water treatment more expensive for the million French and Swiss who drink lake water.
Source: France Info.

 

Et si la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental venait à fondre ? // What if the West Antarctica Ice Sheet happened to melt ?

Faisant référence à la réduction de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental il y a 8 000 ans, une étude attire l’attention sur ce qui pourrait arriver aujourd’hui si une fonte semblable se produisait avec le réchauffement climatique actuel et l’énorme élévation du niveau de la mer qui en résulterait inévitablement. .
Les auteurs de l’étude, publiée dans la revue Nature Geoscience en février 2024, ont analysé une carotte de glace de 600 mètres de long et ont réalisé qu’une partie de la calotte glaciaire s’était amincie de 450 mètres sur une période de seulement 200 ans à la fin du dernier Âge glaciaire.
L’étude est la première à faire état d’une perte de glace aussi rapide quelque part en Antarctique. Même si les scientifiques savaient que la calotte était plus grande à la fin de la dernière période glaciaire qu’aujourd’hui, on ne savait pas exactement à quel moment elle avait rétréci. Il est clair que la calotte glaciaire a reculé et s’est amincie très rapidement dans le passé, avec le risque qu’un tel phénomène se reproduise. Les chercheurs affirment que « si cette calotte glaciaire commence à reculer, elle le fera vraiment très rapidement ».
La fonte de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental pourrait avoir des conséquences catastrophiques sur l’élévation du niveau de la mer à l’échelle mondiale. Elle contient suffisamment d’eau pour faire s’élever le niveau de la mer d’environ 5 mètres, ce qui provoquerait des inondations dévastatrices dans les villes côtières. Le message le plus important véhiculé par l’étude est que la quantité de glace stockée en Antarctique peut changer très rapidement, à un rythme qui serait difficile, voire impossible, à gérer pour de nombreuses villes côtières.
Les carottes de glace constituent des archives de l’atmosphère terrestre. Constituées de couches de glace formées par accumulation de neige et compactées au fil des millénaires, elles contiennent des bulles d’air anciennes ainsi que des contaminants qui témoignent des changements environnementaux au fil du temps. La carotte de glace analysée dans l’étude a été forée sur le Skytrain Ice Rise, situé en bordure de la calotte glaciaire, près du point où la glace commence à flotter et à former la plate-forme glaciaire de Ronne.

 

On peut voir sur cette carte le Skytrain Ice Rise – partie de la plate-forme glaciaire de Ronne – où la carotte de l’étude a été extraite (Source : Université de Cambridge / British Antarctic Survey)

Les scientifiques ont extrait la carotte en 2019. Ils ont ensuite découpé la partie centrale, logé ces échantillons dans des coffrets isothermes à une température de moins 20 degrés Celsius et les ont envoyés au Royaume-Uni par avion, puis par bateau. Une fois au Royaume-Uni, les scientifiques ont mesuré les isotopes d’eau à l’intérieur de la carotte de glace car ils fournissent des informations sur la température du passé. Ils ont également mesuré la pression subie par les bulles d’air emprisonnées dans la glace.
Les chercheurs ont été extrêmement surpris lorsque les données ont révélé la vitesse à laquelle la glace s’était amincie à la fin de la dernière période glaciaire. Ils ont dû vérifier qu’ils n’avaient pas commis d’erreur dans leurs analyses. La calotte glaciaire de l’Antarctique occidental est particulièrement vulnérable aux changements climatiques car la partie située en dessous du niveau de la mer est en pente descendante. Lorsque aujourd’hui l’eau plus chaude de l’océan Austral pénètre sous le glace, cette dernière peut fondre très rapidement. Il peut se produire un processus incontrôlable, comme celui qui a eu lieu il y a 8 000 ans. Ce qui rend les résultats des observations des scientifiques si alarmants, c’est qu’une fois que cette fonte rapide se produit, rien ne peut l’arrêter.
Les nouvelles données fournies par l’étude contribueront à améliorer la précision des modèles utilisés par les scientifiques pour prévoir comment la calotte glaciaire réagira au réchauffement climatique.

Certains scientifiques font remarquer que l’étude porte sur une période située il y a 8 000 ans où les conditions climatiques étaient différentes ; par conséquent, les résultats ne constituent pas un exemple direct de ce qui pourrait se produire aujourd’hui. Cependant, ils ajoutent que l’étude pourrait donner un aperçu de la manière dont les calottes glaciaires peuvent disparaître.
L’Antarctique occidental est célèbre pour ses immenses glaciers retenus par des plates-formes glaciaires avant d’atteindre l’océan. Parmi eux, le glacier Thwaites fond rapidement (voir mes notes à ce sujet). Une étude de 2022 a indiqué que le glacier ne tient plus « qu’à un fil » avec le réchauffement de la planète.
Source : Université de Cambridge, via CNN.

Les bulles d’air emprisonnées dans la glace donnent de précieuses indications sur le climat du passé (Photo: C. Grandpey)

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Referring to the shrinkage of the West Antarctic Ice Sheet 8,000 yeras ago, a study draws attention to what could happen today if a similar melting occurred with the current global warming and the huge sea level rise that would inevitably follow. .

The authors of the study, published in the journal Nature Geoscience in February 2024, analysed a 600-meter-long ice core and realised that part of the ice sheet thinned by 450 meters over a period of just 200 years at the end of the last Ice Age.

The study is the first direct evidence that shows such a rapid loss of ice anywhere in Antarctica. While scientists knew the ice sheet was bigger at the end of the last Ice Age than today, much less was known about when exactly the shrinking happened. It is clear the ice sheet retreated and thinned very rapidly in the past ; the danger is that it could begin again. The researchers say that “if it does start to retreat, it really will do it very fast.”

The melting of the West Antarctica Ice Sheet could have catastrophic consequences for global sea level rise. It holds enough water to raise sea levels by about 5 meters, which would cause devastating flooding in coastal towns and cities around the world. The key message of the study is that the amount of ice stored in Antarctica can change very quickly, at a pace that would be hard to deal with for many coastal cities.

Ice cores are historical archives of the Earth’s atmosphere. Made up of layers of ice that formed as snow fell and compacted over thousands of years, they contain bubbles of ancient air as well as contaminants that provide a record of environmental changes over millennia. The ice core analyzed in the study was drilled from Skytrain Ice Rise located at the edge of the ice sheet, near the point where the ice starts to float and become part of the Ronne Ice Shelf. Scientists extracted it in 2019, They then cut the core into sections, packed them in insulated boxes kept at minus 20 degrees Celsius, and sent them to the UK via plane then ship. Once in the UK, the scientists measured the ice core’s water isotopes, which provide information on temperature in the past. They also measured the pressure of trapped air bubbles in the ice.

It was a surprise when the data revealed just how quickly the ice had thinned at the end of the last Ice Age, The scientists had to check check that they had not made a mistake with the analysis.The West Antarctic Ice Sheet is particularly vulnerable to climate change, because the land under it is below sea level and slopes downward. When warm water gets underneath, it can melt very fast. It can have a runaway process which happened 8,000 years ago. What makes the results of the scientists’ observations so alarming is that once that runaway happens, there’s really very little that can be done to stop it.

The new data will help improve the accuracy of the models scientists use to predict how the ice sheet will respond to future global warming.

Other scientists caution that the study looked at a period 8,000 years ago when climate conditions were different ; as a consequence, the results are not a direct example of what could happen today. However, they add that the study may offer an insight into the way that ice sheets can collapse.

West Antarctica is famous for its huge glaciersthat are buttressed by an ice shelf before ending up in the ocean. Among them, the Thwaites Glacier is melting rapidly. A 2022 study said the glacier was hanging on “by its fingernails” as the planet warms.

Source : University of Cambridge, via CNN.

Une photo comme je les aime // A photo as I like them

En 2024, la gagnante du prestigieux concours Wildlife Photographer of the Year organisé par le Musée d’Histoire Naturelle est Nima Sarikhani avec une superbe photo intitulée « Ice Bed ». Elle montre un ours polaire en train de s’endormir sur le lit de glace qui lui est fourni par un iceberg. Le but de cette photo est d’attirer l’attention sur le sort des ours polaires dont le biotope arctique se réduit comme peau de chagrin à cause du réchauffement climatique.

 

Crédit photo : Nima Sarikhani

La photo a été prise au large de l’archipel du Svalbard. Dans un article publié le 14 septembre 2021, j’expliquais que « sur l’archipel norvégien du Svalbard, les populations d’ours polaires ont perdu 10 % de leur diversité génétique entre 1995 et 2016. »
Nima Sarikhani a passé trois jours en bateau à la recherche des ours polaires. Elle a fini par rencontrer un couple d’ours. Le jeune mâle s’est creusé un lieu de repos sur l’iceberg qui a ensuite dérivé, créant le décor parfait pour le cliché qui est aussi censé inspirer de l’espoir : « Il est encore temps de réparer les fautes que nous avons commises. »
L’ours que l’on peut voir sur la photo fait partie des quelque 3 000 plantigrades vivant dans la mer de Barents, et qui migrent entre le Svalbard et les îles arctiques russes.
Comme je l’ai indiqué dans ma note du 14 septembre 2021, le Svalbard s’est réchauffé de 3 à 5 degrés Celsius au cours des 50 dernières années, avec une réduction de la glace qui est essentielle à la survie des ours polaires. Cela signifie que les ours sont obligés de nager sur de plus longues distances et ont moins de contacts avec leurs congénères.
La fonte continue des glaces pèse lourdement sur certaines populations. Ainsi, dans le sud de la mer de Beaufort, les ours vont mal en raison de la perte de glace sur la plate-forme continentale.
Historiquement, ces ours passaient la majeure partie de leur temps sur la banquise. Jusqu’à 30 % de la population a été contrainte de mettre le pied sur terre pendant l’été et l’automne pour trouver de la nourriture. Cependant, comme la nourriture se fait plus rare sur terre, les ours polaires qui ont été obligés d’y venir sont souvent dans un état physiologique de stress nutritionnel. Une autre conséquence est que les ourses peuvent également avoir du mal à mettre bas en toute sécurité si elles ne peuvent pas se nourrir suffisamment pour conserver une masse corporelle acceptable.
Une étude publiée en septembre 2023 a révélé l’ampleur de l’impact dévastateur du réchauffement climatique sur les populations d’ours polaires. Pour la première fois, des chercheurs ont directement lié les émissions de gaz à effet de serre à la survie des oursons polaires. Ils pensent que leur étude pourrait inciter le gouvernement fédéral américain à prendre en compte les impacts que les projets de combustibles fossiles auraient sur les ours polaires.
Une autre étude publiée en 2020 a montré que les ours polaires risquent de disparaître d’ici la fin du siècle si des mesures ne sont pas prises pour freiner le réchauffement climatique. Les ours polaires ont été la première espèce à être classée comme menacée en vertu de la loi sur les espèces en voie de disparition en raison du réchauffement climatique.
Source : USA Today via Yahoo Actualités.

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In 2024, the winner of the Natural History Museum’s prestigious Wildlife Photographer of the Year competition was Nima Sarikhani with a great photo named « Ice Bed. » It shows a polar bear drifting off to sleep on a bed of ice. The aim of the snapshot was to draw attention to the plight of polar bears whose homelands in the Arctic have been eroded by global warming at an alarming pace.

The photo was taken off the Svalbard archipelago. In a post published on September 14rh, 2021, I explained that « on the Norwegian archipelago of Svalbard, polar bear populations have seen a 10% loss in their genetic diversity from 1995 to 2016. »

Nima Sarikhani spent three days looking for polar bears on a ship circling the Norwegian Islands until he came across a pair of bears. The younger bear carved out a resting place and drifted off, setting the perfect scene for Sarikhani’s photo who says it also inspires hope : « There is still time to fix the mess we have caused. »

The bear captured in the picture is one of an estimated 3,000 bears living in the Barents Sea, which migrate between Svalbard and the Russian Arctic Islands.

As I put it in the 14 September 2021 post, Svalbard has warmed between 3 and 5 degrees Celsius in the last half century, thinning out the ice that is crucial to polar bear survival. That means bears are forced to swim longer distances and don’t have as much contact with others.

The continuous melting of ice is taking a toll on some populations. In the southern Beaufort Sea, bears are doing relatively poorly because of the loss of sea ice over their continental shelf.

« Historically, these bears would spend basically most of their year on the sea ice. Up to 30% of the population has learned to come ashore during that summer and autumn to find some food. However, since food is more scarce on land, polar bears forced to travel ashore are often in a physiological state of nutritional stress. Another consequence is that female bears also can have trouble delivering their cubs safely if they can’t feed enough to retain sufficient body mass.

A study released in September 2023 revealed the scope of the devastating impact of global warming on polar bear populations. For the first time, researchers directly linked greenhouse gas emissions to their effect on the survival of polar bear cubs. The researchers believe their study could help the U.S. federal government consider the impacts that fossil fuel projects would have on polar bears.

Another study released in 2020 showed that polar bears are at risk of extinction by the end of the century if measures are not taken to curb global warming. Polar bears were the first species to be listed as threatened under the Endangered Species Act because of global warming.

Source : USA Today via Yahoo News.