L’or de l’Erebus (Antarctique) // Mount Erebus’ gold (Antarctica)

On peut lire ces jours-ci dans la presse plusieurs articles expliquant que le mont Erebus (3 794 m) en Antarctique émet de l’or, mais personne ne se précipitera sur le Continent blanc car les particules d’or font partie des panaches de gaz émis par le volcan. En fait, cette découverte de l’or remonte à 1991 et a été faite pour la première fois par des géologues américains, avant d’être récemment confirmée par d’autres scientifiques. .
En 1991 et en 2024, des chercheurs ont détecté des particules d’or dans les gaz volcaniques émis par l’Erebus, ainsi que dans la neige environnante. Les dernières évaluations indiquent que la production quotidienne d’or est d’environ 80 grammes, et semble confirmer ce qui a été observé en 1991. Cette quantité équivaut à une somme de 6 000 dollars. Cependant, l’or et les autres ressources minérales de l’Antarctique ne devraient jamais être exploités en vertu du Protocole de Madrid adopté en 1991 et entré en vigueur en 1998. Il vient compléter le Traité sur l’Antarctique de 1959 et désigne le continent blanc comme « une réserve naturelle dédiée à la paix et à la science. »
Les particules d’or de l’Erebus proviennent probablement de roches volcaniques. Selon les dernières observations, elles mesurent « entre 0,1 et 20 micromètres » dans les gaz et « 60 micromètres » dans la neige environnante.
L’Erebus fait partie des 138 volcans recensés en Antarctique. Avec l’Île de la Déception, c’est l’un des deux volcans actifs de la région (voir ma note du 11 avril 2024). Situé sur l’île de Ross, il est rarement visité car son accès est compliqué. Les premières missions françaises ont été réalisées entre 1973 et 1978 par Haroun Tazieff et son équipe. Ils ont tenté de descendre au fond du cratère pour prélever des échantillons de lave mais ont échoué en raison de l’hyperactivité du volcan qui présentait trop de risques. Tazieff a raconté l’histoire de ces missions dans plusieurs ouvrages : Erebus, volcan antarctique (Ed. Arthaud, 1978) et Erebus, volcan de l’Antarctique (Ed. Actes Sud, 1994).
Une autre mission a été organisée par Jean-Louis Etienne de décembre 1993 à mars 1994. Malheureusement, la banquise de la mer de Ross était quasiment infranchissable et il a fallu plus de trois semaines à la mission pour arriver au pied du volcan. Après dix jours d’ascension jusqu’au sommet du cratère, une nouvelle déception attendait les scientifiques. Le cratère avait été bouleversé par des explosions et des effondrements. Tout au fond, le lac de lave s’est révélé inaccessible. Seules quelques photos de la lave ont pu être prises avec un puissant téléobjectif. Jean-Louis Etienne a décrit l’expédition dans son livre Expédition Erebus (Ed. Arthaud, 1994).

Cratère de l’Erebus (Crédit photo: Wikipedia)

Cristal d’anorthoclase et échantillon du lac de lave de l’Erebus prélevés par l’équipe Tazieff (Photo: C. Grandpey / Collection personnelle)

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One can read several artticles these days explaining that Mount Erebus (3,794 m) in Antarctica is emitting gold. However nobody is going to oprn a mine on the continentbecause the gold particles are contained in the gas plumes emitted by the volcano. In fact this discovery of gold dates back to 1991 and was first made by American geologists and recently confirmed by other scientists. .

Both in 1991 and 2024, researchers have detected gold particles in the volcanic gases emitted by the volcano, as well as in the surrounding snow. The latest evaluations suggest the daily output of gold is about 80 grams, which appears to be consistent with what was observed back in 1991. This is worth $6,000. However, Antarctica’s gold and other mineral resources should never be exploited under the Madrid Protocol adopted in 1991 and enforced in 1998. It complemented the 1959 Antarctic Treaty and designates the White Continent as a “natural reserve dedicated to peace and science. ”

The gold particles on Mount Erebus likely originate from volcanic rock. According to the latest observations, they measure ‘between 0.1 and 20 micrometers’ in the volcanic gases and ’60 micrometers’ in the surrounding snow.

This volcano is among Antarctica‘s 138 active volcanoes. Together with Deception Island, it is one of the two active volcanoes in the region (see may post of 11 April 2024). Located on Ross Island, it is rarely visited because its access is complicated. The first French missions was performed between 1973 and 1978 by Haroun Tazieff and his team that attempted to descend to the bottom of the crater to take lava samples. They failed due to dangerous hyperactivity of the volcano. Tazieff told the story of these missions in several books : Erebus, volcan antarctique (Ed. Arthaud, 1978) and Erebus, volcan de l’Antarctique (Ed. Actes Sud, 1994)

Another mission was organised by Jean-Louis Etiennev from December 1993 to March 1994. Unfortunately, the icepack in the Ross Sea was almost impassable and it took the mission more than three weeks before arriving at the foot of the volcano. After ten days of climbing to the top of the crater, a new disappointment awaited the scientists. The crater had been ripped open by explosions and collapses. At the very bottom, the lava lake proved inaccessible. Only a few fotos of the lava could be made with a powerful telelens. Etienne described the expedition in his book Expédition Erebus (Ed. Arthaud, 1994).

Islande : dernières nouvelles de l’éruption // Iceland : latest news of the eruption

Dans ma dernière note faisant le point sur l’activité éruptive sur la péninsule de Reykjanes, j’indiquais que la lave s’était accumulée et avait épaissi le champ de lave près de Grindavík, en particulier vers le sud. Les médias islandais nous informent aujourd’hui (28 avril 2024) que de la lave a ouvert une brèche dans l’une des digues de terre édifiées pour protéger Grindavík. Il n’y a cependant aucun danger immédiat pour Grindavík ou d’autres zones habitées.
La brèche a été constatée le 27 avril au niveau d’une digue au nord de Grindavík. La lave se déplace très lentement et en faible quantité. La situation est surveillée en permanence, tout comme le reste de la zone de l’éruption.
Comme je l’ai déjà écrit certains signes montrent qu’une nouvelle éruption est peut-être imminente. Le soulèvement du sol dans le secteur de Svartsengi a atteint un niveau équivalent à ce qu’il était au moment du déclenchement de l’éruption actuelle à la mi-mars.

Source: Met Office

Il est demandé aux gens de rester à l’écart du site de l’éruption, d’autant plus que le soulèvement du sol indique une accumulation de magma, ce qui pourrait conduire à l’ouverture d’une deuxième fissure à l’endroit ou à proximité de l’éruption actuelle. Le Met Office islandais et la police demandent aux gens de ne pas se rendre à pied jusqu’à l’éruption au niveau de la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar. En effet, si une autre éruption se produit, elle sera probablement si soudaine qu’il n’y aura pas le temps de demander aux gens d’éviter la zone.
Personne ne sait quelles conséquences une nouvelle éruption pourrait avoir sur les digues de terre qui, en certains endroits, retiennent déjà une quantité considérable de lave. Il convient de garder à l’esprit que la lave avance par des chenaux ouverts et par un réseau de tunnels qui l’empêchent de se refroidir.

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In my latest post updating eruptive activity on the Reykjanes Peninsula, I indicated that lava had accumulated and thickened the lava field near Grindavík, particularly towards the south. Icelandic news media inform us today (April 28th, 2024) that some lava has breached one of the earthen walls built to protect Grindavík. There is not, however, any immediate danger to Grindavík or other human settlements.

The breach was noticed on April 27th at a wall north of Grindavík. It is moving very slowly, and there is not a great deal of lava. However, the situation is being monitored continuously, just like the rest of the eruption area.

As I put it before,, there have been indications of another eruption on the way soon. Ground uplift in the Svartsengi area has reached a level equivalent to what it was at the start of the current eruption in mid-March. People have been reminded to stay away from the eruption site, especially as ground surface rising indicates accumulating magma, which may lead to a second fissure at or near the location of the current eruption. The Icelandic Met Office and the police are asking people not to go on foot to the volcanic eruption at the Sundhnúkagígar crater row. Indeed, if another eruption occurs, it will likely be so sudden that there will not be enough time to warn people to avoid the area.

Nobody knows what a new eruption could mean for defensive walls which, in some parts, are already holding back a considerable amount of lava. It should be kept in mind that lava is mostly advancing through both open channels and a network of tubes that prevent it from cooling.

Islande : vers la fin de l’éruption ? // Iceland: towards the end of the eruption?

Depuis quelques jours, on observe une baisse d’activité dans la seule bouche encore active de l’éruption qui a commencé le 16 mars 2024 juste à l’est de Sundhnúkur, Il n’y a pratiquement plus de projections au-dessus de la lèvre du cratère. Le 24 avril, une scientifique islandaise attribuait cette situation à la rehausse des parois du cratère suite à l’accumulation des projections. Le dégazage est important. Il se pourrait que ce soit le signe que l’alimentation magmatique est en train de se tarir.

Dans le même temps, les graphiques montrent que le soulèvement du sol dans le secteur de Svartsengi s’est stabilisé, avec une courbe qui tend à devenir horizontale.

Il y a quelques jours, le Met Office évoquait la possibilité d’une nouvelle intrusion magmatique avec, possiblement, une nouvelle éruption dans le même secteur. Les prochains jours ou les prochaines semaines apporteront une réponse à la question que tout le monde se pose quant au démarrage d’une nouvelle activité éruptive.

Image webcam de la bouche éruptive ce soir (26 avril 2024)

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Over the past days, there has been a decline of activity at the only still active vent of the eruption which began on March 16th, 2024 just east of Sundhnúkur. There is hardly any projection above the crater rim. On April 24th, an Icelandic scientist attributed this situation to the raising of the crater walls due to the accumulation of projections. Degassing is intense. This could be a sign that the magma supply is drying up.
At the same time, the graphs show that ground uplift in the Svartsengi area has stabilized, with a curve that tends to become horizontal.
A few days ago, the Met Office raised the possibility of a new magma intrusion with, possibly, a new eruption in the same area. The next few days or weeks will provide an answer to the question everyone is asking about the start of a new eruptive activity.

Péninsule de Reykjanes (Islande) : débordement de lave et effondrement du cratère actif // Reykjanes Peninsula (Iceland) : lava overflow and collapse of the active crater

Le dernier cratère actif sur la fracture éruptive s’est effondré le 7 avril 2024 au soir, suite à un épisode de débordement. La coulée de lave qui en a résulté s’est brièvement dirigée vers le nord, sans réelle menace pour les structures voisines.
Lorsque l’effondrement de la paroi du cratère s’est produit, il était rempli à ras bord de lave bouillonnante avec quelques petits débordements vers l’est. La lave a commencé à vraiment déborder, provoquant l’effondrement de la paroi nord du cratère. Ce dernier s’est à nouveau rempli et de nouveaux débordements de lave ne peuvent être exclus.
Source : Met Office.

Image webcam de l’éruption

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The last remaining active crater on the eruptive fissure collapsed on April 7th, 2024 in the evening, following an episode of lava overflowing. The resulting lava flow started flowing for a short time in a northerly direction, with no real threat to nearby structures.

When the collapse of the crater wall occurred, the vent was full of bubbling lava that was occasionally spraying eastward. Lava began to overflow, followed by the collapse of the crater wall. The vent has again filled with lava and more overflows cannot be excluded.

Source : Met Office.