Injecter le CO2 dans le sous-sol de la Mer du Nord, une bonne idée ? // Is it a good idea to inject CO2 in the North Sea’s subsoil ?

Le gaz carbonique (CO2) est l’un des principaux gaz à effet de serre d’origine anthropique. Afin de s’approcher le plus possible des objectifs de la COP 21 et de l’Accord de Paris sur le climat, des projets sont mis en oeuvre pour essayer de se débarrasser de ce gaz polluant. .

Dans une note publiée le 17 juin 2016, j’abordais le projet CarbFix lancé en Islande à côté d’une centrale géothermique dans la périphérie de Reykjavik. Cette centrale exploite une source de vapeur produite par le magma à faible profondeur, en sachant que du CO2 et des gaz soufrés d’origine volcanique sont émis en même temps que la vapeur. Le but est de capter le gaz et de le réinjecter dans le sous-sol. Vous pourrez lire cette note en cliquant sur ce lien :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/06/17/islande-de-la-geothermie-au-stockage-du-co2-iceland-from-geothermal-energy-to-the-storage-of-co2/

La Suisse s’intéresse elle aussi au stockage du gaz carbonique. C’est ainsi que les usines de retraitement des déchets appellent la Confédération à créer un vaste réseau de gazoducs pour exporter leur CO2 vers la Norvège, où il serait stocké dans d’anciens gisements de gaz naturel sous la mer du Nord. Les 30 usines suisses de retraitement des déchets produisent chacune plus de 100 000 tonnes de CO2 par an.

Comme la Suisse ne dispose pas de capacité de stockage suffisante, les incinérateurs veulent relier leurs usines à un réseau de gazoducs qui permettrait d’exporter ce gaz carbonique vers le nord de l’Europe et plus particulièrement la Norvège. Le pays stocke déjà avec succès du CO2 dans d’anciens gisements de gaz naturel sous la mer du Nord depuis 1996 et il s’apprête d’ici 2024 à ouvrir de nouveaux réservoirs pour y enfouir du CO2 européen.

Plusieurs géants pétroliers comme BP, Royal Dutch Shell et Total ont annoncé le 26 octobre 2020 un partenariat pour mettre en place des infrastructures de transport et de stockage de CO2 en mer du Nord britannique, afin de réduire la pollution du secteur industriel.

Cette initiative, menée par BP, est portée également par le norvégien Equinor, l’italien Eni et le gestionnaire du réseau électrique britannique National Grid. Leur objectif est de participer à deux projets déjà lancés et visant à décarboner des régions industrielles dans le nord de l’Angleterre avec pour objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2030.

Ces projets doivent voir le jour en 2026 et misent sur le captage de CO2 émis par les industries ainsi que sur l’utilisation de carburant à partir d’hydrogène. Le captage vise à récupérer le CO2 dans les fumées, à le transporter puis le stocker dans le sous-sol, mais cette technique est coûteuse et encore peu développée.

L’enfouissement du CO2 dans des couches géologiques profondes ne fait pas l’unanimité. Selon Greenpeace, il n’est pas encore prouvé que le CO2 qu’on envoie dans ces couches géologiques y reste; on n’est pas sûr qu’il n’y ait pas de fuites, ne serait-ce que par le biais de failles ou de fractures géologiques, sans parler d’anciens puits dont le colmatage n’est pas forcément parfaitement hermétique. Il est bien évident que du CO2 qui s’échapperait dans la mer mettrait en danger l’écosystème marin et entraîner à fortiori des risques pour la santé humaine.

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Carbon dioxide (CO2) is one of the main greenhouse gases of anthropogenic origin. In order to try and reach the objectives of COP 21 and the Paris Climate Agreement, projects are being implemented to try to get rid of this polluting gas. .

In a note published on June 17, 2016, I referred to the CarbFix project launched in Iceland alongside a geothermal power plant on the outskirts of Reykjavik. This plant uses a source of steam above Iceland’s shallow magma chambers , but some CO2 and sulfur gases of volcanic origin are emitted at the same time as the steam. The goal is to capture the gas and re-inject it underground. You can read this post by clicking on this link:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/06/17/islande-de-la-geothermie-au-stockage-du-co2-iceland-from-geothermal-energy-to-the-storage-of-co2/

Switzerland is also interested in storing carbon dioxide. The waste reprocessing factories are calling on the Confederation to create a vast network of pipelines to export their CO2 to Norway, where it would be stored in former natural gas fields under the North Sea. The 30 Swiss waste reprocessing plants each produce more than 100,000 tonnes of CO2 per year.
As Switzerland does not have sufficient storage capacity, the incinerators want to connect their factories to a network of pipelines that would allow this carbon dioxide to be exported to northern Europe and more particularly to Norway. The country has already successfully stored CO2 in old natural gas fields under the North Sea since 1996 and is preparing by 2024 to open new reservoirs to bury European CO2 in them.

Several oil giants such as BP, Royal Dutch Shell and Total announced on October 26th, 2020 a partnership to set up CO2 transport and storage infrastructure in the British North Sea, in order to reduce pollution in the industrial sector.
This initiative, led by BP, is also supported by the Norwegian Equinor, the Italian Eni and the operator of the British electricity network National Grid. Their objective is to participate in two projects already launched and aiming at decarbonizing industrial regions in the north of England with the aim of achieving carbon neutrality by 2030.
These projects are due to be achieved in 2026 and rely on the capture of CO2 emitted by industries as well as the use of fuel from hydrogen. Capture aims to recover the CO2 in the fumes, to transport it and then store it underground, but this technique is expensive and still underdeveloped.

There is no unanimous support for burying CO2 in deep geological layers. According to Greenpeace, it is not yet proven that the CO2 that is sent into these geological layers stays there; we are not sure that there are no leaks, if only through faults or geological fractures, not to mention old wells whose plugging is not necessarily perfectly hermetic. It is obvious that CO2 escaping into the sea would endanger the marine ecosystem and lead to risks for human health

Schéma illustrant le projet Northern Lights d’enfouissage du CO2 en Norvège (Source : Northern Lights).

COP21 : Sans la moindre illusion ! // Without the slightest illusion !

drapeau-francaisDrôle de COP21 ! Chaque journée me conforte dans l’idée que cette conférence sur le climat va déboucher sur un échec, ou sur des décisions qui ne seront pas contraignantes pour les nations les plus pollueuses. Le texte initial se réduit comme peau de chagrin, éclusé derrière des portes closes. La présidence française met la pression pour obtenir un accord dans les délais, afin de pouvoir annoncer au public un succès diplomatique, mais les paroles de Laurent Fabius sonnent faux et personne ne se fait vraiment d’illusion sur le résultat de la COP21 : Les négociateurs risquent fort de s’accorder sur un texte a minima. Les options susceptibles de déboucher sur des solutions réelles face au dérèglement climatique sont gentiment éclipsées.
Cerise sur le gâteau, en pleine COP21, Greenpeace publie des échanges de courrier avec d’éminents professeurs américains. Dans une vidéo que l’ONG fait tourner sur les réseaux sociaux (https://www.youtube.com/watch?v=4hsETp_06c4), on voit notamment un militant de Greenpeace s’approcher de William Harper, professeur de physique à l’Université de Princeton et ancien membre du ministère de l’énergie américain. Il lui serre la main et lui demande combien il a touché, lui ou son groupe de réflexion, de la part de Peabody, un producteur de charbon américain. William Harper n’aime pas du tout, se lève et l’insulte. Le militant est sorti manu militari de la salle de réunion.
Tout cela fait vraiment désordre, alors que les phénomènes climatiques extrêmes se multiplient dans le monde. Ces derniers jours, des pluies diluviennes ont causé de sévères inondations au Royaume-Uni et en Scandinavie, sous oublier une tempête de neige encore jamais vue en Islande.
Source : France Info.

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drapeau-anglaisThe COP21 definitely looks very strange!. Every day confirms my idea that this climate conference will result in a failure, or decisions which will not be binding for the most polluting nations. The original text is reduced to a trickle, with bargaining behind closed doors. The French Presidency puts pressure to reach an agreement in time to be able to announce to the public a diplomatic success, but Laurent Fabius’ words don’t ring true and nobody really has illusions about the outcome of the COP21: Negotiators are likely to agree on a text at a minimum. The options that can lead to real solutions to climate disruption are kindly overshadowed.
Best of all, Greenpeace is releasing mail exchanges with prominent American professors. A video that can be seen on social networks (https://www.youtube.com/watch?v=4hsETp_06c4), shows a Greenpeace activist approach William Harper, Professor of Physics at Princeton University and former member of the US Department of Energy. He shakes his hand and asks him how much money he or his think tank received from Peabody, a US coal producer. William Harper does not like it at all, stands up and insults the activist who is forcibly expelled from the meeting room.
All this is really messy, while extreme weather events are increasing in the world. In recent days, torrential rains caused severe flooding in the UK and Scandinavia, as well as a snowstorm never seen in Iceland.
Source: France Info.

Une menace pour l’Arctique // A threat to the Arctic Ocean

drapeau francaisComme je l’ai écrit à plusieurs reprises, l’une des conséquences du réchauffement climatique sera la facilité d’accès aux ressources naturelles de l’Arctique, comme le gaz et le pétrole, qui étaient protégées jusqu’à présent par une épaisse couche de glace. Un événement récent a confirmé toutes mes craintes.
La compagnie pétrolière Shell affirme qu’elle prévoit de forer dans les eaux au large des côtes arctiques de l’Alaska en 2015, même si la récente chute des prix du pétrole l’a fait douter sur la nécessité de poursuivre ses prospections dans cette région de l’Arctique. Si Shell entreprend effectivement un forage dans la Mer des Tchouktches (voir carte ci-dessous) – qui dépendra de l’obtention des permis nécessaires et d’un été sans trop de glace – la compagnie prévoit d’investir plus d’un milliard de dollars dans ce projet.
Shell a dû affronter de nombreux obstacles avant de prévoir un forage dans la Mer des Tchouktches. La compagnie pétrolière a abandonné des projets de forage en 2014 à cause d’une baisse de ses revenus et d’un procès qui mettaient en doute la validité des concessions qu’elle détenait dans la région. En outre, des affaires comme la condamnation en justice de l’un de ses sous-traitants pour non respect de l’environnement et des mesures de sécurité, ont déjà frappé la compagnie.
Dans un communiqué, le directeur exécutif de Greenpeace Etats-Unis a déclaré: «La décision irresponsable de Shell de revenir sur le site des méfaits commis en 2012 dans l’Arctique dépasse l’entendement. Non seulement le géant mondial du pétrole veut continuer à forer dans l’Arctique avec Noble Drilling, une entreprise coupable de huit délits lors de sa dernière campagne de forage, mais également en sachant parfaitement que l’administration Obama prévoit à 75% un risque de marée noire catastrophique si les concessions dans la Mer des Tchouktches reçoivent le feu vert. »
Greenpeace demande à l’administration Obama – qui a récemment publié un nouveau plan de 5 ans interdisant les forages dans d’autres secteurs des mers des Tchouktches et de Beaufort – de mettre un terme à la concession accordée à Shell. Greenpeace a été rejoint par d’autres groupes environnementaux pour condamner le nouveau projet de forage. Le responsable américain des programmes de l’Arctique pour le compte du World Wildlife Fund a déclaré: «Le risque d’une marée noire à cause de forages d’exploration à risques est une menace pour les mers arctiques de l’Alaska et les personnes qui en dépendent. Après la série d’accidents et des erreurs lors de sa première campagne d’exploration de l’Arctique, la dernière initiative de Shell soulève de graves préoccupations. Aucune compagnie pétrolière ne devrait être autorisée à forer dans l’Océan Arctique quand elle ne dispose pas de moyens permettant de le faire en toute sécurité ni de solutions efficaces pour faire face à d’éventuelles marées noires. »
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisAs I put it several times, one of the consequences of global warming will be the easy access to Arctic natural resources like gas and oil that were once protected by a thick layer of ice. A recent event has confirmed all my fears.

The Shell oil company says it plans to drill in offshore waters in Alaska’s Arctic in 2015, although the recent steep drop in oil prices has cast doubts about whether the company would continue to pursue its Arctic prospects. If Shell does drill in the Chuckchi Sea (see map below) – which will depend on getting necessary permits and having a reasonably ice free summer – the company expects to spend more than $1 billion on the project.

Shell has faced numerous obstacles in its efforts to drill in the Chukchi Sea. The company scrapped plans to drill in 2014, facing a drop in earnings and a lawsuit that cast uncertainty on the company’s leases in the region. Besides, missteps, including the criminal conviction of one of Shell contractors for environmental and safety violations, have plagued the company so far.

In a statement, the U.S. executive director of Greenpeace said “Shell’s reckless decision to return to the scene of 2012’s Arctic crimes is stunning. Not only does the global oil giant wants to proceed in the Arctic with Noble Drilling, a contractor guilty of eight felonies from its last trip, but also with the knowledge that the Obama administration itself predicts a 75 percent chance of a catastrophic spill if the leases in the Chukchi Sea are developed. »

Greenpeace is calling on the Obama administration – which recently released a new 5-year offshore plan that places additional parts of the Chukchi and Beaufort seas off-limits to drilling – to stop the lease. Greenpeace was joined by other environmental groups in condemning the move. The managing director of U.S. Arctic programs for the World Wildlife Fund said: “The threat of oil spills from risky exploratory drilling threatens Alaska’s Arctic seas and the people who depend on them. After the series of accidents and errors during its first foray of Arctic exploration, today’s news from Shell raises serious concerns. No oil company should be drilling in the Arctic Ocean when there are no proven ways to do it safely and no viable means for cleaning up potential spills. »

Source: Alaska Dispatch News.

Chukchi-Sea-map

Source:  Wikipedia