Réveil du volcan sous-marin Axial (États Unis) // Awakening of Axial Seamount (United States)

Situé à environ 482 km à l’ouest d’Astoria, dans l’Oregon, le volcan sous-marin Axial – Axial Seamount – est le plus jeune volcan et le principal centre éruptif actif de la chaîne Cobb-Eickelberg, une chaîne de volcans sous-marins qui se termine au sud de l’Alaska. L’Axial se trouve à l’endroit où la chaîne croise la dorsale Juan de Fuca. Sa présence est le fruit du point chaud de Cobb, mais il se trouve aussi sur une zone d’accrétion océanique entre la plaque Juan de Fuca et la plaque nord-américaine, comme on peut le voir sur la carte ci-dessous.

Carte Montrant la position de l’Axial sur la dorsale Juan de Fuca (Source : USGS)

L’Axial Seamount est le volcan le plus actif de la région nord-ouest du Pacifique. Depuis de nombreuses années, les chercheurs suivent attentivement son activité qui connaît un processus cyclique d’inflation et de déflation depuis sa dernière éruption en 2015, décrite dans ma note du 16 septembre 2015 :
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/09/16/confirmation-de-leruption-de-laxial-seamount/

En mars 2024, le soulèvement du volcan sous-marin atteignait 90 – 95 % du niveau qui a précédé l’éruption de 2015 et se rapprochait du seuil susceptible de provoquer une nouvelle éruption. L’inflation, qui avait augmenté au moment de l’éruption de 2015, avait progressivement diminué jusqu’à ces derniers temps. Cependant, à partir d’octobre 2023, on a observé une augmentation significative du soulèvement au niveau de l’Axial, qui est actuellement estimé à 5 à 6 cm par an, signe d’un réveil potentiel du volcan. La hausse de l’inflation s’accompagne d’une augmentation de l’activité sismique avec de nombreuses secousses enregistrées récemment dans la région.

Source : NOAA

Les scientifiques affirment qu’une éruption pourrait se produire entre 2025 et 2026, mais admettent leur incapacité à prévoir un tel événement. Ils soulignent l’importance d’une surveillance et de recherches cohérentes pour améliorer la prévision des éruptions.
L’Axial Seamount présente la structure d’un volcan bouclier, semblable à ceux que l’on rencontre à Hawaï; elle contribue à son modèle éruptif distinct. Le comportement de l’Axial offre aux scientifiques des informations importantes sur les processus volcaniques sous-marins et les risques qui les accompagnent
Source : The Watchers.

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Located about 482 km west of Astoria, Oregon, Axial Seamount is the youngest volcano and current eruptive center of the Cobb–Eickelberg Seamount chain, a chain of seamounts that terminates south of Alaska. Axial lies where the chain intersects with the Juan de Fuca Ridge. It is a product of the Cobb hotspot, but now sits on an ocean spreading center between the Juan de Fuca Plate and the North American Plate (see map above).

Axial Seamount is the most active volcano in the Pacific Northwest region. For many years, researchers have been keenly observing the activity of the volcano which has been undergoing a cyclical process of inflation and deflation since its last eruption in 2015 that I described in a post of September 16th, 2015 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/09/16/confirmation-de-leruption-de-laxial-seamount/

By March 2024, the seamount was 90 – 95% reinflated to its pre-eruption level and was getting close to a crucial threshold that might cause another eruption. The inflation rate which originally surged at the time of the 2015 eruption has progressively decreased until recently. However, from October 2023  there has been a noticeable increase in the pace of uplift, which is now estimated at 5 – 6 cm per year, indicating a potential awakening.The rise in inflation is accompanied by an increase in seismic activity with many earthquakes rocking the region recently (see chart above).

Although no real prediction is possible, local scientists say that an eruption might occur between 2025 and 2026, but they admit the unpredictability of volcanic activity, emphasizing the importance of consistent monitoring and research to improve eruption forecasting.

Axial Seamount’s shield volcano structure, similar to those found in Hawaii, contributes to its distinct eruptive pattern. This behaviour offers scientists important information about underwater volcanic processes and their possible hazards.

Source : The Watchers.

Svartsengi (Islande) : accumulation de magma et inflation continuent // Svartsengi (Iceland) : Magma accumulation and inflation continue

Le Met Office islandais indiquait le 13 juillet 2024 que l’accumulation de magma sous Svartsengi était de huit millions de mètres cubes et que l’apport était constant. Les dernières mesures (2 juillet 2024) révélaient que 4 à 6 millions de mètres cubes de magma s’étaient accumulés dans la chambre magmatique. Les scientifiques du Met Office concluent qu’une intrusion magmatique, une éruption, ou les deux, pourraient se produire dans trois à six semaines, mais il est difficile de dire quand cela se produira. Cependant, il a été remarqué qu’à chaque éruption, un plus grand volume de magma est mobilisé pour que la suivante démarre.
Près de 260 séismes ont été enregistrés sur la péninsule de Reykjanes au cours de la semaine dernière, dont 20 au niveau de la dernière intrusion magmatique. L’événement le plus significatif avait une magnitude de M1,3, à l’ouest de Grindavík. La plupart des séismes se sont produits autour du lac Kleifarvatn ; une quarantaine a été détectée à l’est du lac et une soixantaine à l’ouest et au sud-ouest du lac.
Source : MetOffice.

Image de l’inflation à Svartsengi le 14 juillet 2024 (Source: Met Office)

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The Icelandic Met Office indicated onJuly 13th, 2024 that magma accumulation under Svartsengi was eight million cubic metres and the inflow was steady. In the last measurements (July 2nd, 2024), 4 to 6 million cubic meters of magma had accumulated in the magma chamber. The measurements tend to show that magma intrusions, volcanic eruptions or both might start in three to six weeks, but Met Office scientists say it is difficult to estimate when that will happen. However, it has been noticed that with each eruption, a larger volume of magma is needed for the next one to start.

Almost 260 earthquakes have been measured on the Reykjanes peninsula in the past week, 20 of them at the magma intrusion. The largest one had a magnitude M1.3, west of Grindavík. Most earthquakes were measured around Kleifarvatn, more than 40 east of the lake and more than 60 west and southwest of the lake.

Source : Met Office.

Islande  : probabilité d’une nouvelle éruption et digues de terre en préparation // Iceland : likelihood of another eruption and defence walls being prepared

L’éruption qui a commencé au nord-est de Sýlingarfell sur la péninsule de Reykjanes le 29 mai 2024 est maintenant terminée, mais le dernier rapport du Met Office islandais indique qu’une nouvelle éruption est probable dans les semaines à venir. L’activité sismique sur le site de la dernière éruption est actuellement faible et la lave qui se dirigeait vers la centrale électrique de Svartsengi a cessé de progresser Le champ de lave couvre environ 9,3 kilomètres carrés et représente un volume de 45 millions de mètres cubes. Cependant, le soulèvement du sol se poursuit dans la région de Svartsengi. Il a commencé à s’accélérer à la fin de l’éruption et augmente actuellement plus rapidement qu’avant l’éruption du 29 mai. Les scientifiques pensent qu’une éruption se produira dans les prochaines semaines.

Evolution du soulèvement du sol dans le secteur de Svartsengi depuis le mois de décembre 2023. Le point vert à droite montre la situation le 29 juin 2024. (Source : Met Office)

Interférogramme (InSAR) montrant que la déformation du sol pendant la période du 13 au 25 juin 2024 est d’environ 3 à 4 cm. L’image s’appuie sur les données du satellite Sentinel-1. Les zones aux contours blancs correspondent aux limites du champ de lave dans les régions de Fagradalsfjall et Sundhnúks. (Source : Met Office)

Les digues de terre se sont révélées très efficaces jusqu’à présent pour ralentir la lave et la détourner des zones habitées sur la péninsule de Reykjanes. C’est pourquoi les travaux visant à élever la digue de protection de Svartsengi sont toujours en cours. La lave émise par la dernière éruption sera mesurée en trois dimensions à l’aide de drones et un modèle sera réalisé avant qu’une décision soit prise quant à l’opportunité la rehausser en cas de nouvelle éruption.
La coulée de lave doit atteindre un équilibre avant de décider si, et comment,la digue de terre peut être rehaussée. Les scientifiques utilisent des modèles de coulées de lave et simulent les coulées de lave susceptibles de recouvrir de nouvelles terres lors la prochaine éruption. Sur cette base, ils peuvent décider si et comment ils souhaitent agrandir une digue dans la zone où ils travaillent.
Ces travaux de protection des zones habitées (Grindavik, par exemple) sont en cours depuis la première éruption de Fagradalsfjall, en 2021.

Photo : C. Grandpey

La terre est mesurée avec des drones disposant d’ un scanner 3D. Les images obtenues permettent de générer de vues tridimensionnelles de la surface.
Source  : médias d’information islandais.

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The eruption that began northeast of Sýlingarfell on the Reykjanes peninsula on May 29th, 2024 is over, but a new report from the Icelandic Met Office states that a new eruption in the coming weeks is likely. Seismic activity at the former eruption site is currently low. The lava which was headed for Svartsengi power plant has stopped flowing. It has covered some 9.3 square kilometres with a volume of 45 million cubic metres. However, land rising is continuing in the Svartsengi area. It began rising faster at the eruption’s conclusion, and is now rising faster than it did prior to the May 29th eruption. Scientists believe it likely that an eruption will occur within the coming weeks.

Defence walls have proved quite effective to slow down the lava and divert it from populated areas during the past eruptionns on the Reykjanes Peninsula. This iswhy work on raising the defence wall at Svartsengi is still ongoing. The new lava will be measured three-dimensionally with drones, and a lava flow model will be made before a decision is made on whether to raise it yet further in case of a new eruption.

The lava flow needs to reach a balance before it will be decided if, and then how, that wall might be heightened. Scientists use lava flow models and simulate lava flows for the next eruption on top of new land. Based on that, they can make a decision about how and if thry want an increase of the wall in the area they are working on.
Work has been ongoing on defences since the first eruption, at Fagradalsfjall, in 2021. Land is measured with drones – a 3D scanner is used on the drones, which then take three-dimensional images of the surface.

Source : Icelandic news media.

La centrale de Svartsengi bientôt sous la menace de la lave ? // The Svartsengi power plant soon under the threat of lava ?

Alors que l’éruption se poursuit sur la péninsule de Reykjanes, une nouvelle digue de terre est en cours d’édification et des tentatives de refroidissement de la lave sont également en cours pour contrôler trois coulées qui menacent de déborder d’une digue près de la centrale de Svartsengi. La lave avance lentement et ne présente pas de danger immédiat, mais les efforts se poursuivent pour l’empêcher d’atteindre les infrastructures critiques.

Les travaux ont commencé pour construire une nouvelle digue de protection (en jaune sur la carte ci-dessous) à l’intérieur d’un autre rempart au nord de la centrale de Svartsengi (en rose sur la carte) qui a été vaincu par la lave dans la soirée du 20 juin. Trois coulées de lave ont commencé à déborder de la digue de terre. Les pompiers ont alors tenté à nouveau de refroidir la lave en projetant de l’eau, comme ils l’avaient fait il y a quelques jours. Des moyens supplémentaires ont été acheminés pour une plus grande efficacité. En 1973, lorsque les Islandais ont décidé d’envoyer de l’eau sur le front de lave sur l’île d’Heimaey, avant l’arrivée des puissantes pompes fournies par l’armée américaine, Haroun Tazieff avait déclaré que c’était comme faire pipi sur un incendie de forêt et que l’opération était vouée à l’échec, une remarque qui n’avait pas été appréciée par les autorités islandaises. La situation actuelle sur la péninsule de Reykjanes montre qu’il n’avait pas complètement tort. En effet, les équipements utilisés jusqu’à présent à proximité de la centrale de Svartsengi se sont révélés largement insuffisants. De nombreux ouvriers, pompiers, policiers et autres secouristes se sont relayés toute la nuit pour tenter de contrôler la lave. Vers 2 heures du matin le 21 juin, une coulée avait été stoppée, mais de la lave épaisse et incandescente avançait toujours en trois endroits le long des digues de terre. La lave n’est qu’à environ un kilomètre des infrastructures de Svartsengi, mais elle se déplace très lentement ; il n’y a donc pas de danger immédiat, d’autant plus que, selon les dernières informations fournies par le Met Office le 22 juin 2024, l’éruption a beaucoup faibli au cours des dernières heures et pourrait bien être en phase terminale. Le soulèvement du sol à Svartsengi a ralenti lui aussi.

Source  : médias d’information islandais.

Sur le schéma fourni par la Protection Cicile, la croix montre l’emplacement du débordement de lave, le trait jaune le nouveau chanier de mise en place de didues de protection, et en rose les digues de protection existantes près de la centrale de Svartsengi.

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With the eruption continuing on the Reykjanes Peninsula, a new barrier is bung built and cooling measures are being applied to control three lava streams flowing over an existing barrier near the Svartsengi Power Plant. The lava is moving slowly, posing no immediate danger, and efforts continue to prevent it from reaching critical infrastructure.

Work has begun on the construction of a new protective barrier (marked in yellow on the map below) within another barrier north of the Svartsengi Power Plant (marked in pink) that was breached by lava on June 20th in the evening. Three lava streams began flowing over the barrier, prompting the resumption of lava cooling measures that firefighters had experimented with earlier this week; heavy machinery was used to limit the spread of the lava. In 1973, when Icelanders decided to spray water on the lava front in Heimaey, Before using the powerful pumps provided by the U.S. Army, Haroun Tazieff had said it was like peeing on a wildfire, a remark that was not appreciated by Icelandic authorities. The current situation on the Reykjanes Peninsula shows he was not completely wrong. As the equipment used close to the Svartsengi power plant has proved lragely insufficient up to now. Numerous workers, firefighters, police, and other emergency responders have been taking shifts throughout the night, attempting to control the lava. By 2:00 am on June 21st, one lava stream had been stanched, but thick, glowing lava was still flowing in three streams down the barriers. The lava flow is only about a kilometer away from structures in Svartsengi. The lava is moving very slowly, however, so there is no immediate danger, especially since, according to the latest information provided by the Met Office on June 22nd, 2024, the eruption has decreased significantly over the last few hours and could well be in the terminal phase. Ground UPLIFT AT Svartsengi has also slowed down.

Source : Icelandic news media.