Restrictions d’accès à plusieurs grottes en Islande // Access restrictions to several caves in Iceland

Le 5 juillet 2019, la 43ème session du Comité du Patrimoine Mondial de l’UNESCO qui se tenait à Bakou, en Azerbaïdjan, a approuvé l’inscription du Parc National du Vatnajökull sur la Liste du Patrimoine Mondial. Cette Liste comprend des sites considérés comme ayant une valeur universelle exceptionnelle en termes de culture, de nature ou d’autres domaines. Le but est d’assurer la coopération internationale pour la préservation et la protection des trésors culturels et des espaces naturels du monde entier.
En ce qui concerne le Vatnajökull, l’accent a été mis sur la zone de rift, le point chaud sous l’Islande et les systèmes volcaniques, en plus de l’interaction entre le feu et la glace, considérée comme unique au monde.
Deux sites islandais figuraient déjà sur la Liste du patrimoine mondial : le Parc national de Thingvellir, dans la catégorie culturelle, et l’île de Surtsey pour sa géologie exceptionnelle.

Afin de protéger les trésors géologiques qui se cachent sous la glace du Vatnajökull, un nombre limité de personnes sera désormais autorisé à visiter des grottes et à faire de la randonnée glaciaire dans cinq zones de la partie sud du Parc national. Il s’agit de cinq zones dans les glaciers Breiðamerkurjökull – côté est et ouest, Falljökull / Virkisjökull, Skeiðarárjökull et Skálafellsjökull. Le nombre maximum de touristes autorisés chaque jour dans ces cinq zones est respectivement de 650, 650, 1 000, 500 et 500. C’est la première fois en Islande que l’accès à une ressource naturelle comme les glaciers est contrôlé de cette manière. Le but est de protéger la nature en réduisant l’afflux touristique.

Outre ces restrictions dans la région de Vatnajökull, l’Agence pour l’Environnement va fermer l’accès à deux grottes situées dans le champ de lave de Þeistareykjahraun dans le nord de l’Islande afin de protéger leurs formations minérales uniques. Les géologues ont mené des études approfondies et effectué une cartographie précise du système de grottes afin de s’assurer que tous les points d’accès à l’une ou l’autre des grottes seront condamnés, ce qui mettra à l’abri des regards une surface de quarante mètres carrés.
On a recensé 15 grottes dans le champ de lave de Þeistareykjahraun. L’une d’elles, actuellement fermée au public, est vieille de 2500 ans, et contient un grand nombre de stalagmites et stalactites exceptionnelles. La deuxième grotte n’a été découverte que l’hiver dernier mais a été pillée de plusieurs de ses trésors naturels peu de temps après avoir fait la une des journaux. Ces deux grottes seront donc fermées afin de garantir qu’aucun autre dommage ne sera causé à leurs formations minérales uniques et qu’aucune d’elles ne sera plus retirée du site.
Source: Iceland Monitor.

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On July 5th, 2019, the 43rd session of UNESCO’s World Heritage Committee in Baku, Azerbaijan, approved to inscribe Vatnajökull National Park on the World Heritage List. The UNESCO World Heritage List includes landmarks regarded to have outstanding universal value in terms of culture, nature, or other areas. The aim of the Heritage List is to ensure international cooperation in preserving and protecting cultural treasures and natural areas all over the world.

As far as Vatnajökull is concerned, emphasis was put on the rift zone, the hot spot under the country and the volcanic systems, in addition to the interplay between fire and ice, believed to be globally unique.

Already on the World Heritage List are two sites in Iceland: Thingvellir National Park, in the cultural category, and Surtsey island, unique for its geology.

To protect the geological treasures hidden within the Vatnajökull area, a limited number of people will from now on be allowed to visit ice caves and to go glacier hiking within five areas in the southern part of Vatnajökull National Park. These include five areas in the glaciers Breiðamerkurjökull – east and west side, Falljökull/Virkisjökull, Skeiðarárjökull and Skálafellsjökull. The maximum number of tourists allowed in these five areas a day is 650, 650, 1,000, 500 and 500, respectively. This is the first time in Iceland that access to a natural resource such as glaciers is being controlled in this way. The goal of the policy is to protect nature by reducing tourist traffic in these areas.

Beside these restrictions in the Vatanjökull area, the Environment Agency of Iceland is working to close off access to two caves in the Þeistareykjahraun lava field in North Iceland in order to protect their unique mineral formations. Geologists have conducted extensive surveys and mapping of the cave system in order to ensure that they do not miss any point of access to either cave and will be blocking off forty square metres in total.

There are 15 known caves in the Þeistareykjahraun lava field. One of those that is currently being closed off to public access is 2,500 years old and is filled with exceptional stalagmites and stalactites. The second cave was discovered only last winter but was plundered of many of its natural treasures shortly after making the news. These two caves are therefore being closed in order to ensure that no more damage is done to their unique mineral formations and that no more of these are removed from the site.

Source : Iceland Monitor.

Stalactites de glace dans une grotte sur l’Etna (Photo : C. Grandpey)

Glaciers et grottes de glace sur les volcans // Glaciers and ice caves on volcanoes

Alors que la plupart des glaciers dans le monde reculent en raison du réchauffement de la planète, quelques autres parviennent à se développer grâce à des conditions locales très particulières. L’un d’eux est apparu dans le cratère du Mont St Helens. Ce glacier – tout simplement baptisé Crater Glacier – est probablement l’un des plus jeunes au monde.
Les glaciers du Mont St Helens n’ont rien d’extraordinaire. Avant 1980, le volcan était un cône orné d’une douzaine de petits glaciers. La plupart d’entre eux ont été détruits ou ont fondu au cours de l’éruption de mai 1980.
L’ouverture en forme de fer à cheval laissée par l’éruption a fourni un refuge parfait pour héberger un petit glacier. Son orientation vers le nord a permis de protéger la neige du soleil. Une épaisse couche de débris volcaniques s’est accumulée sur le fond du cratère, fournissant un bon isolant contre la chaleur volcanique en dessous.

La glace a, par endroits, une épaisseur d’environ 190 mètres. Mesuré en ligne droite de la source jusqu’à son front, le glacier a environ 2 kilomètres de longueur. Il convient de noter que sa progression a ralenti considérablement en 2014 et il avait commencé à régresser quand je l’ai observé en 2015. L’accès est interdit à l’intégralité du cratère sauf aux personnes disposant de permis de recherche. Il convient en effet de protéger cet environnement fragile et dangereux où les pièges sont nombreux.

Les grottes de glace du Mt St Helens ont fait l’objet d’un intéressant reportage bien illustré dans le National Geographic.

https://www.nationalgeographic.fr/sciences/2020/05/plongee-dans-les-grottes-de-glace-du-mont-saint-helens?fbclid=IwAR1DGCYiff_Q0CcfBZZ-gaLt86aNdQTg0STtuBsFOyWq5vFCh76VvrhrOWM

On trouve des grottes de glace sur d’autres volcans comme le Mont Hood ou le Mont Rainier. Voir ma note du 6 février 2016 sur les grottes de cette montagne.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/02/06/les-grottes-de-glace-du-mont-rainier-mount-rainier-ice-caves/

Il existe d’autres grottes sur la Mauna Loa (Hawaii) et sur l’Etna (Sicile). Je leur ai consacré une note le 9 janvier 2016 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/01/09/les-grottes-de-glace-du-mauna-loa-hawaii-et-de-letna-sicile-ice-caves-on-mauna-loa-hawaii-and-mt-etna-sicily/

A côté de ces glaciers et de leurs grottes, il est bon de rappeler que l’on trouve des trous de glace très surprenants sur certains volcans éteints comme ceux de l’Auvergne, en particulier dans la cheire du Puy de Côme. Les adhérents de l’association L.A.V.E. pourront relire un article que j’ai écrit à leur sujet dans le n°48 de la revue LAVE. Il est intitulé « Les trous de glace de la cheire du Puy de Côme. » La formation de ces caractéristiques géologiques est très bien expliquée et illustrée sur ce site web :

https://planet-terre.ens-lyon.fr/image-de-la-semaine/Img357-2011-06-27.xml

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While most of the world’s glaciers are retreating due to global warming, a few others are able to develop due to very specific local conditions. One of them appeared in the crater of Mount St Helens. This glacier – simply called Crater Glacier – is probably one of the youngest in the world.
The glaciers of Mount St Helens are nothing extraordinary. Before 1980, the volcano was a cone covered with a dozen small glaciers. Most of them were destroyed or melted down during the May 1980 eruption.
The horseshoe-shaped opening left by the eruption provided a perfect refuge for a small glacier. Its northward orientation made it possible to protect the snow from the sun. A thick layer of volcanic debris accumulated on the bottom of the crater, providing good insulation against the volcanic heat below.
The ice is, in places, about 190 metres thick. Measured in a straight line from the source to its front, the glacier is about 2 kilometres in length. It should be noted that its progress slowed down considerably in 2014 and it had started to retreat when I observed it in 2015. Access is prohibited to the entire crater except for people with research permits. It is indeed necessary to protect this fragile and dangerous environment where traps are numerous.
The ice caves of Mt St Helens have been the subject of an interesting report well illustrated in National Geographic.
https://www.nationalgeographic.fr/sciences/2020/05/plongee-dans-les-grottes-de-glace-du-mont-saint-helens?fbclid=IwAR1DGCYiff_Q0CcfBZZ-gaLt86aNdQTg0STtuBsFOyWq5vFCh76VvrhrOW

Ice caves are found on other volcanoes such as Mt Hood or Mount Rainier in the United States. See my post of 6 February 2016 about the caves on this mountain:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/02/06/les-grottes-de-glace-du-mont-rainier-mount-rainier-ice-caves/

More caves can be visited on Mauna Loa (Hawaii) and Mount Etna (Sicily). I wrote a post about them on 9 January 2016:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/01/09/les-grottes-de-glace-du-mauna-loa-hawaii-et-de-letna-sicile-ice-caves-on-mauna-loa-hawaii-and-mt-etna-sicily/

Beside these glaciers and their caves, it is worth remembering that there are very surprising ice holes on some extinct volcanoes like those of Auvergne, in particular in the cheire of Puy de Côme. Members of the L.A.V.E. association can reread an article I wrote (in French) about them in issue # 48 of the LAVE review. It is entitled « Les trous de glace de la cheire du Puy de Côme. »
The formation of these ice holes is very well explained and illustrated on this website:
https://planet-terre.ens-lyon.fr/image-de-la-semaine/Img357-2011-06-27.xml

Le « Crater Glacier » du St Helens en 2008 et 2015 (Photos : C. Grandpey)

Plusieurs glaciers ornent le sommet du Mt Rainier (Photo : C. Grandpey)

Stalactites de glace sur l’Etna (Photo : C. Grandpey)

Attention: Ne pas explorer les grottes sur la Péninsule de Reykjanes (Islande)! // Warning : Do not explore the caves on the Reykjanes Peninsula (Iceland) !

Suite à l’augmentation de la sismicité enregistrée depuis la fin du mois de janvier 2020 sur la Péninsule de Reykjanes, avec une inflation du sol près du Mont. Þorbjörn, pas loin de Grindavík, l’Icelandic Met Office (IMO) effectue des mesures hebdomadaires de gaz dans les grottes près des cratères d’Eldvörp, à l’ouest du Blue Lagoon.
Le 20 février, les mesures dans l’une des grottes ont révélé une concentration potentiellement mortelle de dioxyde de carbone ainsi qu’un manque d’oxygène.
En conséquence; L’IMO a émis un bulletin d’alerte et fortement déconseillé l’exploration des grottes de la région. La grotte en question se trouve à proximité d’un parking très fréquenté par les touristes qui vont visiter les cratères d’Eldvörp. La Protection Civile et le service des urgences ont été informés de la situation.
Le bulletin d’alerte ne concerne que l’exploration des grottes de la région. La randonnée ne pose pas de problème.

Source : Iceland Review.

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Following the increased seismicity recorded since late January 2020 on the Reykjanes Peninsula, with a significant land uplift near Mt. Þorbjörn by Grindavík, the Icelandic Met Office (IMO) conducts weekly gas measurements in the caves near the Eldvörp crater row, west of the Blue Lagoon.

On February 20th, the measurements in one of the caves revealed a life-threatening concentration of carbon dioxide along with a lack of oxygen.

As a consequence; IMO has issued a warning against exploring the caves in the area. The cave in question is near a parking lot popular among travellers seeking to visit the Eldvörp craters.. The Department of Civil Protection and Emergency Management has been informed of the situation.

Tourists are informed that the warning only applies to the exploration of the caves in the area. Walking is safe.

Source: Iceland Review.

Grotte dans le nord de l’Islande. Il est agréable de s’y baigner. S’assurer auparavant que l’eau n’est pas trop chaude! (Photo: C. Grandpey)

Les grottes de glace de l’Erebus (Antarctique) // The ice caves of Mt Erebus (Antarctica)

On peut lire ces jours-ci dans la presse australienne plusieurs articles indiquant que des scientifiques de ce pays ont découvert en Antarctique des grottes chauffées par le volcan Erebus. Il se pourrait que ces cavités hébergent des formes de vie et de nombreuses espèces encore jamais rencontrées sur ce continent. Les scientifiques ont constaté que la température pouvait atteindre 25°C dans certaines grottes. Un chercheur a déclaré qu’il faisait si chaud que l’on pouvait rester en T-shirt.
La nouvelle étude, conduite par des chercheurs de l’Université Nationale d’Australie (ANU), a révélé que des animaux et des plantes peuvent vivre dans des grottes chaudes sous les glaciers de l’Antarctique. Les analyses des échantillons provenant de ces grottes ont révélé des traces surprenantes d’ADN provenant d’algues, de mousses et d’invertébrés trouvés ailleurs en Antarctique, mais toutes les séquences n’ont pas pu être entièrement identifiées. Un chercheur de l’Université du Maine a déclaré que ces traces d’ADN ne prouvaient pas de façon définitive que les plantes et les animaux vivaient toujours dans les grottes. Les prochaines étapes consisteront à faire des analyses plus approfondies et à rechercher des organismes vivants. S’ils existent, cela ouvrira sans aucun doute la porte à un nouveau monde passionnant.
Ce n’est pas la première fois que des expéditions explorent les grottes proches de l’Erebus. Déjà dans les années 1990, l’équipe de Haroun Tazieff – avec René-Xavier Faivre-Pierret et François Le Guern – y avait analysé la glace. Des recherches similaires ont révélé que diverses communautés bactériennes et fongiques vivent dans les grottes volcaniques de l’Antarctique. Les résultats de la nouvelle étude suggèrent qu’il pourrait y avoir des plantes et des animaux plus évolués. Comme il y a d’autres volcans en Antarctique, les systèmes de grottes sous-glaciaires pourraient être répandus sur le continent glacé. Nous ne savons pas combien de systèmes de grottes sous-glaciaires existent autour des volcans de l’Antarctique, et encore moins s’ils sont interconnectés. Il est vrai que l’environnement de l’Antarctique est extrêmement hostile et que toute exploration y est compliquée.
Source: Médias australiens et Université nationale australienne.

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One can read these days in the Australian press several articles indicating that Australian scientists have discovered in Antarctica caves warmed by nearby Erebus volcano. They could host life, perhaps indicating there are many species we have not found yet on the continent. Scientists found that it can be up to 25°C in some caves. One researcher said that it is so warm you could wear a T-shirt in them.

The new study, which was led by the Australian National University (ANU), has found that animals and plants may live in warm caves under Antarctica’s glaciers. Forensic analyses of soil samples from these caves have revealed intriguing traces of DNA from algae, mosses and invertebrates found elsewhere in Antarctica, but not all sequences could be fully identified. A researcher from the University of Maine, said these intriguing DNA traces did not conclusively prove plants and animals were still living in the caves. The next steps will be to take a closer look and search for living organisms. If they exist, it may open the door to an exciting new world.

This is not the first time expeditions have explored the caves close to Mount Erebus. Already in the 1990s, Haroun Tazieff and his team had analysed the ice in the caves. Similar research found that diverse bacterial and fungal communities lived in Antarctica’s volcanic caves. The findings from the new study suggest there might be higher plants and animals as well. As there are other volcanoes in Antarctica, subglacial cave systems could be common across the icy continent. We don’t yet know just how many cave systems exist around Antarctica’s volcanoes, or how interconnected these subglacial environments might be. They are really difficult to identify, get to and explore.

Source : Australian news media & Australian National University.

Grotte à proximité de l’Erebus (Crédit photo: NOAA)