Séisme et tsunami au Groenland ! // Earthquake and tsunami in Greenland !

Un séisme peu profond, de magnitude M 4.0, a secoué la côte ouest du Groenland à 28 km au nord du village de Nuugaatsiaq à 23h00 (heure locale) le 17 juin 2017. Le séisme a généré de fortes vagues de tsunami qui ont balayé 11 maisons et ont tué au moins 4 personnes. Sept habitants ont subi des blessures mineures alors que deux autres ont été gravement blessés.
Selon les médias locaux, les quatre personnes mortes étaient dans leur maison à Nuugaatsiaq lorsque de fortes vagues l’ont emportée dans l’océan.78 personnes ont été évacuées vers la ville d’Uummannaq et 23 autres ont refusé de partir.
Le tsunami a également frappé les localités d’Uummannaq, Illorsuit et Upernavik.
Quelques vidéos de mauvaise qualité ont été mise en ligne sur Internet. Voici l’une d’elles où l’on peut voir les vagues du tsunami:
https://www.youtube.com/watch?v=UypXiIkPmdU

Un sismologue canadien a déclaré: «Au vu de l’ampleur du tsunami, on pense que ce n’est pas le séisme proprement dit qui l’a déclenché. Le séisme a vraisemblablement provoqué un glissement de terrain sous-marin, et c’est ce glissement de terrain qui a déclenché le tsunami. Les tsunamis déclenchés par des glissements de terrain ont tendance à être très locaux. Ils sont différents de ceux qui traversent l’océan.»
Les séismes ne sont pas fréquents au Groenland. Voici un lien qui montre les événements au cours des dernières années. La plupart d’entre eux ont une magnitude moyenne de M 4,0, à des profondeurs de 10 à 15 km.
http://earthquaketrack.com/p/greenland/recent

Il convient de noter que la plupart des séismes au Groenland sont provoqués par le vêlage d’énormes blocs de glace sur le front des glaciers. Les scientifiques ont constaté que le nombre annuel de tels séismes a considérablement augmenté au cours des deux dernières décennies, passant d’une dizaine à une quarantaine par an.  Il n’est pas impossible que le dernier séisme et le tsunami soient une conséquence de la fonte des glaciers et de ses effets sur le plancher océanique.
Actuellement, les scientifiques estiment que la calotte glaciaire du Groenland perd entre 300 et 400 gigatonnes de glace par an. Cette perte n’entraîne qu’une petite élévation du niveau de la mer dans le monde, mais si toute la couche de glace du Groenland venait à fondre, le niveau de la mer augmenterait de 7 mètres à l’échelle mondiale. Une hausse du niveau de la mer due à la fonte de la glace du Groenland et de l’Antarctique, événement qui pourrait se produire avant la fin du 2100, dévasterait les villes côtières du monde entier.
Source: Presse internationale.

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A shallow M 4.0 earthquake hit 28 km north of the village of Nuugaatsiaq, western coast of Greenland at 23:00 (local time) on June 17th, 2017. The quake caused large tsunami waves that swept away 11 houses and left at least 4 people dead. Seven people sustained minor injuries while two were seriously injured.

According to local media reports, the four dead persons were inside their home in Nuugaatsiaq when big waves struck and swept it into the ocean.78 people have been evacuated to the town of Uummannaq while 23 refused to leave.

Damaging waves have also struck the communities of Uummannaq, Illorsuit and Upernavik.

A few poor quality videos have been posted on the Internet. Here is one of them in which one can clearly see the tsunami waves:

https://www.youtube.com/watch?v=UypXiIkPmdU

A Canadian seismologist has declared: « Based on the magnitude, we suspect it wasn’t the earthquake itself that triggered the tsunami, but in all likelihood, the earthquake triggered an underwater landslide, and that is what triggered the tsunami. Tsunamis that are triggered by landslides tend to be very local. They’re not the ones that cross the ocean. »

Earthquakes are not frequent in Greenland. Here is a link that shows the events in the past years. Most of them average M 4.0, at depths of 10-15 km. *

http://earthquaketrack.com/p/greenland/recent

It should be noted that most earthquakes in Greenland are glacial earthquakes caused by the release of huge blocks of ice at the front of glaciers. Scientists have found that the annual tally of earthquakes increased significantly in the last two decades, from about 10 quakes per year initially to about 40 quakes per year most recently. It is not impossible that the last earthquake and tsunami were a consequence of glacial melting and its effects on the ocean floor.

Currently, scientists estimate that Greenland’s ice sheet loses between 300 and 400 gigatons of ice per year. That loss causes only a tiny sea level rise around the world, but if the whole Greenland ice sheet melted at once, sea level would rise 7 meters globally. Even a 2-meter rise from melting of the Greenland and Antarctic ice sheets, an amount some scientists say could happen by the end of 2100, would devastate coastal cities around the world.

Source: Presse internationale.

Photo: C. Grandpey

Les glaciers d’Alaska à Colombiers (Vienne)

Je présenterai mon diaporama (fondu-enchaîné sonorisé) « Alaska, Glaciers en péril » au cours de l’après-midi du 21 mai 2017 dans le cadre du 2ème Printemps Nature de Colombiers, charmant petit village de la Vienne.

Après un survol du Groenland, les images montrent l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers d’Alaska dont le recul est spectaculaire.

Le but de ce diaporama sensibiliser la population à une catastrophe annoncée. Aucun continent n’est épargné par le changement climatique, pas plus l’Afrique et les neiges du Kilimandjaro que l’Asie avec la chaîne himalayenne. Une prise de conscience est urgente, faute de quoi notre société sera confrontée à de graves problèmes.

Glacier Matanuska (Photo: C. Grandpey)

L’Océan Arctique, la poubelle de la planète // The Arctic Ocean, the garbage dump of the planet

Une étude dont les résultats ont été publiés en avril 2017 dans la revue Science Advances démontre qu’une grande partie du plastique déversé par notre société dans les océans de la planète termine sa course dans les eaux de l’Océan Arctique sous l’influence du puissant système de courants qui l’entraînent dans les mers à l’est du Groenland et au nord de la Scandinavie. L’étude a été réalisée par des chercheurs d’universités de huit pays: Danemark, France, Japon, Pays-Bas, Arabie saoudite, Espagne, Royaume-Uni et États-Unis.
En 2013, dans le cadre d’une circumnavigation de sept mois dans l’Océan Arctique, les scientifiques ont observé un grand nombre de petits morceaux de plastique dans les mers du Groenland et de Barents, là même où la branche terminale du Gulf Stream achemine les eaux de l’Atlantique vers le nord. Les chercheurs affirment que ce n’est que le début de la migration du plastique vers les eaux de l’Arctique car il n’y a qu’une soixantaine d’années que nous utilisons le plastique industriellement ; son utilisation et sa production n’ont fait qu’augmenter depuis. Les chercheurs estiment qu’environ 300 milliards de petits morceaux de plastique sont en suspension dans les eaux de l’Arctique en ce moment, et ils sont probablement en dessous de la vérité. Ils pensent qu’il y a encore davantage de plastique sur les fonds marins.
Plusieurs facteurs confirment l’idée que le plastique est entré dans les eaux de l’Arctique par l’intermédiaire des courants océaniques plutôt que par la pollution locale. Tout d’abord, l’Arctique a une très faible population qui ne contribue guère à la présence d’autant de déchets. Comme il faut beaucoup de temps au plastique pour parcourir le monde grâce aux courants océaniques, l’étude conclut que les déchets actuels proviennent en grande partie d’Amérique du Nord et d’Europe où ils ont été déversés dans l’Océan Atlantique. En outre, l’aspect altéré du plastique et la petite taille des morceaux laissent supposer qu’il a parcouru les mers pendant des décennies en se décomposant en cours de route. Les auteurs de l’étude n’ont pas trouvé beaucoup de plastique dans l’Océan Arctique au-delà des mers du Groenland et de Barents, ce qui confirme que les courants sont responsables de sa présence. Le plastique s’est accumulé là où les eaux atlantiques qui se dirigent vers le nord plongent dans les profondeurs de l’Arctique. Les mers du Groenland et de Barents contiennent 95 pour cent du plastique de l’Arctique. La mer de Barents est une zone de pêche importante pour le cabillaud, le haddock, le hareng et d’autres espèces. Une question cruciale sera de savoir dans quelles proportions le plastique affecte ces poissons.
Le système de circulation des eaux de l’Atlantique – responsable de ce transport du plastique – fait partie d’un système océanique « thermohalique » beaucoup plus vaste, basé sur la température et la teneur en sel des océans et dans lequel les eaux froides et salées plongent dans l’Atlantique Nord avant de revenir vers le sud à des profondeurs importantes.
Dans la mesure où notre société déverse actuellement 8 millions de tonnes de plastique dans l’océan chaque année, il est extrêmement important de comprendre comment les courants répartissent ce plastique à l’échelle de la planète. Dans des études scientifiques précédentes, les chercheurs ont constaté que le plastique se déplace lentement dans les océans du monde mais tend à s’attarder dans cinq courants océaniques circulaires dans les océans subtropicaux des hémisphères nord et sud. Un de ces courants se trouve dans l’Atlantique, et il se dirige vers l’Arctique !
Alors que l’Arctique devient de plus en plus accessible en raison de la fonte de la glace liée au changement climatique, on craint que davantage de plastique arrive dans cette région du globe en raison de l’ouverture de nouveaux couloirs de circulation pour les navires. On risque fort de trouver de plus en plus de plastique dans les courants de surface.
Source: The Washington Post.

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A study whose results were published in April 2017 in the journal Science Advances demonstrates that drifts of floating plastic that humans have dumped into the world’s oceans are flowing into the waters of the Arctic as a result of a powerful system of currents that deposits waste in the icy seas east of Greenland and north of Scandinavia. The study was performed by researchers from universities in eight nations: Denmark, France, Japan, the Netherlands, Saudi Arabia, Spain, the United Kingdom and the United States.

In 2013, as part of a seven-month circumnavigation of the Arctic Ocean, scientists documented a profusion of tiny pieces of plastic in the Greenland and Barents seas, where the final limb of the Gulf Stream system delivers Atlantic waters northward. The researchers say this is just the beginning of the plastic migration to Arctic water as it has only been about 60 years since we started using plastic industrially, and the usage and the production has been increasing ever since. So, most of the plastic that we have disposed in the ocean is still now in transit to the Arctic. The researchers estimate that about 300 billion pieces of tiny plastic are suspended in the Arctic waters right now, although the amount could be higher. And they think there is even more plastic on the seafloor.

Several factors support the idea that the plastic entered these waters via ocean currents rather than local pollution. First, the Arctic has a very small population that is unlikely to directly contribute so much waste. Because it takes such a long time for plastic to travel across the world in ocean currents, the study concludes that the current waste is largely the work of North Americans and Europeans, who dumped it in the Atlantic. Also, the aged and weathered state of the plastic, and the tiny size of the pieces found, suggested that it had travelled the seas for decades, breaking down along the way. The study didn’t find much plastic in the rest of the Arctic Ocean beyond the Greenland and Barents seas, also suggesting that currents were to blame. The plastic had accumulated where the northward-flowing Atlantic waters plunge into the Arctic depths. The Greenland and Barents seas contain 95 percent of the Arctic’s plastic. The Barents Sea happens to be a major fishery for cod, haddock, herring and other species. A key question will be how the plastic is affecting these animals.

The ocean circulation system in the Atlantic responsible for this plastic transport is part of a far larger « thermohaline » ocean system driven by the temperature and salt content of oceans. It is also often called an « overturning » circulation because cold, salty waters sink in the North Atlantic and travel back southward at deep ocean depths.

As humans now put 8 million tons of plastic in the ocean annually, learning how such currents affect the plastic’s global distribution is a key scientific focus. Researchers previously found that plastic slowly travels the world’s oceans but tends to linger in five circular ocean currents in the subtropical oceans in both the northern and southern hemispheres. One of those currents is located in the Atlantic, which then feeds the Arctic.

As the Arctic becomes more accessible because of ice melt linked to climate change, it is feared more plastic could wash in due to the opening of passageways for vessels and plastics in surface currents.

Source: The Washington Post.

Allons-nous continuer à souiller l’Arctique? (Photo: C. Grandpey)

La fonte du Groenland en photos // Photos of Greenland’s melting

La fonte du Groenland est visible au niveau des glaciers qui se fracturent et vêlent de plus en plus d’icebergs. Elle se produit aussi à la surface de la banquise où sont apparues des taches bleues qui trahissent des lacs de glace fondue qui sont de plus en plus nombreux et s’agrandissent chaque année. Chaque été, ils apparaissent aussi davantage à l’intérieur des terres et à de plus hautes altitudes que par le passé. Au travers de ses photos, le photographe aérien allemand Timo Lieber dévoile un paysage inattendu du Groenland.

Le projet photographique de Timo Lieber est intitulé Thaw (« fonte », en anglais). A la croisée de la photographie artistique et de la science, il est le fruit d’une collaboration entre le photographe et une équipe de glaciologues. Leur objectif est d’alerter sur la rapide et inquiétante fonte de la calotte glaciaire qui recouvre le Groenland, la plus importante de l’hémisphère Nord.

Timo Lieber explique que « dans ce paysage immaculé, dépouillé au strict minimum de couleurs et de formes, l’impact dramatique du changement climatique est plus manifeste que dans n’importe quelle autre partie du monde […] Cela fait peur à voir de ses propres yeux. Même depuis mon avion de ligne, lors de mon arrivée au Groenland, on pouvait déjà voir le bleu des lacs. On s’attend à un paysage complètement blanc, mais en fait, ce n’est pas du tout le cas ». C’est exactement ce que je me suis dit en survolant le Groenland en septembre 2016 alors que je me rendais en Alaska.

Même si elles traitent d’un sujet grave, les photos de Timo Lieber n’en restent pas moins belles. « Je n’essaie pas d’embellir le problème lui-même », confie Timo Lieber. « Je veux que les gens qui voient ces images se posent cette question : ‘Qu’est-ce qu’il y a derrière toute cette beauté ?' »

Le portfolio groenlandais de Timo Lieber est visible à cette adresse.

http://www.timolieber.com/thaw/view/thaw-1/

Source : France Info.

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The melting of Greenland can be seen at the glaciers which fracture and calve more and more icebergs. It also occurs on the surface of the ice sheet, where blue spots have appeared, betraying melt lakes which are increasingly numerous and growing every year. Each summer, they also appear more inland and at higher altitudes than in the past. Through his photos, the German aerial photographer Timo Lieber unveils an unexpected landscape of Greenland.
The photographic project of Timo Lieber is entitled « Thaw ». At the crossroads of artistic photography and science, it is the fruit of a collaboration between the photographer and a team of glaciologists. Their objective is to alert to the rapid and worrying melting of the ice sheet covering Greenland, the largest in the northern hemisphere.
Timo Lieber explains that « in this immaculate landscape, stripped to the bare minimum of colours and shapes, the dramatic impact of climate change is more evident than in any other part of the world … It’s scary to be seen with one’s own eyes. Even from my airliner, when I arrived in Greenland, I could already see the blue of the lakes.We expect a completely white landscape, but in fact it is not at all the case ». That is exactly what I said to myself while flying over Greenland in September 2016.
Even if they deal with a serious subject, Timo Lieber’s photos remain no less beautiful. « I’m not trying to embellish the problem itself, » says Lieber. « I want people who see these images to ask themselves, ‘What’s behind all this beauty?' »
Tom Lieber’s Greenland portfolio can be seen at this address:
http://www.timolieber.com/thaw/view/thaw-1/

Source: France Info.

Photo: C. Grandpey