Vers un réveil du Bárðarbunga (Islande)? // Is Bárðarbunga going to wake up in Iceland ?

Le Bárðarbunga, l’un des volcans les plus actifs d’Islande, sous la partie nord-ouest du glacier Vatnajökull, a montré récemment plusieurs hausses de l’activité sismique qui ont inquiété les volcanologues islandais. Cette sismicité s’est accompagnée d’une intensification inhabituelle de l’activité géothermale sous la partie nord-ouest du Vatnajökull. Depuis plusieurs semaines, la Jökulsá á Fjöllum, le cours d’eau qui évacue l’eau de fonte de la bordure nord-ouest du glacier, montre des signes d’une hausse de l’activité géothermale sous le glacier, avec une augmentation de la conductivité électrique, une couleur rougeâtre et une forte odeur de soufre.
La semaine dernière, les scientifiques pensaient que les changements d’activité dans les montagnes de Kverkfjöll, un site d’activité géothermale bien connu, étaient à l’origine du pic de conductivité électrique dans la Jökulsá á Fjöllum. Cependant, le dernier bulletin du Bureau Météorologique Islandais (OMI) aboutit à une conclusion très différente: selon le Bureau, le volcan Bárðarbunga est très probablement responsable de cette situation.
Le mauvais temps sur le glacier Vatnajökull a d’abord empêché les scientifiques de monter une expédition pour apprécier la situation. Ils ont pu survoler la zone concernée pour la première fois au cours du week-end dernier. Les photographies aériennes ne montrent aucun changement d’activité dans les Kverkfjöll. En ce qui concerne Bárðarbunga, les photos montrent un niveau inhabituel d’eau de fonte à la sortie du Dyngjujökull, langue glaciaire qui recouvre le Bárðarbunga.
Il est important de savoir si la source de l’activité géothermale a sa source sous les Kverkfjöll ou au niveau du Bárðarbunga. Les montagnes de Kverkfjöll sont un ancien système volcanique connu pour son activité géothermale intense. La dernière éruption majeure dans les Kverkfjöll aurait eu lieu il y a 1300 ans. Les scientifiques pensent également que des éruptions mineures ont pu avoir lieu au cours des derniers siècles, mais la probabilité d’une éruption sur le site des Kverkfjöll est considérée comme très faible.
De son côté, le Bárðarbunga est l’un des volcans les plus actifs d’Islande. Il montre des signes d’activité depuis la fin de l’éruption dans l’Holuhraun en 2014-15. Cette éruption a produit le plus grand champ de lave jamais observé en Islande depuis le 18ème siècle.
Source: Iceland Magazine.

NDLR: Il faut toutefois noter que la récente sismicité observée au niveau du Bárðarbunga était superficielle est était probablement liée à des mouvements de fluides hydrothermaux, comme cela se produit fréquemment en Islande, au niveau du volcan Katla, sur le Myrdasjökull, par exemple. Si elle mérite d’être surveillée attentivement, elle n’annonce pas forcément une éruption à court terme. D’autres paramètres comme le tremor et la chimie des gaz doivent également être pris en compte.

 

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Bárðarbunga, one of Iceland’s most active volcanoes, located beneath the NW part of Vatnajökull, has shown several recent increases in seismic activity which worried Icelandic volcanologists. They were accompanied by an.unusual spike in geothermal activity beneath the northwestern corner of Vatnajökull glacier. For several weeks, Jökulsá á Fjöllum, which carries meltwater from the northwestern edge of the glacier, has been showing signs of increased geothermal activity beneath the glacier, a spike in electrical conductivity, a reddish colour and a strong smell of sulphur.

Last week scientists believed that changes in activity at Kverkfjöll mountains, a well-known geothermal hotspot, were the source of a spike in electrical conductivity in Jökulsá á Fjöllum. However, the latest statement from the Icelandic Meteorological Office (IMO) reaches a very different conclusion: According to thre Office, Bárðarbunga Volcano is most likely to blame.

Bad weather on the Vatnajökull Glacier initially stopped scientists from mounting an expedition to inspect conditions. They were able to fly over the area for the first time during the last weekend. A study of these aerial photographs shows no signs of changing activity at Kverkfjöll. As far as Bárðarbunga is concerned, the photos show unusual levels of meltwater coming from Dyngjujökull outlet glacier which covers Bárðarbunga.

It is important to know whether the source of the geothermal activity is beneath Kverkfjöll or Bárðarbunga. Kverkfjöll mountains are an old volcanic system known for significant and powerful geothermal activity. The last major eruption in Kverkfjöll is believed to have taken place 1300 years ago. Scientists also believe some minor eruptions could have taken place in the past few hundred years, but the likelihood of an eruption in Kverkfjöll is believed to be minimal.

Bárðarbunga, on the other hand, is one of the most active volcanoes in Iceland. The volcano has been showing growing signs of activity since the end of the Holuhraun eruption in 2014-15. This eruption produced the largest lava field ever seen in Iceland since the 18th century.

Source : Iceland Magazine.

Personal remark: It should be noted, however, that the recent seismicity observed at Bárðarbunga was shallow and was probably related to hydrothermal fluid movements, as is frequently the case in Iceland, for example at the Katla volcano on Myrdasjökull. If it deserves to be watched closely, it does not necessarily announce a short-term eruption. Other parameters such as the tremor and gas chemistry also need to be taken into account.

Vue de l’éruption de 2014-2015 (Crédit photo: Wikipedia)

Une centrale géothermique au cœur des volcans chiliens // A geothermal plant among Chilean volcanoes

Alors que Donald Trump a décidé de se retirer de l’accord de Paris et d’augmenter la production de combustibles fossiles aux États-Unis, d’autres pays adoptent une politique inverse et développent des énergies propres. Un bon exemple est le Chili où on est en train de construire la première centrale géothermique en Amérique du Sud sur le site de Cerro Pabellón, à 4 430 mètres d’altitude, avec des volcans à perte de vue.
La centrale a des airs de plate-forme de forage pétrolier et plusieurs techniciens qui oeuvrent dans la centrale travaillaient auparavant sur un site de pompage de pétrole brut ! Aujourd’hui, ils sont entourés de volcans aux cimes enneigées et ont parfois le souffle court à cette altitude où ils exploitent la vapeur surgie de la terre.
Avec la capacité d’alimenter quelque 165 000 foyers, la centrale géothermique est un nouvel exemple de production d’énergie propre au Chili. Ce réseau non polluant comprend déjà de vastes centrales solaires et des parcs éoliens. Il fait partie des plans ambitieux d’un pays qui a décidé de se débarrasser définitivement des combustibles fossiles.
L’Amérique latine produit déjà l’électricité la plus propre au monde, grâce aux barrages qui génèrent une grande partie de ses besoins énergétiques. Au-delà de ces grands projets hydroélectriques, les investissements dans les énergies renouvelables en Amérique latine ont augmenté de 11 fois depuis 2004, soit près du double de la progression mondiale, selon un rapport de 2016 diffusé par l’Agence Internationale pour les Energies Renouvelables (IRENA). Le Chili, le Mexique et le Brésil figurent parmi les 10 premiers marchés d’énergie renouvelable dans le monde.
Voici une courte vidéo du projet sur le site de Cerro Pabellón:
https://nyti.ms/2vsqzFe

Source: The New York Times.

D’autres projets géothermiques seront développés en Amérique du Sud. Grâce à l’environnement volcanique, il y a une profusion de sources chaudes dans la région. Un projet similaire a été annulé il y a quelques années à El Tatio en raison de l’incapacité de la société Geotermica del Norte à respecter les exigences de sécurité du projet. Le promoteur a été condamné à une amende de 384 000 dollars par la société de surveillance environnementale Corema. Geotermica del Norte a déclaré qu’elle retirerait les plates-formes de forage dans un délai de trois mois et suspendrait indéfiniment l’exploration géothermique sur le site.

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While Donald Trump decided to withdraw from the Paris agreement and increase the production of fossil fuels in the U.S., some countries are adopting a reverse policy and developing clean energy. A good example is Chile where the first geothermal energy plant in South America is being built in Cerro Pabellón, Chile, 4,430 metres above sea level, surrounded by volcanoes.

The plant looks and functions much like an oil drilling rig and several of the men who operate the hulking machine once made a living pumping crude. But now they are surrounded by snowcapped volcanoes, labouring to breathe up here at this high altitude as they draw steam from the earth.

With the ability to power roughly 165,000 homes, the new plant is another step in Chile’s clean energy transformation. This nation’s rapidly expanding clean energy grid, which includes vast solar fields and wind farms, is one of the most ambitious in a region that is decisively moving beyond fossil fuels.

Latin America already has the world’s cleanest electricity, having long relied on dams to generate a large share of its energy needs. Beyond those big hydropower projects, investment in renewable energy in Latin America has increased 11-fold since 2004, nearly double the global rate, according to a 2016 report by the International Renewable Energy Agency. Chile, Mexico and Brazil are now among the top 10 renewable energy markets in the world.

Here is a short video of the Cerro Pabellón project:

https://nyti.ms/2vsqzFe

Source: The New York Times.

More geothermal projects are likely to be developed in South America. Thanks to the volcanic environment, there is a profusion of hot sources in the region. A similar project was cancelled a few years ago at El Tatio due to the company Geotermica del Norte’s failure to comply with project safety requirements. The developer has been fined US$384,000 by the region’s environmental watchdog Corema. The company said it would withdraw drilling rigs from the area within three months and indefinitely suspend geothermal exploration at the site.

 Vue de la centrale de Cerro Pabellón (Crédit photo: Ormat Technologies)

Reste de l’ancien forage géothermique  sur le site d’El Tatio (Photo: C. Grandpey)

Vue des « geysers » d’El Tatio (Photo: C. Grandpey)

 

Islande : Recherche de l’énergie à grande profondeur (suite) // Iceland : Looking for very deep energy (continued)

drapeau-francaisDans une note publiée le 28 octobre 2016, j’ai expliqué que les Islandais avait entamé un Projet de Forage Profond – Iceland Deep Drilling Project (IDDP) – prévu pour descendre jusqu’à 5 kilomètres de profondeur dans d’anciennes coulées de lave sur la Péninsule de Reykjanes, dans le sud-ouest de l’Islande. Le forage avait commencé le 12 août. À la fin de l’année 2016, le trépan devrait avoir creusé le trou le plus chaud au monde, avec des températures entre 400 et 1000°C. La BBC nous indique aujourd’hui que le forage est maintenant descendu à près de 4.500 mètres et devrait atteindre 5000 m d’ici la fin de l’année, profondeur où la température devrait dépasser 500°C.
Lorsque le forage aura atteint 5 km, l’équipe de forage s’attend à trouver des roches fondues mélangées à de l’eau. Toutefois, avec la chaleur extrême et la pression énorme rencontrées à cette profondeur, l’eau se transforme en « vapeur supercritique » qui n’est ni un liquide ni un gaz, mais détient beaucoup plus d’énergie que l’un ou l’autre. C’est cette vapeur supercritique que l’équipe de forage veut faire remonter à la surface pour la convertir en électricité. Les propriétés particulières de la vapeur supercritique permettraient de produire jusqu’à 10 fois plus d’énergie que la vapeur issue des puits géothermiques conventionnels.
Si le forage est un succès, cela voudra dire qu’à l’avenir il suffira de forer moins de puits pour produire la même quantité d’énergie. Cela signifiera également qu’une surface moindre sera impactée, avec moins de conséquences négatives pour l’environnement, et un coût inférieur. Cependant, la partie n’est pas gagnée d’avance et il faut être prudent. En effet, en 2009, un forage très profond a été effectué dans un autre site volcanique islandais. A 2100 m de profondeur, le trépan est entré en contact avec un réservoir magmatique  peu profond et la plateforme de forage a été détruite. Que le projet actuel soit un succès ou non, il permettra de mieux savoir à quoi ressemble l’intérieur d’un volcan.
Source: BBC News.

L’article de la BBC s’accompagne d’une vidéo visible à cette adresse :

http://www.bbc.com/news/science-environment-38296251

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drapeau-anglaisIn a note released on October 28th 2016, I explained that a rig was drilling 5 kilometres into the old lava flows in Reykjanes, at the south-west corner of Iceland. The drilling had begun on August 12th. By the end of the year, the Iceland Deep Drilling Project (IDDP) hoped to have created the hottest hole in the world, hitting temperatures anywhere between 400 and 1000 °C. The BBC is now informing us that the drilling has now descended nearly 4,500m and is expected to reach 5km down, where temperatures are expected to exceed 500°C, by the end of the year.

When the drill gets to 5 km, the drilling team expects to find molten rock mixed with water. But with the extreme heat and immense pressure found at this depth, the water becomes what is known as « supercritical steam ». It is neither a liquid nor a gas, but it holds far more energy than either. And it is this supercritical steam that the team wants to bring back up to the surface to convert into electricity. They believe its special properties mean it could produce up to 10 times as much energy as the steam from conventional geothermal wells.

If this works, in the future fewer wells would need to be drilled to produce the same amount of energy. This would also mean that less surface would be touched, with less environmental impact and lower costs. However, it might also fail and there is a good reason to be cautious. In 2009, a very deep drilling was attempted into another volcanic site. But at 2,100m, they accidentally hit a shallow reservoir of magma and the drill was destroyed. Whether it is a success or not, the project will help to know what the interior of a volcano looks like.

Source: BBC News.

A video accompanies the BBC article :

http://www.bbc.com/news/science-environment-38296251

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La géothermie a toujours joué un rôle important en Islande.

(Photo: C. Grandpey)

Le lac Rotorua (Nouvelle Zélande) // Lake Rotorua (New Zealand)

drapeau-francaisAprès l’éruption spectaculaire d’un geyser près de la berge du Lac Rotorua (voir ma note du 28 novembre), les scientifiques affirment qu’il n’y a aucune preuve d’un lien entre l’éruption – qui a fait jaillir l’eau jusqu’à 30 mètres de hauteur près du village d’Ohinemutu – et l’activité sismique observée en novembre en Nouvelle-Zélande. Il est aussi trop tôt pour établir un lien avec le retour progressif de l’activité de surface dans le champ géothermique de Rotorua suite à l’arrêt des forages dans les années 1980.
L’éruption de lundi s’est produite alors que les chercheurs ont entamé des observations des systèmes naturels qui façonnent le paysage de Rotorua. Au cours des deux derniers mois, les géologues ont fait équipe avec l’armée néo-zélandaise pour effectuer un levé bathymétrique et magnétique du Lac Rotorua qui a révélé une activité hydrothermale généralisée. Les scientifiques ont observé des pustules sur le plancher du lac, signes d’émissions de gaz, ainsi que des bouches hydrothermales qui laissaient s’échapper des gaz et de l’eau à haute température. Un grand nombre de bouches sont alignées, ce qui laisse supposer qu’elles sont liées à des failles sous-jacentes.
L’étude, qui a permis d’étudier 40% du plancher du lac, mais pas le site de l’éruption de cette semaine, permettra de réaliser une carte montrant l’emplacement de toutes les bouches d’activité hydrothermale actives et les zones dangereuses pour la navigation sur le lac. Il s’agissait également de la première étape d’une série d’études visant à déterminer la quantité de chaleur émise par le fond du lac à partir d’une source magmatique qui se trouve à quelques kilomètres au-dessous du champ géothermique de Rotorua.
Le champ géothermique de Rotorua, qui a probablement été actif pendant des dizaines de milliers d’années, frémit sous une grande partie de la ville et de la bordure méridionale du Lac Rotorua qui s’est formé à l’intérieur d’une vaste caldeira, suite à une éruption il y a 240 000 ans. Le champ fait partie de la zone volcanique de Taupo.
Bien que ce soit l’une des plus spectaculaires de ces dernières années, l’éruption du geyser observée lundi correspond à l’activité du passé dans cette région. Des éruptions hydrothermales se sont produites de façon assez régulière dans cette partie du bord du lac, mais la plupart du temps elles se sont limitées à des bouillonnements d’eau et de boue.
Source: New Zealand Herald.

Dernière minute: Une nouvelle éruption hydrothermale s’est produite sur le Lac Rotorua ce mercredi 30 novembre, au même endroit que la précédente, et sans conséquence pour la zone habitée. Comme on peut le voir sur la petite vidéo ci-dessous (probablement tournée à l’aide d’un smartphone) diffusée par le New Zealand Herald, elle a été moins intense que celle du 28 novembre.

http://www.nzherald.co.nz/nz/news/article.cfm?c_id=1&objectid=11757823

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drapeau-anglaisAfter the spectacular eruption of a geyser near the shores of Lake Rotorua (see my post of November 28th), scientists say there isn’t any evidence to link the eruption – which sent water gushing up to 30 metres into the air near Ohinemutu village – with this month’s earthquake activity in New Zealand. It is also too early to draw any connection with the gradual return of surface features within the Rotorua Geothermal Field that has followed the closure of bores in the 1980s.

However, the event occurred at a time when researchers are making fresh observations of the natural systems that create Rotorua’s bubbling landscape. Over the past two months, geologists have teamed up with the New Zealand Defence Force for a bathymetric and magnetic survey of Lake Rotorua, which has yielded significant evidence of hydrothermal activity throughout the lake. This included pockmarks on the lake floor, which indicated that gas was being discharged through the lake floor, and hydrothermal vents that showed the release of gas and hot water. Many of them appeared in a linear pattern, suggesting they may be related to underlying faults.

The survey, which has so far covered 40 per cent of the lake floor but not the site of this week’s eruption, would ultimately provide a base map showing the location of all underwater hydrothermal eruption craters and areas that were hazardous to vessels and sailors. It was also the first step in a series of surveys to determine how much heat was being discharged through the lake floor from an underlying magma source which is likely located just a few kilometres below the field.

The Rotorua Geothermal Field, believed to have been active for tens of thousands of years, underlies much of the city and the southern fringe of Lake Rotorua, which itself was formed within a large caldera volcano that erupted 240,000 years ago. The field is part of the wider Taupo Volcanic Zone.

While one of the biggest in recent times, Monday’s geyser eruption was consistent with what had happened in the area in the past. Hydrothermal eruptions happened reasonably regularly in that part of the lake edge, but most of the time they only resulted in the bubbling up of water and mud from the lake bottom.

Source: New Zealand Herald.

Last minute: A new hydrothermal eruption occurred on November 30th at Lake Rotorua, in the same place as the previous one, and with no danger to the populated area. As can be seen on this short video (probably shot with a smartphone) released by the NewZealand Herald,  it was less intense than Monday’s event.

http://www.nzherald.co.nz/nz/news/article.cfm?c_id=1&objectid=11757823

 

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Photos: C. Grandpey