Spirit Lake: La mémoire de l’éruption du St Helens (Mai 1980)

drapeau francaisSpirit Lake est l’un des sites les plus spectaculaires du Mount St Helens National Monument, dans l’Etat de Washington. Il montre la violence de l’éruption. Bien que la Nature reprenne ses droits année après année ailleurs dans le Parc, Spirit Lake est un rappel que le Mont St Helens est un volcan actif qui peut de nouveau entrer en éruption.
Au cours de l’éruption de 1980 du Mont Saint Helens, Spirit Lake a reçu le blast de plein fouet, autrement dit l’explosion latérale qui a déplacé une grande partie du lac, avec une vague qui atteignait 260 mètres de hauteur. L’explosion a brisé les arbres comme de simples allumettes et projeté dans le Spirit Lake d’autres éléments de végétation, de la cendre et des matériaux volcaniques de diverses origines. Les dépôts de l’éruption ont bouché le chenal d’évacuation du lac, provoquant une élévation de sa surface d’une soixantaine de mètres. Les milliers d’arbres brisés ont formé un immense radeau flottant qui couvrait environ 40% de la surface du lac. Le spectacle de ces troncs d’arbres est encore très impressionnant aujourd’hui.

Comme je l’ai écrit dans une note le 19 mai 2015, le problème aujourd’hui est que l’ouverture du tunnel se rétrécit. Les ingénieurs disent que si le rétrécissement se poursuit, l’Interstate-5, l’autoroute qui traverse l’État de Washington, pourrait être inondée. Les géologues indiquent que le responsable de cette situation est le mouvement des roches sous la surface. Le fond du tunnel se soulève et déforme sa structure.
En Octobre 2013, le tunnel avait une ouverture de 2,60 mètres. Un an plus tard, son diamètre n’était plus que de 2,15 mètres. En avril 2015, l’ouverture n’était plus que de 2 mètres, sous l’effet du soulèvement.
Si le tunnel venait à s’effondrer, le lac pourrait déborder et provoquer une catastrophe. Dans un rapport récent, le US Army Corps a écrit que «dans le pire des cas, un débordement du lac pourrait détruire tous les itinéraires de transport » à l’ouest du lac, dans le sud de l’Etat de Washington le long de la vallée de la Cowlitz, y compris l’Interstate-5 et les principales lignes de chemin de fer Nord-Sud.
La catastrophe ne semble pas imminente, mais des mesures doivent être prises.

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drapeau anglaisSpirit Lake is one of the most dramatic sites of Mount St Helens national Monument. It shows the violence of the eruption. While Nature is recovering year after year elsewhere in the Park, Spirit Lake is a reminder that Mount St Helens is an active volcano that may erupt again in the future.

During the 1980 eruption of Mount St. Helens, Spirit Lake received the full impact of the lateral blast which temporarily displaced much of the lake from its bed and triggered a wave as high as 260 metres. The blast blew away the trees as if they were matches and carried away other plant material, volcanic ash, and volcanic debris of various origins into Spirit Lake. The deposits from the eruption blocked its natural pre-eruption outlet, raising the surface elevation of the lake by about 60 metres. The thousands of shattered trees formed a floating log raft on the lake surface that covered about 40% of the lake’s surface.

As I put it in a note of May 19th 2015, the problem today is that the opening of the tunnel is narrowing. Experts say if the narrowing goes on, Interstate-5 in Washington State could be inundated. Geologists say shifting rock formations under the surface are to blame. The bottom of the tunnel is actually pushing up into the tunnel and deforming the shape.

In October 2013, the tunnel had an opening of 2,60 metres. One year later, the tunnel was constricted to 2,15 metres. In April 2015, the uplift reduced the opening to 2 metres.

If the tunnel were to collapse, the lake could fill up and overflow, causing a catastrophe.

In a recent report, the U.S. Army Corps wrote that « this worst case possibility would destroy all transportation routes » to the west of the lake, in southern Washington along the Cowlitz Valley, including Interstate-5 and the main North-South rail lines. The disaster does not seem to be imminent but measures need to be taken.

 

Quelques images de Spirit Lake vu depuis Windy Ridge, avec un aperçu du cratère et du glacier (Photos: C. Grandpey)

Cotopaxi (Equateur): Etat d’urgence // State of emergency

drapeau francais8 heures : Le Président équatorien Rafael Correa a décrété l’état d’urgence suite à l’intensification d’activité du Cotopaxi. Cette mesure permettra aux autorités d’utiliser des fonds gouvernementaux si la situation venait à empirer. Plusieurs centaines de personnes ont déjà été évacuées de villages situés à proximité du volcan suite à l’épisode éruptif de vendredi dernier. Le Cotopaxi a connu plusieurs explosions phréatiques qui ont envoyé de la cendre à plus de 5 km de hauteur, avec des retombées jusqu’à Quito, à une cinquantaine de kilomètres du volcan.

Dans son dernier bulletin, l’Institut Géophysique indique que toutes les stations sismiques révèlent un tremor volcanique en hausse.

Sources : Journaux locaux et Institut Géophysique.

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drapeau anglais8:00: Ecuador President Rafael Correa has declared a state of emergency over increasing activity at Cotopaxi volcano. The declaration gives authorities more flexibility in using government funds to address the situation. Officials evacuated several hundred people from nearby villages after the volcano began to erupt on Friday when small eruptions shot ash more than 5km into the sky, with ashfall as far as Quito 50km to the north.

In its latest update, IG indicates that all seismic stations are recording an increase in the volcanic tremor.

Sources: Local newspapers and IG.

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Source: Instituto Geofisico

Sakurajima (Japon): L’éruption de 1914 // The 1914 eruption

drapeau francaisLes derniers bulletins de la Japan Meteorological Agency et le passage du Sakurajima en alerte de niveau 4 (sur une échelle de 5) montrent que la situation doit être prise au sérieux. De plus, la recrudescence d’activité du Sakurajima intervient au moment du redémarrage du réacteur de la centrale nucléaire de Sendai, située à une cinquantaine de kilomètres du volcan. Beaucoup évoquent l’éruption de 1914 qui reste l’une des plus violentes dans l’histoire du volcan.

Voici un extrait du chapitre de mon livre « Killer Volcanoes » (aujourd’hui épuisé) consacré à l’éruption de 1914.

Lorsqu’une éruption commence en janvier 1914, le Sakurajima est endormi depuis un siècle. Elle est annoncée, comme souvent, par une crise sismique qui débute le 11 de ce mois et inquiète les autorités qui prennent tout de suite conscience de la gravité de la situation. Dans la ville de Kagoshima, on enregistre 417 secousses telluriques dans les trente heures précédant l’éruption. 

Dès que la terre se met à trembler le 11 janvier, les 22 000 habitants de l’île où trône à cette époque le Sakurajima, pêcheurs et fermiers pour la plupart, sont évacués en toute hâte à l’aide de tous les bateaux disponibles auxquels viennent se joindre ceux de la marine nationale le lendemain. Une partie de la population de Kagoshima est évacuée elle aussi car elle risque d’être exposée aux fureurs du volcan.  

Les émissions de gaz sont toujours visibles le 12 janvier au matin lorsque cinq bouches au moins s’ouvrent à 10h10 sur le flanc est du volcan. De puissantes explosions font naître d’énormes panaches de cendre d’une dizaine de kilomètres de hauteur. La colonne éruptive s’effondre par moments en déclenchant des coulées pyroclastiques. Les retombées de cendre sont intenses et la couche atteint un mètre d’épaisseur à vingt kilomètres de distance. Plus que l’éruption elle-même, c’est l’effondrement des toitures des maisons – surtout à Kagoshima – qui est responsable des trente-cinq victimes de l’événement. D’autres personnes périssent également – une dizaine semble-t-il – quand se produisent des glissements de terrain provoqués par un violent séisme de magnitude 6,7 à 18h29 le 12 janvier. Il est suivi d’un petit tsunami qui cause des dégâts aux bateaux dans le port.

Dans la soirée du 13 janvier, sur le coup de 20 heures, la région du Sakurajima est secouée par un nouveau séisme. Il marque un profond changement dans le comportement du volcan. Au lieu d’être explosive, l’activité devient effusive et elle donne naissance à deux champs de lave pendant les vingt jours suivants.  

L’activité effusive cesse le 20 janvier sur le versant ouest du Sakurajima mais reste bien présente sur le flanc est où la lave s’échappe de trois ensembles de deux cratères chacun. L’une des bouches de chaque couple laisse échapper la lave qui dégaze bruyamment par l’intermédiaire de sa voisine. La vitesse de progression est estimé à trente mètres à l’heure, ce qui est fort rapide pour de l’andésite. Les coulées couvrent une distance d’environ trois kilomètres depuis leur source et s’étalent sur environ deux kilomètres. Sur les dix-huit villages qui se trouvent sur les flancs du Sakurajima, sept sont recouverts et on estime que 2500 bâtiments ont été détruits par l’éruption. .

Le 1er février, la lave a rempli le chenal large de quatre cents mètres et profond de soixante-douze mètres qui sépare le Sakurajima de la Péninsule d’Oosumi. Le volcan se trouve donc relié au continent !

Dans les mois qui suivent, l’activité continue, alternant les phénomènes explosifs et effusifs, avec une recrudescence de ces derniers sur le versant est le 22 mars 1914. L’éruption s’achève définitivement au début de l’année 1915.

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drapeau anglaisThe latest bulletins from the Japan Meteorological Agency and the elevationof Sakurajima’s alert level to 4 (on a scale of 5) show that the situation must be taken seriously. In addition, the activity increase comes at the time of the restart of the reactor at the Sendai nuclear plant, about fifty kilometers from the volcano. Many evoke the 1914 eruption which remains one of the most violent in the history of the volcano.
Here is a summary of the chapter of my book « Killer Volcanoes » (now out of print) dedicated to the 1914 eruption.

When an eruption began in January 1914, Sakurajima had been asleep for a century. It was preceded, as often, by a seismic crisis that began on January 11th. The authorities got concerned and became immediately aware of the seriousness of the situation. In the city of Kagoshima, 417 earthquakes were recorded within thirty hours before the eruption.
As soon as the earth shook on January 11th , the 22,000 inhabitants of the island under the threat of Sakurajima, fishermen and farmers for most of them, were evacuated on board all available boats, together with  those of the Navy the next day. Part of the population of Kagoshima was also evacuated because it might be exposed to the fury of the volcano.
Gas emissions were still visible on January 12th  in the morning when at least five vents opened at 10:10 on the eastern flank of the volcano. Powerful explosions generated huge plumes of ash ten kilometers high. The eruption column collapsed at times, triggering pyroclastic flows. The ashfall was intense and the ash layer was still a meter thick twenty kilometers away. More than the eruption itself, it was the collapse of the roofs of houses – especially in Kagoshima – which was responsible for the thirty-five victims of the event. Other people also perished –  maybe ten – when landslides were caused by a massive earthquake measuring M 6.7 at 6:29 p.m. on January 12th . It was followed by a small tsunami which caused damage to the boats in the harbor.
On the evening of  January 13th , at 20:00, the Sakurajima region was shaken by another earthquake. It marked a profound change in the behavior of the volcano. Instead of being explosive, activity becomes effusive and gave birth to two lava fields for the next twenty days.
The effusive activity ceased on January 20th on the western side of Sakurajima but remained on the eastern side where lava was coming out of three sets of two craters. One of the vents of each couple of craters released lava that degassed loudly through its neighbor. The speed of the lava was estimated at thirty meters per hour, which is very fast for andesite. Lava flows covered a distance of about three kilometers from their source and spread over a width of about two kilometers. Out of the eighteen villages located on the slopes of Sakurajima, seven were covered by lava and an estimated 2500 buildings were destroyed by the eruption. .
On February 1st, the lava filled the 400-hundred-metre-wide channel, seventy-two meters deep, between Sakurajima and the Oosumi Peninsula. The volcano was thus connected to the mainland!
In the following months, activity continued, alternating explosive and effusive phenomena, with a resurgence of these on the eastern slope on 22 March 1914. The eruption ended for good in early 1915.

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Crédit photo: Wikipedia

Hausse du niveau d’alerte du Sakurajima (Japon) // Alert level raised for Sakurajima (Japan)

drapeau francaisQuelques jours après le redémarrage d’un réacteur à la centrale nucléaire de Sendai, les autorités japonaises ont élevé à 4 le niveau d’alerte du Sakurajima et demandé aux habitants à proximité du volcan de se tenir prêts à évacuer. L’activité sismique a commencé à augmenter sur le Sakurajima vers 7 heures samedi matin et une éruption majeure pourrait se produire dans le court terme.
Le volcan est situé à une cinquantaine de kilomètres de la centrale nucléaire de Sendai qui se trouve également près de cinq grandes caldeiras, avec la plus proche à environ 40 km. Pourtant, l’Autorité de Régulation Nucléaire affirme que le risque d’une éruption volcanique majeure au cours de la durée de vie de l’usine de Sendai est négligeable.

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drapeau anglaisA few days after the restart of a reactor at the Sendai nuclear plant, Japanese authorities have raised to 4 the alert level of Sakurajima and asked nearby residents to prepare to evacuate. Seismic activity started increasing on Sakurajima at about 7:00 on Saturday morning and a major eruption might occur in the short term.

The volcano is located about 50 km from the nuclear facility. It is also located near five giant calderas, with the closest one some 40 km away. Still, the Nuclear Regulation Authority (NRA) has said the chance of major volcanic activity during the lifespan of the Sendai plant is negligible.

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Crédit photo: Wikipedia