Fuego (Guatemala): Nouvelle menace // New threat

Dans un bulletin spécial diffusé le 4 novembre 2018 à 7h00 (heure locale), l’INSIVUMEH a indiqué que l’Institut avait enregistré environ 14 explosions par heure sur le Fuego, avec une colonne de cendre s’élevant jusqu’à 4 600 mètres d’altitude. Des retombées de cendre ont été observées dans plusieurs localités sous le vent. Une forte incandescence est observée au niveau du cratère, avec des avalanches incandescentes atteignant la végétation, et des coulées de lave de 600 mètres de longueur dans les ravines Taniluyá et de Ceniza. Au vu de cette activité, l’INSIVUMEH prévoit qu’une nouvelle phase éruptive sera enregistrée au cours des prochaines heures ou des prochains jours. Les ondes de choc générées par les explosions font vibrer les fenêtres des maisons autour du volcan.
L’INSIVUMEH a demandé à la CONRED de décréter l’état d’alerte nécessaire et de suivre attentivement l’évolution de l’activité sur le volcan.
Il est conseillé à l’aviation civile de prendre des précautions en raison des panaches de cendre dans les secteurs «ouest et sud-ouest du complexe volcanique».
Il faut garder à l’esprit qu’en juin 2018, une augmentation soudaine de l’activité du Fuego a causé la mort de quelque 190 personnes et la disparition de 240 autres.
Source: INSIVUMEH.

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In a special bulletin released on November 4th, 2018 at 7:00 (local time) INSIVUMEH reported that the Institute registered around 14 explosions per hour and an ash column rising up to 4,600 metres a.s.l. Ashfall has been observed in several downwind communities. Strong incandescence is observed at the crater, with avalanches reaching the vegetation and lava flows travelling as far as 600 metres in the Taniluyá and Ceniza drainages. In view of these activities, the authorities foresee that during the next hours or days a new eruptive phase will be registered. The shockwaves generated by the explosions vibrate the windows of the houses around the volcano.

INSIVUMEH asked CONRED to implement the alert status it deems necessary and be alert
of the development of the activity at the volcano.

Civil aviation authorities are advised to take precautions because of the ash that is affecting the flanks “west and southwest of the volcanic complex”.

One should bear in mind that in June 2018 a sudden increase in Fuego’s activity caused the death of about 190 people and another 240 were reported missing.

Source: INSIVUMEH.

Panaches de cendre émis lors de l’éruption de juin 2018 (Crédit photo: INSIVUMEH)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): L’éruption au mois d’octobre // The eruption in October

L’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF) vient de publier son bulletin mensuel pour le mois d’octobre. L’essentiel est, bien sûr, consacré à la dernière éruption. Vous trouverez le bulletin mensuel complet à cette adresse:
http://www.ipgp.fr/sites/default/files/ovpf_20181102_bullmensu_en.pdf

Comme je l’ai écrit précédemment, l’éruption du Piton de la Fournaise s’est terminée le 1er novembre 2018 à 04h00 (heure locale), après un total de 47 jours d’activité. L’activité de surface est restée faible en octobre, et la lave a principalement circulé en tunnel. Seuls de rares coulées éphémères ont été observés, alors que le sommet de l’évent éruptif se fermait progressivement
Les débits estimés à partir des données satellitaires ont varié entre 1 et 6 mètres cubes par seconde pour tout le mois d’octobre. Cependant, étant donné que l’activité de surface était dominée par une circulation de la lave en tunnel, ces valeurs sont probablement sous-estimées. En raison de cette incertitude, le volume total de la lave émis a été estimé à 9-18 millions de mètres cubes entre le 15 septembre et le 17 octobre 2018. Après une progression rapide des coulées entre le 30 septembre et le 6 octobre, l’étendue du champ de lave n’a pas beaucoup évolué pendant le reste du mois d’octobre
Au cours de la seconde quinzaine d’octobre, les émissions de SO2 provenant au niveau de la bouche éruptive sont restées faibles (proches ou inférieures au seuil de détection.)
L’inflation de l’édifice volcanique s’est poursuivie pendant tout le mois d’octobre. La source responsable de cette inflation était située à une profondeur de 1 à 1,5 km en dessous des cratères sommitaux (Bory et Dolomieu) et reflétait une mise sous pression du réservoir magmatique peu profond, en réaction à une recharge de magma en profondeur. Cette alimentation plus profonde est responsable de la poursuite de l’éruption, avec 47 jours d’activité.
Source: OVPF.

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OVPF has just released its monthly bulletin for October 2018. Most of it is, of couse, dedicated to the latest eruption of Piton de la Fournaise. You will find the complete monthly bulletin at this address:

http://www.ipgp.fr/sites/default/files/ovpf_20181102_bullmensu_en.pdf

As I put it before, the eruption of Piton de la Fournaise came to an end on November 1st, 2018 at 04h00 (local time), after a total of 47 days of activity. The surface activity was very weak in October, with most of the emitted lava travelling through lava tubes. Only rare lava flow outbreaks were observed, while the top of the eruptive vent was gradually closing.

Discharge rates estimated from satellite data ranged from 1 to 6 cubic metres per second over the entire month of October. However, because the eruptive activity at the surface was predominated by lava tube activity, these values may well be underestimated. Due to this uncertainty, the total volume of erupted lava was estimated to 9-18 million cubic metres between September 15th and October 17th, 2018. After a rapid advancement of thelava flow front between September 30th and October 6th, the extension of the lava flow did not change much during the rest of the month of October

During the second half of October, SO2 fluxes from the eruptive vent remained low (near or below the detection threshold.)

Edifice inflation continued throughout the month of October. The pressure source responsible for this inflation was located at a depth of 1-1.5 km below the summit craters (Bory and Dolomieu), reflecting a pressurization of the shallow magma reservoir in response to magma recharge from depth. This deeper feeding is responsible for the continuation of the eruption after a total of 47 days of  activity.

Source: OVPF.

Vue du site éruptif (Crédit photo: T. Sluys)

Une histoire de répliques // A story of aftershocks

Le 4 mai 2018, un puissant séisme de M 6,9 sur le flanc sud du Kilauea a secoué la Grande Ile d’Hawaii. C’est l’événement sismique le plus significatif enregistré à Hawaii depuis 43 ans. Aujourd’hui, plus de cinq mois plus tard, des séismes de magnitude moindre se produisent toujours dans le même secteur.
Pour mieux comprendre cette situation, il convient de garder à l’esprit que la plupart des séismes sont provoqués par le glissement ou le décrochement de morceaux de l’écorce terrestre le long d’un plan de failles. La surface et la distance de glissement sont à mettre en relation directe avec la libération d’énergie (autrement dit la magnitude) du séisme.
Le glissement ou le décrochement n’est pas uniforme lors d’un séisme majeur; en effet, certains éléments du morceau de plaque concerné bougent plus que d’autres, et certains ne bougent pas du tout. Cette inégalité de déplacement dans la croûte terrestre impose des contraintes plus importantes aux éléments de plaque qui ne se sont pas déplacés.
Au fur et à mesure que la croûte se réajuste avec le temps, ces contraintes plus importantes donnent naissance à de petits séismes baptisés «répliques», qui se produisent sur les plaques de faille adjacentes. On peut parfois avoir un effet d’avalanche jusqu’à l’atténuation des tensions provoquées par le séisme principal. En règle générale, les séismes principaux les plus importants entraînent des périodes de répliques plus importantes, plus nombreuses et plus longues. Les séquences de répliques peuvent durer de plusieurs jours à plusieurs siècles. Les secousses qui surviennent après un séisme majeur ne sont pas forcément moins puissantes. Statistiquement, il y a environ 5% de chances qu’un séisme plus puissant se produise dans la journée qui suit un séisme majeur. Si cela se produit, le séisme le plus important devient le séisme principal et le précédent est baptisé séisme précurseur
Pendant les périodes d’activité sismique intense, il n’y a aucun moyen de prévoir quel événement sera le séisme principal et quels autres événements seront des répliques. Ce classement est établi rétrospectivement.
Avant le début de l’éruption du Kilauea le 3 mai 2018 dans les Leilani Estates, le magma a migré et s’est frayé un chemin le long de l’East Rift Zone du volcan. Ce comportement du magma a exercé une pression sur le flanc sud et provoqué un glissement le long de la faille basale de l’île. Cela a provoqué des milliers séismes près de la côte et plus au large, dans l’Océan Pacifique.
La séquence d’événements sismiques la plus importante a débuté le 3 mai par un séisme de M 5.1 à 10 h 30 (heure locale). Le lendemain, à 11h32 le 4 mai, un événement de M 5,4 est devenu le séisme principal. Une heure plus tard, à 12h32, le véritable séisme principal de la séquence se produisit : Il s’agissait d’un séisme de M 6,9 qui a secoué l’île avec suffisamment d’intensité pour faire tomber des objets des étagères dans les magasins de Hilo. Il a également été ressenti dans tout l’État d’Hawaii et a provoqué un petit tsunami le long des côtes voisines.
La première réplique significative a eu lieu plus tard dans la journée, avec un séisme de M 5.3 enregistré à 15h37 (heure locale). Jusqu’à présent, 15 répliques de M 4.0 et plus, ainsi que des milliers d’événements de moindre intensité, ont eu lieu dans la séquence. La répartition de ces séismes sur une carte révèle une zone qui s’étend jusqu’au large des côtes sur environ 800 kilomètres carrés. On peut en déduire qu’il s’agit de l’ensemble de la zone de faille qui s’est rompue au cours de la séquence.
La relation statistique entre l’activité des répliques et le temps écoulé a été formulée pour la première fois par le sismologue Fusakichi Omori en 1894. Dans ce qu’on appelle maintenant la loi d’Omori, la formule donne une relation inverse entre la probabilité de répliques et le temps écoulé. En d’autres termes, plus le temps écoulé depuis le choc principal est long, moins il est probable qu’une réplique se produise. La formule d’Omori donne des informations sur le risque sismique en fonction des répliques. Dans le cas du séisme M 6.9 de 2018, la loi d’Omori prévoit une fréquence décroissante des répliques dans la région au cours de la prochaine année ou plus, y compris une faible probabilité de séisme de M 6.0 au cours de cette période.
Source: USGS / HVO.

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On May 4th, 2018, a powerful M 6.9 earthquake on the south flank of Kilauea Volcano shook Hawaii Big Island. It was the largest seismic event in Hawaii in 43 years. Today, more than five months later, smaller-magnitude earthquakes are still occurring in the same area.

To better understand this situation, one should bear in mind that most earthquakes are caused by patches of rock slipping along a fault plane within the Earth’s crust. The area and the distance of slip relate directly to the energy release (i.e. magnitude) of the earthquake.

Slip is not uniform during a major earthquake ; some patches move more than others, and some do not move at all. This unevenness in motion within the Earth’s crust puts higher stresses on the patches that did not move than on the ones that did.

As the crust readjusts with time, these higher stresses give way to smaller earthquakes, or “aftershocks,”that occur on adjacent fault patches. The effect can cascade in avalanche-like fashion until the stresses caused by the major earthquake – also called « mainshocks » – even out. Generally, larger mainshocks produce larger, more numerous, and longer periods of aftershock activity. Aftershock sequences can last from days to centuries. Not all earthquakes that happen after a major earthquake are smaller. Statistically, there is about a 5 percent chance that a larger earthquake will occur within a day after a major earthquake. If that happens, the larger earthquake gets labelled as the “mainshock,” and the previous one is instead labelled a “foreshock.”

During periods of intense seismic activity, there is no way to predict which earthquakes will be foreshocks, the mainshock, and aftershocks. These labels are applied retrospectively.

Prior to the 2018 Kilauea eruption that started in Leilani Estates on May 3rd, migrating magma pushed through the East Rift Zone of the volcano. This compressed the south flank and caused slip along the island’s basal fault, resulting in thousands of earthquakes near the coast and offshore.

The sequence of larger events started with an M 5.1 earthquake at 10:30 a.m. (local time) on May 3rd. A day later, at 11:32 a.m. on May 4th, an M 5.4 earthquake then claimed the titled as mainshock. One hour later, at 12:32 p.m., the eventual mainshock of the sequence occurred ; i twas the M 6.9 earthquake that rattled the island with enough intensity to knock items off the shelves in Hilo stores. It was also felt statewide and produced a modest tsunami along nearby coastlines.

The first large aftershock occurred later that day; it was an M 5.3 earthquake at 3:37 p.m. (local time). So far, 15 aftershocks of M 4.0 and higher, along with thousands of smaller events, have occurred in the sequence. Plotting these earthquakes on a map reveals an area that extends offshore and spans about 800 square kilometres. We can infer this as the total fault area that ruptured during the sequence.

The statistical relationship between aftershock activity and time was first formulated by seismologist Fusakichi Omori in 1894. In what is now known as Omori’s Law, the formula gives an inverse relationship between the probability of aftershocks and time. In other words, the longer the time since the mainshock, the less likely it is that an aftershock will occur. Omori’s formula helps inform aftershock seismic hazard assessment. In the case of the 2018 M 6.9 earthquake, Omori’s Law forecasts a decreasing frequency of aftershocks continuing in the area over the next year or more, including a small chance of a M 6.0 earthquake during that time.

Source: USGS / HVO.

Cette illustration présente la zone de rupture présumée (ligne pointillée blanche) du séisme de M 6,9 du 4 mai 2018, avec les événements précurseurs et les 10 premières journées de répliques. Cette zone présente une superficie d’environ 800 km2. La taille des cercles fait référence à la magnitude des séismes; la couleur indique leur profondeur. Les magnitudes des événements les plus significatifs sont indiquées. Le graphique en médaillon montre la réduction des répliques du 4 au 15 mai 2018. (Source : USGS / HVO).

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Fin de l’éruption ! // The eruption is over !

Après avoir débuté en fanfare le 15 septembre 2018 à 4h25 (heure locale), l’éruption du Piton de la Fournaise vient de se terminer le 1er novembre 2018 à 4 heures (heure locale) dans une quasi indifférence générale. Il est vrai que ce fut une éruption relativement modeste et que le volcan nous a habitués à des spectacles de plus grande envergure. Le dernier a pourtant permis à certains de réaliser de très beaux clichés. Ce n’est pas forcément quand les éruptions sont les plus spectaculaires que l’on fait les meilleures photos.

Cela fait plusieurs semaines que l’OVPF fait état d’une reprise d’une inflation qui « témoigne de la mise en pression d’une source localisée sous les cratères sommitaux (Bory-Dolomieu) à 1-1,5 km de profondeur, liée à la réalimentation du réservoir superficiel par du magma plus profond. » Il se pourrait donc que le Piton reprenne du service dans peu de temps…

Source : OVPF.

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After having started with a flourish on September 15th, 2018 at 4:25 am (local time), the eruption of Piton de la Fournaise just ended on November 1st, 2018 at 4 am (local time) in a quasi general indifference. It is true that it was a relatively modest eruption and that the volcano has accustomed us to larger scale shows. The last one nevertheless allowed some visitors to take very nice photos. It is not necessarily when the eruptions are the most spectacular that one makes the best photos.
It has been several weeks since OVPF has reported a resumption of inflation which « testifies to the pressurization of a source located under the summit craters (Bory-Dolomieu) at a depth of 1-1.5 km, related to the recharge of the shallow reservoir by deeper magma. A new eruption might occur in the short or medium term…
Source: OVPF.

Photo: Christian Holveck