Volcans du monde // Volcanoes of the world

Les derniers jours n’ont pas été marqués par des événements majeurs. Au Pérou, l’activité reste stable sur l’Ubinas et le Sabancaya. Au Kamchatka, le niveau d’alerte reste inchangé sur les volcans mentionnés précédemment. Je laisse le soin à d’autres sites Internet de rendre compte de manière quasi quotidienne de l’activité de ces volcans.

Comme je l’ai indiqué en temps utile, il faut toutefois noter l’explosion du volcan de boue de Pipero à Trinité et Tobago et le réveil attendu du volcan Loki Patera sur Io, l’une des lunes de Jupiter. Il est d’ailleurs surprenant que l’on puisse prévoir une éruption sur une autre planète, alors que nous restons assez démunis sur Terre où les cycles volcaniques n’ont jamais été prouvés.

Voici quelques nouvelles concernant les volcans siciliens :

Dans son bulletin hebdomadaire couvrant la période du 12 au 19 septembre, le Laboratorio Geofisica Sperimentale indique que l’activité de l’Etna se caractérise actuellement par une activité strombolienne et de spattering soutenue, avec un dégazage intense au niveau de la Bocca Nord-Est et de la Voragine. Le tremor se maintient à des valeurs faibles, avec ponctuellement des fluctuations vers des valeurs moyennes. On observe depuis le 12 septembre une diminution progressive de l’activité explosive du volcan. Les données satellitaires révèlent de nombreuses anomalies thermiques, avec des valeurs faibles à élevées, compatibles avec l’activité strombolienne dans les cratères sommitaux.

L’activité éruptive du Stromboli semble marquer le pas. Le Laboratorio Geofisica Sperimentale indique dans son dernier bulletin hebdomadaire que l’on observe une « activité explosive modérée » qui se limite aux secteurs SO et NE de la terrasse cratèrique. Ces mêmes zones montrent également le dégazage le plus intense. On observe tout de même une vingtaine d’explosions par heure. Les produits émis par les cônes éruptifs sur la lèvre du cratère NE retombent souvent sur la Sciara del Fuoca où se produisent parfois de petits effondrements. Depuis le 16 septembre, la source sismique des événements est moins profonde, ce qui trahit probablement une diminution du niveau du magma dans les conduits d’alimentation du volcan. Les émissions de SO2 sont elles aussi en baisse et varient entre 85 et 130 tonnes par jour.

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The last days have not been marked by major events. In Peru, activity remains stable at Ubinas and Sabancaya volcanoes. In Kamchatka, the alert level remains unchanged on the volcanoes mentioned in the past posts. I leave it up to other websites to report almost daily on the activity of these volcanoes.
As I put it in due course, we should note the explosion of the Pipero mud volcano in Trinidad and Tobago and the expected awakening of Loki Patera on Io, one of the moons of Jupiter. It is surprising to see that we can predict an eruption on another planet, while we remain quite poor on Earth where volcanic cycles have never been proven.

Here is some news about Sicilian volcanoes:
In its weekly bulletin covering the period 12-19 September, the Laboratorio Geofisica Sperimentale indicates that the activity of Mt Etna is currently characterized by strombolian activity and sustained spattering, with intense degassing at the Northeast Crater and Voragine. The tremor remains at low values, with occasional fluctuations towards average values. Since September 12th, there has been a gradual decrease in the explosive activity of the volcano. Satellite data reveal numerous thermal anomalies, with low to high values, compatible with strombolian activity in the summit craters.

The eruptive activity of Stromboli seems to be stalling. The Laboratorio Geofisica Sperimentale indicates in its last weekly bulletin that there is a « moderate explosive activity » which is limited to the SW and NE sectors of the crater terrace. These same zones also show the most intense degassing. There are still about twenty explosions per hour. The products emitted by the eruptive cones on the rimof the NE crater often fall on the Sciara del Fuoca where occasional small collapses may occur. Since September 16th, the seismic source of the events has been shallower, which probably shows a decrease in the level of magma in the conduits. SO2 emissions are also declining and vary between 85 and 130 tonnes per day.

Séquence de tremor sur l’Etna (Source: INGV)

Séquence sismique sur le Stromboli (Source: INGV)

L’éruption de 2018 du Kilauea (Hawaii) // The 2018 eruption of Kilauea (Hawaii)

En 2018, le Kilauea a connu l’éruption la plus spectaculaire des deux derniers siècles. Elle s’est déroulée au sommet du volcan et dans la Lower East Rift Zone. L’USGS vient de mettre en ligne un document retraçant l’historique des différents événements qui ont ponctué l’éruption, sans oublier les circonstances qui l’ont précédée, que ce soit dans la zone sommitale ou sur le Pu’uO’o dans l’East Rift Zone. Vous pourrez visionner le document en cliquant sur ce lien :

https://wim.usgs.gov/geonarrative/kilauea2018/

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In 2018, Kilauea experienced its largest Lower East Rift Zone eruption and summit collapse in at least 200 years. USGS has just released a geonarrative that provides a brief overview of the different eruptive events, without forgetting the circumstances that led up to the 2018 eruption, both in the summit area and on Pu’uO’o on the East Rift Zone. The document can be viewed by clicking on this link:.

https://wim.usgs.gov/geonarrative/kilauea2018/

L’effondrement du cratère du pu’uO’o juste avant la sortie de la lave dans la Lower East Rift Zone (Crédit photo: USGS / HVO)

Explosion du volcan de boue de Piparo (Trinité et Tobago) // Explosion of the Piparo mud volcano (Trinidad and Tobago)

Le volcan de boue de Piparo a connu une forte explosion à 21h08 (heure locale) le 21 septembre 2019. En mai de cette même année, des géologues ont déclaré que la pression montait sous le volcan, faisant craindre une nouvelle éruption. On pense que le volcan de boue a un cycle éruptif de 25 à 30 ans.
Des fractures sont apparues sur les routes et dans les habitations de plusieurs localités à proximité du volcan de boue et il y avait une forte odeur de soufre dans l’air.
Une éruption dévastatrice a eu lieu à Piparo le 22 février 1997. Des voitures et des maisons ont été ensevelies sous 2,5 kilomètres cubes de boue qui s’est rapidement durcie. Bien que personne n’ait été tué, 31 familles ont été définitivement évacuées de leurs maisons.
Source: Trinitad and Tobago Guardian ; The Watchers.

J’ai écrit une note sur ce volcan le 14 mai 2019 avec une vidéo montrant l’éruption de 1997:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/05/14/prochaine-eruption-du-volcan-de-boue-de-piparo-trinite-will-piparos-mud-volcano-soon-erupt-trinidad/

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 A strong explosion of the Piparo mud volcano was reported at 22:08 (local time) on September 21st. In May 2019, geologists said pressure was building up under the volcano, raising fears another eruption was imminent. It is thought Piparo has a cyclic­i­ty of large erup­tions every 25 to 30 years.

Cracks appeared across roads and homes in several communities close to the mud volcano and there was a strong sulphur scent in the air.

A devastating eruption took place at Piparo on February 22nd, 1997. Cars and homes were buried under a 2.5-cubic kilometre of mud that quickly hardened. Though no one was killed, 31 families were permanently displaced from their homes.

Source:  Trinidad and Tobago Guardian ; The Watchers.

I wrote a post about this volcano on May 14th, 2019, with a video showing the 1997 eruption:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/05/14/prochaine-eruption-du-volcan-de-boue-de-piparo-trinite-will-piparos-mud-volcano-soon-erupt-trinidad/

Source: Google Maps

Une éruption sur Io dans les prochains jours ? // An eruption on Io in the coming days ?

Io, la lune de Jupiter, est un univers de volcans actifs. Loki Patera est le plus grand d’entre eux. Il présente une vaste dépression d’un diamètre de 202 km dans laquelle se trouve un lac de lave actif probablement relié à un réservoir magmatique situé en dessous. On pense que le lac de lave est recouvert d’une fine croûte solidifiée. Les scientifiques qui observent Io à travers les télescopes pensent que cette croûte se rompt de temps en temps, ce qui provoque une tache de lumière.

Les éruptions du Loki sont si régulières qu’une astronome du Planetary Science Institute à Tucson (Arizona) en a prédit une pour la mi-septembre 2019. Si le volcan entre effectivement en éruption, les astronomes sur Terre pourront admirer, grâce à leurs télescopes, une lueur intense, ainsi que les nuages ​​toroïdaux de plasma qui encercleront Jupiter.
Après plus de 20 ans d’observations, la scientifique du Planetary Science Institute a déclaré que l’apparition des taches de lumière sur le Loki était le signe qu’une éruption allait se produire. Un tel événement est observé environ tous les 475 jours. Elle vient de présenter ses travaux au Congrès européen des sciences planétaires de Genève.
Le Loki est le volcan le plus imposant et le plus actif sur Io. Il est si brillant dans l’infrarouge que les astronomes peuvent l’observer à l’aide de télescopes sur Terre. Si son cycle éruptif ne s’est pas modifié, le Loki devrait entrer en éruption en septembre 2019. La dernière éruption a été correctement prévue en mai 2018.
En janvier, des caméras embarquées à bord de la sonde Juno de la NASA ont pris de superbes photos d’un énorme panache volcanique alors qu’elles observaient la surface de Io.
Bien que la taille énorme du Loki ait un effet stabilisateur sur ses cycles, ce qui le rend plus prévisible que de nombreux volcans, la scientifique reste prudente. En effet, au début des années 2000, alors qu’un cycle de 540 jours avait été détecté, le comportement du Loki a changé et il n’a plus présenté d’activité périodique jusqu’en 2013. Elle explique aussi qu’il est difficile de prévoir les éruptions volcaniques. De nombreux facteurs doivent être pris en compte, notamment l’alimentation magmatique, la composition du magma et en particulier la présence de bulles dans le magma, le type de roche sur lequel repose le volcan, les fracturations, ainsi que de nombreux autres facteurs. Selon elle, les éruptions du Loki Patera peuvent être prévues car c’est un très gros volcan. En raison de sa taille, c’est la physique de base qui est dominante au moment des éruptions. Les modifications ce comportement qui affectent les volcans de petite taille sont moins visibles en ce qui concerne le Loki.
Source: EarthSky.

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Jupiter’s moon Io is a world of active volcanoes, and Loki Patera is the largest of these, a great depression in the moon’s surface some 202 km across. An active lava lake resides in this depression, and is thought to be directly connected to a magma reservoir below. The lake is likely covered over by a thin, solidified crust. Scientists peering through earthly telescopes have seen this area as continuously active. They think that the crust overlying the lake occasionally gives way, causing a brightness increase. In fact, Loki’s periodic eruptions are so regular that an astronomer of the Planetary Science Institute based in Tucson (Arizona) has predicted one for this month. Loki is expected to erupt again in mid-September 2019. If the volcano does erupt, Earth’s astronomers with their telescopes will be able to marvel as the celestial body brightens and its toroidal clouds of plasma encircle Jupiter.

Based on more than 20 years of lunar observations, the astronomer at Planetary Science Institute says Loki’s brightenings signal an on-schedule eruption that could be predicted approximately every 475 days. She presented her studies at the 2019 European Planetary Science Congress in Geneva.

Loki is the largest and most powerful volcano on Io, so bright in the infrared that astronomers can detect it using telescopes on the Earth. If its behaviour remains the same, Loki should erupt in September 2019. Scientists correctly predicted the last eruption in May 2018.

In January, cameras aboard NASA’s Juno spacecraft caught great photos of a massive volcanic plume as it shot material off Io’s surface.

Though Loki’s enormous size has a stabilizing effect on its cycles, making it more predictable than many volcanoes, the female scientist remains cautious. Indeed, in the early 2000s, once the 540-day pattern was detected, Loki’s behaviour changed and did not exhibit periodic behaviour again until about 2013. She explains that volcanoes are difficult to predict because they are complicated. Many things influence volcanic eruptions, including the rate of magma supply, the composition of the magma and particularly the presence of bubbles in the magma, the type of rock the volcano sits in, the fracture state of the rock, and many other issues. Loki Patera could be predictable because it is so large. Because of its size, basic physics are likely to dominate when it erupts, so the small complications that affect smaller volcanoes are likely to not affect Loki as much.

Source: EarthSky.

Vue du volcan Loki Patera sur Io. La structure en fer à cheval est un lac de lave. (Source : NASA)

Eruption à la surface de Io (Source: NASA)