Une éruption sur Io dans les prochains jours ? // An eruption on Io in the coming days ?

Io, la lune de Jupiter, est un univers de volcans actifs. Loki Patera est le plus grand d’entre eux. Il présente une vaste dépression d’un diamètre de 202 km dans laquelle se trouve un lac de lave actif probablement relié à un réservoir magmatique situé en dessous. On pense que le lac de lave est recouvert d’une fine croûte solidifiée. Les scientifiques qui observent Io à travers les télescopes pensent que cette croûte se rompt de temps en temps, ce qui provoque une tache de lumière.

Les éruptions du Loki sont si régulières qu’une astronome du Planetary Science Institute à Tucson (Arizona) en a prédit une pour la mi-septembre 2019. Si le volcan entre effectivement en éruption, les astronomes sur Terre pourront admirer, grâce à leurs télescopes, une lueur intense, ainsi que les nuages ​​toroïdaux de plasma qui encercleront Jupiter.
Après plus de 20 ans d’observations, la scientifique du Planetary Science Institute a déclaré que l’apparition des taches de lumière sur le Loki était le signe qu’une éruption allait se produire. Un tel événement est observé environ tous les 475 jours. Elle vient de présenter ses travaux au Congrès européen des sciences planétaires de Genève.
Le Loki est le volcan le plus imposant et le plus actif sur Io. Il est si brillant dans l’infrarouge que les astronomes peuvent l’observer à l’aide de télescopes sur Terre. Si son cycle éruptif ne s’est pas modifié, le Loki devrait entrer en éruption en septembre 2019. La dernière éruption a été correctement prévue en mai 2018.
En janvier, des caméras embarquées à bord de la sonde Juno de la NASA ont pris de superbes photos d’un énorme panache volcanique alors qu’elles observaient la surface de Io.
Bien que la taille énorme du Loki ait un effet stabilisateur sur ses cycles, ce qui le rend plus prévisible que de nombreux volcans, la scientifique reste prudente. En effet, au début des années 2000, alors qu’un cycle de 540 jours avait été détecté, le comportement du Loki a changé et il n’a plus présenté d’activité périodique jusqu’en 2013. Elle explique aussi qu’il est difficile de prévoir les éruptions volcaniques. De nombreux facteurs doivent être pris en compte, notamment l’alimentation magmatique, la composition du magma et en particulier la présence de bulles dans le magma, le type de roche sur lequel repose le volcan, les fracturations, ainsi que de nombreux autres facteurs. Selon elle, les éruptions du Loki Patera peuvent être prévues car c’est un très gros volcan. En raison de sa taille, c’est la physique de base qui est dominante au moment des éruptions. Les modifications ce comportement qui affectent les volcans de petite taille sont moins visibles en ce qui concerne le Loki.
Source: EarthSky.

———————————————————

Jupiter’s moon Io is a world of active volcanoes, and Loki Patera is the largest of these, a great depression in the moon’s surface some 202 km across. An active lava lake resides in this depression, and is thought to be directly connected to a magma reservoir below. The lake is likely covered over by a thin, solidified crust. Scientists peering through earthly telescopes have seen this area as continuously active. They think that the crust overlying the lake occasionally gives way, causing a brightness increase. In fact, Loki’s periodic eruptions are so regular that an astronomer of the Planetary Science Institute based in Tucson (Arizona) has predicted one for this month. Loki is expected to erupt again in mid-September 2019. If the volcano does erupt, Earth’s astronomers with their telescopes will be able to marvel as the celestial body brightens and its toroidal clouds of plasma encircle Jupiter.

Based on more than 20 years of lunar observations, the astronomer at Planetary Science Institute says Loki’s brightenings signal an on-schedule eruption that could be predicted approximately every 475 days. She presented her studies at the 2019 European Planetary Science Congress in Geneva.

Loki is the largest and most powerful volcano on Io, so bright in the infrared that astronomers can detect it using telescopes on the Earth. If its behaviour remains the same, Loki should erupt in September 2019. Scientists correctly predicted the last eruption in May 2018.

In January, cameras aboard NASA’s Juno spacecraft caught great photos of a massive volcanic plume as it shot material off Io’s surface.

Though Loki’s enormous size has a stabilizing effect on its cycles, making it more predictable than many volcanoes, the female scientist remains cautious. Indeed, in the early 2000s, once the 540-day pattern was detected, Loki’s behaviour changed and did not exhibit periodic behaviour again until about 2013. She explains that volcanoes are difficult to predict because they are complicated. Many things influence volcanic eruptions, including the rate of magma supply, the composition of the magma and particularly the presence of bubbles in the magma, the type of rock the volcano sits in, the fracture state of the rock, and many other issues. Loki Patera could be predictable because it is so large. Because of its size, basic physics are likely to dominate when it erupts, so the small complications that affect smaller volcanoes are likely to not affect Loki as much.

Source: EarthSky.

Vue du volcan Loki Patera sur Io. La structure en fer à cheval est un lac de lave. (Source : NASA)

Eruption à la surface de Io (Source: NASA)

 

Pas de cycle éruptif à Yellowstone // No eruptive cycle at Yellowstone

Je n’ai jamais cru aux cycles éruptifs, encore moins lorsque ces cycles couvrent des périodes de milliers d’années. Certains volcanologues affirment qu’une éruption à Yellowstone est «en retard» car le volcan a un cycle éruptif de 600 000 ans et aucune éruption ne s’est produite depuis 631 000 ans. À mes yeux, cela semble un peu tiré par les cheveux!
Heureusement, de nombreux scientifiques ne sont pas d’accord avec cette théorie et certains d’entre eux ont expliqué dans les Yellowstone Chronicles pourquoi elle n’était pas valable. Ils expliquent d’abord que beaucoup de gens ont tendance à évoquer les puissants séismes en faisant référence à la notion de cycle. Les séismes se produisent lorsque suffisamment de contrainte s’accumule sur une faille et provoque sa rupture. Cette contrainte s’accumule du fait du mouvement constant des roches de part et d’autre de la faille. La vitesse de ce mouvement est généralement constante sur des milliers, voire des millions d’années, de sorte que les séismes qui en résultent peuvent avoir une fréquence assez régulière. C’est pourquoi il est possible de calculer les probabilités à long terme de séismes dans certaines régions.
En suivant cette logique concernant les séismes, on devrait pouvoir prendre en compte les âges des éruptions passées à Yellowstone et calculer un intervalle de récurrence moyen (en supposant que les éruptions à Yellowstone se produisent sur une base régulière). S’agissant des éruptions majeures, Yellowstone en a connu trois: il y a 2,08, 1,3 et 0,631 millions d’années. Cela équivaut à un laps de temps d’environ 725 000 ans en moyenne entre les éruptions. Cela étant, il reste environ 100 000 ans à justifier, mais ce nombre est basé sur très peu de données et n’a donc pratiquement aucun sens.
Le problème, c’est que les volcans ne fonctionnent pas comme les failles qui déclenchent les séismes. À de rares exceptions près, le magma ne s’accumule pas à une vitesse constante à l’intérieur des édifices volcaniques. Au lieu de cela, les éruptions se produisent quand il y a suffisamment de magma dans le sous-sol et quand il y a une pression suffisante pour que ce magma monte à la surface. Cela ne se produit généralement pas selon un planning bien établi. Nous en avons la preuve avec les coulées de lave de Yellowstone qui sont la forme la plus courante l’activité éruptive sur ce volcan; la plus récente remonte à 70 000 ans.

Ces coulées de lave ne sont pas apparues régulièrement dans le temps. Elles sont apparues en tirs groupés, avec plusieurs éruptions en l’espace de quelques milliers d’années, séparées par des centaines de milliers d’années sans aucune éruption. En effet, les réservoirs magmatiques de Yellowstone reçoivent le nouveau magma de manière discontinue, ce qui entraîne plusieurs éruptions sur une courte période, avec de longues périodes de repos entre ces épisodes éruptifs.
Donc, dire que Yellowstone est « en retard » dans son cycle éruptif n’a aucun sens. Yellowstone n’est pas en retard et personne ne sait quand la prochaine éruption aura lieu. Visiter le Parc National de Yellowstone ne présente aucun risque… pour le moment!
Source: Yellowstone Chronicles.

—————————————————-

I have never believed in eruptive cycles, all the less when these cycles include periods of thousands of years. Some volcanologists affirm that an eruption in Yellowstone is “overdue” because the volcano has an eruptive cycle of 600,000 years and no eruption has occurred for 631,000 years. To my eyes, this seems a little far-fetched!

Fortunately, many scientists do not agree with this approach and some of them have explained in the Yellowstone Chronicles why it is not valid. They first explain that many people tend to think of big earthquakes by referring to the notion of cycles. Earthquakes occur when enough stress builds up on a fault and makes the fault snaps. The stress accumulates because of consistent motion of the rocks on either side of the fault. The rate of this motion is generally constant over thousands to millions of years, so the earthquakes that result from the motion can have fairly regular timing. This is why it is possible to calculate the long-term probabilities of earthquakes in some areas.

By this logic, we should be able to look at the ages of past Yellowstone eruptions and calculate an average recurrence interval (assuming Yellowstone eruptions occurred on a regular schedule). In terms of large explosions, Yellowstone has experienced three of them : 2.08, 1.3, and 0.631 million years ago. This comes out to an average of about 725,000 years between eruptions. That being the case, we still have about 100,000 years to go, but this number is based on very little data and so is basically meaningless.

Volcanoes, however, are not like faults. With rare exceptions, volcanoes do not accumulate magma at a constant rate. Instead, they erupt when there is a sufficient supply of liquid magma in the subsurface and sufficient pressure to cause that magma to ascend to the surface. This does not generally happen on a schedule.

We have the proof of this with the Yellowstone lava flows which are the most common form of magmatic eruption at Yellowstone; the most recent one was 70,000 years ago. However, these lava flows did not erupt regularly through time. Instead, they erupted in tight clusters, with several eruptions happening within the space of a few thousand years, separated by up to hundreds of thousands of years with no eruptions. This is because the Yellowstone magma reservoir system receives new magma only in discontinuous batches, causing several eruptions in a short period of time with long periods of quiet in between these episodes.

So, saying that Yellowstone is “overdue” is sheer nonsense. Yellowstone is not overdue and nobody knows when the next eruption will take place. Visiting Yellowstone National Park is safe…for the moment!

Source: Yellowstone Chronicles.

Source : Yellowstone Volcano Observatory

Photos: C. Grandpey