La Bible et les volcans // The Bible and the volcanoes

L’histoire de notre planète montre qu’au cours des derniers siècles, de gigantesques écroulements ou glissements de terrain se sont produits sur des édifices volcaniques en générant de terribles raz-de-marée. Au moins huit écroulements se sont produits en Alaska, au Japon, et ailleurs dans le monde. La Méditerranée est une région également très exposée aux tsunamis. L’histoire a particulièrement retenu celui qui a anéanti la civilisation minoenne, lors de l’éruption du volcan grec de Santorin, il y a environ 3500 ans, qui engendra des vagues de 50 mètres de haut.

Des géophysiciens américains de l’Université de Columbia  pensent qu’un effondrement monumental et soudain du flanc est du volcan Fogo (Cap-Vert) dans la mer, il y a quelques 73 000 ans, a engendré une vague de plus de 240 mètres de haut qui aurait englouti l’île de Santiago, à une cinquantaine de kilomètres de là.

Actuellement, les géophysiciens craignent que s’effondre l’un des flancs du volcan Kilauea Iki, sur la Grande Ile d’Hawaii. Si un tel événement se produisait, 150 km3 de matériaux déplaceraient une masse d’eau équivalente.

Dans l’Atlantique, le volcan Cumbre Vieja à La Palma, aux Canaries, inquiète également. Si son flanc ouest s’effondrait dans l’océan, il en résulterait une vague de plusieurs centaines de mètres de hauteur qui parcourrait l’Atlantique. Selon le tabloïd britannique Daily Star, des passages secrets de la Bible affirment que le Cumbre Vieja s’effondrera un jour dans la mer en « créant la destruction ».  Des vagues énormes frapperont l’ouest et le sud de l’Espagne, ainsi que le Portugal. Le tsunami s’abattra ensuite sur l’Afrique du Nord avant de traverser l’Atlantique et d’engloutir les Caraïbes et la côte est des Etats-Unis. Les passages de la Bible, reconstitués par un programme informatique, décrivent des scènes de terreur. Ils prédisent que le volcan disparaîtra dans la mer. Les dernières éruptions du Cumbre Vieja  ont eu lieu en 1949 et 1971.

A noter que les Dix Plaies D’Egypte, désignation courante d’un épisode de la Bible (Exode, 7-12) au cours duquel Yahvé inflige dix fléaux à l’Égypte pour contraindre Pharaon à libérer le peuple des Hébreux retenu en esclavage, a été mis en relation avec l’éruption du volcan de Santorin. Si certaines des Plaies sont susceptibles d’avoir une relation volcanique, d’autres semblent beaucoup plus distantes.

————————————–

The history of our planet shows that during the last centuries, huge collapses or landslides occurred on some volcanoes, generating terrible tidal waves. At least eight collapses occurred in Alaska, Japan, and elsewhere in the world. The Mediterranean is also largely exposed to tsunamis. History has particularly retained the one that destroyed the Minoan civilization, during the eruption of the Greek volcano of Santorini, about 3500 years ago, which produced waves 50 metres high.
American geophysicists at Columbia University believe that a sudden, monumental collapse of the eastern flank of the Fogo volcano in the sea some 73,000 years ago resulted in a wave more than 240 metres high that engulfed the island of Santiago, about fifty kilometres away.
Currently, geophysicists fear that one of the flanks of Kilauea Iki might collapse on Hawaii Big Island. If such an event occurred, 150 cubic kilometres of materials would move an equivalent mass of water.
In the Atlantic, the Cumbre Vieja volcano in La Palma, in the Canary Islands, is also worrying. If its western flank collapsed in the ocean, it would trigger a wave several hundred meters high that would cross the Atlantic. According to the British tabloid Daily Star, secret passages from the Bible say that Cumbre Vieja will someday collapse in the sea and « create destruction ». Enormous waves will hit western and southern Spain, as well as Portugal. The tsunami will then crash on North Africa before crossing the Atlantic and engulfing the Caribbean and the US east coast. The passages of the Bible, reconstituted by a computer program, describe scenes of terror. They predict that the volcano will disappear into the sea.
The last eruptions of Cumbre Vieja in the Canary Islands took place in 1949 and 1971.
We can remark that the Ten Wounds of Egypt, commonly referred to as an episode of the Bible (Exodus 7-12) in which Yahweh inflicts ten scourges on Egypt to compel Pharaoh to free the enslaved Hebrew people, is supposed to be related to the eruption of  Santorini Volcano. If some of the wounds ùay have some volcanic relationship, others appear much more distant.

Images satellites des îles de Fogo (Cap-Vert), La Palma (Canaries) et Santorin (Grèce) [Crédit photo: NASA]

Kilauea (Hawaii): Risque d’effondrement de la paroi sud de l’Overlook Crater // Risk of collapse of the southern wall of the Overlook Crater

Suite à un survol effectué le 16 mars 2017, le HVO a réalisé une modélisation 3D de l’Overlook Crater qui referme le lac de lave au cœur du vaste cratère de l’Halema’uma’u. L’animation est accessible en cliquant sur le lien ci-dessous. Le lac de lave présente un diamètre d’environ 250 mètres. L’image reconstituée montre qu’une partie de la paroi sud de l’Overlook Crater est en surplomb au-dessus du lac, avec un risque d’effondrement. Si ce dernier se produit – comme se fut le cas en novembre et décembre 2016 – la lèvre sud du cratère (là où se trouve l’ancienne terrasse d’observation) sera certainement impactée par des projections. Cela justifie l’interdiction d’accès de ce secteur.

https://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-1658.mp4

————————————–

Following an overflight performed on 16 March 2017, HVO produced a 3D model of the Overlook Crater which holds the lava lake in the much larger Halema’uma’u Crater. The animated model can be seen by clicking on the link below. The lava lake has a diameter of about 250 meters. The reconstructed image shows that part of the southern wall of the Overlook Crater is overhanging over the lake, with a risk of collapse. If the collapse occurs – as was the case in November and December 2016 – the southern rim of the crater (where the old observation deck is located) will certainly be impacted by projections. This justifies the ban on access in this sector.
Https://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-1658.mp4

Overlook Crater le 4 décembre 2016 (Crédit photo: HVO)

Kilauea (Hawaii): Effondrement du delta de lave // Collapse of the lava delta

drapeau-francaisComme je l’ai écrit précédemment, des fractures avaient été observées dans le delta construit par l’entrée de lave la plus à l’est sur le site de Kamokuna, avec un risque d’effondrement.
Un tel effondrement a eu lieu la veille du Nouvel An quand tout un pan du delta de 11 hectares formé par la coulée de lave 61g a disparu dans l’océan vers 14h45, avec abondance de projections incandescentes et la formation de grosses vagues qui ont érodé une partie de la falaise littorale et du point d’observation aménagé pour les touristes. Les rangers en service le Jour de l’An ont indiqué que des craquements continuaient à émaner de toute la zone instable.
En conséquence, le site de Kamokuna a été fermé le temps que les rangers et les scientifiques du HVO contrôlent la situation.

En dépit de la fermeture, cinq visiteurs se sont glissés sous la corde de sécurité et ont parcouru la falaise côtière vers 19 heures le jour de la Saint-Sylvestre. Les rangers ont dû les poursuivre pour les obliger à faire demi-tour. Un quart d’heure plus tard, la partie de la falaise où se trouvaient ces personnes s’est effondrée dans l’océan!
Le point d’observation restera fermé tant que la situation ne se sera pas stabilisée. L’accès au Parc des Volcans côté Kalapana a été fermé aussi. Heureusement, il n’y avait pas d’avions ou de bateaux dans le secteur au moment de l’effondrement, ni de visiteurs sur le delta proprement dit, malgré son interdiction d’accès. Comme l’a dit un ranger: «Si quelqu’un avait été à proximité de l’effondrement, que ce soit sur terre, en mer ou en l’air, il y aurait sûrement eu des morts. Une restriction de vol temporaire de 300 mètres au-dessus du niveau de la mer a été mise en place sur le site de Kamokuna.
Source: Big Island Now, avec des photos de l’événement :

http://bigislandnow.com/2017/01/01/delta-collapse-closes-kamokuna-ocean-entry/

Voici une petite vidéo:

————————————–

drapeau-anglaisAs I put it before, cracks had been observed in the lava delta built by the easternmost Kamokuna entry, with the risk of collapses.

This collapse happened on New Year’s Eve when a large section of the 11-hectare lava delta formed by the 61g lava flow disappeared into the ocean around 2:45 p.m. on December 31st 2016, launching showers of volcanic rock into the air and creating a flurry of large waves that eroded away a portion of the older sea cliff and viewing area. Rangers on duty New Year’s Day reported that loud cracks continue to be heard throughout the unstable area.

As a result, the Kamokuna ocean entry was closed as park rangers and HVO scientists survey the area. Despite the closure, five visitors ducked beneath the white rope closure line and made a beeline for the coastal cliffs around 7 p.m. on New Year’s Eve. Rangers had to chase after them before they turned around. Within 15 minutes, the section of cliff where the visitors were standing crashed into the ocean!

The lava viewing area will remain closed until it is determined safe to reopen. The Kalapana access to the park was closed too. Fortunately, there were no aircraft or boats in the area at the time of the collapse, nor were any visitors on the delta itself, which is closed for public safety. As one ranger said: “Had anyone been close by on land, water or air, lives would have surely been lost.”

There is a temporary flight restriction of 300 metres above ground level at the Kamokuna ocean entry.

Source : Big Island Now, with photos of the event :

http://bigislandnow.com/2017/01/01/delta-collapse-closes-kamokuna-ocean-entry/

Entree 01

Photo: C. Grandpey

 

Effondrement d’un glacier au Tibet // Glacial collapse in Tibet

drapeau-francaisEn juillet 2016, plus de 70 millions de mètres cubes de glace et de roches ont dégringolé du Glacier Aru, dans l’ouest du Tibet. L’avalanche n’a duré que cinq minutes. Les dégâts ont été très importants. Par endroits, les dépôts de glace avaient 10 mètres d’épaisseur. L’avalanche a recouvert une surface de 10 kilomètres carrés. Elle a frappé au passage le village de Dungru, tuant neuf éleveurs. Plus de 100 yaks ont péri, ainsi que 350 moutons. La NASA, qui a diffusé des images satellitaires de la catastrophe, a expliqué que l’effondrement était l’un des plus importants de l’histoire.

L’événement a tout d’abord étonné les climatologues, mais une équipe internationale de scientifiques a désigné le coupable probable: une accumulation inhabituelle d’eau de fonte sous le glacier, provoquée par des températures exceptionnellement chaudes.
Les glaciers avancent habituellement de quelques mètres, même si la vitesse de progression est parfois plus spectaculaire. Ainsi, en 2002, une section de 2,5 km du Glacier Kolka en Russie a parcouru 18 km en six minutes, tuant plus d’une centaine de personnes. Les scientifiques ont d’abord pensé que le Glacier Aru s’était comporté comme son homologue russe. Cependant, les glaciers qui avancent de cette manière ont tendance à être longs et larges alors que le Glacier Aru est un petit glacier accroché à la montagne. De plus, ces avancées glaciaires sont cycliques alors que l’histoire du Glacier Aru ne donne aucune indication d’un tel comportement.
Les climatologues pensent que le Glacier Aru adhère normalement à son substratum grâce à des températures inférieures à zéro, ce qui en fait un type de glacier « à base froide.» Ces glaciers sont généralement assez stables, grâce à de faibles précipitations locales, des températures froides et un déplacement lent. Le glacier tibétain est le premier exemple de l’effondrement brutal d’un glacier à base froide dans une région non volcanique.
En se référant aux données GPS et à la modélisation mathématique, couplées aux données climatiques de la région, les chercheurs émettent l’hypothèse que le Glacier Aru avait commencé à devenir un glacier « polythermique », c’est-à-dire avec une association de glace dont la température est inférieure à zéro et de glace portée à son point de fonte. Il est donc possible que l’eau de fonte se soit accumulée à la base du glacier, formant un lubrifiant qui a favorisé son avancée et son effondrement rapides.

La cause de la fonte, si elle existe, reste inconnue, mais les chercheurs ont remarqué que la région est en cours de réchauffement. La station météorologique la plus proche du glacier a révélé que la température a augmenté de 2 degrés Celsius pendant les 50 dernières années. Un tel réchauffement peut sembler insignifiant, mais il est suffisant pour que la neige fondue s’infiltre sous le glacier. La station météorologique a également enregistré des niveaux élevés de précipitations dans les 40 jours précédant l’avalanche. Cela signifie que ce glacier à base froide a réagi au réchauffement climatique.
L’effondrement du Glacier Aru soulève des inquiétudes car de tels événements sont susceptibles de se reproduire et peuvent représenter un danger réel pour les habitants de cette région. Si le réchauffement climatique est la cause principale de l’effondrement du Glacier Aru, il est fort à parier que ce ne sera pas le dernier.
Source: The Washington Post.

 ———————————-

drapeau-anglaisIn July 2016, at least 70 million cubic metres of glacial ice and rock plummeted from the Aru Glacier in western Tibet. The avalanche lasted no longer than five minutes. The devastation within such a short time was immense. In places, the ice deposits ran 10 metres deep. The avalanche buried 10 square kilometres. Debris struck Dungru village, killing nine herders. More than 100 yaks perished, as did 350 sheep. NASA, which documented the debris field via satellite, described the collapse as one of the largest recorded avalanches in history.

The collapse, at first, left climatologists perplexed, but an international team of scientists has fingered the most likely culprit: an unusual slick of meltwater beneath the glacier, created by unusually warm temperatures.

Certain glaciers surge, usually advancing a matter of metres in short bursts of speed, although the surge may sometimes be more dramatic. In 2002, a 2.5 km-long section of the Kolka Glacier in Russia broke free, travelling 18 km in six minutes and killing more than a hundred people. Scientists first thought the Aru Glacier was acting like its Russian precursor. However, glaciers that surge tend to be lengthy and wide whereas the Aru Glacier was a small, frigid glacier that clung to the mountaintop. Moreover, glacial surges are cyclical. There was no indication the Aru Glacier had surged in remote sensing data.

Climatologists had assumed the Aru Glacier was frozen to mountain bedrock at sub-zero temperatures, making it a type of glacier known as « cold-based. » Such glaciers are usually quite stable, with low local precipitation, low glacier movement and cold temperatures. The Tibetan Glacier is the first known occurrence of an unexpected, instantaneous collapse of a cold-based glacier in a nonvolcanic region.

Based on GPS imagery and mathematical modeling, coupled with the climate data in the region, the researchers hypothesize the Aru Glacier had begun the process of becoming a polythermal glacier, that is, a mixture of sub-zero ice as well as ice warmed to the melting point. It was possible that meltwater pooled at the bottom of the glacier, forming a lubricant that enabled the swift collapse.

The source of the meltwater, if it existed, remained unknown, but researchers noted that the area has steadily warmed. The weather station closest to the glacier reported the temperature increased 2 degrees Celsius over 50 years. Such warming may seem insubstantial, but it was enough for melted snow to seep below the glacier. The weather station also recorded high levels of precipitation in the 40 days leading up to the avalanche. This means the cold-based glacier responded to the climate warming.

This situation at the Aru Glacier raises concerns that future events are possible and may pose risks for inhabitants of this region. If the climate warming in the region is the primary cause of the Aru Glacier collapse, then it will not be the last one.

Source: The Washington Post.

nasa-1

nasa-2

Le Glacier Aru avant et après l’effondrement (Crédit photo: NASA)