Kilauea (Hawaii): Risque d’effondrement de la paroi sud de l’Overlook Crater // Risk of collapse of the southern wall of the Overlook Crater

Suite à un survol effectué le 16 mars 2017, le HVO a réalisé une modélisation 3D de l’Overlook Crater qui referme le lac de lave au cœur du vaste cratère de l’Halema’uma’u. L’animation est accessible en cliquant sur le lien ci-dessous. Le lac de lave présente un diamètre d’environ 250 mètres. L’image reconstituée montre qu’une partie de la paroi sud de l’Overlook Crater est en surplomb au-dessus du lac, avec un risque d’effondrement. Si ce dernier se produit – comme se fut le cas en novembre et décembre 2016 – la lèvre sud du cratère (là où se trouve l’ancienne terrasse d’observation) sera certainement impactée par des projections. Cela justifie l’interdiction d’accès de ce secteur.

https://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-1658.mp4

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Following an overflight performed on 16 March 2017, HVO produced a 3D model of the Overlook Crater which holds the lava lake in the much larger Halema’uma’u Crater. The animated model can be seen by clicking on the link below. The lava lake has a diameter of about 250 meters. The reconstructed image shows that part of the southern wall of the Overlook Crater is overhanging over the lake, with a risk of collapse. If the collapse occurs – as was the case in November and December 2016 – the southern rim of the crater (where the old observation deck is located) will certainly be impacted by projections. This justifies the ban on access in this sector.
Https://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-1658.mp4

Overlook Crater le 4 décembre 2016 (Crédit photo: HVO)

Kilauea (Hawaii): Effondrement du delta de lave // Collapse of the lava delta

drapeau-francaisComme je l’ai écrit précédemment, des fractures avaient été observées dans le delta construit par l’entrée de lave la plus à l’est sur le site de Kamokuna, avec un risque d’effondrement.
Un tel effondrement a eu lieu la veille du Nouvel An quand tout un pan du delta de 11 hectares formé par la coulée de lave 61g a disparu dans l’océan vers 14h45, avec abondance de projections incandescentes et la formation de grosses vagues qui ont érodé une partie de la falaise littorale et du point d’observation aménagé pour les touristes. Les rangers en service le Jour de l’An ont indiqué que des craquements continuaient à émaner de toute la zone instable.
En conséquence, le site de Kamokuna a été fermé le temps que les rangers et les scientifiques du HVO contrôlent la situation.

En dépit de la fermeture, cinq visiteurs se sont glissés sous la corde de sécurité et ont parcouru la falaise côtière vers 19 heures le jour de la Saint-Sylvestre. Les rangers ont dû les poursuivre pour les obliger à faire demi-tour. Un quart d’heure plus tard, la partie de la falaise où se trouvaient ces personnes s’est effondrée dans l’océan!
Le point d’observation restera fermé tant que la situation ne se sera pas stabilisée. L’accès au Parc des Volcans côté Kalapana a été fermé aussi. Heureusement, il n’y avait pas d’avions ou de bateaux dans le secteur au moment de l’effondrement, ni de visiteurs sur le delta proprement dit, malgré son interdiction d’accès. Comme l’a dit un ranger: «Si quelqu’un avait été à proximité de l’effondrement, que ce soit sur terre, en mer ou en l’air, il y aurait sûrement eu des morts. Une restriction de vol temporaire de 300 mètres au-dessus du niveau de la mer a été mise en place sur le site de Kamokuna.
Source: Big Island Now, avec des photos de l’événement :

http://bigislandnow.com/2017/01/01/delta-collapse-closes-kamokuna-ocean-entry/

Voici une petite vidéo:

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drapeau-anglaisAs I put it before, cracks had been observed in the lava delta built by the easternmost Kamokuna entry, with the risk of collapses.

This collapse happened on New Year’s Eve when a large section of the 11-hectare lava delta formed by the 61g lava flow disappeared into the ocean around 2:45 p.m. on December 31st 2016, launching showers of volcanic rock into the air and creating a flurry of large waves that eroded away a portion of the older sea cliff and viewing area. Rangers on duty New Year’s Day reported that loud cracks continue to be heard throughout the unstable area.

As a result, the Kamokuna ocean entry was closed as park rangers and HVO scientists survey the area. Despite the closure, five visitors ducked beneath the white rope closure line and made a beeline for the coastal cliffs around 7 p.m. on New Year’s Eve. Rangers had to chase after them before they turned around. Within 15 minutes, the section of cliff where the visitors were standing crashed into the ocean!

The lava viewing area will remain closed until it is determined safe to reopen. The Kalapana access to the park was closed too. Fortunately, there were no aircraft or boats in the area at the time of the collapse, nor were any visitors on the delta itself, which is closed for public safety. As one ranger said: “Had anyone been close by on land, water or air, lives would have surely been lost.”

There is a temporary flight restriction of 300 metres above ground level at the Kamokuna ocean entry.

Source : Big Island Now, with photos of the event :

http://bigislandnow.com/2017/01/01/delta-collapse-closes-kamokuna-ocean-entry/

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Photo: C. Grandpey

 

Effondrement d’un glacier au Tibet // Glacial collapse in Tibet

drapeau-francaisEn juillet 2016, plus de 70 millions de mètres cubes de glace et de roches ont dégringolé du Glacier Aru, dans l’ouest du Tibet. L’avalanche n’a duré que cinq minutes. Les dégâts ont été très importants. Par endroits, les dépôts de glace avaient 10 mètres d’épaisseur. L’avalanche a recouvert une surface de 10 kilomètres carrés. Elle a frappé au passage le village de Dungru, tuant neuf éleveurs. Plus de 100 yaks ont péri, ainsi que 350 moutons. La NASA, qui a diffusé des images satellitaires de la catastrophe, a expliqué que l’effondrement était l’un des plus importants de l’histoire.

L’événement a tout d’abord étonné les climatologues, mais une équipe internationale de scientifiques a désigné le coupable probable: une accumulation inhabituelle d’eau de fonte sous le glacier, provoquée par des températures exceptionnellement chaudes.
Les glaciers avancent habituellement de quelques mètres, même si la vitesse de progression est parfois plus spectaculaire. Ainsi, en 2002, une section de 2,5 km du Glacier Kolka en Russie a parcouru 18 km en six minutes, tuant plus d’une centaine de personnes. Les scientifiques ont d’abord pensé que le Glacier Aru s’était comporté comme son homologue russe. Cependant, les glaciers qui avancent de cette manière ont tendance à être longs et larges alors que le Glacier Aru est un petit glacier accroché à la montagne. De plus, ces avancées glaciaires sont cycliques alors que l’histoire du Glacier Aru ne donne aucune indication d’un tel comportement.
Les climatologues pensent que le Glacier Aru adhère normalement à son substratum grâce à des températures inférieures à zéro, ce qui en fait un type de glacier « à base froide.» Ces glaciers sont généralement assez stables, grâce à de faibles précipitations locales, des températures froides et un déplacement lent. Le glacier tibétain est le premier exemple de l’effondrement brutal d’un glacier à base froide dans une région non volcanique.
En se référant aux données GPS et à la modélisation mathématique, couplées aux données climatiques de la région, les chercheurs émettent l’hypothèse que le Glacier Aru avait commencé à devenir un glacier « polythermique », c’est-à-dire avec une association de glace dont la température est inférieure à zéro et de glace portée à son point de fonte. Il est donc possible que l’eau de fonte se soit accumulée à la base du glacier, formant un lubrifiant qui a favorisé son avancée et son effondrement rapides.

La cause de la fonte, si elle existe, reste inconnue, mais les chercheurs ont remarqué que la région est en cours de réchauffement. La station météorologique la plus proche du glacier a révélé que la température a augmenté de 2 degrés Celsius pendant les 50 dernières années. Un tel réchauffement peut sembler insignifiant, mais il est suffisant pour que la neige fondue s’infiltre sous le glacier. La station météorologique a également enregistré des niveaux élevés de précipitations dans les 40 jours précédant l’avalanche. Cela signifie que ce glacier à base froide a réagi au réchauffement climatique.
L’effondrement du Glacier Aru soulève des inquiétudes car de tels événements sont susceptibles de se reproduire et peuvent représenter un danger réel pour les habitants de cette région. Si le réchauffement climatique est la cause principale de l’effondrement du Glacier Aru, il est fort à parier que ce ne sera pas le dernier.
Source: The Washington Post.

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drapeau-anglaisIn July 2016, at least 70 million cubic metres of glacial ice and rock plummeted from the Aru Glacier in western Tibet. The avalanche lasted no longer than five minutes. The devastation within such a short time was immense. In places, the ice deposits ran 10 metres deep. The avalanche buried 10 square kilometres. Debris struck Dungru village, killing nine herders. More than 100 yaks perished, as did 350 sheep. NASA, which documented the debris field via satellite, described the collapse as one of the largest recorded avalanches in history.

The collapse, at first, left climatologists perplexed, but an international team of scientists has fingered the most likely culprit: an unusual slick of meltwater beneath the glacier, created by unusually warm temperatures.

Certain glaciers surge, usually advancing a matter of metres in short bursts of speed, although the surge may sometimes be more dramatic. In 2002, a 2.5 km-long section of the Kolka Glacier in Russia broke free, travelling 18 km in six minutes and killing more than a hundred people. Scientists first thought the Aru Glacier was acting like its Russian precursor. However, glaciers that surge tend to be lengthy and wide whereas the Aru Glacier was a small, frigid glacier that clung to the mountaintop. Moreover, glacial surges are cyclical. There was no indication the Aru Glacier had surged in remote sensing data.

Climatologists had assumed the Aru Glacier was frozen to mountain bedrock at sub-zero temperatures, making it a type of glacier known as « cold-based. » Such glaciers are usually quite stable, with low local precipitation, low glacier movement and cold temperatures. The Tibetan Glacier is the first known occurrence of an unexpected, instantaneous collapse of a cold-based glacier in a nonvolcanic region.

Based on GPS imagery and mathematical modeling, coupled with the climate data in the region, the researchers hypothesize the Aru Glacier had begun the process of becoming a polythermal glacier, that is, a mixture of sub-zero ice as well as ice warmed to the melting point. It was possible that meltwater pooled at the bottom of the glacier, forming a lubricant that enabled the swift collapse.

The source of the meltwater, if it existed, remained unknown, but researchers noted that the area has steadily warmed. The weather station closest to the glacier reported the temperature increased 2 degrees Celsius over 50 years. Such warming may seem insubstantial, but it was enough for melted snow to seep below the glacier. The weather station also recorded high levels of precipitation in the 40 days leading up to the avalanche. This means the cold-based glacier responded to the climate warming.

This situation at the Aru Glacier raises concerns that future events are possible and may pose risks for inhabitants of this region. If the climate warming in the region is the primary cause of the Aru Glacier collapse, then it will not be the last one.

Source: The Washington Post.

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Le Glacier Aru avant et après l’effondrement (Crédit photo: NASA)

La fonte du glacier Aletsch (Suisse) déstabilise la montagne // The melting of the Aletsch glacier (Switzerland) destabilizes the mountain

drapeau-francaisIl y a quelques jours, j’évoquais sur ce blog la fonte des glaciers suisses et autrichiens qui reculent aussi vite que leurs homologues français. La fonte du glacier d’Aletsch, l’un des plus beaux de Suisse, a donné naissance à un autre problème. La glace d’amenuisant, les pans de montagne qui entourent le glacier sont fragilisés et des effondrements se produisent. Le phénomène est observé ailleurs dans le monde, en particulier en Nouvelle Zélande où les glaciers Fox et Franz Josef ont fondu si rapidement qu’il est devenu trop dangereux de les atteindre à partir du fond de la vallée. En raison de la fonte ultra rapide de ces glaciers, les parois de la vallée qui étaient autrefois maintenues en place par la glace sont désormais à l’air libre avec des risques évidents d’effondrements et autres chutes de pierres qui rendraient les randonnées trop dangereuses. Les tour-opérateurs ont donc cessé d’organiser de telles randonnées guidées sur le Franz Josef en 2012 et sur le Fox en 2014. Ces deux glaciers ont perdu chacun 3 kilomètres depuis les années 1800, ce qui correspond à environ 20 pour cent de leur longueur.

En Suisse, au cœur du Valais, un pan de montagne menace toujours de s’effondrer en aval du glacier d’Aletsch et son mouvement s’accélère, passant d’un déplacement de 20 cm par jour il y a 2 semaines à 70 cm actuellement. Cette augmentation de la vitesse peut provoquer des éboulements locaux. En conséquence, il est demandé à tous les randonneurs de respecter l’interdiction d’accès aux sentiers pédestres dans une zone de 2 km2.

Une remontée mécanique permettant d’accéder aux abords du glacier d’Aletsch subit elle aussi les effets du mouvement du pan de montagne. Les pylônes d’arrivée de la télécabine d’Aletsch Arena, qui relie Riederalp à Moosfluh, bougent de 1 centimètre par jour. Toutefois, l’exploitant des remontées avait prévu le problème puisque  il a investi l’été dernier 23 millions de francs suisses dans un système qui permet de glisser les pylônes sur un rail pour les maintenir parfaitement droits et ainsi laisser l’installation ouverte. La surveillance est permanente, avec un système d’alarme en cas de gros déplacement.

Source : Presse helvétique.

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drapeau-anglaisA few days ago, I mentioned in this blog the melting of the Swiss and Austrian glaciers which are retreatingl as fast as their French counterparts. The melting of the Aletsch Glacier, one of the most beautiful in Switzerland, has created another problem. As the ice is thinning, the mountain sides along the glacier are weakened and collapses occur. The phenomenon is observed around the world, particularly in New Zealand where the Fox and Franz Josef glaciers have melted so quickly that it has become too dangerous to reach them from the bottom of the valley, which ends a tradition dating back to more than a century. Due to the ultra rapid melting of these glaciers, the valley walls that were once held in place by the ice are now in the open air with obvious risks of collapses and other rock falls that would make them too dangerous to hikers. Tour operators have therefore cancelled guided hikes to the Franz Josef in 2012 and to the Fox in 2014. Both glaciers have lost three kilometers from the 1800s, which corresponds to about 20 percent of their length.
In Switzerland, in the heart of Valais, a mountain side still threatens to collapse downstream of the Aletsch glacier and its movement is accelerating, from 20 cm per day two weeks ago to 70 cm currently. This increase in speed may cause local landslides. Accordingly, all hikers have been asked to respect the access ban to hiking trails in an area of 2 square kilometers.
A gondola leading to the edge of the Aletsch glacier is also affected by the movements of the mountain. The arrival pylons of the Aletsch Arena gondola that connects Riederalp to Moosfluh are moving 1 centimeter per day. However, the operator had foreseen the problem and invested 23 million Swiss francs in a system that allows to drag the pylons on a rail in order to keep them perfectly straight and thus keep the facility open. Monitoring is permanent, with an alarm system in case of major displacement.
Source: Swiss Press.

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Vue du glacier d’Aletsch (Crédit photo: Dirk Beyer / Wikipedia)