Séquence sismique à Yellowstone // Seismic sequence at Yellowstone National Park

Selon l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone, une séquence sismique est en cours dans le Parc National de Yellowstone, à environ 13 km au nord-nord-est de la bourgade de West Yellowstone dans le Montana. La secousse la plus forte jusqu’à présent a été de M 4.5 à 00:48 (TU) le 16 juin 2017. C’est le plus fort séisme enregistré dans le Parc depuis le 30 mars 2014, jour où un événement de M 4.8 s’est produit près de Norris Geyser Basin.
Le dernier séisme a été localisé à une profondeur de 9,4 km dans le Parc. L’événement a été ressenti dans les villes de West Yellowstone et de Gardiner au Montana, et ailleurs dans la région.
La séquence sismique a commencé le 12 juin. L’Observatoire a enregistré une trentaine d’événements de M 2 et plus, et quatre autres de M 3 et plus, y compris l’événement de M 4.5.
La couleur de l’alerte aérienne à Yellowstone est Verte et le niveau d’alerte volcanique est Normal.

Source : Yellowstone Volcano Observatory.

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According to the Yellowstone Volcano Observatory, a sequence of earthquakes is taking place in Yellowstone National Park, about 13 km north-northeast of West Yellowstone, Montana. The strongest earthquake so far was M 4.5 at 00:48 UTC on June 16th, 2017. It was the largest earthquake to occur in Yellowstone National Park since March 30th, 2014 when an M 4.8 event occurred near Norris Geyser Basin..

It was located at a depth of 9.4 km in the Park. The earthquake was reported felt in the towns of West Yellowstone and Gardiner, Montana, and elsewhere in the surrounding region.

The sequence of earthquakes in the same area began on June 12th. It included about thirty events of M 2 and larger, and four earthquakes of M 3 and larger, including the M 4.5 event.

Yellowstone’s current Aviation Colour Code is Green. The Volcano Alert Level is Normal.

Source : Yellowstone Volcano Observatory.

Sismicité à Yellowstone le 16 juin 2017 (Source: University of Utah)

Norris Geyser Basin, site du séisme de M 4,8 en 2014 (Photo: C. Grandpey)

Sismicité islandaise // Seismicity in Iceland

L’activité sismique est relativement soutenue en Islande depuis quelque temps, avec plusieurs essaims dans la région du Bardarbunga. Certaines personnes pensent que cette sismicité pourrait être annonciatrice d’une éruption du volcan sous-glaciaire, mais rien ne s’est produit jusqu’à présent. En fait, cette sismicité a une origine tectonique et non volcanique. Le Bardarbunga présente une caldeira de 700 mètres, cachée sous la glace, avec deux fractures principales. La fracture de Veidivötn s’étend sur plus de 100 km au sud-ouest, presque jusqu’au Torfajökull, tandis que la fracture de Trollagigar s’étend sur 50 km vers le nord-est et l’Askja. Bien que la sismicité le long de ces fractures puisse être le signe d’une activité volcanique imminente, elle peut aussi avoir une origine purement tectonique, ce qui fut le cas pendant les dernières semaines.
Il faut se rappeler que l’Islande connaît une activité sismique presque constante car le pays se trouve sur la dorsale médio-atlantique. On enregistre environ 500 événements chaque semaine. La position de l’Islande à la limite entre les plaques tectoniques eurasienne et nord-américaine signifie que le pays se déchire lentement et des secteurs de la Zone sismique Sud-Islandaise pourraient un jour ou l’autre être secoués par un puissant séisme
Les plaques eurasienne et nord-américaine se déplacent au rythme d’environ 2,5 centimètres par an, ce qui correspond à environ 25 kilomètres sur un million d’années. Cette ligne de séparation entre les plaques tectoniques correspond également aux zones volcaniques de l’Islande qui connaît généralement deux types de séismes: ceux créés par l’activité volcanique et ceux générés par la libération des contraintes liées au mouvement des plaques tectoniques. D’autres types de séismes sont causés par des changements dans l’activité hydrothermale.
La Zone sismique Sud-Islandaise n’a pas de volcans actifs. C’est une faille transformante extrêmement active. Au fil du temps, les contraintes générées par les plaques tectoniques s’accroissent jusqu’au moment où cette énergie est libérée sous forme de séisme. C’est ce qui a provoqué certains des événements les plus catastrophiques de ce pays avec, en 1784, un séisme qui avait probablement une magnitude de M 7,1. En 1912, un autre séisme dans cette même Zone sismique Sud-Islandaise avait une magnitude de M 7,0. On craint qu’un autre puissant séisme affecte la région dans un proche avenir. Bien que les scientifiques affirment qu’ils pourront prédire un tel événement avec une « certitude considérable », ils indiquent aussi que la population n’aura qu’un préavis d’environ une heure. Autant dire que prévision et prévention sont inexistantes. Des séismes de cette ampleur sont censés se produire une fois tous les 100-150 ans et ils peuvent causer des dégâts considérables.

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Seismic activity has been quite intense in Iceland in recent days, with several swarms in the Bardarbunga area. Several people expressed fears of a possible eruption but nothing happened. Actually, this seismicity had a tectonic – and not volcanic – origin. Bardarbunga lies underneath Vatnajokull glacier, in the centre of the country. It contains a 700-metre caldeira, hidden beneath ice, covered in extensive flank fissures. The Veidivötn fissure extends for over 100km to the south west, almost reaching Torfajökull volcano, while the Trollagigar fissure extends 50km to the north east, towards the Askja volcano. Although seismicity along these fissures can be the sign of impending volcanic activity, they can also only have a tectonic origin, like during the past weeks.

One should remember Iceland is home to a near-constant stream of seismic activity; as it is perched atop the Mid-Atlantic Ridge. The nation experiences roughly 500 earthquakes every week.

While most of the tremors are small, Iceland’s position on the boundary between the Eurasian and North American tectonic plates means it is slowly being split apart, and areas in the South Iceland Seismic Zone could be due for a ‘Big One.’

The Eurasian and North American plates are drifting at a rate of roughly 2.5 centimetres per year, which translates to about 25 kilometres over the course of a million years. This boundary also lines up with Iceland’s volcanic zones. The overlap means Iceland typically experiences two different types of earthquakes: Quakes created by volcanic activity and quakes caused by the release of tension caused by the movement of the tectonic plates. Other types include quakes caused by changes in geothermal activity.

The South Iceland Seismic Zone has no active volcanoes within its breadth. It is a transform fault which is extremely active due to the drifting plates. Over time, tension in the region builds up until it is suddenly released, in the form of an earthquake. This has spurred some of the nation’s most catastrophic earthquakes. This includes a devastating quake in 1784 which scientists estimate had a magnitude 7.1. More than a century later, in 1912, another earthquake in the Southern Seismic Zone shook the region, with a 7.0 magnitude.

Many suspect another large earthquake could hit the area within the foreseeable future.

While scientists believe they would be able to predict such an event with ‘considerable certainty,’ they say citizens would only have about an hour’s notice. Quakes of this magnitude are believed to hit once every 100-150 years, and could cause significant damage.

La faille d’Almannagja à Thingvellir est le parfait exemple de la zone de fractures qui tranche l’Islande du sud-ouest au nord-est. Un géant capable d’enjamber la faille aurait un pied sur la plaque nord-américaine et l’autre sur la plaque eurasienne (Photo :C. Grandpey).

 

Voyage au centre de la Terre // Journey to the centre of the Earth

Une équipe scientifique japonaise espère être la première à atteindre et explorer avec succès le manteau terrestre. Les chercheurs de l’Agence Japonaise pour la Science et la Technologie Mer-Terre (JAMSTEC) espèrent mieux comprendre comment la Terre s’est formée et quelle est la composition du manteau. Ce dernier représente plus de 80% de la masse de notre planète, à une dizaine de kilomètres sous le plancher océanique. Le gouvernement japonais, qui participe au financement de l’expédition, espère que les recherches pourront permettre de mieux prévoir les séismes.
Trois sites de forage sont actuellement à l’étude, tous dans l’océan Pacifique. L’un d’eux est au large des côtes hawaiiennes, un autre au large du Costa Rica et le dernier au large du Mexique. Pour accéder au manteau, la JAMSTEC veut utiliser le Chikyu, l’un des navires de forage les plus performants actuellement. C’est le plus grand navire de forage, avec une capacité de forage trois fois plus profonde que les navires précédents. Le trépan du Chikyu descendra à 4 kilomètres de profondeur dans les eaux océaniques avant d’atteindre plancher. Il perforera ensuite la croûte terrestre sur 6 kilomètres avant d’atteindre le manteau.
Les scientifiques ont déjà foré et récupéré des échantillons du fond de l’océan, mais seulement en surface. Ils veulent maintenant creuser le plancher océanique jusqu’au manteau proprement dit. Le forage débutera en 2030 au plus tard. Le projet a quatre objectifs principaux. Le premier (en cours) consiste à accéder au manteau de la planète en traversant le plancher océanique. Le deuxième objectif est d’étudier la frontière entre la croûte océanique et le manteau. Le troisième est de savoir comment s’est formée la croûte océanique. L’objectif final est d’examiner à quelle profondeur existe la vie microbienne à l’intérieur de la planète.
Source: CNN.

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A group of Japanese scientists plans to be the first to successfully drill into the Earth’s mantle. Researchers at Japan’s Agency for Marine-Earth Science and Technology (JAMSTEC) say they are hoping to discover more about how our planet was formed and what the mantle is composed of. The mantle makes up more than 80% of the entire Earth’s mass, lying about 10 km beneath the ocean floor. The Japanese government, which is helping fund the expedition, hopes the research could help discover ways to better predict earthquakes.

Three drilling sites are currently under consideration, all of them in the Pacific Ocean. One is off Hawaii, another one is off Costa Rica and the last one is off Mexico. To access the mantle, JAMSTEC wants to use one of the most advanced drilling vessels currently available, the Chikyu. It is the biggest drilling ship today, so the drilling capability is three times deeper than the previous vessels. The Chikyu’s drill will drop down through almost 4 kilometres of ocean before reaching the ocean floor. It will then bore through 6 kilometres of the sea floor, or the planet’s crust, before it reaches the mantle.

The scientists have already drilled and have taken some samples from the ocean floor but only from the top. They now want to dig from the ocean floor to the deep pristine mantle. Drilling will start by 2030 at the latest. The project has four primary objectives, only the first of which is to access the planet’s mantle by drilling through the sea floor. The second aim is to investigate the boundary between the oceanic crust and the mantle. The third one is to know how the oceanic crust formed. The final objective is to further examine how deep microbial life exists inside the planet.

Source: CNN.

Nodules de péridotite, roche magmatique qui constitue la majeure partie du manteau supérieur. (Photo : C. Grandpey)

Que se passe-t-il dans le secteur du Bárðarbunga (Islande) ? // What’s happening in the Bárðarbunga area (Iceland) ?

Le 18 mars dernier, j’ai rédigé une note intitulée « Que se passe-t-il dans le secteur du Herðubreið ? », suite à plusieurs essaims sismiques observés dans cette région du centre-est de l’Islande. La sismicité reste élevée et a maintenant tendance à migrer vers le Bárðarbunga, avec des événements d’une magnitude supérieure à M3, ce qui se traduit par des étoiles vertes sur la carte du Met Office islandais. Ces événements ne sont pas tous superficiels et un bon nombre sont localisés à des profondeurs entre 3 et 8 km. Il serait intéressant que les volcanologues islandais, friands de prévisions à long terme, indique ce qui se passe, selon eux, en ce moment dans la région. S’agit-il d’une sismicité normale liée à l’accrétion sur le dorsale médio-atlantique ? Observe-t-on des mouvements de fluides hydrothermaux ? Comment se comporte le tremor dans le secteur du Bárðarbunga ? Autant de questions qui, pour le moment, restent sans réponse !

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On March 18th 2017,  I wrote a post entitled « What is happening in the Herðubreið area? » after several seismic swarms observed in this region of the centre-east of Iceland. Seismicity remains high and now tends to migrate towards Bárðarbunga volcano. Several events have magnitudes higher than M 3 which translates into green stars on the Icelandic Met Office map. These events are not all shallow and many are located at depths between 3 and 8 km. It would be interesting if Icelandic volcanologists, fond of long-term forecasts, could indicate what is happening in the region. Is this a normal seismicity associated with accretion on the Mid-Atlantic ridge? Are they caused by the movements of hydrothermal fluids? How does the tremor in the Bárðarbunga area behave? These are the many questions that, for the moment, remain unanswered!

Source: Met Office islandais