La Sicile, une île sismique // Sicily, a seismic island

Les derniers séismes enregistrés le 26 décembre 2018 dans la région de Catane et de l’Etna font partie d’une longue série et on sait depuis longtemps que la Sicile est une région du monde où la Terre tremble fréquemment. La partie orientale de l’île a été frappée par des secousses catastrophiques en 1169, en 1542, en 1693 – un événement terrible pour lequel encore aujourd’hui on prie dans les églises le 11 janvier – et en 1848.
Le 13 décembre 1990, les provinces de Catane, Syracuse et Raguse ont été touchées par un séisme dont l’épicentre se trouvait au fond de la mer, au large d’Augusta. Baptisé « séisme de la Sainte Lucie », ses blessures ne se sont que récemment cicatrisées. A l’époque, les sismologue craignaient que ce séisme soit le signe annonciateur d’un événement beaucoup plus dévastateur. Par bonheur, ce dernier ne s’est pas produit. Il ne faudrait toutefois pas baisser la garde. C’est pour cela que des chercheurs de l’INGV organisent des réunions d’information dans les écoles, ainsi que des conférences sur le risque sismique en Sicile orientale.

La cause de ces séismes se trouve dans la mer Ionienne, où il existe les structures sismogènes les plus importantes de Méditerranée centrale, et ces structures peuvent produire des séismes dévastateurs. Il y a en particulier la faille ibleo-maltaise qui fut à l’origine du séisme du 13 décembre 1990. On ne peut oublier, non plus, le terrible tremblement de terre du 11 janvier 1693, qui a détruit les villes entre Messine et Raguse. L’événement a non seulement dévasté les villes de l’est de la Sicile, mais il a eu des répercussions à Palerme, détruit des maisons en Calabre et a également été ressenti en Afrique. D’une magnitude de M 7,4, il fut beaucoup plus catastrophique que les séismes qui ont frappé le centre de l’Italie pendant l’été 2016. Il fut provoqué par un effondrement d’une trentaine de mètres au niveau de la faille ibléo-maltaise.

Ces différents séismes ont fait ressortir les lacunes de la Sicile en matière de constructions parasismiques. Si des bâtiments s’effondrent, c’est parce qu’ils ne sont pas en mesure de résister aux séismes, même modestes. Dans de nombreuses municipalités de Sicile, la capacité des édifices à résister aux séismes est quasiment nulle. La Sicile est à l’opposé du Japon dans ce domaine. A l’avenir, il faudra absolument que les ingénieurs et les architectes prennent en compte le risque sismique quand ils construiront des maisons et autres édifices. Récemment, la Protection Civile régionale a enfin commencé à fournir aux  architectes et géologues les éléments nécessaires à une meilleure construction. Il est grand temps que de telles initiatives soient prises. La Sicile se trouve dans une zone fortement sismique, avec l’Etna qui n’arrange pas la situation. Même si les scientifiques ne savent pas prévoir les séismes, ils savent que la Sicile sera de nouveau soumise à de tels événements dans les prochaines années.

Adapté d’un article paru dans le journal La Sicilia.

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The latest earthquakes recorded on December 26th, 2018 in the region of Catania and Mt Etna are part of a long series and it has long been known that Sicily is a region of the world where the Earth trembles frequently. The eastern part of the island was hit by disastrous quakes in 1169, in 1542, in 1693 – a terrible event that still sends today people praying in churches on January 11th – and in 1848.
On 13 December 1990, the provinces of Catania, Syracuse and Ragusa were hit by an earthquake whose epicentre was at the bottom of the sea off Augusta. Called the « Saint Lucia earthquake », its wounds have only recently healed. At the time, the seismologists feared that this earthquake might be the harbinger of a much more devastating event. Fortunately, it did not happen. However, we should not let our guard down. For this reason, researchers at the INGV organize information meetings in schools, as well as conferences on the seismic risk in eastern Sicily.
The cause of these earthquakes is in the Ionian Sea, where there are the most important seismogenic structures of the central Mediterranean, and these structures can produce devastating earthquakes. There is in particular the iblean-maltese fault which was at the cause of the earthquake of December 13th, 1990. One can not forget, either, the terrible earthquake of January 11th, 1693, which destroyed the cities between Messina and Ragusa . The event not only devastated the cities of eastern Sicily, but it had repercussions in Palermo, destroyed homes in Calabria and was also felt in Africa. With a magnitude of M 7.4, it was much more catastrophic than the earthquakes that hit central Italy during the summer of 2016. It was caused by a collapse of about thirty metres along the Iblean-Maltese faultline.
These different earthquakes highlighted Sicily’s deficiencies in earthquake-resistant constructions. If buildings collapse, it is because they are not able to withstand earthquakes, even modest ones. In many municipalities in Sicily, the capacity of buildings to resist earthquakes is inexistent. Sicily is the opposite of Japan in this area. In the future, it will be essential for engineers and architects to take into account the seismic risk when they build houses and other buildings. Recently, the Regional Civil Protection began to provide architects and geologists with the necessary elements for a better construction. It is high time such initiatives were taken. Sicily is in a highly seismic zone, with Etna which does not help the situation. Even if scientists are not able to predict earthquakes, they know that Sicily will be hit again by such events in the coming years.
Adapted from an article in the newspaper La Sicilia.

Photos: C. Grandpey

Etna (Sicile): Eruption et séismes // Eruption and earthquakes

8 heures: Le mauvais temps sur l’Etna n’a pas permis de faire des observations intéressantes au cours des dernières heures, mais les instruments de l’INGV montrent que l’éruption continue sur le volcan. On a enregistré hier soir une augmentation des valeurs du tremor volcanique, signe que le magma exerce une pression sur l’édifice volcanique au cours de son ascension vers la surface. Ce matin, en revanche, sismicité et tremor montrent un déclin et je me demande même si la lave coule toujours dans la Valle del Bove.

Le fait important de la nuit est un séisme de M 4,8 qui a affecté à 3h18 la région de Catane, avec un épicentre à 2 km au nord de Viagrande. Il a été ressenti par la population et, contrairement à ce qui a été dit au début, la secousse a causé des dégâts, comme à l’extérieur de l’église de Santa Venerina. Il est aussi fait état d’effondrements dans les hameaux de Fleri et Lavinaio,

À partir de minuit, au moins sept séismes avaient déjà été enregistrés, dont un événement avec une magnitude de M 3,3 à 01h09, avec un épicentre situé à 4 km au nord d’Aci Sant’Antonio.
Source : La Sicilia.

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17 heures : Le séisme de M 4,8 qui s’est produit la nuit dernière a causé des dégâts mais a également blessé une dizaine de personnes. Comme indiqué précédemment, l’épicentre a été localisé au niveau de Viagrande, à environ un kilomètre de profondeur.

Dans le même temps, il semble que le comportement de l’Etna soit en train d’évoluer. Alors que le tremor volcanique et la sismicité montraient une certaine stabilité, voire une tendance à la hausse, hier dans la journée, on observe maintenant un certain déclin de ces deux paramètres. De plus, il n’y a plus de coulée de lave dans la Valle del Bove. Selon Boris Behncke, le séisme de la nuit dernière n’a pas eu d’effet sur le comportement du volcan car l’éruption avait déjà commencé à marquer le pas quand la secousse a eu lieu. Il faudra tout de même surveiller la situation tant que tremor et sismicité n’auront pas retrouvé des niveaux normaux

Dans un article paru dans le journal La Sicilia, le directeur de l’INGV n’exclut pas la possibilité de voir « l’ouverture de bouches à des altitudes plus faibles, en particulier dans la région de Piano del Vescovo au sud de la Valle del Bove.» Selon lui, il faut surveiller l’évolution de la situation qui rappelle celle d’octobre 1984 qui avait provoqué la mort d’une personne à Zafferana Etnea . Comme en 1984, c’est la faille de Fiandaca qui est en cause.

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22 heures: Boris Behncke (INGV Catane) a mis en ligne une photo prise depuis Tremestieri Etneo et qui montre que l’activité persiste à l’intérieur de la Bocca Nuova. Boris confirme la cessation d’activité de la coulée dans la Valle del Bove. Comme le directeur de l’INGV, il n’exclut pas une reprise de l’activité éruptive à une altitude plus basse, et à l’extérieur de la Valle del Bove. La surveillance de la situation doit être étroite tant que la sismicité et la déformation de l’édifice volcanique n’auront pas retrouvé un niveau normal.

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8 a.m.: The poor weather conditions on Mount Etna did not allow to make interesting observations in recent hours, but the INGV instruments show that the eruption continues on the volcano. There was an increase in volcanic tremor values last night, indicating that magma is exerting pressure on the volcanic edifice in its ascent to the surface. .However, both the tremor and seismicity seem to be declining this morning and I even wonder whether lava is still flowing down the Valle del Bove.
The important fact of the night was an M 4.8 earthquake which affected the region of Catania at 3:18, with its epicentre located 2 km north of Viagrande. It was felt by the population and, contrary to what was said at the beginning, the quake caused damage, like outside the church of Santa Venerina. There are also reports of collapses in the hamlets from Fleri and Lavinaio,
Starting at midnight, at least seven earthquakes had already been recorded, including an event with a magnitude of M 3.3 at 01:09, with an epicentre located 4 km north of Aci Sant’Antonio.
Source: La Sicilia.

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5 pm: The M 4.8 earthquake that occurred last night caused damage but also injured a dozen people. As mentioned earlier, the epicentre was located in the Viagrande area, about one kilometre deep.
At the same time, it seems that the behaviour of Mt Etna is evolving. While the volcanic tremor and seismicity showed some stability, or even an upward trend, yesterday in the day, there is now some decline in these two parameters. Besides, lava is no longer flowing in the valle del Bove. According to Boris Behncke, last night’s earthquake had no effect on the volcano’s behaviour as the eruption had already begun to decline when the quake occurred. Anyway, the situation wull need to be monitored as long as both tremor and seismicity have not returned to background levels
In an article in the newspaper La Sicilia, the director of INGV does not exclude the possibility of seeing « the opening of vents at lower altitudes, especially in the area of ​​Piano del Vescovo to the south of the Valle del Bove. » He thinks it is necessary to watch the evolution of the situation which recalls that of October 1984 which had caused the death of a person in Zafferana Etnea. Like in 1984, the Fiandaca fault is the culprit.

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10 p.m.: Boris Behncke (INGV Catania) has posted a photo taken from Tremestieri Etneo. It shows that activity persists inside the Bocca Nuova. Boris confirms that lava is no longer flowing in the Valle del Bove. Like the director of INGV, he does not exclude a resumption of eruptive activity at a lower altitude, and outside the Valle del Bove. A close monitoring of the situation must be performed as long as seismicity and thedeformation of the volcanic edifice have not returned to a background levels.

 

Le séisme de M 4,8 vu par les sismos de l’INGV

La caméra thermique semble montrer que la coulée de lave est inactive. A confirmer.

 

 La région de Santa Venerina subit fréquemment des séismes (Photo: C. Grandpey)

Activité strombolienne dans la Bocca Nuova le 26 décembre 2018 au soir (Photo: Boris Behncke)

Ambrym (Vanuatu)

Comme je l’ai écrit dans une note précédente, le département Geo-Hazards du vanuatu a élevé le niveau d’alerte volcanique d’Ambrym à 3 le 15 décembre 2018. Une éruption se déroulait dans la caldera, près du cratère du Marum, avec coulées et fontaines de lave, ainsi que des émissions de cendre et de gaz.
L’éruption a provoqué une série de séismes d’une magnitude pouvant atteindre cinq sur l’échelle de Richter. Ils ont ouvert des fractures sur l’île et provoqué l’effondrement de certaines maisons, principalement dans la partie sud-est d’Ambrym. Les dégâts sont importants car les hypocentres des séismes étaient très peu profonds. Il convient de garder à l’esprit qu’un séisme superficiel, de magnitude modérée, est susceptible de causer davantage de dégâts importants qu’un événement plus intense avec un hypocentre très profond.

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As I put it in a previous post, the Geo-Hazards Department raised the volcanic alert level for Ambrym volcano to 3 on December 15th, 2018. An eruption was taking place in the caldera area near Marum crater with lava flows and fountains, as well as ash and gas emissions.

The eruption has sparked a series of earthquakes of up to five on the Richter scale that have opened cracks around the island and caused some houses to collapse, mostly on the south east part of Ambrym. The reason for the damage is that the hypocentres of the quakes are very shallow. One should bear in mind that a shallow earthquake with a moderate magnitude is more likely to cause heavy damage than a more intense event with a very deep hypocentre.

Source: GeoHazards

Sismicité et plaques tectoniques // Seismicity and tectonic plates

Voici une vidéo confirmant que notre planète est bien vivante. À l’aide de données fournies par l’USGS, le Centre d’alerte aux tsunamis du Pacifique a mis en ligne une animation montrant tous les séismes enregistrés du 1er janvier 1901 au 31 décembre 2000, dans l’ordre où ils se sont produits, à raison de un an par seconde. Les hypocentres apparaissent d’abord sous forme de flashs, puis sont maintenus sous forme de cercles de couleur, avant de rétrécir pour ne pas masquer les séismes ultérieurs.
La taille du cercle représente la magnitude du séisme tandis que la couleur représente la profondeur des événements. À la fin, l’animation affiche d’abord tous les séismes enregistrés pendant cette période de 100 ans. Ensuite, on ne distingue plus que les séismes supérieurs à M 6,5, la plus faible magnitude censée générer un tsunami. On voit ensuite les séismes d’une magnitude supérieure ou égale à M 8,0 qui représentent une réelle menace de tsunami quand ils se produisent dans l’océan ou à proximité d’un littoral à faible profondeur (moins de 100 km de profondeur).
L’animation se termine en montrant les failles en limite de plaques, responsables de la plupart des séismes.

https://youtu.be/jhmF-IwP6uM

Voici quelques événements remarquables du 20ème siècle, notamment ceux qui ont généré des tsunamis dévastateurs:
M8.8 – Équateur – 31 janvier 1906
M8.4 – Kamchatka, Russie – 3 février 1923
M8.4 – Sanriku, Japon – 2 mars 1933
M8.6 – Île Unimak, îles Aléoutiennes – 1er avril 1946
M9.0 – Kamchatka, Russie – 4 novembre 1952
M8.6 – Îles Andreanof, îles Aléoutiennes – 9 mars 1957
M9.5 – Valdivia, Chili – 22 mai 1960
M9.2 – Prince William Sound, Alaska – 28 mars 1964
M8.7 – Îles Rat, îles Aléoutiennes – 4 février 1965
Source: The Watchers.

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Here is a video confirming our planet is quite alive. Using USGS data, the Pacific Tsunami Warning Center has released an animation showing every recorded earthquake in sequence as they occurred from January 1st, 1901, through December 31st, 2000, at a rate of 1 year per second. The earthquake hypocenters first appear as flashes then remain as colored circles before shrinking with time so as not to obscure subsequent earthquakes.

The size of the circle represents the earthquake magnitude while the colour represents its depth within the earth. At the end, the animation will first show all quakes in this 100-year period. Next, it will show only those earthquakes greater than M 6.5, the smallest earthquake size known to make a tsunami. It will then show only those earthquakes with magnitudes of M 8.0 or larger which are most likely to pose a tsunami threat when they occur under the ocean or near a coastline and when they are shallow within the earth (less than 100 km deep).

The animation concludes by showing the plate boundary faults responsible for the majority of all of these earthquakes.

https://youtu.be/jhmF-IwP6uM

Here are some remarkable events of the 20th century, including those that generated devastating tsunamis:

M8.8 — Ecuador — January 31, 1906

M8.4 — Kamchatka, Russia — February 3, 1923

M8.4 — Sanriku, Japan — March 2, 1933

M8.6 — Unimak Island, Aleutian Islands — April 1, 1946

M9.0 — Kamchatka, Russia — November 4, 1952

M8.6 — Andreanof Islands, Aleutian Islands — March 9, 1957

M9.5 — Valdivia, Chile — May 22, 1960

M9.2 — Prince William Sound, Alaska — March 28, 1964

M8.7 — Rat Islands, Aleutian Islands — February 4, 1965

Source : The Watchers.

Capture d’écran de la vidéo montrant parfaitement l’activité sismique, en particulier le long de la Ceinture de Feu du Pacifique