Macareux en danger ! // Puffins at risk !

Alors que la chaleur extrême est parfois difficilement supportable sur la terre ferme, les chercheurs du Nouveau-Brunswick au Canada s’inquiètent des effets des vagues de chaleur successives sur les populations d’oiseaux marins. La même préoccupation a été exprimée par d’autres biologistes marins en Europe.
Un professeur de biologie marine à l’Université du Nouveau-Brunswick rappelle que la première grande vague de chaleur dans sa zone de recherche, autour de l’île Machias Seal, a eu lieu en 2012 et qu’elle se poursuit sans interruption depuis cette époque. Une situation semblable est également observée dans le nord de l’Europe. Au cours des trois dernières années, les vagues de chaleur marines se sont multipliées, certaines atteignant des valeurs extrêmes.
Les biologistes du Nouveau-Brunswick participent à un programme de surveillance de six espèces différentes d’oiseaux marins sur l’île Machias Seal, située au sud-ouest de Grand Manan, entre le golfe du Maine et la baie de Fundy. Le programme est en cours depuis 1995, ce qui signifie qu’il a permis d’obtenir des données fiables montrant l’impact des vagues de chaleur marines sur les populations d’oiseaux.
Parmi les changements notables qui ont été observés, l’une des espèces, le macareux moine, se reproduit désormais environ deux semaines plus tard que dans les années 1990. Ces oiseaux arrivent donc sur l’île plus tard mais ils repartent toujours au même moment, à la mi-août. De plus, le succès de reproduction dans les années qui ont suivi les grandes vagues de chaleur marines a été faible. Par exemple, 2013 a été une mauvaise année, tout comme 2021, l’année la plus faible jamais enregistrée en matière de reproduction. Il convient de noter que malgré cela, la population de macareux reste stable pour le moment.
Les éclosions de macareux se font à un rythme presque normal, mais vers le milieu de la saison, ils commencent tous à mourir. Cela semble être dû au manque de nourriture, un phénomène qui a été observé dans l’Atlantique Nord, en particulier en Islande. Les macareux sont de plus en plus petits et utilisent leur gros bec pour réguler leur température corporelle.
À l’échelle mondiale, les oiseaux marins dont le régime alimentaire est peu flexible sont les plus menacés par la hausse de la température de la mer. Ils se nourrissent à la surface de l’océan ; si les poissons ou les organismes dont ils ont besoin ne sont pas à la surface à cause de la chaleur, ils vont essayer d’aller plus loin et se fatiguer jusqu’à épuisement. Parmi les oiseaux menacés, on note les pétrels cul-blanc, les guillemots communs, les puffins et les macareux moines.
Les guillemots de Troïl ont un régime alimentaire spécifique, ce qui les expose davantage au réchauffement de la températures de la mer. Si cette température continue d’augmenter, certaines espèces seront capables de s’adapter, tandis que d’autres périront. Les mouettes, par exemple, ont un régime alimentaire flexible et peuvent avoir une plus grande capacité d’adaptation, même si cela dépend du niveau qu’atteindra le réchauffement climatique.

Source : CBC, Iceland Review.

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Lors d’un récent voyage en Écosse en juin 2024, j’ai visité les colonies d’oiseaux marins le long de la côte nord, dans des sites comme Duncansby Head, Dunnet Head ou Strathy Point. J’ai également navigué vers les Hébrides intérieures. J’avais déjà visité ces lieux il y a 7 ans. Si les guillemots de Troïl s’accrochent encore en très grand nombre sur les falaises de Duncansy Head, les macareux étaient absents cette année.

Colonies de guillemots sur les falaises de Duncansby Head

Je n’ai remarqué aucune différence dans la population de fulmars.

Fulmar à Duncansby Head

En ce qui concerne les macareux, ils étaient en nombre raisonnable sur l’île de Sraffa et en très grand nombre sur Lunga dans les îles Treshnish.

Macareux sur l’île Lunga

Un biologiste local m’a dit qu’il n’avait jamais vu un si grand nombre de ces oiseaux. Cela signifie que la nourriture est abondante dans le coin. J’ai aussi vu de nombreux petits pingouins (Todda) à Lunga, et aussi quelques-uns à Duncansby.

Petit pingouin Torda à Lunga

En 2023 en Islande, j’ai remarqué que la population de macareux était plus faible que les années précédentes. En 2024, le ministère de l’Environnement et des groupes écologistes ont demandé de mettre la pédale douce sur la chasse aux macareux et la vente de leur viande dans les restaurants du pays car la population de ces oiseaux connaît « un terrible déclin ». Il y a encore quelques années, l’Islande hébergeait 20 % de la population mondiale de macareux rien que dans les îles Vestmann et 3 millions de couples nicheurs dans l’ensemble du pays. La situation a bien changé. Une étude publiée en 2023 indique que la population de macareux a chuté de 70 % depuis 1995 ! Bien plus que la chasse, le déclin est dû à la diminution de la nourriture dans la mer à cause du réchauffement climatique.

Macareux et son butin. Comme pour beaucoup d’autres espèces, les populations de macareux varient en fonction de la nourriture qui se compose essentiellement de capelan, de hareng, ou encore de lançon.

(Photos : C. Grandpey)

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While extreme heat might cause discomfort for those of us on land, New Brunswick researchers in Canada are getting concerned about the effect of heat waves on seabird populations as well. The same concer has been voiced by other marine biologists in Europe. In the last three years, there have been more and more marine heat waves, with some even reaching extreme levels.

New Brunswick biologists are involved in a long-term monitoring program of six different seabird species on Machias Seal Island which lies southwest of Grand Manan between the Gulf of Maine and the Bay of Fundy. The program has been ongoing since 1995, which means there isreliabledata that shows how marine heat waves are impacting the populations.

Among the noticeable changes that have been observed, one of the species, Atlantic puffins, are now breeding around two weeks later than they were in the 1990s. So they are coming to the island later but they are leaving at the same time in mid-August. Moreover, the reproductive success in the years following big marine heat waves has been low. For example, 2013 was a bad year, as was 2021, the lowest reproductive success year on record. It should be noticed that, despite this, the puffin population has remained stable for the time being.

The puffins are hatching at almost a normal rate, but about midway through the season, they all start to die, and it seems to be because there is no food for them to eat, a phenomenon that has been observed in the northern Atlantic, especially in Iceland. Puffins have been getting smaller and using their large bills to regulate their body temperature

Globally, seabirds with not very flexible diets are most affected by warming sea temperatures. They feed at the surface of the ocean, and if the fish or organisms that they need are not on the surface because of the heat, the birds may try to go further and tire themselves ou. These birds can include Leach’s storm petrels, common murres, shearwaters and Atlantic puffins.

Common murre, among some other seabirds, have a specific diet, which makes them more affected by the warming sea temperatures. If temperatures continue to rise, some species might be able to adapt while others may not. Seagulls, for example, have a flexible diet and may have more of an ability to adapt, although it will depend on the rate of global warming.

Source : CBC, Iceland Review.

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During a recent trip to Scotland in June 2024, I visited seabird colonies along the northern coast, in places like Duncansby Head, Dunnet Head, or Strathy Point. I also sailed to the Inner Hebrides. I had already visited these places 7 years ago. If the common murres (or guillemots) still flock the cliffs of Duncansy Head in large numbers, the puffins were absent this year. I noticed no difference in the petrel population.

As far as the puffins are concerned, they were in reasonable numbers on Sraffa ansd in very large numbers on Lunga in the Treshnish Iles. A local biologist told me they had never seen such a large number of these birds. This means that the food was abundant. I also saw numerous razorbills at Lunga, and alsa ea few at Duncansby.

In 2023 in Iceland, I noticed that the puffin population was lower than in previous years. In 2024, the Ministry of Environment and groups of environmentalits have asked to cut back on puffin hunting and the sale of puffin meat in the country’s restaurants because the population of these birds has benn « terrifically declining ». Iceland was said to have 20% of the global puffin population in the Westman Islands alone and 3 million nesting pairs in the country. However, a study published in 2023 indicated that the puffin population had dropped by 70% since 1995 ! Much more than hunting, the decline is due to the decrease of food in the sea because of global warming.

Islande : vers la fin de l’éruption? // Iceland : the eruption may be coming to an end

8 heures (heure française – 7 heures en Islande) : Il fait encore nuit en Islande et il est impossible de faire un état des lieux. Les webcams montrent que l’éruption n’est pas terminée, mais elle a bien baissé d’intensité, ce qui est une bonne nouvelle. Les photos publiées dans la presse islandaise montrent que les bulldozers ont été à l’oeuvre depuis le début de l’éruption pour édifier des digues de protection et essayer d’empêcher la lave de pénétrer davantage dans Grindavik. La digue qui avait été édifiée depuis l’éruption du 18 décembre a dévié la coulée de lave émise par la fracture initiale et a permis d’éviter le pire, même si des brèches se sont ouvertes en certains endroits. Ce matin, la sismicité est encore significative mais relativement normale au vu du contexte éruptif. Le tremor poursuit son déclin.

Source: Met Office

Il faut espérer que le gros du magma qui s’était accumulé ces dernières semaines est maintenant évacué et que l’Islande va pouvoir revenir à une situation plus calme, même si cette éruption a causé de gros dégâts à Grindavik. Il reste toujours le risque que du magma continue à circuler dans des fractures à l’intérieur de la ville.

L’éruption a nettement baissé d’intensité par rapport à la veille. (Images webcam le 15 janvier 2024 au matin)

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13h30 : Les autorités locales confirment ce que montraient les webcams ces dernières heures : la fissure sud près de Grindavik a cessé d’émettre de la lave. Cette dernière s’écoule principalement de 2 ou 4 bouches dans la fissure nord initiale ouverte le 14 janvier au matin.. Comme je l’ai écrit précédemment, les digues de protection se sont révélées efficaces et ont dévié la lave émise par la fissure nord.
La fissure sud, qui s’est ouverte à proximité des maisons les plus au nord de Grindavik le 14 janvier à midi, semble avoir cessé son activité ; le débit éruptif a commencé à diminuer tard hier soir.
La digue de terre au nord de Grindavik était à moitié achevée (à moitié de sa hauteur) lorsque l’éruption a commencé le 14 janvier au matin. L’éruption a démontré l’efficacité de ce rempart. Dès le début de l’éruption, des travaux ont été effectués pour surélever certains secteurs de la Nesvegur, du côté nord de Grindavík, ainsi que la zone à proximité, afin qu’elle puisse servir de protection contre la lave.
Toutes les équipes d’intervention se sont réunies dans la matinée du 15 janvier pour examiner la situation à Grindavík. La ville manque d’eau chaude et froide et d’électricité. Les participants à la réunion ont réfléchi aux moyens de sauvegarder les objets de valeur et d’évaluer la situation. La ville est rendue dangereuse en raison des dégâts causés par la lave. De plus, il est important que les animaux encore présents à Grindavik soient secourus le plus rapidement possible car il n’y a plus d’eau dans la ville.
Source  : médias d’information islandais.

Vue du site éruptif le 15 janvier 2024 à 13 heures (image webcam)

Bouche encore active sur la coulée initiale (image webcam)

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18 heures : De toute évidence, l’éruption qui a commencé au matin du 14 janvier 2024 vit ses dernières heures. J’ai essayé de décrire son déroulement le plus fidèlement possible en analysant les excellentes images proposées par les webcams et les paramètres scientifiques mis en ligne par le Met Office islandais.

Selon un volcanologue islandais, l’éruption qui a débuté le 14 janvier 2024 est différente de celle qui a commencé le 18 décembre 2023. Elle n’est pas aussi puissante que la précédente. Il semblerait que la quantité de lave émise soit presque quatre fois inférieure à celle de l’éruption de décembre. L’éruption de décembre s’est terminée très vite, mais celle-ci mettra un peu plus de temps à se terminer, peut-être avec une quantité de lave semblable, voire un peu supérieure.

De son côté le Met Office indique que les mesures GPS montrent que le soulèvement du sol se poursuit sous la région de Svartsengi, signe que le remplissage de la chambre magmatique continue. C’est différent de la situation qui a fait suite à l’éruption de décembre. Les scientifiques évaluent actuellement les données et les mesures pour essayer de déterminer ce que cela peut signifier dans un avenir immédiat.

Le Met Office ajout que des déformations du sol sont toujours observées près de la partie la plus méridionale de l’intrusion magmatique sous Grindavík. De nouvelles fissures sont apparues et celles qui existaient déjà se sont élargies. Il est possible que d’autres fissures apparaissent en surface dans les prochains jours.

Il y a, certes, de gros dégâts à Grindavik, mais la catastrophe aurait pu prendre une autre ampleur sans la digue de terre qui a permis de dévier la coulée de lave initiale. L’ouverture d’une deuxième fracture aux portes de Grindavik était beaucoup plus difficile à gérer. Il était quasiment impossible d’empêcher des maisons de brûler.

Il va maintenant falloir surveiller l’évolution des paramètres sismiques et de déformation. Le sol va-t-il de nouveau se soulever – ou continuer à se soulever – dans le secteur de Svartsengi, là où semble se trouver la source de l’intrusion magmatique ? C’est à mon avis la question la plus importante. En cas de réponse positive, les Islandais devront se préparer à un nouvel assaut de la lave sur la péninsule de Reykjanes. Seront-ils en mesure de l’endiguer ? Il faut l’espérer, mais la partie est loin d’être gagnée.

Source: Icelandic Met Office

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8 a.m. (French time – 7 a.m. in Iceland): It is still night in Iceland and it is impossible to take stock of the situation. The webcams show that the eruption is not over, but it has decreased in intensity, which is good news. Photos published in the Icelandic press show that bulldozers have been at work since the start of the eruption to build protective dikes and try to prevent lava from travelling further into Grindavik. The dike that had been built since the eruption of December 18th diverted the lava flow emitted by the initial fissure and made it possible to avoid the worst, even if breaches opened in certain places. This morning, seismicity is still significant but relatively normal given the eruptive context. The tremor continues its decline. It is to be hoped that most of the magma which had accumulated in recent weeks has now been evacuated and that Iceland will return to a calmer situation, even if this eruption caused great damage to Grindavik.However, there is still the risk that magma may continue to travel in fractures within the town.

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1:30 pm : Local authorities confirm what the webcams were showing in the past hours : the southern fissure near Grindavik has ceased erupting, with lava mainly flowing from the northern fissure. As I put it before, protective barriers have proved effective. The lava seems to be mainly issuing from two to four vents on the initial northern fissure that opened on January 14th in the morning.

The southern fissure, which opened close to the northernmost houses in Grindavik at noon on January 14th, seems to have stopped erupting; its intensity started decreasing late last night.

The earthern barrier north of Grindavik was about halfway completed (half its height) when the eruption began on January 14th in the morning. The eruption demonstrated their worth, Since the start of the eruption, work has been done to raise parts of Nesvegur road on the north side of Grindavík, and the area in its vicinity, so that it could serve as a barrier.

All the key response teams have been meeting in the morning of January 15th to review the situation in Grindavík. The town lacks hot and cold water and electricity. The participants in the meeting considered how to save valuables and assess the situation.The town is obviously dangerous because of the damage caused by the lava. Moreover, it is important that animals still in Grindavik be rescued as soon as possible as there is no more water in the town.

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06:00 pm : Obviously, the eruption which began on the morning of January 14th, 2024 is in its final hours. I tried to describe its progress as faithfully as possible by analyzing the excellent images provided by its webcams and the scientific paraameters released online by the Icelandic Met Office.
According to an Icelandic volcanologiqt, the eruption that started on January 14th, 2024 is quite different from the one that started on December 18th, 2023. This eruption is not as powerful as the previous one. It seems the amount of magma is almost four times less than it was in December. The December eruption was fast to end, but this one will be a little longer to come to an end, maybe with a similar amount of magma or even a little more.

The Met Office indicates that GPS measurements show that land rise continues under Svartsengi, revealing the magma chamber is filling back up. This is different from the way the land was behaving following the December eruption. Experts are evaluating the data and measurements to determine what that could mean for the immediate future.

The Met Office adds that deformation is still detected near the southernmost part of the magma conduit beneath Grindavík. Fresh fissures have developed, and existing ones have expanded. It is possible that additional fissures may emerge on the surface in the next few days.

There is, of course, a lot of damage in Grindavik, but the disaster could have taken another turn without the earthen dike which made it possible to deflect the initial lava flow. The opening of a second siffure on the outskirts of Grindavik was much more difficult to manage. It was almost impossible to stop houses from burning.
We will now have to monitor the evolution of the seismic and deformation parameters. Will the ground rise again in the Svartsengi area, where the source of the magma intrusion appears to be? This is in my opinion the most important question. In the event of a positive response, Icelanders will have to prepare for a new eruption on the Reykjanes peninsula. Will they be able to stem it? We must hope so, but the game will be a difficult one.

Les larmes des caribous // The tears of the caribou

Lorsque l’on voyage en voiture dans le nord de la Scandinavie, du Canada et de l’Alaska, on a de fortes chances de voir des caribous sur le bord de la route, et parfois même sur la chaussée. Ces animaux sont appelés ‘rennes’ par les Scandinaves et ‘caribous’ sur le continent américain.

Le problème, c’est que leur nombre a chuté drastiquement au cours des dernières décennies, probablement en grande partie à cause du réchauffement climatique.

En Alaska dans les années 1990, la harde de caribous de l’Arctique de l’Ouest comprenait quelque 500 000 têtes qui parcouraient un territoire grand comme les 4/5e de la France, offrant aux populations autochtones une source de nourriture régulière.

Entre 1990 et 2021, le nombre de caribous en Alaska a chuté de moitié et la réduction est beaucoup plus globale et affecte tout l’Arctique. Entre la fin des années 1990 et 2018, le nombre de caribous en Alaska, mais aussi au Canada, en Norvège et en Russie a chuté de 56%, passant de d’environ 5 millions à 2 millions d’individus. La baisse n’a cessé de se poursuivre après 2018.

Les causes de cette disparition massive des rennes et des caribous sont encore mal définies, même si on pense que la hausse des températures a joué un rôle déterminant. Par exemple, la neige que l’on observait autrefois pendant l’hiver arctique est souvent remplacée par des pluies verglaçantes qui piègent la nourriture des animaux sous une couche de glace impénétrable, entraînant famine et mort des caribous. De plus, avec la hausse des températures, les été s’allongent avec la multiplication des parasites et des incendies de végétation, de plus en plus nombreux dans la toundra.

On a accusé le loup de tuer trop de caribous, mais les chasseurs sont eux aussi responsables. En fait, c’est surtout l’exploitation minière qui, a côté du réchauffement climatique, pourrait expliquer la chute du nombre de caribous. Plusieurs études ont montré que le développement industriel perturbe le comportement de ces animaux. Ils perçoivent les routes et les oléoducs comme des obstacles qui entravent leurs voies migratoires et leurs modes d’alimentation. L’exploitation minière dans les Territoires du Nord Ouest des Etats Unis n’est pas près de s’arrêter car elle fournit des emplois à la population et des millions de dollars de revenus. Avec le réchauffement climatique, la fonte des glaces et le dégel du permafrost arctiques, de nouveaux gisements vont devenir exploitables comme vient de le démontrer l’accord signé par Joe Biden dans le nord de l’Alaska.

La situation actuelle risque fort de se solder par une perte d’identité du caribou dont le mode de vie se trouve bouleversé. Ce bouleversement d’un mode de vie affecte également les populations autochtones habituées à puiser dans la nature les ressources nécessaires à leur alimentation. Les denrées acheminées depuis l’extérieur par avion coûtent beaucoup plus cher.

Source : National Geographic.

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When you travel by car in northern Scandinavia, Canada and Alaska, you are likely to see caribou on the side of the road, and sometimes even on the roadway. These animals are called ‘reindeer’ by the Scandinavians and ‘caribou’ on the American continent.
The problem is that their numbers have dropped drastically in recent decades, probably largely due to global warming.

In Alaska in the 1990s, the Western Arctic caribou herd comprised some 500,000 heads that roamed an area four fifths of France, providing indigenous populations with a regular food source.
Between 1990 and 2021, the number of caribou in Alaska fell by half and the reduction is much more global, affecting the entire Arctic. Between the end of the 1990s and 2018, the number of caribou in Alaska, but also in Canada, Norway and Russia, fell by 56%, from around 5 million to 2 million individuals. The decline continued after 2018.
The causes of this massive disappearance of reindeer and caribou are still poorly understood, although it is believed that rising temperatures played a determining role. For example, the snow once seen during the Arctic winter is often replaced by freezing rain that traps animal food under an impenetrable layer of ice, leading to caribou starvation and death. In addition, with rising temperatures, summers are getting longer with the multiplication of parasites and wildfires which are more and more numerous in the tundra.
The wolf has been accused of killing too many caribou, but hunters are also responsible. In fact, it is mainly the mining industry which, alongside global warming, could explain the fall in caribou numbers; Several studies have shown that industrial development disrupts the behavior of these animals. They perceive roads and oil pipelines as obstacles that hinder their migratory routes and their feeding methods. Mining in the Northwest Territories of the United States is not about to stop as it provides jobs to the population and millions of dollars in revenue. With global warming, melting ice and thawing of Arctic permafrost, new deposits will become exploitable as has just been demonstrated by the agreement signed by Joe Biden in northern Alaska.
The current situation is likely to result in a loss of identity for the caribou whose way of life is disrupted. This disruption of a way of life also affects indigenous populations accustomed to drawing from nature the resources necessary for their food. The food transported from outside by air costs much more.
Source: National Geographic.

Caribous en Alaska (Photo: C. Grandpey)

Islande : baisse de l’alerte aérienne // Iceland : Aviation Color Code reduced

Suite à la diminution de l’activité sur la péninsule de Reykjanes, le Met Office islandais a abaissé la couleur de l’alerte aérienne au Jaune. Elle était passée à l’Orange dans l’après-midi du 10 novembre 2023. L’alerte est Verte dans le reste du pays.
La couleur Jaune signifie que l’activité est supérieure à la normale, ou que le niveau d’alerte a été réduit à partir d’un niveau supérieur. En effet, l’activité a sensiblement diminué mais reste étroitement surveillée, pour le cas où elle reprendrait.

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Due to the decrease in activity on the Reykjanes Peninsule, the Icelandic Met Office has lowered the aviation colour code to Yellow. It had been upgraded to Orange on the afternoon of November 10th, 2023. It is Green in the rest of the country.

Yellow means that there are signs of activity, above the normal level or, after activity has been reduced from a higher level. Indeed, activity has decreased significantly but is still closely monitored, in case it might increase again.

Source: IMO