Ascension du Mont Blanc : le Couloir du Goûter tue à nouveau

La polémique enfle autour du Mont-Blanc. Deux alpinistes ont été tués hier, percutés par des chutes de pierres causées par les chaleurs extrêmes en altitude. L’Italie a réagi en suspendant l’ascension du Mont Blanc, contrairement à la France.

Deux alpinistes tchèques sont morts dans la nuit du 14 au 15 juillet 2026, dans le couloir du Goûter dans le massif du Mont-Blanc, après une chute de pierres. La zone, surnommée Couloir de la Mort, est bien connue des alpinistes qui doivent le parcourir rapidement et se montrer vigilants.

Les secouristes du PGHM de Chamonix ont reçu l’alerte à 2h30, dans la nuit du 14 au 15 juillet. On leur a indiqué qu’une cordée de trois alpinistes – un guide et deux clients – avait dévissé après une chute de pierres dans le couloir du Goûter.

Plus tard dans la journée, les alpinistes ayant atteint le toit de l’Europe occidentale ont pu redescendre sans risque, après une diminution des chutes de pierres. L’accident est survenu après que le massif du Mont-Blanc ait connu de fortes périodes de sécheresse créant des conditions propices à des chutes de pierres répétées et de plus en plus importantes.

Le Couloir du Goûter, situé sur la voie normale vers le sommet du mont Blanc, est connu pour être particulièrement dangereux en raison de chutes de pierres fréquentes. Le guide, âgé de 57 ans, et l’un de ses clients, âgé de 49 ans, tous deux de nationalité tchèque, sont décédés. Le troisième alpiniste, blessé léger, a été évacué vers l’hôpital de Sallanches.

Quelques jours avant le dramr, la préfecture de la Haute-Savoie alertait sur le risque de chutes de pierres accru en raison de la chaleur : « Les fortes chaleurs et les épisodes caniculaires accélèrent la fonte des neiges résiduelles, des glaciers et du permafrost qui, en haute montagne, joue un rôle de ‘ciment’ naturel entre les roches. Cette fonte rapide déstabilise les parois rocheuses et favorise le détachement de blocs de pierre, parfois de manière soudaine et imprévisible ». Les services de l’État appelaient ainsi à la prudence en montagne.

Certains guides ont déjà pris la décision, depuis plusieurs jours, de ne plus emmener de clients au sommet du mont Blanc, tant le couloir du Goûter fait partie des sites à risque. Si le phénomène s’étend, la mairie de Saint-Gervais assure qu’elle prendra la décision de fermer les refuges.

Source : Presse régionale.

Dans le couloir du Goûter (3 340 m) sur la voie normale du Mont-Blanc, la mortalité moyenne est d’environ 4 décès par an (3,7 en moyenne). Ainsi, entre 1990 et 2017, la traversée du couloir et de l’arête du Goûter a engendré 102 décès et 230 blessés, sur un total de 387 personnes secourues.

Voici une vidéo montrant le Couloir du Goûter et ses dangers :

https://youtu.be/yuCqZm0zvsw

Photo: C. Grandpey

Canicule sur le massif du Mont Blanc : la préfecture appelle à la plus grande prudence

Cela fait maintenant plusieurs semaines que le département de la Haute-Savoie est en vigilance Canicule. Cette situation a forcément des répercussions sur l’alpinisme et en particulier la pratique de ce sport sur le massif du Mont Blanc. L’ascension du toit de l’Europe est risquée en ce moment. En effet, les fortes chaleurs peuvent provoquer d’importantes chutes de pierres, notamment sur le Couloir du Goûter, aussi appelé Couloir de la Mort. La préfecture du département appelle à la plus grande prudence et invite les alpinistes à reporter leur ascension. Le samedi 18 août 2023, une importante chute de pierres a eu lieu en contrebas du refuge du Goûter.

Par ailleurs, des crevasses apparaissent au col derrière le refuge, au pied du Dôme du Goûter puis à l’épaule. Selon la préfecture de la Haute-Savoie, l’ascension par les Trois Monts est « plus technique » que d’habitude : au Mont Maudit, « des piolets tractions sont indispensables ».

Il est rappelé aux personnes qui souhaitent faire l’ascension du Mont Blanc que la réservation est obligatoire et il faut disposer d’un équipement adapté à l’alpinisme. Le bivouac est interdit sur l’ensemble du site.

Suite aux températures particulièrement élevées enregistrées sur le massif (l’iso 0°C se trouvait à 5400 m d’altitude le 21 août), les secouristes du PGHM de Chamonix ne chôment pas. Ils ont effectué sept interventions dans la seule journée du 19 août : beaucoup de blessures et d’alpinistes bloqués par des chutes de pierres, en particulier dans le secteur des Drus et des Grandes Jorasses, mais aucun accident mortel.

Il y a aussi les imprudences. Une randonneuse qui n’était pas équipée pour de l’alpinisme est tombée dans une crevasse, au niveau du col du Géant. Elle a fait une chute de 20 mètres. Elle est gravement blessée mais ses jours ne sont pas en danger.

Source : presse régionale.

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Le service météorologique suisse informe par ailleurs que la vague de chaleur actuelle a fait remonter l’isotherme 0°C à son plus haut niveau depuis le début des relevés en Suisse, il y a près de 70 ans. C’est très inquiétant pour les glaciers du pays.
MétéoSuisse indique que le niveau de l’isotherme 0°C a atteint 5 298 mètres d’altitude au-dessus de la Suisse entre le 19 et le 20 août. Tous les sommets enneigés des Alpes suisses, y compris le Mont Rose (4’634 m), avaient des températures de l’air supérieures au zéro Celsius.
Même le Mont Blanc est concerné. La nouvelle altitude de l’isotherme 0°C a éclipsé un précédent record établi en juillet 2022, année particulièrement dévastatrice pour les glaciers.
Avec un isotherme 0°C bien au-dessus de 5 000 m, tous les glaciers des Alpes sont susceptibles de fondre. De tels événements sont rares et préjudiciables à la santé des glaciers qui dépendent de la neige accumulée en haute altitude. Un météorologue suisse a déclaré : « Si de telles conditions persistent à long terme, les glaciers risquent de disparaître de manière irréversible. » Une étude suisse de 2022 a révélé que les quelque 1 400 glaciers du pays – le plus grand nombre en Europe – avaient perdu plus de la moitié de leur volume total depuis le début des années 1930, dont une baisse de 12 % au cours des six dernières années..

Photo: C. Grandpey

Pas de guides pour accéder au sommet du Mont Blanc !

Les compagnies des guides de Chamonix et Saint-Gervais ont suspendu temporairement l’ascension du mont Blanc par la voie normale en raison d’importantes chutes de pierres dans le couloir du Goûter, à plus de 3000 mètres d’altitude. Suite à un hiver où il a peu neigé et un printemps où il a fait chaud, des blocs se détachent fréquemment de la montagne, de jour comme de nuit. En effet, le permafrost qui assure la stabilité de la montagne dégèle et les parois rocheuses sont particulièrement fragiles. Le 22 juin, un alpiniste a trouvé la mort dans ces circonstances sous le couloir du Goûter. On se souvient qu’un record de chaleur a été enregistré juste en dessous du sommet du mont Blanc à 4800 mètres d’altitude le 18 juin 2022 avec 10,4°C. Le précédent record, établi en juin 2019, était de 6,8 °C.

En conséquence, les alpinistes amateurs sont appelés à « différer leur ascension ». Ce n’est pas la première fois que les guides suspendent l’ascension du mont Blanc. De telles mesures ont déjà été prises sur de courtes périodes en 2018 ou en 2020, pour les mêmes raisons. C’est la preuve que le réchauffement climatique est particulièrement sévère en haute montagne. Ce qui était exceptionnel est en train de devenir banal.

Comme pour les randonnées glaciaires avec les risques d’effondrement – comme au glacier italien de la Marmolada, – aucune interdiction d’ascension du Mont Blanc ne sera décrétée. Le PGHM s’en tient à un message « de vigilance et de prudence ». La préfecture de Haute-Savoie a elle aussi lancé un appel à la prudence par voie de communiqué, recommandant aux alpinistes « de différer leur ascension momentanément ».

Mais c’est bien connu, la montagne, c’est la liberté….quitte à se faire tuer!

Source: Presse régionale.

Photo: C. Grandpey