Pour la protection des coraux… // For coral protection…

En ce 4 juillet 2018, jour de la Fête Nationale aux États-Unis, le gouverneur de l’État d’Hawaii a signé une loi interdisant la vente d’écrans solaires contenant deux produits chimiques susceptibles de nuire aux récifs coralliens. Cette décision fait d’Hawaï le premier État américain à interdire l’oxybenzone et l’octinoxate.
La loi entrera en vigueur en 2021.
Le Gouverneur a déclaré que l’Etat devra également poursuivre ses efforts pour protéger les coraux, avec en particulier la lutte contre les espèces invasives, la pollution due aux eaux de ruissellement, et le changement climatique.
Les écrans solaires contenant de l’oxybenzone et de l’octinoxate ne seront tolérés que pour les personnes en possession d’une ordonnance médicale. Les autres devront acheter des écrans solaires sans ces produits chimiques ou venir à Hawaii avec leur propre crème solaire. Les scientifiques ont découvert que les deux substances peuvent être toxiques pour les récifs coralliens qui constituent une partie vitale de l’écosystème océanique et attirent les touristes.
Les critiques affirment qu’il n’y a pas assez d’études scientifiques indépendantes démontrant que les produits chimiques nuisent aux récifs coralliens. Le groupe Retail Merchants of Hawaii a déclaré qu’il était préoccupé par l’interdiction qui allait décourager les gens d’acheter de la crème solaire dans les magasins locaux.
Lorsque l’idée de l’interdiction a été émise, la Hawaii Medical Association s’est inquiétée de l’impact sur la santé publique de l’interdiction de certains types de crème solaire. Cela irait à l’encontre de plusieurs décennies de politique publique mettant en garde sur le cancer de la peau et les risques d’une exposition prolongée au soleil.
Source: Presse hawaïenne.

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On July 4th, 2018, Independence Day in the United States, the Governor of the State of Hawaii has signed legislation that will ban the sale of sunscreens containing two chemicals thought to harm coral reefs. The move makes Hawaii the first U.S. state to enact a ban on oxybenzone and octinoxate.

The legislation will take effect in 2021.

The Governor said the State will also need to continue other efforts to protect coral, including fighting invasive species, pollution from land runoff and climate change.

Sunscreen containing oxybenzone and octinoxate will only be available to those with a prescription from a physician. Others will have to buy sunscreens without these chemicals or bring their own sunscreen with them to Hawaii. Scientists have found the two substances can be toxic to coral reefs, which are a vital part of the ocean ecosystem and a popular draw for tourists.

Critics say there are not enough independent scientific studies supporting the assertion that the chemicals harm coral reefs. The group Retail Merchants of Hawaii has said it is concerned the ban will discourage people from buying sunscreen at brick and mortar stores.

When the idea of the ban was put forward, the Hawaii Medical Association raised concerns over the public health impact of banning certain types of sun lotion on the islands. The ban would go against several decades of public policy and public health concerns about skin cancer and sun exposures.

Source: Presse hawaiienne.

Photo: C. Grandpey

Destruction et protection de la Nature à Hawaii // Destruction and protection of Nature at Hawaii

Destruction: Les sites le long de la côte de Puna ne sont pas les seules ressources naturelles mise en péril par l’éruption du Kilauea. Le Département des Terres et Ressources Naturelles (DLNR) nous informe que l’activité volcanique dans la Lower East Rift Zone est en train de provoquer de graves dégâts dans les réserves marines et forestières.
La perte principale concerne sans aucun doute les Waiopae Tidepools dans la baie de Kapoho où la coulée de lave en provenance de la Fracture n° 8 a envahi au moins 150 hectares de mer et complètement submergé les Waiopae Tidepools. Moins de un pour cent de l’environnement marin à Hawaï est entièrement protégé grâce à cette région, de sorte que la perte des Waiopae Tidepools est une véritable catastrophe.
D’autres sites gérés par le DLNR sont affectés par l’éruption du Kilauea. Parmi eux figure le Lava Tree State Monument qui a été fermé peu de temps après le début de l’éruption en raison de la proximité des coulées de lave et des émissions de gaz nocifs. Avant la fermeture, les visiteurs pouvaient profiter d’un sentier en boucle qui permet d’admirer les troncs d’arbres moulés par les coulées de lave qui ont traversé la forêt dans le passé. Comme je l’ai déjà dit, des dizaines de touristes ont été verbalisés dans le Lava Tree Monument et la MacKenzie State Recreation Area dont l’accès est actuellement interdit.
Environ la moitié de la réserve forestière de Malama Ki, d’une superficie de 612 hectares, a été fermée car la lave a brûlé une grande partie de la végétation et les gaz volcaniques ont défolié des centaines d’arbres. La réserve fournit un habitat à de petites populations d’oiseaux indigènes, avec un isolement qui leur a permis de développer une résistance à la variole et au paludisme aviaires. Les responsables de la DLNR espèrent qu’ils ne perdront pas ce pool génétique. Si une destruction supplémentaire d’habitat devait se produire, les populations d’animaux sauvages pourraient se fragmenter encore davantage ou voir leur domaine vital se rétrécir, entraînant leur déclin, voire leur disparition.
Source: DLNR.

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Protection: La loi hawaiienne devrait bientôt interdire la vente d’écrans solaires contenant des produits chimiques susceptibles de provoquer la destruction des récifs coralliens. L’interdiction concernera les lotions contenant de l’oxybenzone et de l’octinoxate, qui, selon certains scientifiques, contribuent au blanchissement des coraux. Elle pourrait être mise en place en janvier 2021 si le projet de loi est approuvé par le gouverneur de l’Etat d’Hawaii.
Environ 3 500 produits de protection solaire contenant de l’oxybenzone et de l’octinoxate sont actuellement disponibles dans le monde entier. Ces produits chimiques provoquent la mortalité des coraux au cours de leur phase de développement ; ils favorisent le blanchissement des coraux, signe d’un stress extrême, et ils causent des dommages génétiques aux coraux et autres organismes marins. Il a également été démontré que ces produits chimiques diminuent la résilience et la capacité des coraux à s’adapter aux facteurs de changement climatique et inhibent le recrutement de nouveaux coraux.
En 2015, une étude publiée par un groupe de scientifiques internationaux a montré que l’oxybenzone était «hautement toxique» pour les jeunes coraux et d’autres organismes marins. Les chercheurs ont découvert que ce produit chimique non seulement augmente la probabilité de blanchissement, mais il endommage aussi l’ADN ; de plus, il entraîne une croissance anormale du squelette et des déformations chez le très jeune corail.
Le corail blanchit lorsque la température de l’eau dépasse le niveau tolérable. Une vague de chaleur sur la Grande Barrière de Corail en Australie entre mars et novembre 2016 a causé la mort de 30% des coraux.
Selon le projet de loi hawaiien, la pollution chimique dans les eaux de l’archipel est « constamment renouvelée » par les gens qui se baignent ou qui nagent après s’être enduits d’écran solaire. La loi serait la première du genre dans le monde. Elle marquerait une énorme différence entre la protection des récifs coralliens et la vie marine d’une part, et la santé humaine d’autre part.
La partie n’est pas encore gagnée. En effet, le projet de loi a reçu l’opposition de la Hawaii Medical Association qui s’inquiète de l’impact sur la santé publique de l’interdiction de certains types de crème solaire. Cela irait à l’encontre de plusieurs décennies de politique de santé publique mettant en garde sur le cancer de la peau et les risques d’une exposition prolongée au soleil.
Source: The Independent.

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Destruction: Shoreline sites along the Puna coastline are not the only precious natural resource endangered by the ongoing Kilauea Volcano eruption. The Department of Land and Natural Resources DLNR) informs us that volcanic activity in the Lower East Rift Zone is spreading destruction to marine and forest preserves.

The main loss is undoubtedly the Waiopae Tidepools at Kapoho Bay, where the lava flow from fissure 8 has filled at least 150 hectares of ocean and completely inundated the Waiopae Tidepools. Less than one percent of the marine environment in Hawaii is fully protected by these districts, so the loss of Waiopae is a disaster.

Other DLNR-managed sites impacted by the Kilauea eruption include the Lava Tree State Monument which was closed shortly after the eruption began because of its proximity to lava flows and noxious gas emissions. Before the closure, visitors could enjoy a loop trail that provides views of lava molds of tree trunks burned when flows swept through the forest. As I put it before, citations have been issued to dozens of sightseers caught in Lava Tree Monument and MacKenzie State Recreation Area.

About half of the 612-hectare Malama Ki Forest Reserve has been closed, as lava burned much of the forest and volcanic emissions have defoliated hundreds of trees. The reserve provides habitat to small populations of native forest birds whose isolation has allowed them to develop resistance to avian pox and avian malaria. DLNR officials hope they will not lose that genetic pool. With additional habitat loss expected, wildlife populations may become further fragmented or find their home ranges shrunk, leading to their rapid decline or extermination.

Source: DLNR.

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Protection : The state legislature in Hawaii is set to ban the sale of sunscreens that contain chemicals linked to the destruction of coral reefs. It has moved to pass laws prohibiting lotions containing oxybenzone and octinoxate, believed by some scientists to contribute to coral bleaching. The ban could be brought into place by January 2021, if the bill is approved by the state’s governor.

Around 3,500 sun protection products containing oxybenzone and octinoxate are currently available to consumers worldwide. These chemicals cause mortality in developing coral, increase coral bleaching that indicates extreme stress, and cause genetic damage to coral and other marine organisms. These chemicals have also been shown to degrade corals’ resiliency and ability to adjust to climate change factors and inhibit recruitment of new corals.

In 2015, a study published by a group of international scientists concluded oxybenzone was “highly toxic” to juvenile corals and other marine life. Researchers found the chemical not only increased the likelihood of bleaching, but also caused DNA damage, abnormal skeleton growth and deformities in baby coral.

Coral bleaches when water temperatures rise above a level it can tolerate. A heatwave on Australia’s Great Barrier Reef between March and November 2016 caused 30 per cent of its coral to die off

The legislation warns chemical pollution in Hawaii’s waters was being “constantly refreshed and renewed” by swimmers and beach goers wearing sunscreen. It would be a “first-in-the-world law”. If the bill becomes law, it will make a huge difference in protecting coral reefs, marine life, and human health in Hawaii.

However, the bill has received opposition from the Hawaii Medical Association, which has raised concerns over the public health impact of banning certain types of sun lotion on the islands. The ban would go against several decades of public policy and public health concerns about skin cancer and sun exposures.

Source : The Independent.

Lava trees (Photos: C. Grandpey)

Souvenirs des Waiopae Tidepools (Photos: C. Grandpey)

L’Australie se moque-t-elle de la COP 21? // Does Australia care about the Paris climate agreement ?

Une grosse compagnie minière indienne vient d’annoncer le lancement officiel d’un projet de 16 milliards de dollars d’extraction de charbon en Australie. Selon les écologistes, un tel projet constituera une menace pour la Grande Barrière de Corail. La mine de Carmichael, d’une superficie de 260 kilomètres carrés, produirait chaque année des millions de tonnes de combustible fossile.
Le projet a rencontré une vive opposition en Australie où les groupes écologistes affirment qu’il réduit à néant la promesse de l’Australie de limiter les émissions de gaz à effet de serre et de protéger l’environnement, en particulier les récifs en péril au large de la côte du Queensland.
Au cours des derniers mois, les autorités australiennes ont éliminé les obstacles réglementaires susceptibles d’entraver le projet et le gouvernement a annoncé qu’il avait approuvé, sous condition, un prêt de 750 millions de dollars pour la construction d’une ligne ferroviaire permettant de transporter le charbon de la mine Carmichael vers un terminal situé sur la côte. Au maximum de son rendement, la mine produirait environ 44 millions de tonnes de charbon par an à destination de l’Inde où le combustible permettrait d’alimenter 100 millions de foyers en électricité.
Les écologistes et les scientifiques ont vivement contesté le projet et déclaré qu’il allait à l’encontre des efforts visant à lutter contre le changement climatique. L’Australie est partie prenante dans l’Accord climatique de Paris et s’est engagée à réduire les émissions polluantes de 26 à 28 pour cent d’ici 2030. Il semble difficile d’être le plus grand exportateur mondial de charbon et, en même temps, de prendre des mesures sur le changement climatique!
Malgré tout, l’annonce du géant minier indien ne garantit pas que la mine sera opérationnelle car la compagnie n’a pas encore réuni suffisamment de fonds pour commencer le projet. Sous la pression de la population, plusieurs banques se sont montrées réticentes et affirment qu’elles ne le financeront pas.
L’annonce est venue alors que les scientifiques continuent à alerter sur l’avenir de la Grande Barrière de Corail. La structure corallienne a blanchi et montre aujourd’hui de larges bandes de coraux morts sous l’effet de la hausse rapide des températures. Le changement climatique reste de loin la plus grande menace pour les récifs coralliens. Pour protéger la Grande Barrière, il faudra s’attaquer au changement climatique en réduisant rapidement et considérablement nos émissions de carbone.
Source: Journaux australiens et américains.

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An Indian mining giant has just announced the official start of a proposed $16 billion coal project in Australia that conservationists say threatens the Great Barrier Reef. The 260-square-kilometre Carmichael mine would produce millions of tons of the fossil fuel each year.

It has faced severe backlash in the country from environmental groups who say the project would negate Australia’s pledges to limit greenhouse gas emissions and harm the environment, particularly the imperilled reef, located off Queensland’s coast.

In recent months, Australian officials have cleared regulatory hurdles for the project and the federal government announced it had conditionally approved a $750 million loan to help build a rail line to transport coal from the Carmichael mine to a proposed shipping terminal on the coast. At its peak, the mine would produce about 44 million tons of coal annually to ship to India. That’s enough energy to power 100 million homes.

Environmentalists and scientists have lambasted the project and said it runs contrary to any efforts to address climate change. Australia is still party to the landmark Paris climate accord and has pledged to reduce emissions 26 to 28 percent by 2030. It seems difficult to be the world’s biggest coal exporter and at the same time be taking action on climate change!

The Indian mining giant’s announcement doesn’t guarantee the mine will be built because the company has yet to secure enough funding to start the project. Following public pressure, multiple banks have distanced themselves from the mine, saying they would not fund the project.

The announcement comes as scientists continue to warn about the future of the Great Barrier Reef. The structure has endured back-to-back mass bleaching events that have left large swaths of coral dead, spurred by rapidly warming global temperatures. Climate change remains by far the greatest threat to the reef. To protect the Great Barrier for the future means tackling climate change by rapidly and drastically reducing our carbon emissions.

Source: Australian and US newspapers.

Image satellite montrant une partie de la Grande Barrière de Corail le long de la côte australienne du Queensland. (Source: NASA)

 

Le CO2 et l’acidification des océans // Carbon dioxide and Ocean acidification

drapeau francaisDes scientifiques de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et de l’Institut d’Etudes Maritimes et Atmosphériques de l’Université de Miami ont mis en évidence les modifications spectaculaires subies par les communautés coralliennes qui se transforment en tapis d’algues dans les eaux de l’Océan Pacifique, dans une région où un volcan sous-marin émet du dioxyde de carbone.
La nouvelle étude, publiée en ligne le 10 août dans Nature Climate Change, a été effectuée sur les Iles Maug, un ensemble de trois petites îles volcaniques inhabitées dans les Mariannes du Nord, à environ 700 kilomètres de Guam. En disposant des instruments sous-marins capables de mesurer en continu les effets du dioxyde de carbone, les scientifiques ont créé un laboratoire naturel qui montre que la couverture corallienne à proximité des bouches volcaniques a diminué sous l’effet de quantités importantes de dioxyde de carbone, laissant place à des rochers couverts d’algues.
L’étude donne une bonne idée de l’acidification des océans dans les années à venir, autrement dit de l’absorption par les océans de la planète des quantités de dioxyde de carbone émises par l’homme en quantités de plus en plus importantes. Les scientifiques prédisent que les quantités importantes de dioxyde de carbone absorbées par les océans de la planète vont entraîner des modifications des écosystèmes, ce qui empêchera le corail de développer de nouveaux squelettes et permettra aux plantes et aux animaux de les éroder plus facilement.
Cette étude est la première à prouver, grâce à un travail sur le terrain, que l’augmentation de l’acidification des océans a pour résultat un changement spectaculaire d’un écosystème qui passe du corail aux algues. Les récifs coralliens sains fournissent de la nourriture et un abri aux poissons ; ils permettent aussi le développement du tourisme et protègent le littoral contre les tempêtes. La transformation du corail en roches couvertes d’algues s’accompagnera inévitablement d’une perte de la diversité des espèces et des avantages offerts par les récifs.
Source: NOAA.

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drapeau anglaisScientists from the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) and the Institute for Marine and Atmospheric Studies at the University of Miami have documented a dramatic shift from coral communities to carpets of algae in remote Pacific Ocean waters where an underwater volcano spews carbon dioxide.

The new research, published online August 10th in Nature Climate Change, was conducted on Maug, an uninhabited volcanic island in the Northern Mariana Islands, about 700 kilometres from Guam. By setting up underwater instruments to continuously measure the effects of carbon dioxide, scientists were able to use this natural laboratory to show that coral cover decreased under higher levels of carbon dioxide, giving way to algae-covered rocks near the volcano’s vents.

The research provides a stark look into the future of ocean acidification – the absorption by the global oceans of increasing amounts of human-caused carbon dioxide emissions. Scientists predict that elevated carbon dioxide absorbed by the global oceans will drive similar ecosystem shifts, making it difficult for coral to build skeletons and easier for other plants and animals to erode them.

The research is the first field evidence that increasing ocean acidification results in a dramatic ecosystem change from coral to algae. Healthy coral reefs provide food and shelter for abundant fisheries, support tourism and protect shorelines from storms.  A shift from coral to algae-covered rocks is typically accompanied by a loss of species diversity and the benefits that reefs provide.

Source: NOAA.

Acidif

Modélisation bathymétrique des Iles Maug (Source: NOAA)