Concentrations record de méthane dans l’atmosphère // Record methane concentrations in the atmosphere

Quand on parle de gaz à effet de serre on pense avant tout au dioxyde de carbone (CO2), le gaz carbonique dont les concentrations sont en hausse constante dans l’atmosphère. Je diffuse régulièrement les relevés effectués en haut du Mauna Loa à Hawaii ainsi que la Courbe de Keeling qui les accompagne.

A côté du dioxyde de carbone, le méthane (CH4) contribue largement au réchauffement climatique. La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) vient d’indiquer que la concentration atmosphérique de méthane a atteint un nouveau record et que l’augmentation de ce gaz dans l’atmosphère a été de 17 ppb (parties par milliard), soit la plus forte hausse annuelle enregistrée depuis le début des mesures en 1983. En 2020, l’augmentation était de 15 ppb, et constituait déjà un record.

On peut lire sur l’excellent site web global-climat que le méthane est généré par la production, le transport et l’utilisation de combustibles fossiles, mais aussi par la décomposition des matières organiques dans les zones humides et comme sous-produit de la digestion des ruminants dans l’agriculture. Sans oublier les quantités phénoménales liées au dégel du pergélisol arctique. L’une des principales sources d’émissions de méthane d’origine humaine est l’industrie pétrolière et gazière.

La durée de vie du méthane dans l’atmosphère est beaucoup plus courte que celle du dioxyde de carbone – une dizaine d’années pour le CH4 contre une centaine pour le CO2 – mais le méthane est environ 25 fois plus puissant que le dioxyde de carbone pour piéger la chaleur dans l’atmosphère. Ainsi, sur une échelle de 20 ans, l’effet de réchauffement du CH4 est environ 80 fois fois supérieur à celui du CO2.

Lors de la COP26 à Glasgow en 2021, les participants se sont mis d’accord sur une promesse de réduction des émissions de méthane de 30 % d’ici à 2030. Promesse oui, mais non contraignante!

On estime qu’environ 30 % du méthane provient de la production de combustibles fossiles. La réduction des émissions de méthane pourrait contribuer à réduire plus rapidement le réchauffement climatique qu’une stratégie basée uniquement sur le dioxyde de carbone.

Pendant ce temps, les niveaux de dioxyde de carbone ont continué à augmenter à des taux historiquement élevés. Selon la NOAA, la moyenne mondiale de la concentration de dioxyde de carbone en surface en 2021 était de 414,7 ppm, soit une augmentation de 2,66 ppm par rapport à la moyenne de 2020. Si l’on combine les émissions de CO2 à celles du méthane (CH4) et du protoxyde d’azote (NO2), on se rend vite compte que les émissions globales de gaz à effet de serre provenant de l’énergie ont atteint un niveau record en 2021.

Les sources biologiques de méthane – telles que les zones humides – sont un facteur important d’augmentation du méthane depuis 2006. A cela s’ajoute l’accélération du dégel du pergélisol qui continue à accroître l’étendue de ces zones humides. Cette situation est préoccupante car elle pourrait signaler une boucle de rétroaction causée par une augmentation des pluies sur les zones humides tropicales, qui à son tour génère encore plus de méthane, un cycle qui échapperait largement au contrôle de l’homme.

En outre, les émissions globales de méthane du secteur de l’énergie sont massivement sous-déclarées. L’Agence Internationale de l’Energie estimait en février 2022 qu’elles sont supérieures d’environ 70 % à la quantité officiellement déclarée par les gouvernements nationaux.

L’Engagement mondial en matière de méthane, lancé en novembre par plus de 110 pays lors de la conférence COP26 à Glasgow, a marqué un important pas en avant. Il y a tout de même un bémol : sur les cinq pays ayant les émissions de méthane les plus importantes de leurs secteurs énergétiques – la Chine, la Russie, les États-Unis, l’Iran et l’Inde – seuls les États-Unis font partie de l’Engagement.

Source : global-climat.

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When we talk about greenhouse gases, we think above all of carbon dioxide (CO2) whose concentrations are constantly rising in the atmosphere. I regularly release the readings taken on Mauna Loa in Hawaii as well as the Keeling Curve that accompanies them.
Alongside carbon dioxide, methane (CH4) contributes significantly to global warming. The National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) has just indicated that the atmospheric concentration of methane has reached a new record and that the increase in this gas in the atmosphere has been 17 ppb (parts per billion), the most significant annual increase recorded since the beginning of the measurements in 1983. In 2020, the increase was 15 ppb, and was already a record.
We can read on the excellent global-climat website that methane is generated by the production, transport and use of fossil fuels, but also by the decomposition of organic matter in wetlands and is a by-product of digestion of ruminants in agriculture. Not to mention the huge quantities linked to the thawing of the Arctic permafrost. One of the main sources of man-made methane emissions is the oil and gas industry.
The lifetime of methane in the atmosphere is much shorter than that of carbon dioxide – about ten years for CH4 compared to a hundred for CO2 – but methane is about 25 times more potent than carbon dioxide to trap heat in the atmosphere. Thus, on a 20-year scale, the warming effect of CH4 is about 80 times greater than that of CO2.
At COP26 in Glasgow in 2021, participants agreed on a promise to reduce methane emissions by 30% by 2030. A promise OK, but not binding!
It is estimated that around 30% of methane comes from the production of fossil fuels. Reducing methane emissions could help reduce global warming faster than a strategy based on carbon dioxide alone.
Meanwhile, carbon dioxide levels have continued to rise at historically high rates. According to NOAA, the global average surface carbon dioxide concentration in 2021 was 414.7 ppm, an increase of 2.66 ppm from the 2020 average. If we combine CO2 emissions to those of methane (CH4) and nitrous oxide (NO2), we quickly realize that global greenhouse gas emissions from energy have reached a record level in 2021.
Biological sources of methane – such as wetlands – have been a major contributor to the increase in methane since 2006. Added to this is the acceleration of permafrost thawing which continues to increase the extent of these wetlands. This situation is concerning because it could signal a feedback loop caused by increased rainfall over tropical wetlands, which in turn generates even more methane, a cycle that is largely beyond human control.
In addition, overall methane emissions from the energy sector are massively underreported. The International Energy Agency estimated in February 2022 that they are about 70% higher than the amount officially declared by national governments.
The Global Methane Commitment, launched in November by more than 110 countries at the COP26 conference in Glasgow, marked an important step forward. There is still a downside: of the five countries with the highest methane emissions from their energy sectors – China, Russia, the United States, Iran and India – only the United States are part of the Commitment.
Source: global-climat.

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Evolution des concentrations de CH4 et de CO2 dans l’atmosphère : des courbes qui font froid dans le dos!

 

COP 26 : émissions et concentrations de CO2 // COP 26 : CO2 emissions vs. CO2 concentrations

Au coeur de la pandémie de Covid-19, tous les médias mondiaux s’accordaient pour dire que les émissions de CO2 diminuaient. L’air avait l’air plus pur et la visibilité était meilleure sans la brume habituelle causée par la pollution. En Asie, les gens se réjouissaient parce qu’ils pouvaient voir l’Everest à des centaines de kilomètres de distance.
Pour ma part, j’étais beaucoup moins enthousiaste et j’insistais sur le fait qu’il ne fallait pas prendre en compte les émissions, mais les concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. La référence dans ce domaine est la courbe de Keeling qui rend compte des mesures effectuées sur le volcan Mauna Loa sur la Grande Ile d’Hawaii.
Tandis que les médias disaient que la pandémie de Covid-19 était une aubaine d’un point de vue environnemental, je montrais la courbe de Keeling qui, elle, ne réagissait pas à la baisse des émissions de CO2. Il faut garder à l’esprit que même si les émissions de CO2 diminuent, il faudra beaucoup plus de temps pour que les concentrations suivent la même voie. J’ai abordé ce sujet avec l’explorateur Jean-Louis Etienne qui m’a expliqué qu’en supposant que l’on arrête soudainement les émissions de CO2 avec une baguette magique, il faudrait plusieurs décennies pour que l’atmosphère retrouve un semblant d’équilibre.
Alors que la COP 26 se déroule à Glasgow, la presse internationale se rend compte que la baisse spectaculaire des émissions de dioxyde de carbone suite au confinement pandémique n’est plus qu’un souvenir. Cette situation est confirmée par une nouvelle étude scientifique.
Un groupe de scientifiques qui étudie le comportement des gaz à effet de serre a déclaré que les neuf premiers mois de 2021 a constaté que les émissions de CO2 étaient légèrement inférieures aux niveaux de 2019. Ils estiment qu’en 2021, le monde aura émis 36,4 milliards de tonnes de dioxyde de carbone, contre 36,7 milliards de tonnes il y a deux ans.
En 2020, au plus fort de la pandémie, les émissions étaient tombées à 34,8 milliards de tonnes. On constate donc un bond de 4,9% cette année selon les calculs mis à jour par le Global Carbon Project.
Un climatologue anglais de l’Université d’East Anglia qui a participé à l’étude explique que si la plupart des pays sont revenus au niveau qui a précédé la pandémie, c’est l’augmentation de la pollution en Chine qui est la principale responsable du retour aux niveaux de 2019.
En respirant l’air remarquablement pur de 2020 dans les villes d’Inde ou d’Italie, certains ont pu penser que le monde était sur la bonne voie pour réduire la pollution par le carbone, mais les scientifiques ont tempéré cet optimisme en déclarant que ce n’était pas le cas. Ce n’est pas une pandémie qui fera baisser les émissions et les concentrations de CO2. Ce sont les décisions qui sont prises cette semaine et la semaine prochaine à Glasgow. Pour que les concentrations de CO2 déclinent dans les prochaines années, il faudrait que les décisions soient CONTRAIGNANTES et ne se limitent pas à de simples promesses!
La nouvelle étude indique que si le monde veut limiter le réchauffement climatique à 1,5°C par rapport à l’époque préindustrielle, il ne lui reste que 11 ans pour y parvenir avant qu’il ne soit trop tard.
La réalité ne m’incite pas à être optimiste. En 2021, les émissions de CO2 en Chine dépassent de 7% celles de 2019. En Inde, le dépassement est de 3%. En revanche, les États-Unis, l’Union européenne et le reste du monde ont moins pollué cette année qu’en 2019. Le bond de la Chine est principalement dû à la combustion du charbon et du gaz naturel pendant la période de reprise économique qui a suivi le confinement dans le pays. De plus, le confinement en Chine a pris fin bien plus tôt que dans le reste du monde, de sorte que le pays a mis plus de temps pour récupérer économiquement et a donc envoyé plus de carbone dans l’air. On verra si c’est la bonne explication et si la Chine renversera la tendance dans les prochains mois.

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At the heart of the Covid-19 pandemeic, all the world media agreed to say that CO2 emissions were decreasing. The air looked cleaner and visibility was better without the usual haze caused by pollution. In Asia, people rejoiced because they could see Mount Everest hundeds of kilometres away.

For my part, I was much less cautious and I insisted that what whould be taken into account was not the emissions, but the concentrations of carbon dioxide in the atmosphere. The reference in that domain is the Keeling Curve which conveys the measurements performed on Mauna Loa volcano on Hawaii Big Island.

While the media were saying that the Covid-19 pandemic was a godsend from an environmental point of view, I showed several times the Keeling Curve which did not react to the decrease in CO2 emissions. People should bear in mind that even though CO2 emissions are declining, it will take a much longer time for CO2 concentrations to decrease. I talked about this topic with Jean-Louis Etienne who told me that supposing we stopped CO2 emisions suddenly with a magiwc wand, it would take the atmosphere several decades to regain some sort of balance.

While COP 26 is going on in Glasgow, the international press realises that the dramatic drop in carbon dioxide emissions from the pandemic lockdown has pretty much disappeared. The current situation is confirmed by a new scientific study.

A group of scientists who track heat-trapping gases said the first nine months of 2021 put emissions a tad under 2019 levels. They estimate that in 2021 the world will have spewed 36.4 billion metric tons of carbon dioxide, compared to 36.7 billion metric tons two years ago.

At the height of the pandemic last year, emissions were down to 34.8 billion metric tons, so this year’s jump is 4.9%, according to updated calculations by Global Carbon Project.

An English climate scientist from the University of East Anglia who participated in the study explains that while most countries went back to pre-pandemic trends, China’s pollution increase was mostly responsible for worldwide figures bouncing back to 2019 levels rather then dropping significantly below them.

With 2020’s dramatically clean air in cities from India to Italy, some people may have hoped the world was on the right track in reducing carbon pollution, but scientists said that wasn’t the case.

It’s not the pandemic that will make CO2 emissions and concentrations decrease. It’s the decisions that are being taken this week and next week in Glasgow. They should be decisions which are BINDING, not just promises.

The new study says that if the world is going to limit global warming to 1.5 degrees Celsius since pre-industrial times, it has only 11 years left at current emission levels before it is too late.

Reality does not incite me teo be optimistic. Emissions in China were 7% higher in 2021 when compared to 2019. India’s emissions were 3% higher. In contrast, the United States, the European Union and the rest of the world polluted less this year than in 2019. China’s jump was mostly from burning coal and natural gas and was part of a massive economic stimulus to recover from the lockdown. In addition, China’s lockdown ended far earlier than the rest of the world, so the country had longer to recover economically and pump more carbon into the air. We’ll see whether this is the right explanation and if China will reverse the tendency in the coming months.

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La dernière mise à jour de la Courbe de Keeling (2 novembre 2021) montre une concentration de CO2 de 414,05 ppm.

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Voici le tracé global de la courbe entre les années 1700 et aujourd’hui. Avant 1958, ce sont les carottes de glace qui ont renseigné sur les concentrations de CO2 dans l’atmosphère.

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En observant le tracé de la courbe pour les années 2020 et 2021, on se rend compte que les confinements qui ont accompagné la pandémie de Covid-19 n’ont pas eu d’effet sur les concentrations de CO2 dans l’atmosphère.

Source: NOAA / Scripps Institution of Oceanography

Émissions et Concentrations de CO2

Les médias ne cessent de le répéter : l’épidémie de coronavirus a un effet bénéfique sur les ÉMISSIONS de CO2 dans le monde. Comme cela était prévisible – et s’était déjà produit pendant le confinement de printemps – les émissions de CO2 dues aux combustibles fossiles et à l’industrie ont chuté à travers le monde au cours de l’automne. Selon une analyse préliminaire du Global Carbon Project, ces émissions devraient chuter de 7% en 2020.

Le pic de diminution des émissions de CO2 en 2020 s’est produit au mois d’avril, lorsque les mesures de confinement étaient à leur maximum, en particulier en Europe et aux Etats-Unis. Les émissions quotidiennes de CO2 fossile ont alors chuté de 17% dans le monde. Elles ont augmenté par la suite et leur niveau est actuellement presque semblable à celui de la fin de 2019.

Les émissions de CO2 ont certes décliné au niveau mondial pendant la pandémie, mais les CONCENTRATIONS de ce gaz dans l’atmosphère ont continué d’augmenter. Elles ont progressé d’environ 2,5 parties par million (ppm) en 2020, et devraient atteindre 412 ppm en moyenne sur l’année. Il ressort que malgré la crise sanitaire, la hausse est proche de celle de 2019, année où la croissance avait été de 2,46 ppm.

Il faut bien faire la distinction entre émissions et concentrations. Les émissions représentent ce qui entre dans l’atmosphère en raison des activités humaines, alors que les concentrations indiquent ce qui reste dans l’atmosphère au terme des interactions entre l’air, la biosphère et les océans

Voici quelques chiffres intéressants sur les émissions de CO2 pendant la crise sanitaire :

Le secteur des transports de surface a connu la plus forte baisse des émissions de CO2 en 2020. Les émissions des transports en surface – qui représentent 21 % des émissions mondiales – ont été réduites de moitié au plus fort des confinements liés au coronavirus. Ce secteur représente la plus grande part de la diminution mondiale des émissions.

Les émissions du secteur de l’aviation – 2,8 % des émissions mondiales – ont été réduites d’environ 75 % au plus fort des confinements. Toutefois, l’effet a été moindre que celui des émissions des transports de surface, car l’aviation ne représente que 2,8 % des émissions mondiales.

Les émissions de l’industrie – qui représentent 22 % des émissions mondiales – ont été réduites de 30 % lors du pic de la première vague.

Les émissions provenant de la production d’électricité – soit 44 % des émissions mondiales – ont été réduites de 15 %  au plus fort des fermetures liées au coronavirus, tandis que les émissions provenant du secteur résidentiel n’ont pas beaucoup changé.

Avec les perturbations liées à la covid-19, la réduction des émissions de l’industrie dans le monde entier semble se poursuivre, mais il faut être prudent. En effet, dernières données disponibles pour le mois d’octobre montrent que les émissions industrielles en Chine et au Brésil ont suffisamment augmenté pour compenser les réductions des émissions ailleurs sur le globe au cours de ce mois.

Source : Global Carbon Project, global-climat.

Il ne faut guère se faire d’illusions. Une fois la crise sanitaire terminée dans le monde, l’économie connaîtra un boom de reprise et les émissions de CO2 augmenteront de plus belle. La baisse des concentrations de ce gaz dans l’atmosphère n’est pas pour demain. Comme je l’ai déjà expliqué, même si, par un coup de baguette magique, les émissions de CO2 chutaient aujourd’hui, il faudrait attendre plusieurs décennies pour que l’atmosphère se purifie et pour que le réchauffement climatique prenne une autre tournure.

Evolution des concentrations de CO2 au sommet du Mauna Loa au cours des 5 dernières années (Source : NOAA)

Cinquième anniversaire de l’Accord de Paris sur le Climat et le réchauffement climatique s’accélère ! // Fifth anniversary of the Paris Climate Agreement and global warming is accelerating !

Ce 12 décembre 2020, à l’occasion du cinquième anniversaire de l’adoption de l’Accord de Paris sur le climat, la France, le Royaume-Uni et les Nations Unies organisent le Climate Ambition Summit, en partenariat avec le Chili et l’Italie. Le but du sommet est de voir quels sont les progrès réalisés depuis 2015 par les États pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES).

Il est bon de rappeler que sur les 194 pays qui ont signé l’Accord de Paris, 189 ont officiellement ratifié le texte avec l’objectif de contenir le réchauffement planétaire à 2°C maximum d’ici à la fin du siècle, et même 1,5°C. Les États-Unis, sous l’administration Trump, sont sortis de l’Accord le 4 novembre 2020, mais vont y revenir début 2021 avec Joe Biden.

A l’heure actuelle, il est clair que l’on est loin des engagements pris par les États en 2015. La planète se trouve sur une trajectoire de plus 3°C de réchauffement d’ici 2100. Comme je l’ai indiqué précédemment, en 2019, les CONCENTRATIONS de  CO2 dans l’atmosphère ont atteint un nouveau record. Certes, les émissions ont baissé pendant la crise sanitaire de la Covid-19, mais sans effet visible sur les concentrations atmosphériques. Tous les scientifiques s’accordent pour dire qu’il faudra plusieurs décennies pour que l’atmosphère se purifie, à condition que des mesures efficaces soient prises pour réduire les GES.

2020 est en passe de devenir l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées. La banquise et les glaciers fondent à une vitesse vertigineuse, les événements extrêmes (ouragans, incendies de végétation, inondations, etc.) se multiplient. Il faudra autre chose que les mesurettes prises par la France pour contrer le réchauffement climatique. Il faut absolument que les gouvernements baissent leur production de combustibles fossiles. Selon le GIEC, il faudrait que les émissions mondiales diminuent de 45 % d’ici à 2030 par rapport à 2010, si on souhaite contenir le réchauffement à 1,5°C d’ici à la fin du siècle.

Cet automne 2020, les États-Unis, avec l’arrivée de Joe Biden, ainsi que le Japon et la Corée du Sud ont promis d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. La Chine a déclaré, en septembre dernier, qu’elle le ferait avant 2060. L’UE et le Royaume-Uni se sont aussi fixés comme objectif de parvenir à la neutralité climatique d’ici 2050.

Espérons qu’il ne s’agit pas de vaines promesses et que nos gouvernements cesseront de faire passer les intérêts économiques avant le bien-être de notre planète.

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Today December 12th, 2020, on the occasion of the fifth anniversary of the Paris Climate Agreement, France, the United Kingdom and the United Nations are organizing the Climate Ambition Summit, in partnership with Chile and Italy. The aim of the summit is to see what progress has been made since 2015 by states in reducing their greenhouse gas (GHG) emissions.

It is worth recalling that of the 194 countries that signed the Paris Agreement, 189 have officially ratified the text with the objective of containing global warming to a maximum of 2°C by the end of the century, and even 1.5°C. The United States, under the Trump administration, exited the Accord on November 4th, 2020, but will return to it in early 2021 with Joe Biden.

At present, it is clear that we are far from the commitments made by the States in 2015. The planet is on a trajectory of more than 3°C of warming by 2100. As I indicated previously , in 2019, CO2 CONCENTRATIONS in the atmosphere reached a new record. Of course, emissions fell during the Covid-19 health crisis, but with no visible effect on atmospheric concentrations. All scientists agree that it will take decades for the atmosphere to purify itself, provided effective measures are taken to reduce GHGs.

2020 is about to become one of the three hottest years on record. The ice sheet and glaciers are melting at breakneck speed, extreme events (hurricanes, wildfires, floods, etc.) are on the increase. It will take something other than the measures taken by France to counter global warming. It is imperative that governments reduce their production of fossil fuels. According to the IPCC, global emissions would have to decrease by 45% by 2030 compared to 2010, if we want to contain warming to 1.5 ° C by the end of the century.

This autumn 2020, the United States, with the arrival of Joe Biden, as well as Japan and South Korea pledged to achieve carbon neutrality by 2050. China said last September that it would do so before 2060. The EU and the UK have also set themselves the goal of achieving climate neutrality by 2050.

Let’s hope these are not empty promises and that our governments stop putting economic interests above the well-being of our planet.

A gauche, l’évolution des concentrations de CO2 au cours des 5 dernières années.

A droite, l’évolution des concentrations de CO2 depuis 1958, année de la création le l’Observatoire du Mauna Loa.

(Source: NOAA / Scripps Institution of Oceanography)