Réchauffement climatique et incendies dans le Sud-Ouest des États Unis // Global warming and wildfires in the U.S. Southwest

Le Nouveau-Mexique et l’Arizona font face à une saison d’ incendies de végétation particulièrement précoce. Des villages ont été réduits en cendres et les conséquences sont si catastrophiques que le président Joe Biden a publié une déclaration de catastrophe naturelle pour le Nouveau-Mexique. Plus de 600 incendies se sont déclarés dans les deux États début mai. Ils ont ravagé des centaines de maisons près de Ruidoso et de Las Vegas au Nouveau-Mexique, et près de Flagstaff dans l’Arizona.
Historiquement, la saison des incendies dans le Sud-Ouest des Etats Unis ne s’accélère pas avant la fin mai ou juin, car les combustibles qui les provoquent ne se sont pas encore complètement asséchés. Le réchauffement climatique est largement responsable de la précocité des incendies en 2022. À mesure que les températures augmentent, la neige fond plus rapidement, plus d’eau s’évapore dans l’atmosphère et la végétation se dessèche plus tôt dans la saison. Malheureusement, cette précocité de la saison des incendies coïncide également avec l’arrivée des vents forts qui peuvent entraîner leur développement rapide.
En 2022, il y a beaucoup de végétation susceptible d’alimenter les incendies. Au cours de l’été 2021, le Sud-Ouest a connu une saison de mousson exceptionnelle qui a laissé derrière elle des collines verdoyantes et beaucoup de végétation. À présent, cette végétation s’est desséchée, laissant beaucoup de biomasse en mesure des déclencher un incendie.
Comme indiqué précédemment, le réchauffement climatique est en grande partie responsable des incendies de forêt dans le Sud-Ouest où il a entraîné des conditions plus chaudes et plus sèches. Un effet immédiat est l’allongement de la saison des incendies. Ils commencent maintenant en mars et avril. De plus, si le Sud-Ouest ne connaît pas une bonne mousson d’été, la saison des incendies ne s’arrêtera pas vraiment tant que la région ne recevra pas d’importantes précipitations sous forme de pluie ou de neige en automne et en hiver. Cela signifie plus de stress sur les services de lutte contre les incendies et plus de stress sur les zones habitées confrontées au feu, à la fumée et aux évacuations.
À mesure que la saison des incendies s’allonge, les États sont également confrontés à de plus en plus de foyers causés par des activités humaines, telles que des feux d’artifice, des étincelles provenant de véhicules ou d’équipements et des lignes électriques.
Une autre conséquence de ces incendies de végétation de plus en plus fréquents doit être prise en compte. En effet, ils peuvent transformer les écosystèmes à mesure qu’ils se propagent et atteignent d’autres écosystèmes. Une partie du problème réside dans les graminées envahissantes qui se propagent rapidement et brûlent facilement. De plus en plus d’herbes invasives poussent maintenant dans les zones désertiques, ce qui les rend plus sujettes aux incendies de végétation.
S’agissant des mesures à prendre pour éviter que des incendies de grande ampleur se reproduisent à l’avenir, les experts disent que les gens devront accepter leur inévitabilité. Provoquer davantage de feux sous contrôle pour éliminer leur source potentielle est un moyen efficace de réduire la probabilité de très gros incendies destructeurs. Les propriétaires peuvent également être mieux préparés à vivre avec les incendies. Cela signifie entretenir les abords des maisons afin qu’ils soient moins susceptibles de brûler. Cela signifie aussi être prêt à évacuer en cas d’urgence.
Source : The Conversation, Yahoo Actualités.

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New Mexico and Arizona are facing a dangerously early fire season. It has left neighbourhoods in ashes and is having such devastating effects that President Joe Biden issued a disaster declaration for New Mexico. Over 600 fires had broken out in the two states by early May, and large wildfires had burned through hundreds of homes near Ruidoso and Las Vegas, New Mexico, and Flagstaff, Arizona.

Historically, the fire season in the Southwest didn’t ramp up until late May or June, because fuels that carry fires didn’t fully dry out until then. The earlier fire season in 2022 is partly due to the warming climate. As temperatures rise, the snow melts more rapidly, more water evaporates into the atmosphere and the grasses and other fuels dry out earlier in the season. Unfortunately, the earlier timing also coincides with the region experiencing strong winds that can drive rapid fire growth.

In 2022, there is a lot of fuel to burn. In the summer 2021, the Southwest had an exceptional monsoon season that left green hillsides and lots of vegetation. By now the vegetation that established during the monsoon have dried out, leaving a lot of biomass that can carry a fire.

Global warming is largely responsible for the wildfires in the Southwest where it has meant warmer, drier conditions. One immediate effect is the lengthening of the fire season. Fires are now starting in March and April. And if the Southwest doesn’t get a good summer monsoon, fire season won’t really stop until the region gets significant rainfall or snowfall in fall and winter. That means more stress on firefighting resources, and more stress on communities facing fire, smoke and evacuations.

As fire season lengthens, states are also seeing more fires caused by human activities, such as fireworks, sparks from vehicles or equipment, and power lines.

The wildfires can also transform ecosystems as they are spreading farther, and into different ecosystems. Part of the problem is invasive grasses that spread quickly and burn easily. A lot of grass is now growing in those desert systems, making them more prone to wildfire.

Concerning what can be done to avoid high fire risk in the future, experts say that people will have to recognize that fire is inevitable. Conducting more prescribed fires to clear out potential fuel is one important way to lessen the probability of really big, destructive blazes. Homeowners can also be better prepared to live with fires. That means maintaining yards and homes by removing debris so they’re less likely to burn. It also means being prepared to evacuate.

Source: The Conversation, Yahoo News.

Incendies de végétation au Nouveau-Mexique début mai 2022 (Source; NASA)

La crise de l’eau dans l’Ouest des Etats-Unis // The water crisis in Western U.S.

Dans une note rédigée le 20 août 2021, j’écrivais que l’Ouest des États-Unis traversait une sécheresse très sévère, avec la crise de l’eau la plus intense de son histoire. Le plus grand réservoir du pays se vidait rapidement. Le lac Mead enregistrait son niveau le plus bas depuis son remplissage dans les années 1930. J’ajoutais que des dizaines de millions de personnes seraient affectées dans les années et décennies à venir par le manque d’eau du fleuve Colorado. Certaines zones habitées seraient obligées de subir de douloureuses coupures d’eau. J’expliquais que même sans le réchauffement climatique, la région serait confrontée à des problèmes car elle prélève plus d’eau que la rivière ne peut en fournir, mais le changement climatique a aggravé le problème en réduisant considérablement le débit du fleuve.
Malheureusement, la situation n’a pas changé en 2022 et les médias américains rappellent que le niveau d’eau du la Powell et du lac Mead, le plus grand réservoir artificiel des États-Unis, est au plus bas depuis la construction du barrage Hoover dans les années 1930. Les deux lacs fonctionnent en relation l’un avec l’autre; ce qui se passe sur l’un a des effets sur l’autre.
En avril 2022, le niveau du lac Mead a continué de chuter. il se trouve à environ 30% de sa capacité et une ancienne vanne de captage se trouve désormais à l’air libre. À capacité maximale, le lac se situe à 390 m d’altitude. Le 27 avril, il se trouvait à 317 m d’altitude. Le même jour, en raison de la baisse du niveau d’eau du lac, la Southern Nevada Water Authority a activé une nouvelle station de pompage construite en avril afin que l’État puisse continuer à approvisionner la population. Le danger est que si le niveau du lac tombe en dessous de 269 m d'(altitude, le barrage Hoover ne pourra plus envoyer d’eau en aval vers la Californie, l’Arizona et le Mexique.
Le Metropolitan Water District de Californie du Sud vient d’imposer des restrictions à environ 6 millions de clients à partir du 1er juin 2022 en raison du manque d’eau dans le lac Mead et le fleuve Colorado. Les restrictions interdisent aux habitants d’arroser les pelouses et les plantes plus d’un jour par semaine.
À la mi-avril, sept États de l’Ouest des Etats-Unis qui dépendent du fleuve Colorado pour leur alimentation en eau ont accepté une recommandation du ministère de l’Intérieur leur demandant de mettre en œuvre des mesures de conservation comme celles mises en place dans le sud de la Californie. Alors que des États comme celui de Washington ont enregistré suffisamment de précipitations cet hiver pour atténuer les conditions de sécheresse, des régions comme l’Arizona, la Californie, le Nevada, le Nouveau-Mexique et le Colorado continuent de connaître une sécheresse extrême. Et nous ne sommes qu’au mois d’avril. L’été risque d’être difficile dans l’Ouest des Etats Unis.
Source : médias d’information américains.

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In a post written on August 20th, 2021, I wrote that western U.S.A. was going through a very severe drought and the most intense water crisis of its history. The nation’s largest reservoir was draining rapidly. Lake Mead was registering its lowest level since the reservoir was filled in the 1930s. I added that tens of millions of people would be affected in the coming years and decades by the Colorado River shortage alone, with some being forced to make painful water cuts. I also explained that even without climate change, the region would have a problem because it is taking more water out than the river could provide, but climate change has made the problem much worse by substantially reducing the flow in the river.

Unfortunately, the situation has not changed in 2022 and U.S. news media warn that water levels in Lake Powell and Lake Mead, the largest man-made reservoir in the U.S. are at their lowest since the construction of the Hoover Dam in the 1930s. It should be known that both lakes operate “conjunctively,” which means that the operations of one affect the other.

In April 2022, the water level in Lake Mead has continued to plummet, leaving it at roughly 30% of capacity and exposing the top of an old intake valve. At maximum capacity, the lake sits at 390 m above sea level. On April 27th it was measured at 317 m above sea level. On the same day, as a result of the lake’s falling water level, the Southern Nevada Water Authority activated a new low-lake-level pumping station completed in April so the state will continue to be able to supply residents with water. The danger is that if the lake’s elevation falls below 269 m, the Hoover Dam will no longer be able to release water downstream to California, Arizona, and Mexico.

The Metropolitan Water District of Southern California has just issued restrictions on roughly 6 million customers that are set to begin on June 1st due to water shortages in Lake Mead and the Colorado River. The restrictions prohibit residents from watering lawns and plants more than one day per week.

By mid-April, seven Western states that rely on the Colorado River for water agreed with a recommendation by the Department of the Interior requesting that they implement conservation measures like the ones put in place in Southern California. While states like Washington saw sufficient rainfall this winter to alleviate drought conditions, portions of states like Arizona, California, Nevada, New Mexico and Colorado continue to experience extreme drought. We are only in April. Summer is likely to be difficult in Western U.S.

Source: U.S. news media.

Photos : C. Grandpey

Vers la mort des glaciers des sources du Nil // The glaciers at the sources of the Nile are dying

Le 24 novembre 2021, j’ai rédigé sur ce blog une note à propos de la fonte des petits glaciers et son impact sur notre société. J’expliquais que « le recul des glaciers est visible en Afrique, à la frontière de l’Ouganda et de la République Démocratique du Congo, où les pics déchiquetés des monts Rwenzori s’élancent dans le ciel au-dessus d’une jungle verdoyante. Ces montagnes hébergeaient autrefois plus de 40 glaciers; moins de la moitié d’entre eux subsistaient en 2005, et la fonte se poursuit. Les glaciologues pensent que le dernier des glaciers de ces montagnes pourrait disparaître d’ici 20 ans. La disparition sera source de problèmes pour l’Ouganda, qui tire près de la moitié de son électricité de l’hydroélectricité, avec des centrales qui dépendent du débit d’eau constant des glaciers du Rwenzori. »

Un article paru fin avril 2022 sur le site web « Altitude » confirme cette disparition annoncée des glaciers du Rwenzori. Massif montagneux majeur d’Afrique, le Rwenzori a longtemps été considéré comme une des sources du Nil. Aujourd’hui, le massif est en train de perdre son dernier glacier, donc beaucoup plus tôt que prévu dans la note sur mon blog.

Les pics du Rwenzori dépassent les 5.000 mètres et ils étaient recouverts de glaciers il n’y a pas si longtemps. Aujourd’hui, ils se sont réduits comme peau de chagrin et les scientifiques affirment que ce n’est qu’une question de mois avant une disparition totale de ces glaciers. Les derniers recoins glacés devraient avoir définitivement disparu en 2025. Les hypothèses les plus optimistes ne tablent pas au-delà de 2040. Sur les trois montagnes du massif qui abritaient des glaciers, deux d’entre elles – les Monts Baker et Speke – n’en ont déjà plus. Les dernières glaces subsistent encore sur le Mont Stanley.

L’article paru sur le site « Altitude » ajoute que le recul des glaciers n’est pas la seule manifestation du changement climatique dans la région. Un incendie majeur en 2012 a ravagé toute une partie de la végétation au pied de la montagne. Les années suivantes, des inondations ont obligé les agriculteurs à adapter leurs cultures.

Comme écrit plus haut, la disparition des glaciers du Rwenzori va entraîner des problèmes pour l’Ouganda qui tire près de la moitié de son électricité de l’hydroélectricité. il est bien évident que si les glaciers disparaissent, il n’y aura plus d’eau pour faire fonctionner les turbines dans les centrales hydroélectriques.

Source: Altitude.

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On November 24th, 2021, I wrote a post on this blog about the melting of small glaciers and its impact on our society. I explained that « the retreat of glaciers can be seen in Africa, on the border of Uganda and the Democratic Republic of Congo, where the jagged peaks of the Rwenzori mountains jut into the sky above a green jungle. These mountains were once home to more than 40 glaciers, but fewer than half of them remained in 2005, and the melting continues. Glaciologists believe that the last of the glaciers in these mountains could disappear within 20 years. The disappearance means trouble for Uganda, which gets nearly half of its electricity from hydroelectricity, with power stations that depend on the constant flow of water from the Rwenzori glaciers. »
An article published at the end of April 2022 on the « Altitude » website confirms this announced disappearance of the Rwenzori glaciers. A major mountain range in Africa, the Rwenzori has long been considered one of the sources of the Nile. Today, the massif is losing its last glacier, much sooner than expected in the note on my blog.
The Rwenzori peaks exceed 5,000 meters and they were covered with glaciers not so long ago. Today they have shrunk to a trickle and scientists say it is only a matter of months before these glaciers disappear completely. The last frozen corners will probably have definitively disappeared by 2025. The most optimistic hypotheses do not expect beyond 2040. Of the three mountains of the massif which housed glaciers, two of them – Mounts Baker and Mount Speke – already have none of them. The last ice still remains on Mount Stanley.
The article published on the « Altitude » website adds that the retreat of glaciers is not the only evidence of climate change in the region. A major fire in 2012 destroyed much of the vegetation at the foot of the mountain. In the following years, floods forced farmers to adapt their crops.
As written above, the disappearance of the Rwenzori glaciers will cause problems for Uganda, which draws almost half of its electricity from hydroelectricity. It is quite obvious that if the glaciers disappear, there will be no more water to run the turbines in the hydroelectric power stations.
Source: Altitude.

Vue sur le Rewenzori (Source: Wikipedia)

Avril 2022 le 6ème plus chaud // April 2022 was the 6th hottest

Avec +0,465°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois d’avril 2022 est le 6ème plus chaud des archives ERA5. Par rapport à la nouvelle période de référence 1991-2020 utilisée par ERA5, l’anomalie est de +0,283°C. L’anomalie pour ladite période correspond à une anomalie de +1,22°C par rapport à 1850-1900.

Si l’anomalie observée sur janvier-avril se maintenait toute l’année, la température globale sur l’ensemble de 2022 serait de +1,19°C au-dessus de la période préindustrielle. Pour rappel, les deux années les plus chaudes ont été 2016 et 2020 avec respectivement +1,337°C et +1,33°C au-dessus de la période préindustrielle. Selon les prévisions, l’année 2022 devrait se situer dans la lignée de 2021, peut-être très légèrement plus chaude.

Il faut noter pour le mois d’avril 2022 des températures exceptionnellement élevées sur une vaste zone entre l’Afrique du Nord-Est, le Moyen-Orient et l’Asie centrale/méridionale. Avril 2022 a été en revanche beaucoup plus froid que la moyenne sur le centre et l’ouest du Canada.

Pour expliquer les conditions climatiques, il faut aussi prendre en compte El Niño et La Niña. Depuis quelque temps, des conditions La Niña sont présentes dans le Pacifique oriental et la NOAA estime que La Niña a des chances de se maintenir cet été, voire un peu plus tard.

Source: global-climat.

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With +0.465°C above the 1981-2010 average, April 2022 iwas the 6th hottest in the ERA5 archives. Compared to the new reference period 1991-2020 used by ERA5, the anomaly was +0.283°C. The anomaly for tthis period corresponds to an anomaly of +1.22°C compared to 1850-1900.
If the anomaly observed in January-April were maintained throughout the year, the global temperature over the whole of 2022 would be +1.19°C above the pre-industrial period. As a reminder, the two hottest years were 2016 and 2020 with +1.337°C and +1.33°C, respectively, above the pre-industrial period. According to forecasts, the year 2022 should be in line with 2021, perhaps very slightly warmer.
During the month of April 2022, exceptionally high temperatures were recorded over a large area between North-East Africa, the Middle East and Central/South Asia. April 2022, on the other hand, was much colder than average over central and western Canada.
To explain climatic conditions, one should also take into account El Niño and La Niña. For some time, La Niña conditions have been present in the Eastern Pacific and NOAA estimates that La Niña is likely to continue this summer, or even a little later.
Source: global-climat.

Source : ERA5