Mauvaises nouvelles de l’Arctique // Bad news from the Arctic

2017 touche à sa fin mais les nouvelles en provenance de l’Arctique ne sont pas bonnes: L’Arctique se réchauffe plus vite que jamais. Une nouvelle preuve vient d’être donnée par les ordinateurs de la NOAA qui ont supprimé les données concernant Utqiagvik (anciennement Barrow) – la ville la plus septentrionale des États-Unis – parce qu’elles semblaient fausses!
L’erreur a été commise par des algorithmes dont le rôle est de s’assurer que seules les données fiables seront incluses dans les rapports de la NOAA. Cependant, ce type d’algorithme est performant uniquement dans le cadre de situations « moyennes » et sans aberrations. Malheureusement pour les algorithmes, la situation actuelle à Utqiaġvik est tout sauf « moyenne ».
L’Arctique se réchauffe plus rapidement que n’importe quel autre endroit sur Terre, et Utqiaġvik en est l’exemple parfait. Avec de moins en moins de glace de mer pour réfléchir la lumière du soleil, la température autour du pôle Nord se met à grimper. Pas plus tard que cette semaine, les scientifiques ont signalé que l’Arctique avait connu sa deuxième année la plus chaude derrière 2016, avec la plus faible quantité de glace de mer jamais enregistrée. L’annonce a été faite lors de la réunion annuelle de l’American Geophysical Union, et le rapport de la NOAA avait un titre alarmant: « L’Arctique ne montre aucun véritable signe de retour vers la situation de gel des dernières décennies ».
Les changements dans l’Arctique vont bien au-delà de la glace de mer. De vastes zones autrefois occupées par le permafrost sont devenues des étendues de boue. Des espèces végétales étrangères, comme celles qui ne poussent que dans des climats plus chauds, envahissent ce qui était autrefois la toundra. Ce verdissement de l’Arctique est incroyable dans le district de North Slope en Alaska, comme le montrent les images haute résolution des satellites de la NOAA.
Selon le rapport de la NOAA, « la vitesse actuelle de réduction de la glace de mer et la hausse des températures sont plus rapides qu’à tout autre moment au cours des 1500 dernières années, et probablement plus longtemps que cela. »
Au cours des 17 années qui se sont écoulées depuis l’an 2000, la température moyenne  à Utqiaġvik en octobre a grimpé de 3,8°C. La température de novembre est en hausse de 3,3 degrés. La moyenne actuelle en décembre est de 1.1°C.
Source: Anchorage Daily News.

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2017 is drawing to a close but the news coming from the Arctic is not good : The Arctic is warming faster than ever. A proof of it has just been given by the NOAA computers that removed the data about Utqiagvik (formerly Barrow) – the northernmost city in the United States – because it seemed unreal!

It was done by algorithms that were put in place to ensure that only the best data gets included in NOAA’s reports. However, this kind of quality-control algorithm is only good in « average » situations with no outliers. The current situation in Utqiaġvik, however, is anything but average.

The Arctic is warming faster than any other place on Earth, and Utqiaġvik is the perfect example. With less and less sea ice to reflect sunlight, the temperature around the North Pole is speeding upward. Just this week, scientists reported that the Arctic had its second-warmest year – behind 2016 – with the lowest sea ice ever recorded. The announcement came at the annual meeting of the American Geophysical Union, and the report is topped with an alarming headline: « Arctic shows no sign of returning to reliably frozen region of recent past decades. »

Changes in the Arctic extend beyond sea ice. Vast expanses of former permafrost have been reduced to mud. Nonnative species of plants, types that only grow in warmer climates, are spreading into what used to be the tundra. Nowhere is this greening of the Arctic happening faster than the North Slope of Alaska, observable with high-resolution clarity on NOAA satellite imagery.

« The current observed rate of sea ice decline and warming temperatures are higher than at any other time in the last 1,500 years, and likely longer than that, » the NOAA report says.

In the 17 years since 2000, the average October temperature in Utqiaġvik has climbed 3.8°C. The November temperature is up 3.3 degrees. The December average has warmed 1.1°C.

Source : Anchorage Daily News.

Source: NOAA

Changement climatique : Quelques graphiques // Climate change: A few graphs

Voici quelques graphiques publiés récemment par l’US Global Change Research Program (USGCRP). Ils résument assez bien la situation actuelle de la planète par rapport au changement climatique et ses effets sur les températures, les océans et la glace de mer.

Le graphique du haut montre une anomalie thermique, autrement dit un écart des températures par rapport à la normale. À l’heure actuelle, l’anomalie est de presque 1,1°C, ce qui signifie que la température de la planète est de 1,1 ° C supérieure à la normale. La température globale de l’air sur Terre augmente régulièrement depuis les années 1960.
Le graphique suivant montre la température à la surface des océans. Elle est en hausse depuis plusieurs décennies. La température de surface de la mer est déterminée à partir des satellites, de capteurs installés sur des navires et de balises réparties à la surface de l’océan. Au cours des dernières décennies, les scientifiques ont réalisé une meilleure couverture de l’océan. Quels que soient les moyens utilisés pour mesurer la température de l’océan, tous montrent qu’elle est en hausse.
Le troisième graphique montre le niveau de la mer. Il est en hausse depuis plus d’un siècle. L’élévation du niveau de la mer est la mesure que préfèrent les scientifiques car elle intègre la chaleur ajoutée au climat de la Terre. Cette chaleur finit dans les eaux océaniques et les rend moins denses. La densité plus faible de l’eau explique en grande partie l’élévation du niveau de la mer dans le graphique.
Les deux images centrales dans les rangées de graphiques du bas montrent respectivement la quantité de chaleur dans l’océan et les changements subis par la glace dans l’Arctique. On constate que la chaleur des océans augmente et que la quantité de glace diminue. L’image en bas à droite représente la masse des glaciers dans le monde. La diminution de cette masse à mesure que les glaciers se réchauffent, fondent et viennent vêler dans les océans est extrêmement rapide.
Les données du rapport de l’USGCRP ont une valeur informative et sont destinées à servir de feuilles de route. Elles montrent le passé et donnent un aperçu du futur.

Source: The Guardian.

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Here are a few graphs recently released by the US Global Change Research Program. They summarize quite well the current situation of the planet about climate change and its effects on temperatures, oceans and sea ice.

The top chart shows a temperature anomaly, which means a departure from normal. Right now the anomaly is nearly 1.1°C, meaning that we have warmed 1.1°C from what the normal temperature should be. Global land-air temperatures have been rising pretty steadily since approximately 1960.

The next graph shows ocean surface temperatures. They too are rising and have been increasing for a number of decades. Sea surface temperatures are determined from satellites, from sensors on ships, and from floating instruments spread across the ocean. Over the decades, we have obtained better coverage of the ocean. Whatever the means used to measure ocean temperatures they all show they are on the rise.

The third graph shows sea level. It has been rising for more than a century. Sea level rise is a favorite measurement for scientists because it integrates the heat added to the Earth’s climate. The heat ends up in the ocean waters and causes the waters to become less dense. The lower density of water causes much of the sea level rise in the graph.

The center two images in the lower rows respectively show the amount of heat in the ocean and changes to Arctic ice. We see that ocean heat content is increasing and the amount of ice is decreasing. The lower right image represents the mass of the world’s glaciers. The decrease in glacier mass as glaciers warm, melt, and flow to the oceans is shockingly fast.

These data from the US GCRP report are roadmaps. They show where we have been. They only give a suggestion about what will come in the future.

Source: The Guardian.

Source : USGCRP Climate Science Special Report

Des prévisions climatiques encore inquiétantes pour l’Arctique // More worrying climate forecasts for the Arctic

Il y a quelques mois, El Niño était tenu pour responsable des températures supérieures à la normale dans l’Arctique. El Niño a maintenant été remplacé par La Niña, censée générée des eaux océaniques plus froides. Malgré cette évolution, des températures supérieures à la normale sont attendues cet hiver en Alaska, surtout dans les régions de l’Ouest et du Nord, près de l’Océan Arctique. Ce phénomène est dû à un important rétrécissement de la glace de mer côtière dans ces régions.
Les températures à la surface de la mer dans le Golfe d’Alaska près d’Anchorage et dans le sud-est de l’Alaska sont actuellement à peu près normales pour cette période de l’année, mais ce n’est pas le cas pour la Mer de Béring et pour la Mer des Tchouktches, au nord-ouest de l’Alaska. À l’heure actuelle, une partie importante de la Mer des Tchouktches devrait être couverte de glace. Au lieu de cela, une grande langue d’eau libre s’étire dans cette mer au-dessus de la Russie et de l’Alaska. Sur le long terme, la glace de mer est largement en dessous de la normale, même par rapport à la période récente.
Le manque de glace de mer le long de la côte a contribué à augmenter le risque de submersion au moment des tempêtes cet automne parce que la glace n’est plus là pour protéger le rivage contre les assauts des vagues. Les eaux de la Mer des Tchouktches et celles des anses près de Shishmaref, village situé sur une langue de terre près du détroit de Béring, gelaient en octobre. Ces dernières années, l’eau n’a pas gelé avant décembre ou même février, ce qui a rendu les impacts des tempêtes encore plus dévastateurs.

Les températures dans l’ensemble de l’Alaska étaient supérieures de 2,7°C à la moyenne en octobre. La carte ci-dessous montre, en pourcentage, la différence – positive ou négative – avec les températures normales le 16 novembre 2017 et représente une indication des prévisions hivernales pour l’Alaska. Les températures devraient être plus froides que la normale dans le centre-sud et le sud-est, comme ce fut le cas avec La Niña l’année dernière. Cependant, le reste de l’État devrait à nouveau connaître des températures supérieures à la normale.
Source: Anchorage Daily News.

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A few months ago, El Niño was held responsible for warmer than normal temperatures in the Arctic. El Niño has now been replaced by La Niña, its cooler equivalent. Despite this evolution, warmer than normal temperatures are expected for this winter in Alaska, especially in Western and Arctic regions. This phenomenon is the result from big reductions in coastal sea ice in those areas.

Sea surface temperatures in the Gulf of Alaska near Anchorage and Southeast are currently about normal for this time of year. But they are not so in the Bering Sea and heading north into the Chukchi Sea off Northwest Alaska. By now, a significant part of the Chukchi should be covered in ice. Instead, a large tongue of open water extends into the Chukchi well above Russia and Alaska. The sea ice is far below long-term normal, even in comparison to recent times.

A lack of sea ice along the coast has contributed to increased risk of flooding from storms this autumn because the shores are not shielded with sea ice to damper waves, like they used to be. Chukchi and inlet waters near Shishmaref, located on a barrier island near the Bering Strait, used to freeze in October. But in recent years they have not frozen until December or even February, helping storms deliver bigger blows.

Overall, Alaska was 2.7°C above the long-term average in October. The map below shows in percentage the difference with normal temperatures on November 16th 2017 and, as such, underscores the winter expectations for Alaska. Temperatures will probably cooler than normal in Southcentral and Southeast, a repeat of last year’s La Niña. However, the rest of the State should again expect warmer than normal temperatures.

Source: Anchorage Daily News.

Source: National Weather Service

COP 23 : Beaucoup de bruit pour rien // COP 23 : Much ado about nothing

Lancée en grandes pompes, la COP23 s’est achevée à Bonn sur une note amère. En effet,  aucun accord important n’a été prononcé hormis la promesse de se revoir en 2018 pour une prochaine conférence climat.

Seule avancée notable, une volonté pour sortir du charbon, proclamée le 16 novembre, à l’initiative du Royaume-Uni et du Canada. Parmi ses membres, cette alliance compte l’Angola, la Belgique, la Finlande, la France, l’Italie, les îles Marshall, le Portugal, le Salvador, mais aussi plusieurs Etats américains et provinces canadiennes. Tous se sont engagés à éliminer progressivement leurs centrales au charbon.

Le problème, c’est que les membres de cette « alliance » ne représentent qu’une faible part de la production et de la consommation charbonnière mondiale, concentrée en Chine, en Inde et en Asie du Sud-Est, ce qui limite la portée de cette annonce. L’alliance a le mérite d’isoler Donald Trump, contesté dans son propre pays dans sa décision de continuer la production d’énergies fossiles.

On peut regretter que seuls Angela Merkel et Emmanuel Macron aient daigné se déplacer jusqu’à Bonn. Les autres dirigeants européens sont restés à la maison. « Le seuil de l’irréversible a été franchi, les équilibres de la planète sont prêts à rompre », a averti le président français. Toutefois, à côté de ces belles paroles, le président français n’a annoncé aucune aide financière concrète pour les pays les plus pauvres qui souffrent des conséquences du réchauffement climatique.

Le prochain rendez-vous sera le sommet sur le climat prévu le 12 décembre 2017 à Paris. Pendant ce temps, la banquise et les glaciers continue de fondre…

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Launched with great fanfare, COP23 ended in Bonn on a bitter note. Indeed, no major agreement has been reached, except the promise to meet again in 2018 for a future climate conference.
The only significant advance was a will to get out of coal; it was proclaimed on November 16th, at the initiative of the United Kingdom and Canada. Among its members, this “alliance” includes Angola, Belgium, Finland, France, Italy, the Marshall Islands, Portugal, El Salvador, but also several US states and Canadian provinces. All have committed to getting rid of their coal plants.
The problem is that the members of this « alliance » represent only a small share of the world coal production and consumption, concentrated in China, India and South-East Asia, which limits the scope of this announcement. The alliance has the merit of isolating Donald Trump, challenged in his own country in his decision to continue the production of fossil fuels.
It is regrettable that only Angela Merkel and Emmanuel Macron accepted to travel to Bonn. The other European leaders stayed at home. « The threshold of the irreversible has been crossed, the balances of the planet are ready to break, » warned the French president. However, alongside these fine words, the French president has announced no concrete financial assistance for the poorest countries that suffer from the consequences of global warming.
The next meeting will be the climate summit scheduled for December 12th, 2017 in Paris. Meanwhile, the icefield and the glaciers continue to melt …

Photo: C. Grandpey