COP 23 : Beaucoup de bruit pour rien // COP 23 : Much ado about nothing

Lancée en grandes pompes, la COP23 s’est achevée à Bonn sur une note amère. En effet,  aucun accord important n’a été prononcé hormis la promesse de se revoir en 2018 pour une prochaine conférence climat.

Seule avancée notable, une volonté pour sortir du charbon, proclamée le 16 novembre, à l’initiative du Royaume-Uni et du Canada. Parmi ses membres, cette alliance compte l’Angola, la Belgique, la Finlande, la France, l’Italie, les îles Marshall, le Portugal, le Salvador, mais aussi plusieurs Etats américains et provinces canadiennes. Tous se sont engagés à éliminer progressivement leurs centrales au charbon.

Le problème, c’est que les membres de cette « alliance » ne représentent qu’une faible part de la production et de la consommation charbonnière mondiale, concentrée en Chine, en Inde et en Asie du Sud-Est, ce qui limite la portée de cette annonce. L’alliance a le mérite d’isoler Donald Trump, contesté dans son propre pays dans sa décision de continuer la production d’énergies fossiles.

On peut regretter que seuls Angela Merkel et Emmanuel Macron aient daigné se déplacer jusqu’à Bonn. Les autres dirigeants européens sont restés à la maison. « Le seuil de l’irréversible a été franchi, les équilibres de la planète sont prêts à rompre », a averti le président français. Toutefois, à côté de ces belles paroles, le président français n’a annoncé aucune aide financière concrète pour les pays les plus pauvres qui souffrent des conséquences du réchauffement climatique.

Le prochain rendez-vous sera le sommet sur le climat prévu le 12 décembre 2017 à Paris. Pendant ce temps, la banquise et les glaciers continue de fondre…

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Launched with great fanfare, COP23 ended in Bonn on a bitter note. Indeed, no major agreement has been reached, except the promise to meet again in 2018 for a future climate conference.
The only significant advance was a will to get out of coal; it was proclaimed on November 16th, at the initiative of the United Kingdom and Canada. Among its members, this “alliance” includes Angola, Belgium, Finland, France, Italy, the Marshall Islands, Portugal, El Salvador, but also several US states and Canadian provinces. All have committed to getting rid of their coal plants.
The problem is that the members of this « alliance » represent only a small share of the world coal production and consumption, concentrated in China, India and South-East Asia, which limits the scope of this announcement. The alliance has the merit of isolating Donald Trump, challenged in his own country in his decision to continue the production of fossil fuels.
It is regrettable that only Angela Merkel and Emmanuel Macron accepted to travel to Bonn. The other European leaders stayed at home. « The threshold of the irreversible has been crossed, the balances of the planet are ready to break, » warned the French president. However, alongside these fine words, the French president has announced no concrete financial assistance for the poorest countries that suffer from the consequences of global warming.
The next meeting will be the climate summit scheduled for December 12th, 2017 in Paris. Meanwhile, the icefield and the glaciers continue to melt …

Photo: C. Grandpey

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7 réflexions au sujet de « COP 23 : Beaucoup de bruit pour rien // COP 23 : Much ado about nothing »

  1. Bonjour Claude,
    Et quand le miracle se produisit !
    En fait après l’avoir jeté aux ergastules, puis s’être à nouveau intéressé à ses calculs, les avoir vérifiés, nous voila reparti dans l’ignorance de la véracité des cycles de Milankovitch. Pourtant depuis 2015, la situation de la terre en termes de précession des équinoxes est bien dans une configuration où les hivers sont plutôt courts et les étés plus longs. Il est évidemment plus politiquement correcte d’attribué cet état de fait au réchauffement climatique, mais cela est totalement erroné, et il ne faut pas confondre la température, étés plus chauds et hivers moins froids avec la durée de ces saisons, même si les effets de l’un peuvent s’additionner à l’autre.
    Il fut un temps, ou l’on apprenait à l’école des principes, dont celui qui incitait à ne rien dire lorsque l’on n’avait rien à dire. Aujourd’hui, il semblerait que ce principe adopte une direction quelque peu différente et nous invite, lorsque l’on n’a rien à dire à raconter des conneries, portant ainsi à prôner un autre principe qui est que quand l’esprit dort, la parole est d’or.
    En se réveillant un peu, on s’apercevrait d’ailleurs que la perturbation climatique créée par l’éruption colossale du Tambora en 1814, certes de courte durée (3 ans), aura engendré par la pénurie de récolte agro alimentaire (2ans de suite sans germination des plantes, il n’y a plus de graine pour replanter) une famine terrible, le mélange des eaux salée et douces répandue une épidémie de choléra inouïe, provoqué aux états unis un boom économique lié a un surcroit de production pour palier à cet état de fait extrême oriental et européen, boom bien vite transformé après 3 ans en marasme et dépression vertigineuse. Bien sûr il est aujourd’hui inconcevable de transposer cette catastrophe à notre époque, puisque la mondialisation permet un tel échange des denrées et des vaccins. C’est du moins ce que ceux qui n’ont rien à dire prétendent. Mais leur diagnostic étant, comme on vient de le voir précédemment assez aléatoires, je ne parierai pas vraiment sur l’effet salvateur qu’il pourrait avoir dans un tel cas.
    Bref, nous verrons bien lors de la COP 48 en 2094, qui du GIEC ou du Président Trump (pour sa vingt-quatrième réélection) aura eu raison, puisque d’ici là L’Agung, l’Etna, Yellowstone, le Toba ou le Merapi et peut-être bien aussi le Sinabung nous auront tellement inondé de souffre avec son odeur d’œuf pourri, que nous seront probablement amené à nous demander si ce n’est pas en fait l’humanité qui se décompose.
    Il est donc urgent d’attendre, sans vraiment se soucier du devenir de monde, puisque la prochaine inversion du pôle magnétique terrestre nous aura fait marché sur la tête, ce qui facilitera le travail du Père Noël pour remplir nos souliers qui géométriquement seront plus proche de lui.
    En fait il est bon de croire au Père Noël et j’y crois, pas vous ?
    Grande amitié
    Pierre Chabat

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    1. Bonjour Pierre,
      Bien sûr que je crois au Père Noêl! D’ailleurs je l’ai rencontré en 2016 lorsque j’ai fait escale à sa maison de North Pole, près de Fairbanks, en Alaska. Il est fort probable que je diffuse quelques images de cette rencontre à l’approche de Noël…
      Très amicalement,
      Claude Grandpey

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  2. Bonjour,

    Le charbon grammaticalement français connaîtra son exception : la centrale thermique de LeHavre, si chère à monsieur E.PHILIPPE… mais c’est pour la bonne cause : il existera un jour du bon charbon.

    Par contre, avant l’inondation de soufre, nous reprendrons bien un peu de pétrole à coup sûr :
    https://www.courrierinternational.com/article/feu-vert-pour-loleoduc-americain-keystone-xl-malgre-les-fuites-de-petrole

    Et si le Père Noël était le repas des ours.

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    1. Bonjour GHTUZ,
      Afin d’éviter tout malentendu sur le contenu de mes propos, il ne faut surtout pas penser que je minimise l’ampleur de la catastrophe planétaire dont nous sommes les seuls responsables. C’est juste qu’il est à mes yeux très important d’observer la règle fondamentale de fonctionnement du Blog de Claude en gardant un fond d’humour et si possible d’esquisser un sourire. Rassurez-vous, sourire ne veut pas dire rire, et un peu de fantaisie dans le sérieux me permet de ne pas sombrer dans le dérisoire et le stérile. La moquerie est une arme nécessaire, mais effectivement pas suffisante pour contrer tout ce massacre. L’important est de résister.
      Dans ce contexte, parlant de l’ours, un autre danger le menace qui est la pénurie de miel, par manque de production de nos abeilles en voie de disparition elle aussi. Il y a probablement quelques fuite de pesticide ici ou la (Peut-être dans le Nebraska aussi, cf l’oléoduc), mais ne nous y trompons pas le grave problème n’est pas, aux yeux du monde la disparition d’espèces, mais « l’épouvantable manque à gagner » des producteurs d’amandes de l’ouest américain dont les arbres n’arrivent plus à être pollinisés, à bon compte. C’est affreux !
      Comme quoi, à force de s’intéresser aux grosses bêtes, on oublie les petites, mais il est vrai que chercher la p’tite bête n’est pas toujours générateur d’ouverture d’esprit.
      Bien amicalement
      Pierre Chabat

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      1. Bonjour Pierre,

        Loin de moi cette idée, j’en suis arrivé à un point… alors j’use aussi du sarcasme, de l’irone, de l’humour si l’humeur me le permet.
        Et si l’on parle de polinisateur, le monde se penche sur cette melifera melifera parce qu’on ne voit encore que le coté consumériste de la chose, ce produit qu’on lui vole (même pas salariée la pauvre bestiole, cela me rapelle en partie un film animé), une espèce domestiquée mais qui représente si peu dans cette vaste et laborieuse tâche. Toutes les espèces sauvages d’insectes butineurs mais aussi certains oiseaux (comme le célèbre colibri) sont de la partie, mais aussi les papillons de nuit et les chauve-souris y participent (il me semble avoir lu il y a quelques mois une possible chute de rendement de l’ordre de 20% environ sans eux), et qui s’en soucis effectivement quand tout le monde dort ?
        Ce que l’on voit n’est que la partie émergée, et elle fond vite, peu de place est fait pour qu’on s’imagine comment cela se passe pour les 9 autres dixièmes de ce monde.
        Où chaque espèce peut être un réservoir à maladie, à parasites, leur disparition pourait être une « libération » de ceux-ci; ce sera très probablement la prochaine étape. Nos savant se penchent déjà sur ce sujet et ne sont pas optimistes du tout.

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  3. Bonjour GHTUZ
    « Arrière pensée rétro »
    « Pas assez de recul pour émettre un avis ». Voici ainsi résumé le sempiternel argumentaire politico-scientifico-mediatico préféré de tous les esprits savants du monde actuel. En absence de chiffres et de statistiques, c’est l’ignorance, le trou, le noir absolu, et heureusement que nos portables de tous genres sont excellemment satellito-connectés, sans quoi il serait effectivement très difficile de dire l’heure qu’il est, puisque l’horloge, en perpétuel mouvement, demeure assez « imprévisible ». Il me semble que cependant avec un peu de jugeote, d’équilibre mental et d’esprit d’observation, il n’est pas si difficile que cela de comprendre le monde. Et si en supplément on ajoute un peu de technicité et d’expérience, voir un peu de volcanologie, alors comprendre que c’est le poids qui nous rend lourds devrait suffire à vaincre l’obésité.
    Lorsqu’il aura trouvé que pour se dégeler les pieds et la cervelle, c’est en allumant du feu qu’il résoudra son problème existentiel, l’Homo sapiens aura se jour là commit la faute planétaire impardonnable, puisqu’il aura transmis à toutes ses descendances cette pyromanie maladive, « statistiquement » assise sur une recherche effrénée de combustibles. On dirait même qu’aujourd’hui, nous « brulons » d’impatience de connaitre dans le détail le prochain rapport du, GIEC, qui vraisemblablement, qui a fait refera, manquera de recul pour émettre un avis. Si Monsanto et Procter et Gamble grâce à leur haute technologie moléculaire nous ont vraiment prémunit des calamités de la planète, « la mauvaise herbe de nos prés et cette vilaine crasse incrusté dans nos linges », ils n’ont pas su encore inventé l’ouverture d’esprit. Pire, on dirait même que « statistiquement parlant », le lien perturbateurs endocriniens et crétinisme se révélant scientifiquement établit, cela fait de nous des individus totalement écervelés, mais très proprement vêtus et définitivement débarrassés du pissenlit et de ses racines si convoitées de l’au-delà. Ce qui porte à croire que dans l’éden paradisiaque ou sous le feu de l’enfer nous crèverons de faim.
    Devenu religieusement incorrect de discuter du sexe des anges, l’essentiel de la matière à converser, changement climat-tic oblige, est, définitivement orientée vers le temps qu’il fera demain matin, et l’imprécision du rapport nuage-pluie. C’est ici un réel problème, mathématiquement ardu, et manquant passablement de chiffres et de statistiques. Un vrai régal de la pensée commune. Car enfin qui pourrait raisonnablement croire que nous déréglions en quelque soit le fonctionnement de la planète. Même en nous y mettant à 7 milliards, il est difficile d’imaginer que nous arriverions à modifier « la plastic océanique » au point de perturber l’amplitude des marées.
    Il existe dans cette affaire un sacré dilemme qui nous ronge vraiment l’esprit et c’est éminemment « visible et évident dans chacun de nos comportements ». Entre manquer de recul et prendre du recul, il nous faut choisir, tout en continuant de prétendre simultanément une chose et son contraire. Pour bien faire, il faudrait modéliser. L’enjeu est de taille, et très compliqué, puisque qu’il apparait de plus en plus à le bien observer, que de recul en recul il devient vraiment impossible de faire marche arrière.

    Bien amicalement + un grand bonjour à Claude qui en ce moment semble « souffrir » avec les cogitations des « apprentis sorciers » du climat.

    Pierre Chabat

    PS : En important la vanille des zones où naturellement, c’est-à-dire avec l’aide des insectes ou des oiseaux férus des principes Darwiniens, nos ancêtres, déjà avides de pillage oublièrent dans leur précipitation mercantile, de piquer en même temps cet accessoire de production assez fondamental. C’est ainsi, qu’un Homo-sapiens un peu plus sapiens que ses semblables (Edmond Albius), inventa une technique géniale de fécondation de la plante en préconisant de mettre la main à l’ouvrage, fleur par fleur, patiemment et sans discontinuer, il butina et re-butina à la mimine, pour que nos yaourts enfin parfumés puissent nous régaler le palet. Comme quoi, lorsque l’esprit défaille, c’est souvent la main qui le secourt. Prenons des gants, car il va surement en falloir des poignées de mains !

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    1. Bonjour Pierre,

      Hélas. C’est que de recul en recul, il va en falloir du temps pour rattraper la distance laissée. Ou encore plus d’énergie.

      Ceci étant, je prendrai du recul mais en tournant le dos : nous aimons nos manchots et nous brisons effectivement la glace pour leur déclarer toute notre affection, et à force de ne pas vouloir, non pas de faire travailler les mains mais de les payer, certains cadres dotés de « belles » cellules mais pas forcément photovoltaïques ont déjà trouvé l’illumination et la parade. Comme il est plus facile de nos jours de détruire et construire pour faire de l’électricité plutôt que de nourrir pour faire de l’huile de coude (celle de palme n’est visiblement plus suffisante) et de faire attention à l’environnement ou mieux : ne rien faire (un savoir oublié), nos industrieux technoprophètes conscient du danger perçu par les chimpanzés du futur voudront probablement inonder ce futur monde machiné de petits pollinisateurs robotisés (l’AIST japonais a déjà en boîte un concept), parfaitement sous contrôle et roundup ready. En attendant la liquidation totale du vivant trop lent et obsolète face à l’efficacité requise, rationalisons : le prix à payer serait dérisoire face aux pertes, puisqu’il est déjà accepté qu’il faut donner une valeur marchande à tout et tout produire pour marchander.

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