Éruption du Concepción (Nicaragua)

En complément des informations précédentes sur l’activité volcanique dans le monde, il est à noter qu’une nouvelle éruption a eu lieu sur le Concepción (Nicaragua) peu après 14h00 (heure locale) le 16 mai 2024. Elle a généré un épais panache de cendres qui est monté jusqu’à 5,5 km au-dessus du niveau de la mer, avec d’importantes retombées dans les zones proches du volcan. Toutefois, l’événement ne met pas en ce moment la population en danger.
La dernière éruption du Concepción a eu lieu du 11 décembre 2009 au 12 mars 2011, avec un VEI 1.
Source : INETER, The Watchers.
Voici une courte vidéo de l’éruption diffusée sur les réseaux sociaux :
https://twitter.com/i/status/1791375753499873565

Image satellite du Concepción (Source : Copernicus – Sentinel 2)

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As a complement to the previous information about volcanic activity around the world, it should be noted that a new eruption took place at Concepción (Nicaragua) shortly after 14:00 (local time) on May 16th, 2024. It generated a thick ash plume rising up to 5.5 km above sea level, with significant ashfall in nearby areas. However, the event does not imply greater danger for the population.

The last eruption of Concepción lasted from December 11th, 2009 to March 12th, 2011, with a VEI 1.

Source : INETER, The Watchers.

Here is as hort video of the eruption released on the social networks :

https://twitter.com/i/status/1791375753499873565

Pérou : Juanita retrouve un visage // Peru: Juanita finds a face

Dans la région d’Arequipa au Pérou, le volcan Sabancaya culmine à 5967 mètres d’altitude et a connu plusieurs phases éruptives pendant la période historique.

 

Le Sabancaya et son voisin le Mont Ampato (Crédit photo : Wikipedia)

Plus près de nous, le Sabancaya est entré en éruption le 28 mai 1990. Au fil des jours, des explosions vulcaniennes de plus en plus violentes ont généré des panaches de cendre atteignant 7 ou 8 kilomètres de hauteur, avec des retombées jusqu’à 20 kilomètres de distance. Elles ont incité de nombreux villageois à fuir les pentes du volcan.

Les 23 et 24 juillet 1991, un essaim sismique a donné naissance à plusieurs lahars qui ont submergé quatre villages. Les secousses ont fait s’effondrer des maisons. La presse a fait état de 20 morts, 80 blessés et 3000 personnes qui ont perdu leurs habitations.

De nouvelles explosions se sont produites le 5 et le 7 mars 1994, avec des panaches de cendre de 3 kilomètres de hauteur. L’éruption s’est poursuivie avec des variations d’intensité jusqu’aux alentours du mois de septembre 1998.

 

L’éruption du Sabancaya en juin 1990 (Crédit photo : Smithsonian Institution)

Cette éruption du Sabancaya a eu une conséquence inattendue. La cendre du volcan a fait fondre la glace qui recouvrait le Mont Ampato voisin et exposé une momie inca, Juanita, découverte en 1996 par une équipe d’archéologues. Enveloppée d’un beau châle de laine alpaga, elle a reposé pendant cinq siècles sur la montagne, à 6300 mètres d’altitude, et y serait restée encore longtemps si l’éruption du Sabancaya n’avait pas trahi la présence de sa tombe. Son corps parfaitement conservé a été protégé des bactéries et autres champignons par son enveloppe de glace.

 

Juanita (Source : WikiCommons)

On pense que la jeune fille, âgée de 12-14 ans à l’époque, a été victime de la Capacocha, cérémonie pendant laquelle les Incas sacrifiaient des enfants aux dieux de la montagne car ils étaient persuadés que le Mont Ampato les approvisionnait en eau tout en les protégeant des avalanches et des tremblements de terre. Un tel sacrifice était un honneur pour un Inca, comme semble le montrer le visage apaisé de la jeune fille qui était agenouillée, tenant son châle d’une main, quand elle a été découverte. Elle était entourée d’offrandes telles que des poteries, de petits sacs de maïs et quelques figurines en or et en argent. Objet d’examens à l’aide de matériel de haute technologie, elle repose désormais au musée d’Arequipa.

Source : Killer Volcanoes. Claude Grandpey. Cégé Editions. 2013)

La découverte de la momie prend une nouvelle tournure aujourd’hui. Un article paru dans le National Geographic en octobre 2023 nous apprend que grâce à une analyse archéologique et à un travail de reconstitution médico-légal minutieux, le visage de Juanita a retrouvé ses traits. Le buste saisissant de la jeune femme constitue la pièce maîtresse d’une exposition présentée au Pérou et est l’objet d’un projet dont le but est de comprendre le drame du sacrifice humain perpétré dans les Andes il y a un demi-millénaire.

Oscar Nilsson, un archéologue et sculpteur suédois, a été capable d’extrapoler la profondeur probable du tissu facial qui recouvrait autrefois le crâne de la jeune fille grâce à une multitude d’outils (scanners, analyse d’ADN, informations sur l’alimentation et les maladies) qui lui permettent de déduire le visage d’un individu.

Puis Oscar Nilsson a imprimé une réplique en 3D du crâne de Juanita et a inséré des patères en bois à sa surface afin de guider la profondeur et le placement de chacun des muscles, faits à la main à partir d’argile modelable. Ajoutés un à un, les yeux, le nez, les tissus fragiles à la texture de corde ont formé un visage humain.

Après avoir réalisé un moule en silicone du buste, il a ajouté des centaines de cheveux et de pores individuels tout en nuances de brun et de rose. Tout cela a pris dix semaines. Le résultat, habillé de robes tissées par des Péruviennes du Centre des textiles traditionnels, constitue l’attraction principale de l’exposition « Capacocha : dans les pas des dieux incas » qui se tient jusqu’au 18 novembre au Musée des sanctuaires andins, à Arequipa.

La reconstitution sera exposée à côté de la momie de Juanita et sera accompagnée des histoires de quinze autres enfants choisis pour le rituel du capacocha et sacrifiés au sommet de l’Ampato ou d’autres pics andins.

En effectuant des analyses toxicologiques et médico-légales sur les restes d’un bébé et de quatre victimes âgées de six à sept ans présentées dans l’exposition, les scientifiques ont découvert qu’elles avaient été particulièrement choyées dans les mois précédant leur sacrifice et qu’elles avaient bénéficié d’un régime alimentaire composé de feuilles de coca, de vignes d’ayahuasca et d’alcool dans les semaines qui ont précédé leur mort ; c’était moins pour les intoxiquer que pour faire en sorte que ces jeunes enfants restent calmes et n’éprouvent pas d’anxiété alors que le moment du sacrifice approchait à grands pas.

Source : National Geographic.

 Juanita, la Fille des glaces d’Ampato, telle que reconstituée par l’archéologue et sculpteur Oscar Nilsson. (Musée des sanctuaires andins à Arequipa)

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In the Arequipa region of Peru, the Sabancaya volcano peaks at 5967 meters above sea level and has experienced several eruptive phases during the historical period.
Closer to us, Sabancaya erupted on May 28th, 1990. Over the days, increasingly violent Vulcanian explosions generated plumes of ash reaching 7 or 8 kilometers in height, with ashfall as far as 20 kilometers away. It prompted many villagers to flee the slopes of the volcano.
On July 23rd and 24th, 1991, a seismic swarm caused several lahars which submerged four villages. The tremors caused houses to collapse. The press reported 20 dead, 80 injured and 3,000 people who lost their homes.
New explosions occurred on March 5th and 7th, 1994, with ash plumes 3 kilometers high. The eruption continued with variations in intensity until around September 1998.

This Sabancaya eruption had an unexpected consequence. Ash from the volcano melted the ice that covered nearby Mount Ampato and exposed an Inca mummy, Juanita, discovered in 1996 by a team of archaeologists. Wrapped in a beautiful alpaca wool shawl, she rested for five centuries on the mountain, at an altitude of 6,300 meters, and would have remained there for a long time if the eruption of Sabancaya had not betrayed the presence of her tomb. Its perfectly preserved body was protected from bacteria and other fungi by its covering of ice.
It is believed that the young girl, aged 12-14 at the time, was a victim of the Capacocha, a ceremony during which the Incas sacrificed children to the mountain gods because they were convinced that Mount Ampato supplied them with water while protecting them from avalanches and earthquakes. Such a sacrifice was an honor for an Inca, as seems to be shown by the peaceful face of the young girl who was kneeling, holding her shawl in one hand, when she was discovered. She was surrounded by offerings such as pottery, small bags of corn and some gold and silver figurines. Subject to examination using high-tech equipment, it now rests in the Arequipa museum.
Source: Killer Volcanoes. Claude Grandpey. Cégé Editions. 2013)

The discovery of the mummy takes a new turn today. An article published in National Geographic in October 2023 tells us that thanks to an archaeological analysis and meticulous forensic reconstruction work, Juanita’s face has regained its features. The striking bust of the young woman forms the centerpiece of an exhibition presented in Peru and is the subject of a project whose aim is to understand the drama of human sacrifice perpetrated in the Andes half a millennium ago.

Oscar Nilsson, a Swedish archaeologist and sculptor, was able to extrapolate the likely depth of the facial tissue that once draped Juanita’s skull—using everything from CT scans to information about diet and disease—to make educated guesses about her face. Then he printed a 3D replica of Juanita’s skull, plugging wooden pegs onto its surface to guide the depth and placement of each muscle. Eyes, a nose, the tissues that constitute a human face were added in turn. After using a mold to make a silicone bust, he added hundreds of individual hairs and pores in shades of brown and pink. The work took 10 weeks. The resulting sculpture, wrapped in robes woven by women from Peru’s Centro de Textiles Tradicionales del Cusco, is the main attraction of “Capacocha: Following the Inca Gods,” which opened in November 2023 at the Museo Santuarios Andinos in Arequipa.

The reconstruction will beaccompanied by the stories of 18 additional children selected for capacocha atop Ampato and other Andean mountains.

When conducting toxicological and forensic analyses of the remains of a toddler and four six- to seven-year-old victims of capacocha, the researchers found that they were well nourished in the months before their sacrifice. They were also fed coca leaves, ayahuasca vine, and alcohol in the weeks before their deaths. It was not so much to intoxicate them as to keep them sedated and anxiety free in the moments preceding their sacrifice.

Source : National Geographic.

9 800 personnes évacuées définitivement suite à l’éruption du Ruang (Nord Sulawesi / Indonésie) // 9,800 persons permanently evacuated after the eruption of Ruang Volcano (North Sulawesi / Indonesia)

Suite aux deux puissantes éruptions du Ruang les 16 et 29 avril 2024, le gouvernement indonésien a décidé de reloger définitivement 9 800 personnes vivant à moins de 7 km du volcan.
L’activité du Ruang s’est rapidement intensifiée le 16 avril, avec une série d’événements explosifs qui ont généré des nuages de cendres jusqu’à 16,7 km d’altitude. Le niveau d’alerte a d’abord été relevé à 3, puis à 4 sur une échelle de 4 niveaux. Dans un premier temps, l’éruption a entraîné l’évacuation d’environ 800 personnes vivant sur l’île de Ruang, mais ce nombre est passé à au moins 11 000 le 17 avril car certaines parties de l’île voisine de Tagulandang ont également été évacuées. . Une alerte a également été émise concernant un éventuel tsunami, mais aucune vague significative n’a été observée.
Au moins 501 maisons et bâtiments ont été endommagés et l’aéroport de Manado, situé à environ 100 km au SSE du volcan, a été temporairement fermé.
Une nouvelle très puissante éruption a eu lieu le 29 avril, avec un nuage de cendres qui s’est élevé jusqu’à 19,2 km au-dessus du niveau de la mer, selon le VAAC de Darwin. Cette deuxième éruption a été nettement plus intense que la précédente, avec d’importantes retombées de cendres qui ont recouvert les routes et les bâtiments des îles de Ruang et de Tagulandang. La cendre était si dense et si lourde qu’elle a provoqué l’effondrement des toits de plusieurs maisons. Elle a également forcé la fermeture des aéroports de Manado et d’autres villes jusqu’à la province de Gorontalo.
Une réunion du cabinet gouvernemental le 2 mai a permis de discuter de l’évacuation en cours de 9 083 habitants de l’île de Tagulandang. Les évacuations ont lieu dans un rayon de 7 km autour du centre du Ruang. Le 2 mai, 3 364 personnes avaient été évacuées en toute sécurité, et 5 719 autres attendaient de l’être. Le processus devait être achevé dans un délai de 3 jours. Il a été annoncé le 3 mai que les habitants seront relogés dans la région de Bolaang Mongondow, à environ 200 km de Ruang, où des centaines de maisons simples mais permanentes, construites pour répondre aux besoins en cas de catastrophe, seront construites à l’attention de ces personnes. Entre temps, des lieux d’évacuation temporaires ont été mis en place par le gouvernement dans plusieurs endroits.
Sources  : The Watchers, The Jakarta Post, The Jakarta Globe, ANTARA News.

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Following the two powerful eruptions of Ruang Volcano (North Sulawesi) on April 16th and 29th, 2024, the Indonesian government has decided to permanently relocate 9 800 people living within 7 km from the volcano.

The activity at Ruang volcano had intensified rapidly on April 16th, with a series of explosive events generating ash clouds up to 16.7 km above sea level. The Alert Level was raised first to 3 and then to 4 out of 4. The eruption forced the initial evacuation of about 800 people living on Ruang Island but this number increased on April 17th to at least 11 000 as parts of nearby Tagulandang were also evacuated. A warning was also issued about a possible tsunami, but no significant wave was observed.

At least 501 houses and buildings were damaged and Manado Airport, located about 100 km SSE of the volcano, was temporarily closed.

Another high-level eruption took place on April 29th, with an ash cloud that rose up to 19.2 km above sea leval, according to the Darwin VAAC. This second eruption was significantly more intense, leading to substantial ashfall that coated roads and buildings on both Ruang and Tagulandang islands. The ash accumulation was so dense and heavy that it caused the roofs of several homes to collapse. It also forced the closure of airports in Manado and other towns as far as Gorontalo Province.

A government cabinet meeting held on May 2nd met to discuss on the ongoing evacuation efforts for 9 083 residents of Tagulandang Island. The evacuations are being conducted within a 7 km radius from the center of the Ruang Volcano. By May 2nd, 3 364 individuals had been safely evacuated, with another 5 719 still waiting to be relocated. The process was expected to be completed within 3 days. It was announced on Friday, May 3 that residents would be relocated to the Bolaang Mongondow area, approximately 200 km from Ruang, where hundreds of simple yet permanent homes, constructed to meet disaster-resilience standards, will be built for them. Meanwhile, temporary evacuation locations have been prepared by the government at several places.

Sources : The Watchers, The Jakarta Post, The Jakarta Globe, ANTARA News.

Où sont passés les avions renifleurs de cendre volcanique ? // Where are the volcanic ash detecting planes ?

En raison de l’éruption du Ruang, l’aéroport Sam Ratulangi de Manado, en Sulawesi du Nord, sera fermé au moins jusqu’au dimanche 21 avril 2024 à 12h00 (heure locale). La prolongation de l’arrêt d’activité a été décrétée pour des raisons de sécurité. Les autorités locales expliquent qu’il serait très dangereux que des cendres volcaniques entrent en contact avec les avions. En conséquence, des dizaines de vols en provenance et à destination de Manado et d’autres aéroports voisins ont dû être annulés en raison de la présence des cendres volcaniques provoquées par l’éruption du Ruang. Actuellement, des panaches de cendres s’élèvent encore du volcan jusqu’à une altitude de 4 500 mètres, ce qui peut potentiellement endommager les moteurs des avions. Afin de minimiser les pertes pour les passagers, les compagnies aériennes rembourseront tous les billets jusqu’à ce que l’aéroport de Manado soit de nouveau opérationnel.
On remarquera que la situation du trafic aérien ne s’est pas améliorée depuis l’éruption de l’Eyjafjallajökull en Islande en 2010, événement qui a cloué au sol les avions qui devaient voler dans l’espace européen. À l’époque, certaines compagnies avaient promis d’installer à bord des appareils des équipements permettant de détecter les cendres dans le ciel, mais aucune mesure n’a vraiment été prise. On se souvient que des sacs de cendres de l’Etna ont été déversés au-dessus du Golfe de Gascogne et que des avions ont traversé ces cendres, mais quelques mois plus tard, lorsque le volcan sicilien est véritablement entré en éruption, aucun avion ne s’est aventuré à l’intérieur des nuages de cendres ! En 2014, alors que je voyageais vers l’Alaska depuis Londres à bord d’un Boeing 767 de la British Airways, j’ai aperçu la fumée noire de l’éruption dans l’Holuhraun au-dessus du nord de l’Islande. J’ai demandé à un steward d’informer le pilote de l’événement. Le pilote est venu me voir et m’a dit qu’il n’avait jamais entendu parler de cette éruption et que, de toute façon, il n’y avait pas de système de détection de cendres à bord de l’avion… Je pense que ce n’est pas demain que les compagnies aériennes accepteront de mettre en danger la vie de milliers de passagers dans un texte contexte éruptif. C’est une sage décision quand on se souvient des catastrophes aériennes évitées de justesse lors des éruptions du Galunggung (Indonésie) en 1982 et du Redoubt (Alaska) en 1989. Ces deux incidents sont indirectement responsables des perturbations causées au trafic aérien au printemps 2010 par l’éruption de l’Eyjafjallajökull en Islande. En effet, ils ont largement été évoqués pour justifier le principe de précaution et l’annulation de nombreux vols.

Panaches de cendres sur l’Etna (Photo: C. Grandpey)

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Because of the Mt Ruang eruption the Sam Ratulangi Airport in Manado, North Sulawesi, will be closed at least until Sunday at 12:00 p.m. local time. The extension was made considering safety concerns. Local authorities explain that it would be very dangerous if volcanic ash were attached to the aircraft. As a consequence, dozens of flights from and to Manado and other nearby airports had to be canceled due to the spread of volcanic ash from the eruption of Mount Ruang. Currently, ash clouds are still observed at an altitude of 4,500 meters, which has the potential to damage aircraft engines during flight. To minimize the losses for the passengers, the airlines have refunded all tickets until Manado Airport resumes operations.

It should be noticed that the situation of air traffic has not improved since the 2010 eruption of Eyjafjallajökull in Iceland that brought planes to a standstill in the European airspace. At the time, there were promises by some air companies that equipment would be installed aboard the aircraft to detect ash in the sky, but nothing has really happened since that time. One can remember that bags of ash from Mt Etna were poured above the Bay of Biscay with planes flying across it, but a few months later, when the Sicilian volcano really erupted, no plane ventured inside the ash clouds ! In 2014, while travelling to Alaska on board a British Airways Boeing 767, I could see the dark smoke from the Holuhraun eruption over northern Iceland. I asked a steward to inform the pilot about the vent. The pilot came to me and told me he had never heard about the eruption and that there was no ash detection system aboard the plane… I think air companies are not ready to endanger the lives of thousands of passengers during an eruptive period.  It is a wise decision when we remember the air disasters narrowly avoided during the eruptions of Galunggung (Indonesia) in 1982 and Redoubt (Alaska) in 1989. These two incidents are indirectly responsible for the disruptions caused to air traffic in spring 2010 by the eruption of Eyjafjallajökull in Iceland. Indeed, they have been widely cited to justify the precautionary principle and the cancellation of numerous flights.