Avions et cendre volcanique: Rien n’a changé depuis 2010! // Airplanes and volcanic ash: No change since 2010!

drapeau francaisQuatre années plus tard, les nuages ​​de cendre émis par des volcans en éruption causent les mêmes problèmes au trafic aérien qu’en 2010 lors de l’éruption de l’Eyjafjallajökull en Islande.
En fin de semaine dernière, l’éruption du Sangeang Api en Indonésie a entraîné la fermeture de l’aéroport de Darwin en Australie et l’annulation de nombreux vols.
Il y a deux jours, l’éruption du Pavlof en Alaska a entraîné des problèmes similaires. Le volcan est situé sur la trajectoire de vols commerciaux entre l’Amérique et l’Asie . Les pilotes ont dû voler au-dessus ou autour de la cendre afin d’éviter d’éventuels problèmes mécaniques.
En Alaska, tous les vols PenAir en partance et à l’arrivée de Cold Bay et Unalaska ont dû être annulés. De la même manière, les vols de Grant Aviation vers et à partir d’Unalaska ont également été annulées. PenAir indique qu’au moins 200 personnes ont été affectées par la situation.
Le Pavlof est entré en éruption samedi. Le niveau d’alerte a été élevé au Rouge le 2 juin, puis ramené à l’Orange quand l’éruption a diminué d’intensité. Cependant, le panache de cendre et de vapeur reste important, avec des hauteurs de 6,000 à 9,000 mètres.
Le volcan a répandu un brouillard de cendre fine sur Cold Bay, mais il n’est pas fait état de véritables retombées de cendre dans le secteur. Il semble y avoir eu de la cendre à Sand Point où PenAir a dû balayer les pistes et les pare-brise des avions.
Encore une fois encore, ma question est la suivante: Où sont ces avions capables de détecter la cendre volcanique et aider les compagnies aériennes ? Beaucoup de bruit a été fait autour du système AVOID censé équiper les avions commerciaux et aider leurs pilotes. Étrangement, ce système magique ne semble plus exister. En conséquence, tout comme en 2010, les compagnies aériennes doivent faire confiance aux  bulletins des VAAC avant de décider si oui ou non elles doivent laisser leurs avions voler en toute sécurité !

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drapeau anglaisFour years later, ash clouds from erupting volcanoes are causing the same problems to air traffic as they did in 2010 during the Icelandic eruption of Eyjafjallajökull.

Late last week, the eruption of Sangeang Api in Indonesia led to the closure of Darwin Airport in Australia and the cancellation of numerous flights.

Two days ago, the eruption of Pavlof in Alaska caused similar problems. The volcano is located on the flight paths of commercial planes between America and Asia. Pilots had to fly above or around the ash in order to avoid possible mechanical problems.

In Alaska, all PenAir flights in and out of Cold Bay and Unalaska had to be cancelled. In the same way, Grant Aviation’s flights to and from Unalaska were also cancelled. PenAir said at least 200 people were impacted by the situation.

Pavlof began erupting on Saturday. The alert level was elevated to Red on June 2nd, then lowered to Orange when the eruption declined. However, the volcano’s ash and steam plume is still going strong, reaching heights of 6,000-9,000 metres. .

The volcano has spread a haze of fine ash over Cold Bay but haven’t been reports of ashfall there yet. There was a report of ash in Sand Point where PenAir had to sweep off their runways and plane windshields before flying.

Again, my question is: Where are those planes able to detect volcanic ash and help air companies? A lot of fuss was made around the AVOID system supposed to equip commercial planes and help their pilots. Surprisingly, this magical system does not seem to exist any more. As a consequence, just like in 2010, air companies need to trust the VAACs bulletins to decide whether or not they should let they planes fly safely!

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Le panache de cendre du Pavlof vu depuis l’ISS (Crédit photo: NASA)

Quand l’Eyjafjallajökull refait parler de lui ! // The Eyjafjallajökull story is not over yet !

drapeau francaisL’éruption de l’Eyjafjallajökull en 2010 a causé beaucoup de problèmes pratiques. En effet, en raison des nuages ​​de cendre vomis par le volcan, les avions sont restés cloués au sol dans de nombreux aéroports et leurs passagers furent dans l’impossibilité de rentrer à la maison ou, pire encore, de se rendre à leur travail ! Plusieurs passagers bloqués ont poursuivi les compagnies aériennes qui refusaient de rembourser leurs billets d’avion. D’autres sont allés en justice contre leurs entreprises parce qu’elles refusaient de payer les jours de travail perdus.
L’exemple le plus récent se situe au Canada avec une fonctionnaire employée par le Ministère des Anciens Combattants à Halifax. Cette femme était en vacances en Angleterre en avril 2010 lorsque l’Eyjafjallajökull est entré en éruption. Elle devait retourner à Halifax le 20 avril, cinq jours après que l’éruption ait causé l’annulation de tous les vols au départ de l’Angleterre. Inquiète de ne pouvoir rentrer chez elle, cette brave dame a contacté Air Canada le 16 avril et a demandé ce qu’elle devait faire.
La compagnie aérienne lui a conseillé de réserver à nouveau son vol de retour pour le 27 avril, le premier vol avec des sièges encore disponibles. Air Canada a déclaré qu’elle resterait sur ​​une liste d’attente de passagers dont les vols avaient été annulés et qu’elle serait avertie si un vol devenait disponible avant cette date.
La fonctionnaire a contacté trois autres compagnies aériennes pour voir s’il lui était possible de rentrer au Canada plus tôt, mais aucun vol n’était disponible avant le 27 avril, ce que lui avait proposé Air Canada.
Elle a envoyé un courrier électronique à son chef de service, lui demandant de prolonger son congé payé d’une semaine, en invoquant une clause de la convention collective qui stipule que le Ministère ne peut refuser d’accorder un congé payé dans des circonstances indépendantes de la volonté de l’employé.
Malgré cette clause, le chef de service fut seulement disposé à accorder à la fonctionnaire deux jours de congé payé, une proposition allongée par la suite à 2,5 jours. Les jours restants seraient déduits de ses allocations vacances.
La fonctionnaire a alors déposé un recours et, dans une décision prise le 20 mars, le médiateur a ordonné au Ministère de payer à l’employée les cinq jours qui lui étaient dus et de verser sur son compte en banque le montant des jours injustement prélevés. Le médiateur a clairement reconnu que des circonstances particulières indépendantes de la volonté de l’employée l’avaient empêchée de se présenter à son travail.
Il y a de fortes chances pour que ces décisions de justice fassent jurisprudence et que la prochaine éruption avec nuages de cendre provoque un imbroglio juridique en plus des problèmes pratiques. Ne rêvons pas : les avions capables de détecter et d’analyser la cendre volcanique ne sont pas pour demain et nous revivrons la même situation qu’en 2010 !

Source : Ottawa Citizen.

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drapeau anglaisThe eruption of Eyjafjallajökull in 2010 caused quite a lot of practical problems. Indeed, because of the ash clouds vomited by the volcano, planes were grounded in many airports and their passengers unable to go back home or, even worse, to work! Several stranded passengers sued the air companies that refused to refund their plane tickets. Others went to law against their companies because they refused to pay them for the lost days at work.

The most recent example lies in Canada with a civil servant working for the Department of Veterans Affairs in Halifax. This woman was on holiday in England in April 2010 when the Eyjafjallajökull volcano in Iceland erupted. She was scheduled to return to Halifax on April 20th, five days after the eruption grounded all flights out of England. Concerned about her ability to get home, she contacted Air Canada on April 16th and asked what she should do.

The airline advised her to rebook her return flight for April 27th, the first flight with seats still available. Air Canada said she would remain on a standby list of passengers on cancelled flights and would be notified if an earlier flight became available.

Martin contacted three other airlines to see if any could get her back to Canada earlier, but none had availability before the April 27 Air Canada flight.

She emailed her supervisor and asked to extend her paid leave by a week, invoking a collective agreement clause that says the department should not unreasonably withhold discretionary leave with pay in circumstances beyond an employee’s control.

But the supervisor was only willing to give her employee two days leave with pay, an offer later bumped up to 2.5 days. The remaining days would be deducted from her vacation entitlement.

The civil servant filed a grievance and the arbitrator upheld it in a decision taken on March 20th and ordering the department to pay the woman her requested five days and credit her bank account for the days unjustly deducted. The arbitrator clearly recognized that special circumstances beyond an employee’s control might prevent him from reporting to work.

The odds are that such legal decisions will set a prededent and that the next dirty eruption will cause a legal mess the more practical problems. Let’s not dream: the planes able to detect and analyse ash are not for tomorrow and we will live the same situation as in 2010!

Source: Ottawa Citizen.

Eyjafjallajokull-blog

Crédit photo: Wikipedia.

Dans le sillage de l’éruption du Kelud… // In the wake of Mt Kelud’s eruption…

drapeau francaisLes habitants qui avaient fui l’éruption du Kelud ont commencé à rentrer chez eux le week-end dernier, malgré les avertissements de l’Agence de Gestion des Catastrophes qui rappelle que le risque de coulées pyroclastiques reste élevé.
Le niveau d’alerte du volcan demeure à AWAS, le maximum.
Les fortes pluies qui se sont abattues récemment sur la région ont accru la menace de lahars. 19 barrages ont été construits en prévision des coulées de boue, mais il n’est pas certain que les structures seront suffisantes pour les contenir.
De fortes pluies et des vents violents ont déjà causé l’effondrement de plusieurs bâtiments dans la région Malang sous le poids de la cendre mouillée.
Plus de 87600 habitants de Kediri, Blitar, Malang, Jombang et Kota Batu restent dans les abris. Les autorités font le maximum pour obliger à rester ceux qui tentent de quitter les camps, afin de prévenir d’autres accidents et de nouvelles pertes de vies humaines.
L’impact économique de l’éruption du Kelud est fortement ressenti par les producteurs laitiers du district de Malang qui ont subi des pertes importantes. La production de lait a chuté de moitié. Les vaches sont en état de stress et le manque de nourriture non contaminée, ne serait-ce que l’herbe, a considérablement diminué leur apport nutritionnel.
L’aviation indonésienne a également été durement touchée par l’éruption du Kelud et a subi de lourdes pertes.
L’aéroport de Yogyakarta, qui a été la plus durement touché, a dû fermer et a enregistré une perte quotidienne de 450 millions de roupies (environ 28.000 euros) en raison de l’annulation de 127 vols chaque jour.
L’aéroport de Surabaya est resté fermé pendant deux jours et a subi des pertes à hauteur de trois milliards de roupies (environ 182 000 euros). 386 vols ont dû être annulés, avec 50 000 passagers bloqués dans l’aéroport. Celui de Semerang a repris ses activités le samedi 15 février tandis que Bandung a rouvert le 17.
L’aéroport international de Solo est resté fermé quelques jours de plus à cause de l’épaisse couche de cendre.
Le bilan humain de l’éruption s’élève actuellement à six morts.

Source : Presse indonésienne.

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 drapeau anglaisResidents displaced by Mount Kelud’s eruption began to return home over the weekend despite warnings from disaster officials that the risk of pyroclastic flows remains high.

The alert level at the volcano is still AWAS, the maximum.

Recent heavy rains have raised the threat of lahars.19 dams have been built in anticipation of mudflows, but officials are unsure if the structures will be enough to contain the floods.

Heavy rains and strong winds have already caused several buildings in the Malang area to collapse under the weight of soaked ash.

More than 87,600 residents from Kediri, Blitar, Malang, Jombang, and Kota Batu are remaining in evacuation shelters. Those who attempt to leave the camps can be forced to stay in order to prevent any further accidents and loss of life.

The economic impact of the volcanic eruption is strongly felt as dairy farmers in the Malang district report significant losses. The production of milk has dropped by a half. The cows are in a state of distress and the lack of proper, uncontaminated food, such as grass, has significantly diminished their nutritional intake.

Indonesia’s aviation industry was also badly hurt by the eruption of Mt Kelud and had to bear heavy losses.

Yogyakarta airport, which was most badly affected by the volcanic eruption and had to close, recorded a daily loss of 450 million rupees (about 28,000 euros) because of the cancellation of 127 flights every day.

Surabaya airport suffered losses of three billion rupees (about 182,000 euros) for a two-day shutdown. The airport had to cancel 386 flights, causing 50,000 passengers to be stranded. Semerang airport resumed operations on Saturday 15th while Bandung reopened on February 17th.

Solo international airport has remained closed a few more days due to the thick layer of ash.
Six people have died so far in the wake of the eruption.

Source: Indonesian press.

Cendre volcanique, encore et toujours!

drapeau francaisDans une note publiée sur ce blog le 10 décembre 2011, j’attirais l’attention sur les tests d’un détecteur de cendre volcanique par la compagnie EasyJet. Le système, baptisé AVOID (Airborne Volcanic Object Imaging Detector), avait été testé en Sicile à bord d’un petit avion au-dessus de l’Etna et du Stromboli. Comme je le faisais remarquer à l’époque, pour qu’ils soient révélateurs, il aurait fallu que les tests soient effectués au moment d’un paroxysme de l’Etna et non pendant des périodes d’activité faible.

Un nouveau test du système AVOID est prévu le 28 Octobre prochain, si les conditions météorologiques sont favorables, au large de la côte ouest de la France, dans le Golfe de Gascogne. Selon Fred Prata, un scientifique de l’institut norvégien de recherche aérienne, ce sera le plus important test grandeur nature jamais réalisé avec ce dispositif destiné à aider les pilotes à affronter les cendres volcaniques.
Un avion-cargo Airbus A400M volera en spirale tout en laissant échapper quelque 8 mètres cubes de cendre (prélevés sur l’Eyjafjallajökull) entre 3000 mètres et près de 4000 mètres d’altitude. Un deuxième avion, un A340 avec le capteur AVOID à son bord, volera près du nuage de cendre à différentes hauteurs tout en effectuant des mesures. Un avion à hélice à quatre places de l’Université des Sciences Appliquées de Düsseldorf (Allemagne) mesurera les propriétés optiques depuis l’intérieur même du nuage. Dépourvu de moteur à réaction, cet avion ne risque pas de panne de moteur.
Au moment où il sera le plus dense, le nuage artificiel ne devrait pas contenir plus de 1 milligramme de cendre par mètre cube. Cela le situe au bas de l’échelle de contamination de l’air en vertu des règlements européens adoptés après l’éruption de l’Eyjafjallajökull. En dessous de 0,2 mg, on considère que les avions volent en sécurité ; entre 0,2 et 2 milligrammes, un pilote doit prendre conscience des dangers de la cendre ; entre 2 et 4 mg, il doit effectuer une évaluation des risques pour voler ; au-dessus de 4 mg, tous les vols sont cloués au sol.
Le nuage artificiel est susceptible de se dissiper au bout de 6 à 12 heures et la cendre retombera sans danger aucun dans l’océan. L’expérience coûtera environ 500 000 €.
Les chercheurs connaîtront la quantité de cendre dispersée ainsi que sa géométrie précise de sorte que l’expérience constituera un excellent test pour le système AVOID. Toutefois, il restera de nombreux obstacles à franchir avant que le système soit commercialisé. Il faudra pouvoir l’intégrer dans un cockpit et augmenter sa production. La décision dépend essentiellement d’Airbus qui devra décider si la technologie vaut la peine d’être développée. Fred Prata espère que son système AVOID pourra un jour être utilisé sur des avions survolant l’Indonésie, le Chili ou l’Alaska où de nombreux volcans actifs sont un danger pour le trafic aérien.

De cet article, il ressort que les tests de l’AVOID seront effectuées dans des conditions cendreuses minimales. Le système sera-t-il vraiment utile si un autre volcan (islandais ou autre) vomit de volumineux nuages de cendre dans un espace aérien très fréquenté?
Source: Nature.com.

 

drapeau anglaisOn October 28th, if all is calm and clear off the west coast of France, Fred Prata, a Norwegian atmospheric scientist, has planned the biggest field test yet for a device intended to help planes face volcanic ash.

Prata’s sensor, the Airborne Volcanic Object Imaging Detector (AVOID), uses infrared cameras to detect the silicate particles in volcanic ash. The upcoming experiment will involve the largest artificial ash cloud ever made, and will probably be over the Bay of Biscay, in airspace controlled by the French military.

An Airbus A400M cargo plane will fly in a tight spiral, dispensing ash from 50 barrels as it climbs from 3,000 metres to almost 4,000 metres. A second plane, an Airbus A340 commercial airliner carrying the AVOID sensor, will fly near the cloud at various heights, taking measurements. A four-seater propeller plane from the Düsseldorf University of Applied Sciences in Germany will measure optical properties from inside the cloud. Without a jet engine, this plane is not at risk of engine failure.

At its densest, the artificial cloud is likely to contain no more than 1 milligram of ash per cubic metre. That puts it at the low end of air contamination under European regulations adopted after Eyjafjallajökull. Anything below 0.2 milligrams is considered safe to fly in; between 0.2 and 2 milligrams, a pilot must be aware of ash hazards; between 2 and 4 milligrams, a pilot must conduct a special risk assessment to fly; and above 4, all flights are grounded.

The artificial cloud is likely to dissipate in 6 to 12 hours, falling out harmlessly over the ocean. The experiment will cost roughly €500,000.

The researchers will know just how much ash is released, and its precise geometry, so the experiment will provide the best test yet for AVOID. But many hurdles remain before the system can be used commercially, including the need to integrate it into a working cockpit, and to scale up production. The decision rests mostly with Airbus, which would need to decide whether to develop the technology further. Prata hopes that AVOID could one day be used on planes flying in volcanically active regions from Indonesia to Chile or Alaska.

Source : Nature.com.

Eyjafjallajokull-blog

Eyjafjallajökull 2010!  Pas sûr que la prochaine éruption de ce type soit moins catastrophique pour le transport aérien!

(Crédit photo:  Wikipedia)